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 Transmigration de l’âme.

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Auetos
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MessageSujet: Transmigration de l’âme.   Jeu 4 Fév 2016 - 14:32

Ce matin, suite à une mauvaise manipulation, j’ai supprimé le sujet intitulé « Vocabulaire pour une prière » qui avait largement débordé du sujet initial pour en arriver à la transmigration de l’âme via le dogme de la réincarnation…

Voilà pourquoi j’ouvre, ici, ce sujet qui fait suite aux interrogations de moios mapos Matuos.

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Auetos
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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Jeu 4 Fév 2016 - 14:33

Matuos a écrit:
ne nous enseignez-vous pas par ailleurs que nous sommes en l'état, en tant qu'êtres humains à l'image de l'univers conscient tout entier, sur le plan physique, animique et psychique? et que la part immortelle qui nous anime, l’Anamon, elle qui n’est pas née et ne meurt point, qui n’est venue de nulle part et qui n’est devenue personne... est une parcelle de l’Ananmenon?

Tout à fait, moios Mapos, et tu trouveras des éléments de réponse dans le cahier n° 8… mais je vais te répondre ou du moins te donner un autre point de réflexion.

Dans la conception druidique, les êtres sont composés de trois « parties ». Le corps, l’esprit et l’âme.

Le corps est notre char de chair. Le véhicule de l’esprit et de l’âme. C’est lui qu’il faut entretenir pour pouvoir voyager dans de bonnes conditions.

L’esprit, lui, est le siège de la conscience. Il pense, apprend, raisonne, décide. Il a reçu de nombreux dons : intelligence, logique, mémoire, imagination, aptitude à décider, etc. L’esprit dispose donc d’une certaine autonomie, d’une certaine liberté. Il a la possibilité de faire des choix. L’esprit est aussi ce qui a des émotions et des sentiments. C’est l’esprit qui ressent l’amour, la confiance, la peur, etc.

L’âme est notre partie divine, la présence d’Ananmenon en nous. C’est la source de la connaissance divine à laquelle l’esprit peut se connecter, par la méditation ou la prière. C’est le guide qui lui fait connaitre la vérité et sentir la valeur d’une action ou d’une pensée. C’est en quelque sorte un maitre spirituel.
L’âme est aussi la vie. C’est l’énergie qui maintient le corps en vie. C’est ce qui fait que les organes fonctionnent « tous seuls ». C’est ce qui coordonne les fonctions organiques dans un ensemble cohérent. C’est aussi ce qui répare en cas de perturbation (maladie ou blessure). Si l’âme quitte le corps, nous mourons. De même, la vie se manifeste au moment où l’âme intègre la matière, avant que l’esprit ne s’incarne.

Comme tu peux le voir, il existe une profonde différence entre la notion du Soi ou âme, et l’entité formant l’individualité, le Moi (ou esprit). L’âme est un continu qui existe au-dedans et au-dehors de toutes choses. Le Moi n’est qu’un nœud temporaire, un point particulier de la conscience où sont liées ensemble différentes facultés universelles. Lorsque ces entités partout présentes se nouent ensemble en un point particulier, elles constituent une individualité.

L’âme peut exister indépendamment de toute notion particularisée, sans pensée. Il n’en est pas de même de l’esprit, centre de la vibration qui est la pensée.

Citation :
pourquoi cette évolution dans le temps, vie après vie dans une mème lignée si c'est pour l'abandonner ensuite, pour se résorber dans l'Ananmenon?

Le nœud de l’individualité se défait progressivement, par degrés (mort après mort), jusqu’à ce que les enveloppes les plus intérieures disparaissent. En attendant les éléments subtils restent associés.

C’est ainsi que sont formés les corps transmigrants.

Ces corps transmigrants peuvent de nouveaux former un nœud avec la matière corporelle et connaitre ainsi une nouvelle naissance.

Et donc, naissance après naissance, mort après mort, doucement, ils se dissocient de plus en plus et ceci les conduit à la libération finale dans laquelle l’être individuel cesse complètement d’exister et se dissout dans l’Etre-universel qui, lui-même, se dissout dans le Non-être.

« Les rivières qui courent vers l’Océan disparaissent quand elles l’atteignent, leur nom et leur forme cessent d’exister et elles sont appelées seulement Océan… » (Prashna Upanishad, 6, 5-6)


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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Jeu 4 Fév 2016 - 18:25

merci pour toutes ces précisions, moios ater Auetos.

c'est bien dommage que les échanges avec Clyde et Dubrinertos aient du même coup disparus, car ils étaient très intéressants. j'espère que nous aurons l'occasion de reparler de tout ça, et en particulier de la renaissance de nos grands ancêtres dans leurs lignées familiales...

bonne soirée,
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Artio's
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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Ven 5 Fév 2016 - 17:58

Ca ne répond pas à la question de Matuos : pourquoi ?
C'est assez chagrinant de lutter pour disparaître.
Cela ne ressemble pas à l'espoir de nos ancêtres d'atteindre l'autre monde avec armes et bagages.
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tasgos

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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Ven 5 Fév 2016 - 18:14

La réincarnation, qui était une croyance grecque et celte, se retrouve aussi chez les hindouistes et les bouddhistes, chez les autochtones d'Amerique Totomacs et Sioux (à en croire le livre "de memoire indienne" de Lame Deer/ John Fire).
Alors bien sûr, la tradition bouddhiste n'est pas la tradition celte, la tradition autochtone d'Amerique n'est pas la tradition celte, mais le fait que ces croyances soient proches nous confortent dans l'idée que, outre le fait de suivre des croyances ancestrales, nous n'avançons pas dans le vague et les idées fumeuses, mais dans des pistes tangibles et partagées par les autres nations.

