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 Que sait-on des Senas de l'île de Sein

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Bledoorgetos

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MessageSujet: Que sait-on des Senas de l'île de Sein   Dim 5 Juil 2015 - 1:20

Une obédience déviante a des "druidesses" qu'elle appelle "senas" = les vieilles.

Le mot lui-même prouve bien qu'il n'y a pas eu de druidesses chez les Gaulois pour des raisons que j'ai bien expliquées en faisant des comparaisons avec les prêtres chrétiens, juifs, égyptiens et yézidis.



Depuis j'ai appris de sources différentes et s'ignorant les unes les autres qu'il y avait des "senas" dans l'île de Sein et que tout le monde les craignait.

Une version dit que c'était des femmes "saintes" ayant des pouvoirs terribles.

Les autres disent que c'était des sorcières qu'on avait isolées là, toujours à cause de leurs pouvoirs terribles.


La plupart de ces sources en font des femmes bretonnes puisque postérieures à la conquête de l'Armorique par les Bretons.

En revanche, s'appuyant sur des sources grecques que je n'ai pas encore pu vérifier (Platon entre autres) une version dit que ces femmes sont antérieures au Deucalion, c'est à dire au dernier déluge.*

Qui en sait plus ?


Note :

* Grecs, Romains, (et Gaulois ?) nommaient Deucalion le dernier déluge.

En fait c'est le nom du seul homme survivant selon les Grecs, et la seule femme survivante s'appelait Mira, écrit parfois Mirra.

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Auetos
Druide C.C.C.
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MessageSujet: Re: Que sait-on des Senas de l'île de Sein   Dim 5 Juil 2015 - 17:09

Les prêtresses gauloises que l’on trouve aussi appelés Druiades, Dryades, mais qui, dans la langue gauloise, avaient des noms correspondant à ceux de Senœ et Kenœ, que leur donnaient aussi les Romains, et qui signifiaient « saintes », « vénérables », formaient des collèges indépendants les uns des autres.

Les unes, qui paraissent avoir occupé le premier rang, vivaient dans une virginité perpétuelle ; celles de quelques collèges étaient mariées, mais n’avaient avec leurs maris que de rares communications. Les plus célèbres de leurs sanctuaires étaient ceux de l’île de Sein ou de Sains, sur les côtes du Finistère ; de l’île de Sana, sur la Loire, et du Mon-Jou (Mont Saint-Michel), sur les côtes de la Manche. Celles de l’île de Sein, nommées Barrigènes par les Gaulois, selon P. Mela, et du Mont-Jou, étaient au nombre de neuf.

Leur costume ordinaire consistait en une longue robe noire à larges manches, serrée par une ceinture de cuir noir.

Les Gaulois croyaient qu’elles pouvaient, par leurs enchantements, exciter des tempêtes, se métamorphoser en toutes sortes d’animaux, guérir les maladies les plus invétérées, et prédire l’avenir. Elles expliquaient les songes, rendaient invulnérables ceux auxquels il leur plaisait d’accorder ce privilège, évoquaient les morts, les ressuscitaient même, et détournaient la grêle et les inondations au moyen d’opérations magiques qui ne pouvaient être faites que la nuit, à la lumière des torches ou au clair de la lune. On les voyait, dit Tacite, accomplissant des sacrifices nocturnes, toutes nues, le corps teint en noir, les cheveux en désordre, des torches à la main et s’agitant comme des furies. Leur réputation de prophétesses était aussi grande et plus grande peut-être dans l’Italie que dans la Gaule [...] Les auteurs chrétiens des six premiers siècles parlent souvent des « Druidesses » ; ils les qualifient de sorcières, en font les portraits les plus odieux et leur donnent même le nom de Lamies, de Stries, etc., qui annoncent des mœurs barbares et féroces. Mais bon, venant de la part de ces dévots écrivains il y a, à n’en pas douter parti pris et haine religieuse. Nous ne saurions, en effet, attribuer aux « Druidesses », comme l’ont fait inconsidérément certains auteurs, ce que Strabon rapporte (liv. VI) des prêtresses des Cimbres.

