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 L'Ecriture Sacrée des Druides

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Auetos
Druide C.C.C.
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MessageSujet: L'Ecriture Sacrée des Druides   Mar 23 Mai 2006 - 20:04

Nous savons que ...

Citation :
l'usage de l’écriture est en Gaule un phénomène tardif. Que c’est seulement à partir de la fin du III° s. av. j.c. que l’on voit apparaître sur un certain nombre de sites indigènes du bas Rhône et du Languedoc oriental des mots gaulois.
Cette épigraphie gallo-grecque utilise l’alphabet grec ionien normalisé tel qu’il devait exister à Marseille à l’époque hellénistique, ce qui est déjà une indication de son caractère tardif par rapport à la fondation de Marseille.

Strabon écrit que, peu avant son époque, c’est-à-dire, sans doute, dans la première moitié du I° s. av. j.c., Marseille « s’était ouverte comme école aux barbares et avait amené les Gaulois à aimer la langue grecque au point qu’ils rédigeaient en grec jusqu’à leurs contrats ». César fournit deux témoignages précis. En 58, après la soumission des Helvètes, « on trouva dans leur camp des tablettes écrites en caractères grecs ; elles furent apportées à César. Elles contenaient le décompte nominatif des émigrants en âge de porter les armes et un autre, séparé, pour les enfants, les vieillards et les femmes » (B.G., I, 29). Dans sa célèbre description de la société gauloise, César précise : « les druides estiment qu’il serait sacrilège de consigner la matière de leur enseignement par écrit, alors que pour tout le reste en général, pour les comptes privés et publics, ils utilisent les caractères grecs » (B.G., VI, 14)

Les deux auteurs témoignent donc de l’usage de l’écrit dans le domaine profane.

Dans le champ du sacré, en revanche, qui est celui de l’enseignement des druides, un interdit religieux frappait l’usage de l’écrit.

Selon César, cet interdit était dû, d’une part, pour conserver le secret de leur discipline et d’en éviter la diffusion, d’autre part, mus par un motif pédagogique d’exercer la mémoire de leurs élèves.
Ce privilège de l’oralité se poursuivra jusqu’au temps de l’Irlande païenne où ni les druides, ni les poètes ne confieront leur savoir à l’écrit ; ce n’est qu’avec la christianisation que les moines commencèrent à transcrirent en latin le vieux fond épique et littéraire.

Pour comprendre cette peur de l’écriture, il faut rapprocher les vers de la tradition druidique des itihasa indiens, qui permettent d’entrevoir un même prototype : « des morceaux en vers, relativement fixés pour les passages pathétiques ou importants, mais, pour le reste, une prose à l’état fluide que chaque récitant traitait à sa manière, l’allongeant ou la comprimant » (G. Dumézil). Parallèlement à la transmigration des âmes, « à chaque génération, en chaque étudiant, le savoir se réincarne … Les druides n’ont pas voulu immobiliser dans des signes morts une science qu’ils considéraient comme sans cesse renaissante ». Et G. Dumézil rapproche cette attitude des druides de la résistance de Numa ou des Pythagoriciens face à l’écrit selon le récit de Plutarque : « vers la fin de sa vie, Numa avait enseigné aux prêtres ce qu’il avait mis dans ses écrits et en avait fixé dans leur mémoire tout le contenu et toute la pensée ; aussi ordonna-t-il de les ensevelir avec son corps, estimant qu’il n’était pas convenable de confier la garde de ses enseignements secrets à des lettres mortes. C’est pour la même raison que les Pythagoriciens ne mettent pas non plus leurs doctrines par écrit et qu’ils les confient à la mémoire de ceux qui en sont dignes, par une transmission purement orale » (Numa, XXII, 2)

par Michel Bats

Sachant qu’un interdit pesait sur toute forme de transmission écrite du savoir, les druides, dépositaires sacrés de la connaissance ne devaient-ils pas, en plus de faire apprendre des vers par cœur à leurs disciples, privilégier aussi l’image (triscèle, esses, fleur de lotus, rouelle, etc.) comme support « écrit » de leur enseignement ?