La réponse que je souhaite formuler à Matuos est que la raison de nos épreuves vient de nos peurs et des attachements de l'esprit. La vie cible là où ça fait mal, là où l'esprit s'accroche trop par peur de se détacher. Quand on comprend l'épreuve, et que l'on accepte la cause, on se détache de l'attachement d'origine, de la peur qui l'alimentait. Une fois détaché, on peut rester dans l'autre monde sans ses lourds bagages.
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Auetos
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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Sam 6 Fév 2016 - 9:42

Je crois que notre âme et notre esprit sont deux oiseaux portés par la même branche, qu’ils sont, une fois en contact l’un avec l’autre, inséparable jusqu’à la dissolution finale.

Je crois que ces deux compères, comme des saumons, partent de la même Source (Ananmenon) pour retourner à la même Source.

Je crois qu’après leur départ, après leurs moult pérégrinations dans les différents stades de la vie, ils retournent, plus ou moins vite, à l’endroit où ils sont « nés » pour « mourir » et ainsi former une nouvelle entité dans un perpétuel équilibre.

Je crois que quand une entité s’éteint, une autre s’éveille.

Ainsi donc, au « Pourquoi ? » de moios mapos Matuos, je répondrais : « pour se ressourcer et… se recréer ».

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Auetos
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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Sam 6 Fév 2016 - 9:44

Artio's a écrit:
C'est assez chagrinant de lutter pour disparaître.
Cela ne ressemble pas à l'espoir de nos ancêtres d'atteindre l'autre monde avec armes et bagages.

Pour ma part je ne vois-là aucun chagrin. Un fils n’était-il pas heureux de revoir ses parents ?

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Dubrinertos
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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Sam 6 Fév 2016 - 12:12

César a écrit :
« ce dont ils [les druides] cherchent surtout à persuader, c’est que les âmes ne périssent pas, mais passent après la mort d’un corps dans un autre : cela leur semble particulièrement propre à exciter le courage en supprimant la peur de la mort »(la Guerre des Gaules).
Généralement, on argue de cette citation pour affirmer que les Gaulois, et par extension les Celtes croyaient en, et ne croyaient qu’en la réincarnation. Les textes antiques, sur le sujet, sont nombreux et contradictoires. N’en prendre qu’un et négliger les autres pour étayer une hypothèse ressort de l’à priori et ne démontre en fait, à mon avis, qu’une profonde incompréhension du monde celte.
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Pourtant, on sait que César était peu enclin à la spiritualité -ses conceptions se limitaient au dualisme âme/corps- et l’on a donc quelques raisons de se méfier de son témoignage en matière de religions. Ne prête-t-il pas un seul calcul purement utilitaire aux druides et n’a-t-on pas le tort d’interpréter stricto sensu un texte déjà imprécis ? Dans cette optique, les druides auraient donc enseigné cette doctrine dans le seul but d’insuffler à leurs ouailles un grand courage guerrier ?…

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Mais, quand on confronte le témoignage de César à d’autres, la doctrine druidique semble se préciser. Pomponius Mela écrit:
« Une de leurs doctrines s’est répandue dans le peuple, à savoir que les âmes sont immortelles et qu’il y a une autre vie chez les morts, ce qui les rend plus courageux à la guerre ».(Géographie)
On aurait donc là une simple croyance survivaliste classique. Et le poète Lucain écrit à la même époque que selon les druides
« le même esprit anime un corps dans un autre monde, et, si leurs [enseignements] sont exacts, la mort est le milieu d’une longue vie, et non pas la fin ». (La Pharsale)
Le corps d’après la mort n’est donc pas un autre corps physique acquis par réincarnation, mais bien plutôt un « double » corporel (avéré dans nombre de cultures) qui survit à la mort physique pour entamer une vie nouvelle dans une autre dimension.

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D’ailleurs l’interprétation « réincarnationniste » du texte de César est largement abusive (toujours à mon avis) et s’appuie sur un malentendu au sujet du sens du mot « corps » : que les âmes « passent d’un corps dans un autre » peut simplement vouloir dire qu’elles revêtent un corps spirituel dans l’Autre Monde.

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La coutume des Celtes était d’enterrer les morts avec toutes sortes d’objets ce qui tendrait à témoigner aussi d’une croyance dans la vie corporelle des morts. Dans cette optique, César, encore, sans aucune ambiguité cette fois :
« les funérailles des Gaulois sont magnifiques et somptueuses eu égard à leur degré de civilisation. Tout ce que, dans leur opinion, le mort aimait est jeté au bûcher, même les animaux, et il y a peu de temps encore, il était d’usage dans une cérémonie funèbre complète, de brûler les esclaves et les clients qui lui avaient été chers en même temps que lui ».(Guerre des gaules)
A quoi, Pomponius Mela ajoute:
« c’est pour cette raison aussi qu’ils brûlent ou enterrent avec leurs morts tout ce qui est nécessaire à la vie » et « jadis, ils remettaient à l’Autre Monde le règlement des comptes et le paiement des dettes. Il y en avait même qui se jetaient sur le bûcher de leurs proches comme s’ils allaient vivre avec eux ».