Plus tard, sous les noms de Fadae, Fanae, Gallicae, on nous les montre habitant les cavernes, les puits desséchés, les lieux déserts, où de nombreux visiteurs venaient les interroger, et leur apportaient des présents en échange de leurs consultations.

Malgré tout, ces prêtresses magiciennes succombèrent, comme les Druides, sous les édits d’Auguste, de Tibère et de Claude, et surtout sous les efforts du Christianisme triomphant.

Ainsi donc, ce qui nous frappe surtout c’est bien le rôle de ces « Druidesses ». Aucune d’entre elles n’étaient des sacrificatrices ou mêmes des prêtresses, tel qu’on l’entend aujourd’hui, mais bel et bien des guérisseuses, des devineresses ou des magiciennes.

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Brigonerta

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MessageSujet: Re: Que sait-on des Senas de l'île de Sein   Lun 6 Juil 2015 - 15:57

J'aimerais avoir quelques points d'éclaircissement .... 

Quelle est votre définition de la fonction de la prêtrise ?
La fonction de druide est-elle uniquement liée au sacrifice sanglant ?
Je ne suis pas au claire sur le sujet, mais selon J-L Bruneaux, les druides  " chapotaient " les vates pour les sacrifices. 
Il y aurait donc une partie des prêtres qui ritualisaient, sans sacrifier puisque c'était le rôle des vates. Ou alors, ils ne s'occupaient que de théologie et déléguaient les cérémonies ?

Dans le sujet, on évoque des guérisseuses, devineresses, magiciennes, .... Mais n'est-ce pas également des domaines où interviennent les druides ?

J'espère qu'Euentia passera ces jours-ci sur le forum. En tant que Ban-drui reconnue par le C.C.C , j'adorerai avoir son point de vue sur le sujet  Very Happy
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Clyde TriCanauos

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MessageSujet: Re: Que sait-on des Senas de l'île de Sein   Sam 11 Juil 2015 - 16:35

Elles entrent en scène dans le roman "Même pas mort" de Jean Philippe JAWORSKI, qui mêle avec réussite, le sérieux des connaissances archéologique aux légendes celtiques.
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Auetos
Druide C.C.C.
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MessageSujet: Re: Que sait-on des Senas de l'île de Sein   Dim 12 Juil 2015 - 10:44

Brigonerta a écrit:
Quelle est votre définition de la fonction de la prêtrise ?

Qu’est-ce que la prêtrise ? Selon certains dictionnaires c’est l’état des personnes consacrées au culte divin. Fonction et dignité de prêtre… je n’ai pas meilleure définition. Désolé  Neutral

Citation :
La fonction de druide est-elle uniquement liée au sacrifice sanglant ?

Il ne faut pas oublier une chose. Le mot druide est (si j’ose dire) un générique. Tous les membres de la caste sacerdotale sont des druides de l’apprenti au maitre en passant par l’éveillé. De même les uates sont des druides au même titre que les bardes. La seule chose qui les différencie c’est leur fonction.

Ainsi donc quand nous parlons de la fonction du druide je serais tenté de demander : « quel druide ? ». Si c’est celle du druide victimaire (Adbertomaros), la réponse est oui. Ceci dit, n’oublions pas que dans toutes les religions, le prêtre est avant tout un sacrificateur. Ce qui est, à mes yeux, un sérieux handicap pour les femmes.

En effet si selon nous rien n’interdit – en principe  Laughing  – aux femmes de se faire entendre, c’est-à-dire, aujourd’hui, d’avoir, lors d’une célébration, la fonction d’Invocatrice ou de Chantre, il nous est plus difficile de la voir sacrifier qui ou quoi que ce soit.

Je ne crois pas qu’il faille, à tout crin, vouloir faire le boulot de l’autre. Les hommes ont des « prérogatives » dans un domaine donné et les femmes ont des avantages dans d’autres. C’est comme dans une fourmilière, chacun à un job, une fonction, un rôle et c’est en l’acceptant, sans « jalouser » le voisin qui, semble-t-il, à un meilleur poste que l’autre, que nous parviendrons à bien comprendre le fonctionnement de notre caste sacerdotale avec toute la complexité que celle-ci peut avoir et la faire revivre sans la réinventer.