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Castelodumnos
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Date d'inscription : 25/09/2011

MessageSujet: Re: L'Ecriture Sacrée des Druides   Dim 13 Nov 2011 - 16:11

Auetos, les images sont d'excellents supports de la mémoire, comme aussi les gestes et les parties du corps. Tout l'enseignement consiste à connaître d'abord les motifs, puis à les utiliser ensuite.

Ce que j'écris ici n'est pas si important que je ne puisse pas l'écrire.

Il est, par exemple, tout-à-fait commun d'utiliser les 22 Cartes du jeu de tarot pour faire de la divination, mais il est beaucoup moins commun de s'en servir comme d'un support à la mémoire, et quand on veut retenir, par exemple, le thème du final de la cantate BWV 147 de J.-S. Bach (''Jesus, bleibet meine Freunde,, ou "Jésus, que ma joie demeure"), le symbolisme de ces 22 cartes colle tellement avec le contenu des 22 premières mesures de l'air en question, que l'on ne peut pas ne pas se demander si les deux oeuvres n'ont pas été composées en suivant le même schème archétypal universel. Je donne cet exemple par ce que c'est la dernière correspondance que j'ai trouvée entre ce jeu de cartes et la réalité du monde, l'avant-dernier étant la liste des Conciles de l'Eglise catholique, mais on pourrait tout aussi bien mémoriser de la sorte les 22 premières dynasties Egyptienne (tant que l'Egypte était dirigée par des Pharaons égyptiens), ou la liste des rois de France dénommés "Louis".

Et aussi les cinq doigts de la main. Ils sont très utiles pour apprendre les choses sur le bout des doigts.

Dans le même registre, la symbolique des planètes utilisées par l'astrologie convient tout-à-fait à la mémoire de certaines choses. Et aussi la succession des douze ou treize signes du zodiaque. La liste des quarante-deux constellations établie dans l'Antiquité est très utile aussi, et les Romains l'utilisaient aussi bien que les Grecs et sans doute aussi les autres peuples de l'Antiquité pour structurer la mémoire de certains faits ou récits. Ainsi, l'oeuvre de Tacite connue sous le nom du "Dialogue des orateurs" est constituée des quarante-deux séquences que l'on peut rapporter sans difficulté avec ces quarante-deux constellation, telles que énumérées par Hygin dans son "De astronomia". N'oublions pas que les Anciens étaient capables de répéter un dicsours des années après l'avoir entendu, ce qui devait demander une mémoire de premier plan ainsi que les moyens de la développer.

Tout le monde sait que la facilité est lit de la paresse et que le développement des calculatrices électroniques de poche a sonné le glas du calcul mental. De nos jours très peu de gens sont capables de faire les calculs élémentaires de la vie courante, y compris en faisant leurs emplètes, et de même le développement de l'imprimerie nous incite à décharger notre mémoire : j'ai toujours entendu dire qu'il était moins important de savoir une chose que de savoir où la retrouver. Et voilà où nous en sommes : il nous faut tout réinventer, et tout retrouver. Nous sommes peut-être la seule population au monde capable d'affirmer que la génération à venir sera mieux lottie que nous. Je veux parler des moyens mnémotechniques et de la connaissance orale des choses.

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AnamCara
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Date d'inscription : 30/05/2008

MessageSujet: Re: L'Ecriture Sacrée des Druides   Mar 15 Nov 2011 - 16:12

Que ce soient les Tarots, ou les Oghams, ou les Runes, ou d'autres Alphabets Sacrés, ils ont diverses correspondances et symboliques, en plus de pouvoir être utilisés comme moyens mnémoniques ... (indépendamment de leur(s) utilisation(s) profane(s) sous lesquelles ils sont connus plus généralement de nos jours ...).

Il en est de même de certains graphes / symboles archétypiques ...

Plus un symbole à de correspondances en des domaines nombreux et divers, et plus il sera puissant, faisant partie de "l'inconscient collectif".
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