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Diodore de Sicile, quant à lui, évoque l’immortalité de l’âme et nous apprend :
«c’est pourquoi aussi, pendant les funérailles, il en est qui jettent dans le bûcher des lettres écrites à leurs morts, comme si les morts devaient les lire ».
D’ailleurs, cette coutume de confier aux mourants des lettres ou des messages pour les morts est signalée encore en Irlande à la fin du XIXème siècle et elle est aussi présente dans la pratique magique des tablettes d’éxécration (plomb du Larzac et de Rom et Tablettes de Chamalières notamment)

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Valère Maxime, de son côté, précise:
« on raconte qu’ils [les Gaulois] se prêtent les uns aux autres des sommes qu’ils se rendent aux Enfers, parce qu’ils sont convaincus que les âmes des hommes sont immortelles. Je dirais qu’ils sont stupides si les idées de ces barbares vêtus de braies n’étaient pas celles auxquelles a cru Pythagore vêtu du pallium ».(Faits et dits mémorables)
Il est malheureusement évident que c’est Valère Maxime, dans son mépris inné des « barbares » qui est stupide et qu’il n’a absolument rien compris à la mentalité des Gaulois. Et qu’il n’y a là encore aucun argument en faveur de la réincarnation puisque les morts sont sensés se rembourser des sommes une fois dans les Enfers (qui d’ailleurs, n’existent pas chez les Celtes). La remarque semble uniquement indiquer une simple croyance survivaliste, sans retour ici-bas.

.
La prudence étant ce qui doit être la caractéristique principale du travail du chercheur… il est certainement plus prudent d’être moins affirmatif en l’absence de témoignages directs sur les croyances celtes. Pourtant, Guyonvarc’h et Le Roux, à plusieurs reprises, sont catégoriques : « la métempsychose est absente du monde celtique »*, ou encore « il faut affirmer avec force malgré quelques auteurs anciens et beaucoup trop de modernes, qu’elle est absente des doctrines druidiques ». Et pour être tout à fait clair : « Nous n’avons aucune raison de douter -qui plus est nous devons affirmer- que la seule doctrine traditionnelle à l’usage du commun des hommes a été celle de l’immortalité de l’âme et de la vie continuée indéfiniment dans l’Autre Monde. Ce que montrent les textes insulaires, c’est que l’immortalité de l’âme et la métempsychose ont eu deux sphères d’application distinctes : l’immortalité était le destin normal et général de l’âme humaine, tandis que la métempsychose était le sort d’un ou deux individus exceptionnels, mythiques et « missionnés » ».
.
* métempsychose : certains auteurs anciens et beaucoup d’auteurs modernes ont confondu, en un même concept vague l’immortalité de l’âme et la métempsychose, confondant encore sous ce nom la transmigration, la métamorphose et la réincarnation… Nos auteurs entendent ici métempsychose en son sens strict : « passage d’éléments psychiques d’un corps dans un autre ».
———————-
Sources :
Laurent Guyénot : Les avatars de la réincarnation. Ed. Exergue
F. Le Roux/ C.J. Guyonvarc’h : Les druides. Ouest France

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Artio's
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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Sam 6 Fév 2016 - 16:39

Vos deux réponses, me satisfont, Auetos. Car s'il n'y a pas de disparition, mais évolution, ce n'est plus source de chagrin, mais de joie.
Le corps double dont il est question ci-dessus n'est-il pas plutôt le corps physique par rapport à celui-là ?
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Auetos
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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Sam 6 Fév 2016 - 18:13

Setanta a écrit:
La prudence étant ce qui doit être la caractéristique principale du travail du chercheur… il est certainement plus prudent d’être moins affirmatif en l’absence de témoignages directs sur les croyances celtes.

Voilà ce que j’en disais en 2008 è.v.

Pour bien comprendre la conception de l’âme, il faut tout d’abord aborder les rites funéraires. Car ceux-ci ont un sens. On ne met pas un corps en terre pour le mettre en terre, de même on ne brûle pas un corps pour le plaisir de le brûler. Chaque acte a une signification et une valeur symbolique.

Ces rites prouvent l’évolution de la pensée religieuse sur l’au-delà. Les rites de la mort sont habituellement confondus avec les rites funèbres, parce que beaucoup de civilisations actuelles ne parent pas la mort d’un rituel qui la transcende, qui transforme la passivité que l’on observe généralement par rapport à elle en un acte volontaire et chargé de sens. Les Gaulois ritualisaient la mort, sous toutes ses formes.

C’est parce que la mort est si riche de sens et déjà soumise à des rituels essentiels que les pratiques funéraires proprement dites, du moins dans les trois derniers siècles de l’indépendance gauloise, paraissent relativement modestes. C’est d’ailleurs la conclusion que l’on peut tirer des fouilles de milliers de sépultures. Cet état de choses s’explique par l’évolution des idées des Gaulois sur la mort qui influèrent évidemment les modes funéraires. A la Tène ancienne, on inhume le mort avec ses armes, ses bijoux ou un service de table. A partir de la Tène moyenne on incinère et on ne dépose qu’un matériel symbolique. A la Tène finale, ce matériel d’accompagnement s’appauvrit et souvent disparaît.

Ces variations funéraires reflètent des conceptions changeantes de l’au-delà, et ont pour corollaire une considération du mort qui a varié dans le temps.

