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 Le Commerce

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Artio's
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MessageSujet: Re: Le Commerce   Jeu 8 Oct 2015 - 10:47

Matolitus a écrit:
- Le commerce favorise-t-il la religion ou est-ce l'inverse ?
Concernant l'usage du vin dans le rituel, et le remplacement progressif du sacrifice de sang par celui du vin, le commerce influe forcément le culte, en tout cas par la disponibilité du produit, ainsi que par l'influence de proximité.
Avant l'époque de la Tène (durant laquelle les échanges maritimes et les matières premières facilitent le commerce), les routes de l'ambre ont influencé, via le commerce du sel, un échange commercial entre le sud et le nord. Cet échange "primitif" a assuré l'éclosion de la société celtique différenciée culturellement et cultuellement. Nous pouvons d'ailleurs comparer les différences cultuelles entre les indo-européens, du fait de leur position sur la carte commerciale. Hallstatt bénéficia sans nul doute de l'influence méditerranéenne, et développa son propre style.
Les premiers colons insulaires se démarquent pas un style cultuel plus "archaïque", tandis que le centre Europe développe une sophistication.
Cette sophistication se remarque dans la parure, le lieu de culte, l'établissement de places fortes, l'art guerrier, la religion. Cela va assurer un rayonnement durable sur une grande zone géographique, que l'on dira "Tène" par recoupements et ressemblances sur base de ces critères.
Il semble donc évident que ces "rayonnements" géographique soient déterminants pour la définition même d'homogénéité populaire (pas ethnique).
C'est d'ailleurs par ces voies commerciales et échanges que le Teges sous sa forme allant du 2e siècle av JC évoluant jusqu'au 1er siècle av JC se répandit vers le Nord.
En réponse donc à Matolitus : les deux mon général. Le commerce facilite l'idée et l'idée facilite le commerce.
A la période de la Tène, le commerce est un moteur d'échanges entre les îles britanniques et le continent.
Si on prend en compte un vieux rayonnement cultuel nordique, on peut considérer que la religion des druides se construisit et se différencia (encore) à travers ces échanges.
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Matolitus
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MessageSujet: Re: Le Commerce   Jeu 8 Oct 2015 - 11:09

Cher Artio's, j'aurais plutôt dit et mis d'abord "l'idée favorise le commerce" et ensuite "le commerce favorise la circulation de l'idée", le tout dans une grande dynamique gagnant/gagnant...

Sauf que les sociétés occidentales, très influencées par l'ethnocentrisme des traditions judéo-chrétiennes, ont tendance à considérer leurs idées comme LES IDEES DU MONDE. Manque de chance pour elles, il existe d'autres idées toutes aussi respectables sur d'autres continents, en d'autres points de la terre, dans d'autres traditions et notamment polythéistes. Le cas de Laksmi Mittal du Groupe Arcelor Mittal est exemplaire a ce niveau-là.


(source : Le Monde du 21.01.2013)
Lakshmi Mittal s'est présenté aux Européens comme un homme parti de rien et qui, seul, a construit un empire sidérurgique : une formidable "success story". Les Européens se sont laissés éblouir par ce discours. Ils sont partis de l'a priori qu'un Indien se construit de la même façon qu'un Européen. Ethnocentriques comme Matolitus le disait plus haut, ils n'ont pas vu qu'une famille indienne, et en particulier hindoue, fonctionne traditionnellement dans le respect d'une trajectoire familiale spécifique.

Une très rapide recherche sur la famille Mittal leur aurait permis de voir que, de longue date, il s'agit d'une famille commerçante, particulièrement riche et puissante. Non seulement l'histoire de la "success story" de Lakshmi Mittal ne les aurait pas éblouis, mais cela aurait pu les inciter à relativiser d'autres histoires qui leur étaient contées.

Ils ont considéré qu'un Indien et un Européen sont guidés dans la vie par les mêmes valeurs universelles. Ils n'ont pas vu que, en réalité, les valeurs qui, dans la culture indienne, guident un hindou, les obligations qu'il doit respecter, sont relatives à sa caste spécifique.

COMMUNAUTÉ D'INTÉRÊTS
Le dharma de chaque hindou, c'est-à-dire ce qu'il doit accomplir pour réussir sa vie, diffère selon la caste à laquelle il appartient. Les Européens n'ont pas accordé attention au fait que la famille Mittal fait partie de cet ensemble de lignées toutes originaires du Rajasthan et que l'on appelle Marwari. Elles constituent une communauté d'intérêts (même si elles peuvent être concurrentes entre elles) que défend leur journal bimensuel Marwar - Magazine for the Marwari Community - facilement lisible sur Internet. Ce sont des lignées de commerçants et de prêteurs.

