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 Temple de Bel

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Artio's
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MessageSujet: Temple de Bel   Mar 1 Sep 2015 - 18:47

http://www.lorientlejour.com/article/941709/lei-a-detruit-une-partie-du-temple-de-bel-a-palmyre-osdh.html
Le groupe Etat islamique (EI) a détruit une partie du temple de Bel, un des monuments romains emblématiques de la ville syrienne de Palmyre, rapporte dimanche l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
http://www.lefigaro.fr/international/2015/09/01/01003-20150901ARTFIG00242-palmyre-le-temple-de-bel-a-bien-ete-rase-par-daech.php
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SoK

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MessageSujet: Re: Temple de Bel   Mer 2 Sep 2015 - 0:33

Toutes les personnes qui se sentent concernées par la préservation du patrimoine archéologique moyen-oriental (dont je fais modérément partie, j'avoue) et qui veulent se rendre utiles peuvent faire un don ici : http://www.heyvasor.fr. Heyva Sor ("Crosisant rouge" en kurde) organise le ravitaillement en nourriture, médicaments, tentes, ... pour les populations kurdes et yézidies menacées par l'Etat islamique, ce qui permet de soutenir leur lutte (en évitant les problèmes moraux ou légaux concernant un financement direct des forces d'autodéfense kurdes).
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Artio's
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MessageSujet: Re: Temple de Bel   Mer 2 Sep 2015 - 13:24

Un petit hommage à ce temple...
Le temple
L'érection de ce temple babylonien, bâti sur le modèle sumérien précède de loin l'érection de nos propres temples dédiés à Bel. Malakbel (Melkart chez les phéniciens) signifie littéralement "ange de Bel", que la bible démonisa en Moloch. Il comportait le temple proprement dit et une source. La ville a l'origine est bâtie sur un tertre (tell), recouvert au -1 siècle av JC par la terrasse du temple. La bible attribue sa construction à Salomon, ce qui offre une contradiction de culte, puisque l'empire babylonien a subit l'influence de l'empire assyrien, plus en "relation" avec le monde indoeuropéen "hittite". Quoiqu'il en semble, ce temple semble contemporain du temple de Jérusalem.
D'autres temples furent bâtis par des sémites comme celui de Baalshamin (bel céleste). A l'ouest de la ville fut érigé un temple dédié à la déesse Al-alat augurant les attributs perses de la lionne. Le culte de Bel fut sans doute à l'origine de Babel et Babylone. On imagine la présence dans l'enceinte d'une autre pierre de Bétyle, accessible aux croyants. Peut-on se hasarder à y voir quelque rapport avec le beth sémite et le Beith celte, ou encore avec Bethléem (que l'on appelle belén en espagnol) ? A Palmyre, les dieux formaient une triade inspirées du modèle assyrien et sumérien : un maître des cieux (baalshamin), un dieu de la lune (aglibel), et un dieu solaire (malakbel), qui augurent une cosmogonie naissante. A remarquer la forte empreinte patriarcale de l'est par rapport à nos contrées. Malak est aussi représenté avec une tête de taureau, ce qui n'est pas sans rappeler les cultes insulaires méditerranéens ou même notre Taranis.