A la Tène ancienne, le mort était censé poursuivre une existence végétative depuis sa sépulture. Une faculté incertaine lui permettait des présences parallèles à la fois dans la sépulture, parmi les ombres infernales et quelquefois auprès des vivants. C’est pourquoi le corps devait garder son intégrité, ainsi que les accessoires nécessaires à ses activités symboliques. En cela, les Celtes des Ve et IVe siècles ne différaient guère de bien des peuples antiques qui conservèrent longtemps ces croyances, proprement préhistoriques.
De telles conceptions s’accompagnaient d’un respect profond du mort et de sa sépulture. Le mort devait être inhumé pour mener cette existence d’outre-tombe. La sépulture assurait une protection à son squelette, en même temps qu’une tranquillité qui lui permettait ces pérégrinations entre différents mondes. Les lieux de sépulture devaient être, comme chez les Grecs archaïques, peuplés d’ombres et de fantômes virevoltants en un incessant ballet. La sépulture, autant qu’un lieu de repos pour le mort, était un moyen de faire tenir en place le revenant. Mettre le corps en terre était autant nécessaire pour le mort que pour le vivant qui craignait les revenants mais aussi la contagion de la mort.
Cette peur du mort s’exprime parfois dans l’aménagement de la sépulture. Vers la fin du IVe siècle, il n’est pas rare que l’inhumé soit recouvert de grosses pierres dont la fonction est claire ; elles doivent empêcher celui-ci de quitter son tombeau et d’utiliser les armes qui sont auprès de lui.

Au IIIe siècle, l’apparition soudaine de l’incinération témoigne de croyances totalement nouvelles. Le point central de celle-ci est la conception d’une âme parfaitement distincte du corps et qui s’en détache au moment de la mort. Dès lors, se différencient les rites concernant le corps proprement dit de ceux qui touchent à l’âme. C’est évidemment cette dernière qui est privilégiée parce qu’elle peut mener une véritable vie en pénétrant dans un autre corps ou qu’elle peut acquérir l’éternité. Ces croyances se développent au détriment de l’ancien respect dû au corps. Celui-ci n’est que le témoin d’une vie. Le traitement funéraire qui en est fait reflète ce rôle relativement limité

Il est clair que de telles conceptions de l’au-delà, comme nous l’ont rapporté les auteurs anciens, s’accompagnent forcément de nouvelles théories sur l’âme, sur l’univers, sur la nature humaine et sur celle des dieux.

http://druuidiacto.forumculture.net/t22-l-ame-immortelle

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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Sam 6 Fév 2016 - 18:18

Setanta a écrit:
Le corps d’après la mort n’est donc pas un autre corps physique acquis par réincarnation, mais bien plutôt un « double » corporel (avéré dans nombre de cultures) qui survit à la mort physique pour entamer une vie nouvelle dans une autre dimension.

Artio’s a écrit:
Le corps double dont il est question ci-dessus n'est-il pas plutôt le corps physique par rapport à celui-là ?

Selon ma lecture je verrais plus en ce corps « double » un corps subtil voire éthérique plutôt qu’un corps physique au sens propre du mot car celui-ci, fait de matière, retourne inexorablement à la matière.

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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Sam 6 Fév 2016 - 23:34

c'est à une bien belle description de cette doctrine que je qualifierai de "brahmanique" faute de mieux que tu nous convie, moios ater Auetos... je dis faute de mieux car dans notre langue, "bitumonique" serait propice à des jeux de mots qui cette fois ci n'auraient rien de druidiques Very Happy

je trouve en lisant tes explications que tout compte fait, l'Ananmenon n'est pas une réalité aussi insaisissable qu'on le dit, car elle est empreinte d'une grande simplicité. si il me fallait aujourd'hui tenter d'expliquer à mes proches ce qu'est l'âme, je serais tenté de dire que c'est un état qui a tout à voir avec l'aura bienfaisant qui émane du visage d'un tout petit quand il dort, et celui, bienveillant, de celle qui le couve... ou encore la douce inconscience qui saisit les tourtereaux quand ils s'aiment.

une légèreté d'être, en somme, à laquelle je me suis promis de revenir puiser aussi souvent que possible... quelle surprise pour moi qui croyais déceler dans cette doctrine un mépris insondable pour les choses de la vie! je ne saurais dire si cette interprétation du monde est bel et bien celle de nos anciens druides, mais en tout cas elle me convient, car elle donne une vision ordonnée et laisse une sereine tranquillité à celui qui médite sur la marche du monde et les origines de la vie.

cependant, aussi coulants que soient les termes de cette description, je ne suis pas à la veille de m'enlever de la tête que la dissolution définitive de mon être ou de ceux qui me sont chers dans un être universel, puis dans le non être est bien la dernière chose que je nous souhaite!

d'abord, cette idée me hérisse à cause de mon attachement viscéral aux caractères et à l'hérédité qui fonde les différences entre individus, familles, peuples ou espèces... et le monisme qui pointe derrière cette doctrine m'inquiète un peu aussi. sommes nous toujours polythéistes si nous ramenons nos divinités à des hypostases?

et en tant que dévot du Dagda évoluant en dehors de tout engagement sacerdotal, je ne me sens jusqu'ici guère d'affinité avec cette manière d'envisager la fin, car je me prépare plutôt à recevoir comme réalité ultime le jugement fulgurant de la masse du Dagodeuos qu'à me dissoudre lentement dans l'océan de mes semblables...

j'aime à penser comme nos traditions nous en assurent que le dieu qui répand la vie et la mort nous réserve à chacun une trajectoire particulière, qu'il prend soin de considérer nos parcours et nos lignages, et qu'il sait rétribuer les héros en armes et les êtres besogneux à hauteur de leurs sacrifices, en les élevant à la jouissance inouïe et a à la connaissance qu'ils ont effleurées de leur vivant en surpassant leurs propres limites!

je pense donc que j'ai pour devoir d'accepter et de sublimer les lois de ce monde ci plutôt que de les nier, et jusqu'à plus ample informé, je considère la vie, la naissance et la mort, l'amour, le combat, la jouissance, l'effort physique, la méditation et les disciplines de l'esprit comme autant de voies offertes. mais peut être es ce une mauvaise interprétation?

concernant la réincarnation, j'y crois. mais je serai plutôt tenté de penser comme l'explique Setanta que ce n'est pas le lot commun, pour la simple et bonne raison qu'il y a de plus en plus d'hommes et de femmes ou d'animaux au fur et à mesure des générations, et que de ce fait, logiquement, tout le monde ne peut pas être la réincarnation d'un aïeul qui, de neuf générations plus ancien a eu entre temps une nombreuse descendance.

bonne soirée,
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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Dim 7 Fév 2016 - 16:17

Matuos a écrit:
cependant, aussi coulants que soient les termes de cette description, je ne suis pas à la veille de m'enlever de la tête que la dissolution définitive de mon être ou de ceux qui me sont chers dans un être universel, puis dans le non être est bien la dernière chose que je nous souhaite!