Leur dharma, leur devoir, leur "vocation", est de s'enrichir. Quels que soient les moyens utilisés. Ce sont eux qui, en Inde, prêtent à des taux particulièrement usuraires et sont, à juste titre, la terreur des paysans. Un petit nombre d'entre elles (les Birla et Jindal, avec les Mittal) contrôlent trois des cinq majors steel companies (grandes entreprises sidérurgiques), une grande partie de l'industrie manufacturière et du commerce du thé et des textiles.

Le bien commun, le respect des contrats n'est en aucune façon dans leur dharma. Pour information, la famille Tata, qui est à la tête du groupe homonyme, fait partie de la communauté des Parsi, qui ont d'autres codes de conduite, et la gouvernance de leurs entreprises est donc toute autre. Les Européens auraient prêté quelque attention à cela qu'ils n'auraient probablement pas accordé le même poids aux promesses qui leur étaient faites...

ELARGIR NOTRE REGARD
Le cas Mittal n'est qu'un exemple particulièrement illustratif. Dans tous les cas et avec tout partenaire potentiel, nous devons être attentifs à la culture de l'autre, au but ultime qu'il poursuit dans sa vie, à regarder au-delà des seuls chiffres et de l'immédiatement visible. Pas uniquement pour éviter des désillusions : l'ignorance des autres n'est pas un pur luxe intellectuel, elle peut souvent se payer très cher...




2 exemples d'élargissement de regard



Au sujet du vin, effectivement les Gaulois et leurs prêtres ont tout de suite remarqué l'analogie du vin rouge avec le sang. Je pense que son utilisation marque une évolution dans les cultes, notamment le don d'offrandes. Mais je développerai un peu plus tard...
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Artio's
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MessageSujet: Re: Le Commerce   Jeu 8 Oct 2015 - 15:56

Artio's a écrit:
IL n'y a pas de mauvaise chose. Seule l'éthique est garante de l'usage.
A nouveau donc, puisque comparaison il y a à faire, l'éthique est l'affaire du sage ; et de son influence possible diffère l'usage.
Pour moi, il n'est pas de priorité d'influence, car toute interaction s'enrichit (plus ou moins) d'elle-même.
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MessageSujet: Re: Le Commerce   Ven 9 Oct 2015 - 12:03

de mon point de vue de producteur, et comme vient de le démontrer Matolitus, le commerce lointain des Gaulois indépendants à nos jours ne profite qu'aux lignées commerçantes les mieux établies, prospérant là où le commerce local, privilégiant la subsistance des structures claniques de nos sociétés traditionnelles n'a plus les moyens ni le goût d'assumer la prise de risque de telles entreprises.

on retrouve ici trait pour trait la différence qu'il peut exister entre un aventurier sans attaches qui s'en va quérir une solde et un père de famille ayant charge d'âme qui se bat pour défendre sa maison et sa terre!

voilà pourquoi à mon idée, et quoi qu'en pensent nos frères indiens dont l'urbanisation est une réalité plurimillénaire, les spéculateurs ne sont pas des producteurs, car leur valeur ajoutée ne se mesure pas en beurre, grain, métal ou bois de belle extraction, ni dans la qualité de leur travail (et les dieux sont témoins qu'un vrai commerçant n'a rien à envier aux paysans et aux Artisans de ce côté là)... ils brassent de l'argent qui n'existe pas, du vent, et ils y vont au culot, rien de plus!

pour reprendre l'image de la Vache qui nous est chère, plus son lait est abondant, et moins il sera riche... et sa qualité ne se mesure pas en argent, mais aux soins donnés! ceci-dit, aussi longtemps que l'accumulation des richesses vient en récompense de quelque chose qui nous honore, c'est une bonne chose... il n'est pas question ici de mépriser l'argent, ni le succès, mais de rappeler que ce n'est pas une fin en soi dans toutes les branches de ce que nous avons coutume d'appeler les producteurs.