Sous l'empire romain, ce temple fut dédié à Hélios, dieu du soleil, comme beaucoup d'autres temples dédiés à Appolon. C'est sous cette forme (avec une enceinte englobant temple, esplanade et source) que nous le trouvions encore tout récemment, avant sa destruction par les fanatiques du désert. Désolant, quand on pense qu'il est à la base de la constitution de leur mode de pensée sacrificiel. Un acte de morts-vivants décervelés, amnésiques. Ceci dit, leur mode d'action n'est pas très différentes de l'époque. Ils n'ont simplement pas évolué. Je me doute qu'ils comptent bien y construire une mosquée, effaçant du même coup le style romain (colonne grecque et enceinte carrée).
Je me suis toujours demandé quel pouvait être le rapport entre ce Bel du Moyen-Orient et le nôtre. Bel est la forme akkadienne de Baal (hébreu).
Divers baal
Les égyptiens, en l'assimilant, le comparent à Mantou, l'époux d'une déesse solaire, et à Seth, dieu de confusion, du tonnerre, force brute. Dans un combat, Seth arrache un œil à son adversaire (tiens?) qui lui arrache les testicules (tiens-tiens ?). Seth combat la serpent et contribue à l'ordre cosmique (tiens-tiens-tiens ?)Ca me fait vachement penser à un archétype de Beli, de Lugh, Loki et Taranis à la fois. Du moins était-ce la vision d'égyptiens, qui sont pour Babylone, des romains pour nous. Un regard confus et syncrétique, maléficiant ce qui ne l'est pas.
L'assertion sémitique pour Baal et Bel est plus d'ordre générique. Ce nom (qui pour eux signifie seigneur), non religieux, accompagne d'autres noms déterminatifs en fait un synonyme désignatif de déité au sens large. Bealiah, par exemple désigne Baal Yah, dieu de la montagne (élevé) à l'origine de leur version moniste de Yahwé. Etonnante ressemblance avec Bélinos, dieu au sommet du ciel. Mais peut-on parler de cosmos avec des tribus privées de force de leur vrais guides, pourtant forts attachés au concept de la vache et de l'aurore ? Le sacrifice humain dédié à Baal fut rapidement remplacé par le sacrifice animal, sauf dans un mode d'extermination d'ennemis, semblable au nôtre. La bataille entre l'ancien culte dédié à Bealiah et le culte dédié à (Baal) Yahwé va prendre des dimensions énormes, celles que nous connaissons aujourd'hui.
du côté des phéniciens
On retrouve ce culte à Carthage, chez les Philistins (Belzébuth), les phéniciens (Baal shamen). Le baal du mont Peor est devenu Belphégor.
L'ancienne cité d'Ougarit (Ras Shamra) cananéenne en Syrie décrit le cycle de baal comme une ascension au statut de maître des cieux et prince de la terre. Il combat le dieu de la mer avec deux massues. Il combat ensuite le dieu des enfers, qui le retient. Il est délivré par la déesse Anat (condensé de Anu et Al-Alat) et la déesse solaire. Oh, la solution viendrait des déesses ? Ce cycle explique la sécheresse (en l'absence de Baal, quand il descend dans l'obscurité) dans une époque climatique qui a supplanté l'ancien culte de fécondité rendu au dieu El, dans une version guerrière. C'est un mythe incontestablement agraire rendu par un peuple pastoral. Il reste étranger à la culture sumérienne et semble prendre ses origines dans un espace proche-oriental.
Du côté des hittites ...
La capitale hittite est aussi le principal lieu de culte du royaume, quasiment une ville sainte, et comportait de nombreux temples, notamment le grand temple du Dieu de l'Orage et de la Déesse-soleil. Le dieu de l'Orage du Hatti a une masse d'armes, voire un foudre, et est parfois accompagné par le taureau. Ces dieux indo-européens ajoutés à ceux de l'univers mésopotamiens ont formé un syncrétisme religieux.
Ce qui est intéressant dans cette civilisation éteinte très tôt, c'est son essaimage dans les aires de dispersion de baal.
C'est au clergé qu'incombait la grande part de la gestion du culte, avant tout les sacrifices faits aux dieux. Les prêtres masculins étaient nommés dans les textes par des termes sumériens, SANGA et GUDÚ (godis?), et les prêtresses les plus importantes étaient appelées AMA.DINGIR-LIM (« mère du dieu »). Au cours des rituels sacrificiels, ils étaient assistés par des chanteurs et musiciens, ainsi que des porteurs d'offrandes, et les mets offerts aux dieux étaient préparés par des cuisiniers et boulangers, les boissons par des brasseurs. Tout ceci nous est très familier, je trouve.
Les sentiments des dieux pouvaient être accessibles aux hommes par la divination, qui dévoile les raisons de la colère de ceux-ci, ou leurs volontés. Elle peut être suscitée, ou bien révélée spontanément. La divination par les rêves, peut être des deux types : soit le dieu s'adresse de lui-même à un dormeur, soit le sommeil est provoqué et la venue du dieu est suscitée (incubation). L'astrologie est attestée. Les autres procédures de divination, oraculaires, sont l'hépatoscopie (lecture dans les entrailles de moutons), les augures (lecture du vol de certains oiseaux), la lécanomancie (divination par l'eau) et une procédure énigmatique de tirage au sort d'objets symbolisant quelque chose, censés révéler l'avenir.
Les rituels autres que le sacrifice étaient dirigés par des spécialistes : la « vieille femme », ainsi que le « physicien », le devin, ou un observateur d'oiseaux, ces deux derniers étant spécialisés dans la divination. Ces procédés étaient déjà très répandus, ce qui ne prouve rien.