En fait, et c’est là, je pense, que tu fais erreur. Ce n’est pas ton être qui se dissout dans l’Ananmenon, non pas, Toi, Matuos, cet être physique, au moment ou l’âme et l’esprit rejoignent ce grand être, n’est déjà plus existant. Car ce corps, ce char de chair qui nous est cher a déjà rejoint la matière voire même s’est « évaporé » en elle.

Citation :
d'abord, cette idée me hérisse à cause de mon attachement viscéral aux caractères et à l'hérédité qui fonde les différences entre individus, familles, peuples ou espèces... et le monisme qui pointe derrière cette doctrine m'inquiète un peu aussi. sommes nous toujours polythéistes si nous ramenons nos divinités à des hypostases?

Que cette idée te soit désagréable, je le comprends. Neanmoins je pourrais te dire que, notre esprit, tout comme un vieil arbre fruitier qui a donné tant et tant, ne donnant plus de fruit meurt et disparait, notre esprit en fait tout autant. Il nait, grandi, s’enrichie, obtient de l’expérience, la donne, la donne encore et encore jusqu’à ne plus en pouvoir. Et là, afin de se recréer… disparait.

Ce monisme sous-jacent, que je qualifierais (plutôt) de panthéisme ne m’inquiète pas outre mesure et surtout, moi qui suis hénothéiste, ne m’empêche pas d’être profondément polythéiste.

Citation :
et en tant que dévot du Dagda évoluant en dehors de tout engagement sacerdotal, je ne me sens jusqu'ici guère d'affinité avec cette manière d'envisager la fin, car je me prépare plutôt à recevoir comme réalité ultime le jugement fulgurant de la masse du Dagodeuos qu'à me dissoudre lentement dans l'océan de mes semblables...

Et tu as raison… mais là encore je crois que tu confonds matière, esprit et âme… lorsque que Toi, en tant qu’être humain, tu recevras le coup de masse du Dagodeuos qui te fera passer de vie à trépas, ton corps pourrira (s’il est mis en terre) ou se consumera (s’il est incinéré), l’esprit et l’âme, eux, soit, résideront dans le Uindobutis, soit, se dissoudront en l’Ananmenon ou, soit, se réincarneront en un membre de ta lignée. Ce n’est donc pas Toi, au sens strict du mot, qui te réincarne mais « ton » esprit.

Citation :
j'aime à penser comme nos traditions nous en assurent que le dieu qui répand la vie et la mort nous réserve à chacun une trajectoire particulière, qu'il prend soin de considérer nos parcours et nos lignages, et qu'il sait rétribuer les héros en armes et les êtres besogneux à hauteur de leurs sacrifices, en les élevant à la jouissance inouïe et a à la connaissance qu'ils ont effleurées de leur vivant en surpassant leurs propres limites!

J’aime beaucoup ta pensée qui n’est en rien incompatible avec la mienne.

Citation :
Je pense donc que j'ai pour devoir d'accepter et de sublimer les lois de ce monde ci plutôt que de les nier, et jusqu'à plus ample informé, je considère la vie, la naissance et la mort, l'amour, le combat, la jouissance, l'effort physique, la méditation et les disciplines de l'esprit comme autant de voies offertes. mais peut être es ce une mauvaise interprétation?

Alain Danielou disait : « Sans la vie il ne saurait y avoir de perception individuelle, pas de témoin et par conséquent rien qui donne la réalité à l’apparence de la manifestation cosmique. La vie est la manifestation de « l’Existence » envisagée comme « la forme propre de la réalité et de la connaissance infinies ». Elle est donc le seul Etre suprême ». Et de rajouter : « Un seul dieu, la vie ».

Citation :
concernant la réincarnation, j'y crois. mais je serai plutôt tenté de penser comme l'explique Setanta que ce n'est pas le lot commun, pour la simple et bonne raison qu'il y a de plus en plus d'hommes et de femmes ou d'animaux au fur et à mesure des générations, et que de ce fait, logiquement, tout le monde ne peut pas être la réincarnation d'un aïeul qui, de neuf générations plus ancien a eu entre temps une nombreuse descendance.

J’aime bien le point de vue de moios Brater Dubrinertos, mais je ne suis pas d’accord avec lui car je ne retrouve pas dans cette vison des choses la notion de cycle, si chère à notre Tradition. Que deviennent les âmes de ceux qui ne reviennent pas ?

Quant à l’équilibre entre les deux mondes, il est peut-être régulé par l’extinction inexorable de races animales, non ?