le profit du spéculateur n'est pas le résultat de son travail, c'est un voleur, un prédateur, un parasite, et le marchand de vin romain en est un archétype, lui qui est en commerce avec les éléments les plus vils du monde romain et qui fait son beurre sur les Gaulois comme nous le faisions avec les Amérindiens ou les roitelets du Congo: une bouteille d'eau de feu ou un peu de verroterie contre des muids de viande ou de céréales, une bonne biture contre un troupeau d'esclaves... c'est du commerce, ça?

et j'insiste pour ne pas tomber dans le travers du bon sauvage à l'égard de nos ancêtres et les regarder de haut, sur le fait que si de nos jours, les termes de la haute finance sont moins colorés, à y regarder de près, les situations sont toutes aussi foireuses et caricaturales!

certes, en bénéficient aussi leurs clients traditionnels les plus aisés, ainsi que ceux de l'aristocratie terrienne ou d'industrie qui les fournissent prioritairement, ou ceux qui, grâce à la position stratégique du territoire qu'ils contrôlent, vivent sur la bête en échange de leurs protection... mais ce-faisant, ils condamnent irrémédiablement à la faim et à la dépendance ceux, beaucoup plus nombreux pour qui toute spéculation sur les biens met en jeu leur propre subsistance: la masse des paysans et le petit peuple des campagnes et des cités.

le peuple (ce mot a une étymologie, et le commerce n'y joue aucun rôle) ne prospère que quand le marché est initié et contrôlé à un niveau local, et que les élites sont ses élites... et elles le sont tout naturellement aussi longtemps qu'elles servent le bien commun, célèbrent comme il se doit la mémoire, le mode de vie et la religion de leurs ancêtres. je ne trouve donc pas abusé de dire que les Gaulois ont péri par leurs élites, d'acculturation et d'alliances politiques douteuses dues aux échanges lointains

bien sur, les échanges lointains sont une bonne chose en soi, et ils excitent notre appétit d'horizons nouveaux et de soif d'aventure qui animent tout être humain, et c'est même ce qui fait de nous des hommes et des femmes pleinement réalisés.

mais quand un un mode de vie n'est pas suffisamment sage (comme le nôtre, ou celui des grands peuples qui faisaient la pluie et le beau temps en Gaule) ou aguerri au monde des affaires (comme les sociétés traditionnelles d'autres continents, ou les clans ou peuples de nos ancêtres européens)... et bien que les situations de départ ne soient pas comparables, le résultat est le même: leurs élites ne se sentant plus péter ou déracinées par plus fort qu'elles s'acculturent, vont chercher de plus en plus loin ce qui leur échappe irrémédiablement sur leur propre terrain, prennent la folie des grandeurs, et privilégient le luxe de leur existence sur les réalités humaines de leur clan, dont les jours sont comptés.

or, nos ancêtres paysans ou artisans riches (parfois) ou pauvres (le plus souvent) ont toujours tirés fierté de la qualité de leur travail, de leur bonne réputation et des terres ou ateliers qu'ils laissaient en ordre à leur postérité, mais jamais de leur compte en banque.

d'ailleurs, l'auto-suffisance était le vrai but de leur existence, et si ils visaient à un peu plus d'aisance, c'était en prévision des années de vaches maigres et certainement pas pour accéder à un mode de vie supérieur, pour se retrouver un jour sur la paille... la mentalité du paysan et de l'artisan, c'est de durer dans le temps et de faire perdurer les siens, et non de rester dans les annales en privilégiant sa propre réussite sociale.

deux points de vue irréconciliables, deux manière irréductibles d'envisager la fonction de producteur et la qualité de commerçant... certes, comme vous le notez, certains peuples celtes étaient des commerçants hardis, mais d'autres ne l'étaient pas.

vous avez raison de le souligner, le commerce du vin était un monopole des Romains... non seulement ils n'acceptaient pas que les Gaulois du Nord ne s'y livrent eux aussi, mais en plus ils refusaient à ceux de la Provincia le droit d'en produire et de le vendre!

car ce soit-disant commerce nord-sud, inégalitaire en substance en plus de détruire nos peuples à petit feu avait le mérite pour nos voisins accapareurs de terres de nous maintenir dans une économie de type colonial dans laquelle qui n'est pas Romain ni ne souhaite le devenir n'a plus lieu d'être... et ce qui devait arriver arriva!

je pense personnellement que les Gaulois produisaient du vin (et aussi, mais c'est une autre histoire, des huiles d'oliviers domestiqués en Gaule du Sud et en Ibérie bien avant que les Grecs de Phocée et les Romains ne nous amènent les leurs) mais qu'on les en empêchaient...