Leur temple principal est entouré d'un complexe de magasins contenant les victuailles et objets nécessaires au culte, ainsi que des archives, et les résidences d'une partie des desservants. À l'entrée, un bassin avait été disposé pour permettre des ablutions. L'entrée dans l'espace sacrée était marquée par un portail. On pénétrait ensuite dans le saint des saints, où se trouvait un autel à sacrifices, et une double cella, pour chacun des deux dieux tutélaires, où on trouvait leurs statues, qui symbolisait leur présence sur Terre. La divinité était censée venir l'habiter, après un rituel servant cela. Il existait également des sanctuaires en dehors des agglomérations, dans des lieux en plein air : quelques bâtiments près de bas-reliefs, stèles, bosquet sacrés et montagnes. Il s'agissait en premier lieu de nourrir les divinités, avant tout avec du pain, mais aussi du miel, des fruits. Et surtout de la viande d'animaux sacrifiés. On réservait une part aux dieux (le sang, le cœur notamment), et une grande part revenait aux officiants. La boisson accompagnait ces repas divins. À côté de ce sacrifice quotidien, lors des grandes fêtes les sacrifices étaient plus conséquents. Ce genre de fête revêtait un caractère processionnaire et étaient accompagnées de concours physiques et de courses à cheval. Les plus grandes fêtes étaient calées sur les phases astronomiques du cycle annuel. Ce qui est particulier dans cette religion, c'est que la déesse-soleil (arinna) était également chtonienne, plaçant ainsi un rapport entre l'astre solaire et le cœur même de la terre infernale. Ce thème se retrouve dans d'autres mythologies, en ce qui concerne la double polarité solaire, et le rapport étroit entre le monde des morts et le passage extra-infernal.
du côté des assyriens...
L'Assyrie centrale (pas la Syrie) ressemble assez aux modes de prêtrises hittites mais emprunte son panthéon aux sumériens.
Baal-Marduk, créateur des premiers hommes babylonien, supplante son dieu tutélaire "Assur" après l'essor babylonien et le renouveau assyrien.
Rien à tirer de ce côté.
Le symbole bovin
La diffusion de domestication du bovin semble provenir d'Asie centrale, pas nécessairement mésopotamienne. L'assimilation du bruits que font les anciens troupeaux d'aurochs à l'esprit tonnerre semble bien répandu à toutes les surfaces bénéficiant de la présence de bovins, bisons, etc. Ce ne peut provenir que d'une tradition primordiale dont la biotope naturel est propice à leur reproduction, et par extension aux espaces fertiles (fleuves), dans une mesure moins répandue. D'ailleurs, les divinités taurines ne se retrouvent principalement que chez les peuples qui en font leur principale alimentation. Chez d'autres, cela reste un élevage privilégié, à caractère agricole ou royal, voire même tabou (Inde). Comment expliquer alors la place de ce symbole chez des peuples dont le principal mode sacrificiel est ovin, sinon par une transmission religieuse indirecte ?
Serait-ce la naissance du concept bélier dans les zones arides (nord et sud) ? Quoiqu'il en soit, le taureau solaire survit au bélier solaire non dans une antériorité pastorale mais dans une transmission typiquement indo-européenne. Le bhel indo-européen signifie autant "brulant" que "éclatant", ce qui ne saurait séparer les concepts de chaleur, lumière et foudre, intimement liés, cette dernière engendrant les deux premières depuis la nuit des temps, à l'origine de la découverte sacrale du feu, transmis par le ciel.
les rapports ?
IL y a beaucoup de relations entre l'univers religieux mésopotamien et celui des indo-européens en ce qui concerne la vision cosmogonique. Il ne faut pas oublier la proximité de ces deux peuples : triades astrales, divinités du destin, lune, soleil, vénus, les forces de la nature, l'élévation des dieux au ciel. Ils tirent probablement d'un vieux pot commun ou nous retrouvons des concepts très anciens comme anu (que l'on retrouve jusqu'en Sibérie).
terme générique ?
Quand à Bel, nous le retrouvons encore chez les Milésiens, Bile, père de Mile ; sous le nom de Baldr au nord, Balor également. Ils sont à chaque fois brillants, comme Belisama, mais pas nécessairement omnipotents, mais célestes tout de même, et capables de régner sous terre. Voici qui rejoint la remarque plus haut. Est-ce dès lors un concept solaire ou par assimilation au soleil, une brillance ? De ce qualifiant interprétatif des ceux de l'Europe, peut-on relier un autre qualifiant proche-oriental de "seigneur" (si familier aux juifs et aux arabes), dans une vision globale générique de divin et céleste. Y a-t-il un rapport entre Belen et Bél-baal ? Il semblerait. D'aucuns diraient que sa diffusion se soit diversifiée, sans qu'il y ait rapport direct de propagation entre ces deux espaces géographiques, sauf peut-être dans les modus operandi, une allusion générique céleste, ainsi qu'un rediffusion tardive orientale dans le panthéon romain (ce qui ajoute à la confusion, en raison du décalage sémantique).

Est-il alors heureux de se concerner en tant que fervents celtes sur le sort de ce temple ? D'une manière générale, oui. Mais ce n'est pas un temple celte. Le temple originaire, lui, est recouvert du romain : il n'existe plus. On peut s'inquiéter toutefois de l'attitude inquiétante des destructeurs du patrimoine mondial qui nous relie à nos traces.


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Kerzher



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MessageSujet: Re: Temple de Bel   Mer 2 Sep 2015 - 23:43

je suis profondément touché par ce déchainement de haine, qui conduit encore une fois à la destruction de symboles païens...
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