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Artio's
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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Dim 7 Fév 2016 - 20:15

Je pense que Matuos ne parlait pas du corps physique, Auetos. Il me semble, dans vos propos, que vous identifiez l'être humain à son corps. Je pense que Matuos s'identifie à plus que celà, si je ne me trompe pas. Plus de "je" après ? Vous croyez, dites-vous.
La dissolution décrite ne dissout pas dans l'oubli, mais transcende.
Je crois, moi, que nous vivons  "en partie" le potentiel de notre être à chaque incarnation. Il serait exact et faux à la fois dans cette perspective, de se considérer comme un être auto défini, si l'on a pas exploré les notions multiples.
Matolitus dans son analyse du Ar Rannou "Deux bœufs attelés à une coque" tâche d'expliquer que ce sont deux corps qui tirent l'esprit (la parcelle) qui constitue le Soi. Ici, c'est l'esprit qui est "Je". Mais la coque devrait-elle être le corps ou la graine ? Ça aura au moins le mérite de la polémique.
Dans une vision centriste de l'univers manifesté, c'est le "ici" au milieu qui est à l'honneur, et ce serait l'âme qui aurait la primeur de l'individualité, conjonction idéale ou divine des deux partenaires, dérivés d'une même source, la matière tirée de l'ombre et l'esprit tiré de la clarté. Le regard est porté à l'horizon vers l'aurore.
Si l'on place les mythes sous cet angle ,sans jeux de mots, par contrastes et curseurs, tout devient lumineux.
L'éternel ici où je me trouve et que je suis ne pourra alors qu'être l'écho de cette source, qu'il ne peut imaginer qu'à sa propre image.
Son désir le plus cher est donc de la retrouver, en la recréant, ici comme là, ensemble et variés.
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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Lun 8 Fév 2016 - 10:27

mes réflexions sont toujours un peu de bric et de broc et c'est bien normal, puisque je suis ici pour apprendre... je fais avec les moyens du bord! en cela, vos contributions respectives font bien plus que répondre à mes questions et je vous en remercie.

puisque le temps s'est remis au beau, je vais méditer tout ça en compagnie de mes arbres fruitiers Very Happy

bonne journée!
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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Lun 8 Fév 2016 - 10:29

Artio’s a écrit:
Je pense que Matuos ne parlait pas du corps physique, Auetos. Il me semble, dans vos propos, que vous qui identifiez l'être humain à son corps. Je pense que Matuos s'identifie à plus que celà, si je ne me trompe pas. Plus de "je" après ?

Oui, c’est exact… « Je » est pour moi l’entité créée par le corps l’esprit et l’âme. Une fois le corps détruit, « Je » meurs mais son esprit, riche de nouvelles expériences s’incarne dans un nouveau corps à qui l’âme donne le souffle de vie.

Citation :
Je crois, moi, que nous vivons "en partie" le potentiel de notre être à chaque incarnation. Il serait exact et faux à la fois dans cette perspective, de se considérer comme un être auto défini, si l'on a pas exploré les notions multiples.

Je suis bien d’accord avec ça. De mon point de vue, ce n’est pas « Je » qui revit mais son « Moi », l’esprit qui l’habite…

Citation :
Matolitus dans son analyse du Ar Rannou "Deux bœufs attelés à une coque" en tâchant d'expliquer que ce sont deux corps qui tirent l'esprit (la parcelle) qui constitue le Soi. Ici, c'est l'esprit qui est "Je". Mais la coque devrait-elle être le corps ou la graine ? Ça aura au moins le mérite de la polémique.

Et si le corps était « Je », l’esprit « Moi » et l’âme « Soi » ?

Dans le texte, je pense que l’auteur a commis une légère faute d’interprétation en disant que « la coque enlisée représente l’esprit humain… » qui est, si on suit bien son analyse, l’âme et non pas l’esprit.

Ainsi donc, la coque serait l’âme, le Soi, et les deux bœufs seraient l’esprit, le Moi (le corps animique), et le corps, le Je (le corps physique)… ainsi le Moi, aidé par (des) Je, essaie, durant cette vie mais aussi vie après vie « augmenté de la somme des expériences accumulées durant son (ses) existence(s) » de sortir le Soi de sa gangue et lorsqu’il y arrive, « le corps subtil voit sa mission terminée. Son rôle de trait d’union entre les éléments spirituel et matériel de la combinaison humaine ayant pris fin, il meurt à son tour. Seule, la parcelle divine, l’Ame, qui constitue le Soi de chaque individu demeure, car elle est impérissable. Et, voyez la merveille ! Dégagée de la matière elle retrouve la plénitude de son génie originel. »

Citation :
Dans une vision centriste de l'univers manifesté, c'est le "ici" au milieu qui est à l'honneur, et ce serait l'âme qui aurait la primeur de l'individualité, conjonction idéale ou divine des deux partenaires, dérivés d'une même source, la matière tirée de l'ombre et l'esprit tiré de la clarté. Le regard est porté à l'horizon vers l'aurore.
Si l'on place les mythes sous cet angle ,sans jeux de mots, par contrastes et curseurs, tout devient lumineux.
L'éternel ici où je me trouve et que je suis ne pourra alors qu'être l'écho de cette source, qu'il ne peut imaginer qu'à sa propre image.
Son désir le plus cher est donc de la retrouver, en la recréant, ici comme là, ensemble et variés.