on sait que les cépages Français et d'Europe centrale ont été adaptés par les Allobroges, Helviens, Helvètes et Bituriges Cubes à partir de vignes indigènes, car ceux de Méditerranée ne mûrissent pas au nord du Tricastin, ni sur les collines Provençales d'ailleurs... mais si on confronte les données historiques à ce fait agronomique, il est permis de se poser des questions:

comment se fait-il que dans la littérature de l'époque il ait été rapporté que la mode était au vin d'Allobrogie (l'Allobrogica) très différent des vins romains, et au vin effervescent des Voconces (la Clairette de Die, donc) au moment où à Rome toute référence à ces deux peuples soulevait l'hystérie collective des Romains?

voir pour cela le sort qui est fait par les auteurs antiques aux Allobroges après leur écrasement les vingt années qui précèdent "la" guerre des Gaules, et la manière dont Cicéron (marchand de vin à ses heures entre autres cordes à son arc) reçoit les plaintes des Voconces dans son "de Fonteio" où il défend leur bourreau, qui a repris en main la Provincia après la révolte de nos peuples... marchand de vin lui-aussi!

comment les vins au goût si différent de deux peuples sensés être interdits de viticulture par l'occupant, notoirement impopulaires en Provincia comme à Rome et que l'on retrouve peu après maîtrisant parfaitement et réinventant leur Art de la vinification peuvent-ils avoir été si prisés à Rome si peu de temps après que leurs colons aient été massacrés, et alors que leurs terres aient été ravagées par la reconquête ?

comme explication, je n'en vois qu'une: nos indigènes faisaient déjà leur pinard, et ils le faisaient bien!


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Clyde TriCanauos

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MessageSujet: Re: Le Commerce   Ven 9 Oct 2015 - 12:12


A Matolitus

Même si 2500 ans, on passé j'aurai tendance à penser que les définitions sont, hier comme aujourd'hui les mêmes. Sauf bien entendu pour celle du clientélisme dont les concepts sont désormais totalement différents.

Concernant les tonneaux, il en est fait mention dans la "guerre des Gaules". Ils sont donc antérieurs à la période gallo romaine.  (période de la Tène).
De mémoire, je crois qu'environ 200 exemplaires ont été découverts à ce jour essentiellement dans la partie nord du monde celte. Les tailles vont de 20 cm à plus de 2 m. Les usages devaient donc être multiples et local. Mais communément, il est admis qu'ils servaient au transport de la bière.
Son utilisation pour le vin est plus tardive et date de l'époque impériale et des premières vignes en Gaule.

Je ne comprends pas la relation que tu fais entre la consommation de vin et la guerre des Gaules? auraient ils été totalement abstinents que les choses auraient les mêmes.  d'ailleurs souviens-toi que certaines tribus comme les Nerviens refusaient la consommation de vin et le commerce avec Rome, ce qui ne les a pas empêcher de le voir débarquer.
Rome était avant tout,  une société belliqueuse et Cesar avait un destin à accomplir.
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Dubrinertos
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MessageSujet: Re: Le Commerce   Ven 9 Oct 2015 - 12:54

un petit point tout à fait anecdotique : il me semble que le personnage principal du roman de Yann Brekilien, "la Louve et le Sanglier", un jeune gaulois qui va suivre Vercingétorix dans son épopée, jusqu'à Alésia, était un tonnelier...
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Clyde TriCanauos

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MessageSujet: Re: Le Commerce   Ven 9 Oct 2015 - 13:22

Brigonerta a écrit:

Matolitus : Je ne sais pas si on peut dire que c'est le commerce du vin qui a créé ces " liens " entre  les Romains et les Éduens, au point que ces derniers les ont appelé au moment de la tentative de traversée des Helvetes. Il faudrait revoir leurs échanges, causes et conséquences.

C'est vrai que la question se pose, mais outre les relations liées avec Rome "d'amitié et d'alliance". N'est il pas surtout question de suprématie locale, entre les grandes tribus Eduen, Séquane et Arverne?


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Clyde TriCanauos

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MessageSujet: Re: Le Commerce   Ven 9 Oct 2015 - 13:53

Setanta a écrit:
un petit point tout à fait anecdotique : il me semble que le personnage principal du roman de Yann Brekilien, "la Louve et le Sanglier", un jeune gaulois qui va suivre Vercingétorix dans son épopée, jusqu'à Alésia, était un tonnelier...