Citation :
Je ne suis pas au claire sur le sujet, mais selon J-L Bruneaux, les druides  " chapotaient " les vates pour les sacrifices.

Nous-mêmes lors de nos rituels il y a trois officiants actifs et deux officiants « inactif ». Parmi les actifs, seul d’Adbertomaros peut sacrifier, c’est son rôle, les autres, le Gutuater (invocateur) et l’Udcantarios (barde) regardent sans agir. Eux parlent et psalmodient. Les deux autres officiants « inactifs », le Rexstarios et l’Ollamos restent assis. Malgré leur apparente passivité leur rôle est d’une grande importance. En effet le premier est là pour réparer physiquement les erreurs qui pourraient se glisser dans les récitations ou les manipulations et le second, sans bouger ni parler, récite mentalement le déroulé du rituel afin, lui aussi, de rectifier les éventuelles erreurs. Ainsi donc J.-L. Bruneau à raison même s’il ne dit pas pourquoi.

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Bledoorgetos

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MessageSujet: Re: Que sait-on des Senas de l'île de Sein   Mar 14 Juil 2015 - 4:07

Auetos a écrit:
Nous-mêmes lors de nos rituels il y a trois officiants actifs et deux officiants « inactif ». Parmi les actifs, seul d’Adbertomaros peut sacrifier, c’est son rôle, les autres, le Gutuater (invocateur) et l’Udcantarios (barde) regardent sans agir. Eux parlent et psalmodient. Les deux autres officiants « inactifs », le Rexstarios et l’Ollamos restent assis. Malgré leur apparente passivité leur rôle est d’une grande importance. En effet le premier est là pour réparer physiquement les erreurs qui pourraient se glisser dans les récitations ou les manipulations et le second, sans bouger ni parler, récite mentalement le déroulé du rituel afin, lui aussi, de rectifier les éventuelles erreurs. Ainsi donc J.-L. Bruneau à raison même s’il ne dit pas pourquoi.

Dans toutes les religions antiques, y compris celles qui sont monothéistes (culte de Zamolxis chez les Daces, de Yahweh chez les Hébreux, d'Ahura-Mazda ou mieux dit Ohrmuz chez les Perses) il y a des sacrifices, et le prêtre sacrificateur est assisté, matériellement par des aides qui tiennent l'animal ou qui le lient, et spirituellement par d'autres assistants qui prient pendant qu'il accomplit le rite qui peut être assez rapide si c'est une simple mise à mort, plus long s'il s'agit de découper la bête pour répartir ses morceaux en divers endroits ou les partager entre les participants.

Les sources françaises parlent surtout du rituel israélite pour la bonne raison qu'il intéresse les historiens catholiques. Les assistants doivent venir d'une certaine tribu, ce qu'on retrouve aujourd'hui chez les Ezîdîs qui sont des Mazdéens réformés pour leur seul sacrifice annuel d'un taureau blanc.


Les sources roumaines parlent évidemment du culte de Zamolxis mais le prêtre comme les assistants ne venaient pas d'une tribu précise. On accédait à ces rôles par l'étude et la dignité.


Plus tard, chez les Aztèques eux-mêmes il y avait des prières lors des sacrifices humains qui ont tant horrifié les Espagnols et à bon droit puisque - outre que sacrifier des êtres humains nous révulse, il fallait retirer le coeur palpitant ce qui devait être donc une opération extrêmement douloureuse si on pense à tous les os qu'il fallait casser d'abord pour parvenir à saisir le coeur en entier -

Le plus suprenant est que les victimes, du moins lorsque c'était des prisonniers de guerre, participaient au rituel avec des paroles du genre :

le prêtre :

"Viens, mon cher fils !"
- Me voilà, mon cher père."
- Je dois te sacrifier aux Dieux. C'est toi aujourd'hui, moi peut-être demain."

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