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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Lun 8 Fév 2016 - 10:51

toutes ces réflexions me font penser à ce très beau texte, parfaite illustration à mon sens du retour à la materiae primae :

Extrait de « les Vraies Richesses » de Jean Giono (Giono dont la lecture a beaucoup nourri mon paganisme) : (schéma du dernier chapitre, non écrit, de « Que ma Joie demeure ») :

« Bobi mort. Son cadavre sur le plateau. Calme revenu. Nuages dans le vent, acérés comme de petits cristaux de glace. Ciel nu large ouvert. Le jour. Solitude. Les oiseaux se rassemblent au dessus du cadavre.(…) les mangeurs de graines (…).Les mangeurs de viande. Corbeaux, pies, fauvettes, rossignols, coucous. Ils viennent de tous les cantons de ce pays: du fleuve, de la vallée, de la plaine, des roseaux, des vergers, des champs charrués, de la montagne (…). Ils tournent au dessus du cadavre. Bobi est couché sur la terre. La nuit. Les oiseaux s’abattent dans l’herbe. Les renards s’approchent. De temps en temps, les oiseaux se soulèvent tous ensemble sur leurs ailes, s’envolent, tournoient en couvrant et découvrant les étoiles. Le jour de nouveau. Sur le visage de Bobi, la peau de la joue se fend. Près de la bouche, un liquide clair coule de la déchirure et mouille la terre comme un oeuf écrasé. Les herbes sont couvertes de mouches depuis la plus belle jusqu’à la bleue. Ventres à rayures noir et or. Têtes de mouches, nues : trompes, mandibules, pinces et corne, dents de scie. Sur la terre des ruisseaux de fourmis s’approchent, montent sur les mains de Bobi, sur son visage, sur son oeil, dans sa bouche, dans son nez. Les mouches se collent sur la déchirure, près de la bouche. Bobi s’ouvre par d’autres endroits. Les insectes entrent dans lui et travaillent. Bobi est à ce moment là, en pleine science. Il s’élargit aux dimensions de l’ univers. Les oiseaux s’abattent sur Bobi et le déchirent. Il fait chaud. Les chairs se laissent arracher. Loin sur le plateau, les renards aboient. Bobi est couvert d’oiseaux. Nuit. Alors les renards sautent de l’ombre, mordent dans les gros morceaux aux cuisses et à la poitrine. Les rats viennent, mangent les parties tendres. Dans la terre, les fourmis courent dans les couloirs de leurs magasins où sonne sourdement la lutte de là-haut. Mais elles n’entendent pas. Par contre elles y voient (les fourmis perçoivent l’ultraviolet, et les fourmilières, pour profondes qu’elles soient, sont éclairées d’une lumière que nous ne pouvons pas concevoir). Elles emportent l’une après l’autre (mais des milliers qui se suivent) des morceaux de cervelle dans leurs petites pattes de devant. Une cervelle qui ne pouvait percevoir que les sept couleurs du prisme et qui maintenant alimente des larves qui préparent des sens capables de percevoir l’ultraviolet. A côté, dans la terre, les liquides de Bobi mouillent les racines d’une sariette, d’un serpolet et les derniers restes vivants d’un morceau de racine de genêt arraché. Déjà des sucs plus riches montent dans les petites tiges. Préparation des feuilles, des fleurs. Le morceau de racine reprend vie. Au printemps, il percera la terre et fera vivre un commencement de tige, dure et verte. Là haut les renards ont mangé. Lourds de viande, ils marchent pesamment, cherchent le couvert pour dormir. Pour eux, la nuit est toute écrite en traces, en odeurs, en passages, en pistes, en orientations (où Bobi ne voyait qu’une solitude). Les oiseaux volent dans la nuit. Leur bec est pareil aux épines blanches des étoiles. La constellation des Verseaux est à sa place habituelle et descend doucement sur l’horizon, suivant l’ordre des choses. Le jour se lève. Les oiseaux qui ont mangé s’en vont. La viande leur donne de la force. Ils sont joyeux, ils volent pour leur plaisir. Ils sont très beaux à regarder. Habitants naturels de l’air….. »
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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Lun 8 Fév 2016 - 16:21

Meri, Auetos, pour votre réponse.
Je croyais moi, que le produit était le but, l'âme, et que elle seule, se réincarnait. Esprit et matière, eux, capables de "donner" multiforme et multitâche, semblent la traverser de part en part. Pour moi, tous deux sont parts d'un tout, chacun donnant et reprenant, en émanation et dissolution, dans un contraste mouvementé. Seule l'âme semble échapper, pour moi, à ce principe constitutionnel de vase communiquant, pour adopter l'individualité éternelle du principe absolu de charisme vital entre l'univers manifesté et sa source. La source, capable de se transcender par ses produits, qui vont et viennent à l'infini de son endroit à l'existence, à chaque fois renouvelés. Toute cette toile charismatique et ombilicale formerait le réseau interrelationnel.
Oui, je sais, on dirait que j'ai fumé de la bonne.

Merci, Setanta, pour ce tableau appétissant. Very Happy
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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Mar 9 Fév 2016 - 8:31

Artio's a écrit:
Oui, je sais, on dirait que j'ai fumé de la bonne.

Very Happy certes, mais je trouve la description très parlante... dois-je en conclure que cette herbe pas si folle qu'on le dit pousse aussi chez nous?

Setanta a écrit:
(Giono dont la lecture a beaucoup nourri mon paganisme)

itou... ce coup ci, tu nous régale! je plussoie à l'appétit de mon camarade l'Ours ci-dessus!

c'est en lisant Colline que j'ai pris conscience à travers sa hauteur de vue que nous sommes ici restés profondément païens, dans notre rapport à la nature et le langage très instinctif qui fonde notre vision du monde.

Giono, natif des Voconces était un client fidèle d'un de mes grand oncle aubergiste lors de ses pérégrinations dans le Haut Pays, et à force d'y venir, il connaissait notre vallée et ses gens aussi bien que si il y était né... j'aurais aimé naître avant pour pouvoir le questionner sur les Voconces, dont il ne parle jamais alors que toute son oeuvre se déroule dans les limites de l'ancienne confédération gauloise, sans jamais les dépasser: tous ses pays d'élections que sont Manosque et ses plateaux, Sisteron, Lure, le Ventoux, les Baronnies, le Diois, le Vercors, le Trièves, le Dévoluy, le Bochaine, le Haut Drac et le Gapençais, sont des Terres Voconces.

bonne journée,
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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Mar 9 Fév 2016 - 14:18

Artio’s a écrit:
Je croyais moi, que le produit était le but, l'âme…
 
Dans un sens oui. L’Anamon, n’est-elle une parcelle d’Ananmenon ?
 