Et qu'une nuit d'hiver entière, enfermé dans une petite cabane de berger, il subit l'assaut d'une meute de loups, féroces et lâches. ( Ca ne vous rappelle pas quelqu'un?).
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Artio's
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MessageSujet: Re: Le Commerce   Ven 9 Oct 2015 - 13:59

A Matuos

J'ai lu avec délectation ta prose, de laquelle émerge du bon sens.
J'en tire quelques idées.

La première est l'opposition entre la valeur des choses et sa corruption par une élite en quête de pouvoir. La question que je me pose est le véritable but de la centralisation du pouvoir sinon la réponse à une menace, comme tentent à le prouver la centralisation populaire autour de forteresses ; population précédemment disséminée en  habitat dispersé. La vocation première de la caste guerrière est à priori d'assurer la sécurité et la pérennité du peuple. En déduisons-nous que le fractionnement en castes provoque par lui-même l'oubli des valeurs premières au profit de l'égo et  que la confiance accordée doit toujours faire l'objet de méfiance ? Quel est la valeur élective chez les gaulois ? La suprématie se cache toujours derrière des idées unificatrices mais malheureusement tribales.

Le seconde est de souligner que les peuplades du nord refusent l'usage du vin, parceque leur contrée n'y est pas favorable, et leur moyen de l'obtenir est de se soumettre aux lois du commerce. Est souligné aussi le fait de l'interdiction de production du vin dans certaines régions, à l'instar de la romaine Europe d'aujourd'hui, qui nous dicte que l'argent a plus de valeur que le lait. Le vin fut découvert par les celtes en leurs établissements, eux qui préalablement étaient accoutumés aux boissons fermentée, moins alcoolisées, mais surtout créant moins de dépendance alcoolique. Et on en revient au pouvoir centralisé, qui lui, par luxe, en abuse dans ses rites. Les peuples du nord ne devaient pas ignorer ce fait, et remerciaient les dieux pour leur chance devant cette tentation. Bon d'accord, depuis, les belges produisent des bières assez fortes. Et la distillation venue de l'orient n'as rien arrangé ! Personne n'est parfait ! Tant que l'usage reste dans des proportions religieuses, et que ses besoins ne créent pas une demande commerciale abusive, il n'est pas de risque à en produire. Son usage excessif dans des offrandes est-il du au besoin réels du peuple ou à la soif inextinguible des forts pour s'assurer victoire et gloire ? Quel est donc le rôle litigieux des druides dont ce domaine, ou plutôt des prêtres à la solde des rois ?

Il ne sert donc à rien de remettre la faute de la spéculation sur Rome ou les grecs, plus exercés dans le domaine, si on n'arrive pas à comprendre que la demande trouve réponse dans l'offre.


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MessageSujet: Re: Le Commerce   Ven 9 Oct 2015 - 14:03

Clyde TriCanauos a écrit:
Et qu'une nuit d'hiver entière, enfermé dans une petite cabane de berger, il subit l'assaut d'une meute de loups, féroces et lâches. ( Ca ne vous rappelle pas quelqu'un?).

... si, bien sur, comment l'oublier!

Brigonerta a écrit:

Matolitus : Je ne sais pas si on peut dire que c'est le commerce du vin qui a créé ces " liens " entre  les Romains et les Éduens, au point que ces derniers les ont appelé au moment de la tentative de traversée des Helvetes. Il faudrait revoir leurs échanges, causes et conséquences.
Clyde TriCanauos a écrit:

C'est vrai que la question se pose, mais outre les relations liées avec Rome "d'amitié et d'alliance". N'est il pas surtout question de suprématie locale, entre les grandes tribus  Eduen, Séquane et Arverne?

en tout cas, il ne faut pas gratter trop longtemps au Nord comme au Sud et à Rome pour tomber sur la mafia des pinardiers! les historiens ont peut-être tendance à un peu trop appuyer dessus, mais leur rôle démesuré est une réalité incontournable.
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MessageSujet: Re: Le Commerce   Ven 9 Oct 2015 - 14:39


Artio's: merci pour ton éclairage, ce sont de bonnes piste de réflexion!

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Dubrinertos
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MessageSujet: Re: Le Commerce   Ven 9 Oct 2015 - 15:08



(bon, une fois encore, je Arrow )
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Artio's
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MessageSujet: Re: Le Commerce   Ven 9 Oct 2015 - 16:23

Setanta a écrit:


(bon, une fois encore, je Arrow )
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MessageSujet: Re: Le Commerce   Ven 9 Oct 2015 - 19:08


certes, mais il y a aussi...



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MessageSujet: Re: Le Commerce   Lun 12 Oct 2015 - 0:06

Cher Matolitus, je me dois de te répondre sur l'exemple de Lakshmi Mittal que tu as initié dans ce sujet ô combien intéressant, non pas pour le contredire, mais pour l'étayer et élargir encore un peu plus le regard... jusqu'à nous ! car j'ai grandi en Allobrogie dans une vallée qui se trouve être le berceau de l'électro-métallurgie, sur laquelle Mr Mittal et les siens ont fait fortune.

L'électricité, vous l'avez peut être vous-mêmes oublié ou ne le savez pas, puisque l'idéologie dominante est là pour nous rappeler sans cesse que tout Français est un crétin congénital en puissance qui aurait tout à apprendre de l'étranger... est né chez-nous en Allobrogie, d'une conduite forcée transformée par Aristide Bergès en centrale hydro-électrique à la Combe de Lancey, au cœur du Massif de Belledonne.

Voici donc la véritable origine de la fortune de Lakshmi Mittal, l'endroit d'où la Fée-électricité s'est produite pour la première fois, permettant l'alimentation des fours électriques et des cuves d'électrolyse qui ont révolutionné la sidérurgie... le joyau du Glacier de Freydane, au pied des Trois Pics de Belledonne où tout a commencé (il serait intérressant de connaître l'étymologie gauloise de ces deux noms, d'ailleurs) :





Mais ce Mr Bergès, pas plus que Lakshmi Mittal ne tombe du ciel, puisque c'est l'héritier d'une belle et riche lignée de papetiers de Lorp-Sentaraille, en Pyrénées ariégeoises, venu s'établir dans nos montagnes. mais plus qu'un génie des affaires, c'est un Homme de génie, et ce génie, il le met au service de son peuple, et de son petit pays d'adoption... car sa servitude à lui ne se borne pas à servir les intérêts de sa petite caste marchande !

C'est à l’exposition universelle de Paris de 1889, alors que l'élite caquetante de son temps ignore superbement ses travaux, que Bergès distribue un tract dans lequel il fait connaître au monde sa trouvaille, et lui donne un nom :

« … les glaciers des montagnes peuvent, étant exploités en forces motrices, être pour leur région et pour l’Etat des richesses aussi précieuses que la houille des profondeurs. Lorsqu’on regarde la source des milliers de chevaux ainsi obtenus et leur puissant service, les glaciers ne sont plus des glaciers ; c’est la mine de la houille blanche, à laquelle on puise, et combien préférable à l’autre. »

Ce rude gaillard d'Aquitain courtoisement éconduit par ses pairs trouve en revanche une oreille attentive dans son pays d'adoption, où le montagnard qu'il est aussi n'a aucun mal à gagner l'estime des paysans du coin, et les villages environnants (Theys et St Mury pour les premiers) installent déjà l'éclairage public chez-eux, que Paris ou New York en sont encore à la bougie...

Dans le même temps, les paysans du coin se mettent à fabriquer leurs propres centrales sur les torrents pour éclairer leur maison, dont certaines fonctionnent encore. Il faut dire que pour tirer parti de leur sous-sol et de la force des eaux, ces paysans ne sont pas des profanes, puisque la tradition de ce massif est depuis des siècles et même beaucoup plus d'exploiter chacun sa galerie de mines (fer, anthracite, plomb argentifère et même un peu d'or pour les plus chanceux)... et d'améliorer l'ordinaire en vendant des sacs de ces cailloux précieux, comme d'autres vendraient un sac de noix !

Nos Dieux ayant permis comme dans d'autres vallées des Alpes une telle abondance de minerai à faible profondeur, il n'est pas un ruisseau qui n'ait eu son martinet, et l'écho des forgeries qui se répondent d'une vallée à l'autre était aussi familier à nos pâtres que les cloches de leurs bêtes...

Mais où sont nos Celtes dans tout ça, puisque ce sujet est posté dans la partie « Civilisation celtique » ?

Ben là... dans cette tradition pluri-millénaire ininterrompue du travail du fer dans nos Alpes du nord ! Car n'oublions pas que ce sont les épées laténiennes de nos forges maniées avec un art consommé de la guerre qui ont mis toute l'Europe à l'heure celtique. Nos gars n'avaient peut être pas la science héritée des Armoricains dresseurs de menhirs, le faste des nobles arvernes ni le titre (mérité) de plus brave décerné par Jules... mais ils ont fait le boulot les premiers, et ils ont cogné dur !

Et c'est ainsi qu'il n'est pas exagéré de dire que la sidérurgie moderne est nôtre : les grandes aciéries qui ont vu le jour dans nos vallées détiennent (aussi longtemps que nos dirigeants politiques ne les bradent pas à des étrangers comme Mittal) des secrets de fabrication et un savoir-faire hérités de plus de cent ans de pratique que le monde entier nous envie (ou enviait) et aujourd'hui encore, il y est de tradition pour un fils de prendre la suite du père comme ouvrier aux aciéries...

Ainsi, un Belge en villégiature près de chez-moi, industriel de la sidérurgie belge à la retraite de son état, m'a t'il raconté un jour que devant négocier pour son groupe avec les aciéries d'Ugine (Savoie) son interlocuteur pourtant haut placé dans une usine qui ne l'était pas moins dans la sidérurgie française lui a sévèrement recadré son emploi du temps en fonction de... la traite des vaches de son troupeau familial ! les traditions sous couvert de modernité ont ici la vie dure, et ce sont les montagnards qui ont fait cette usine, et non l'inverse !

Ugine qui à la belle époque n'était déjà pas si petite qu'il faille un troupeau de vaches pour suppléer à un salaire de cadre :





Comment Lakshmi Mittal l'aurait-il pris à sa place ? Doit-il à son tour élargir son regard à des cultures et à des lignées d'hommes aussi dignes de respect et anciennes que la sienne ? Je pense que ce serait la moindre des choses ! Car ce qui vaut pour nous, vaut pour lui, et si ce vieux slogan est toujours vrai qui dit que l'Asie est aux Asiatiques, il faudrait pouvoir lui dire aussi que Gaulois est maître chez-lui, mais ça, on en est loin...

Ces lignées familiales de paysans-ouvriers aux trois-huit sont une spécificité savoyarde et dauphinoise (ou suisse, pareillement) qu'il conviendrait de célébrer comme un patrimoine historique, car ce sont les mêmes mains qui forgent depuis bientôt trois mille ans, excusez du peu !

Et nous leurs devons aussi toute cette industrie lourde des vallées alpines qui est venue s'y greffer: complexes électro-chimiques, d'aluminium, papeteries, cartonnages, Renault, Fiat et j'en passe... mais aussi, et surtout toute une industrie de décolletage à la précision horlogère servie par des petits patrons qui sont souvent eux-même d'anciens ouvriers qualifiés aux mains d'or, et dont le savoir-faire s'exporte aujourd'hui aux quatre coins du monde.

Voilà... laisser filer entre nos doigts notre patrimoine sidérurgique comme nous le faisons, c'est un crime contre ce que nous sommes. C'est presque aussi grave que de laisser croire que nous pouvons nous passer de notre agriculture, et c'est pourtant ce qui est au programme depuis trente ans ! En restera t'il quelque-chose pour nos enfants ? Qui vivra verra.

Bonne soirée,
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Moilogustos
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MessageSujet: Re: Le Commerce   Lun 12 Oct 2015 - 20:24

Mata toncia Matuos,

Merci à toi moios Brater pour ce beau "reportage sur cette "fée" électricité dans cette région....C'est super intéressant et je t'en remercie....Pour l'histoire et pour ta façon de conter....

G.M
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MessageSujet: Re: Le Commerce   Lun 12 Oct 2015 - 22:22

Bies biuon sero, A Degne Uire!

Et si ça peut participer à te faire aimer encore un peu plus les Terre Medulles où tu reviens chaque année, tu m'en vois ravi!

Bonne soirée,
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Artio's
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MessageSujet: Re: Le Commerce   Lun 12 Oct 2015 - 23:35

Merci de ce bel écho, qui partage mon sentiment régional.
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Moilogustos
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MessageSujet: Re: Le Commerce   Mar 13 Oct 2015 - 20:52

Mata toncia moios Brater Matuos,

Quelle belle région que celle-ci, oui les Medulles m'ont adopter Wink , j'aime beaucoup y retourner, les enfants aussi d'ailleurs....

Bien à toi

G.M
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MessageSujet: Re: Le Commerce   

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