« Que la part immortelle qui anime tout être, « l’Ame », elle qui n’est pas née et ne meurt point, elle qui n’est venue de nulle part et qui n’est devenue personne. Perpétuelle, éternelle, primordiale, elle n’est point détruite quand le corps est détruit car elle est une parcelle de l’Ananmenon. » (Druuidiacto Credimi, 4)
 
Citation :
Esprit et matière, eux, capables de "donner" multiforme et multitâche, semblent la traverser de part en part.
 
N'ayant pas fumé la même chose que vous, et bien que je conçoive le fait que le Corps et l'Esprit puissent être multiforme et multitâche, je n'arrive pas bien à comprendre qu'ils puissent traverser l’Âme de part en part... cette image est bien trop « transcendante » pour mon « algébrique esprit » Laughing hihihi !

Quant au reste...

Citation :
Pour moi, tous deux sont parts d'un tout, chacun donnant et reprenant, en émanation et dissolution, dans un contraste mouvementé. Seule l'âme semble échapper, pour moi, à ce principe constitutionnel de vase communiquant, pour adopter l'individualité éternelle du principe absolu de charisme vital entre l'univers manifesté et sa source. La source, capable de se transcender par ses produits, qui vont et viennent à l'infini de son endroit à l'existence, à chaque fois renouvelés. Toute cette toile charismatique et ombilicale formerait le réseau interrelationnel.

je ne l'appréhende pas différemment de vous.

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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Mer 10 Fév 2016 - 6:07

Auetos a écrit:
Je crois que notre âme et notre esprit sont deux oiseaux portés par la même branche, qu’ils sont, une fois en contact l’un avec l’autre, inséparable jusqu’à la dissolution finale.

je me permet de ramener ici quelques éléments que nous avions eu dans un autre fil:

J. Chevalier, A. Gheerbrant, Dictionnaire des symboles: "Les cygnes se déplacent souvent par deux et parfois une chaîne en or ou en argent les attache ensemble par le cou. Sur beaucoup d'œuvres d'art celtiques, deux cygnes figurent sur un côté de la barque solaire, qu'ils guident et accompagnent dans son voyage sur l'océan céleste. Venant du nord ou y retournant, ils symbolisent les états supérieurs ou angéliques de l'être en cours de délivrance et retournant vers le Principe suprême. Sur le continent, et même dans les îles, le cygne est souvent confondu avec la grue, d'une part, et l'oie, d'autre part; ce qui explique l'interdit alimentaire dont cette dernière faisait l'objet, d'après César, chez les Bretons."

Socrate, le Chant du Cygne: "les cygnes qui, lorsqu'ils sentent qu'il leur faut mourir, au lieu de chanter comme auparavant, chantent à ce moment davantage et avec plus de force, dans leur joie de s'en aller auprès du Dieu dont justement ils sont les serviteurs. Or les hommes, à cause de la crainte qu'ils ont de la mort, calomnient les cygnes, prétendent qu'ils se lamentent sur leur mort et que leur chant suprême a le chagrin pour cause; sans réfléchir que nul oiseau ne chante quand il a faim ou soif ou qu'un autre mal le fait souffrir; pas même le rossignol, ni l'hirondelle, ni la huppe, eux dont le chant, dit-on, est justement une lamentation dont la cause est une douleur. Pour moi cependant, la chose est claire, ce n'est pas la douleur qui fait chanter, ni ces oiseaux, ni les cygnes. Mais ceux-ci, en leur qualité, je pense, d'oiseaux d'Apollon, ont le don de la divination et c'est la prescience des biens qu'ils trouveront chez Hadès qui, ce jour-là, les fait chanter et se réjouir plus qu'ils ne l'ont jamais fait dans le temps qui a précédé."

Hamsa Upanishad: "à la naissance elle entre en nous, l'Oie sauvage! pareille au feu invisible qui couve dans le bois, et à l'huile cachée dans le grain de sésame, elle réside au plus profond de nous... savoir cela, c'est se délivrer de la mort."

Artio's a écrit:
Matolitus dans son analyse du Ar Rannou "Deux bœufs attelés à une coque" tâche d'expliquer que ce sont deux corps qui tirent l'esprit (la parcelle) qui constitue le Soi.

or, Yoga, discipline que la tradition hindoue définit précisément comme le couteau grâce à quoi "l'Oie sauvage prisonnière d'un filet, s'envole enfin après qu'on ait coupé les cordes qui la retenait captive" (Kshurikâ Upanishad) signifie justement "Joug"... tout ceci ne valide t-il pas une voie celtique de la Délivrance?

bonne journée,
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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Mer 10 Fév 2016 - 23:07

intéressante étude !
Ne pourrons-nous pas faire un parallèle avec tous les binômes tireurs de char "jumeaux" ?
- Chevaux de Cuchulainn
- Chevaux de Sol (nord)
- Boucs de Thor (nord)
- Chevaux d'Hélios (grec)
- Oies ou cygnes d'Aphrodite
- Chevaux de Surya (Rig-Veda)
- Cygnes d'Apollon
- Corbeaux de Lugh et d'Odin
- grue, etc.
Ces animaux jouent un rôle psychopompe (guide des âmes en grec) et tirent un char, toujours occupé par le divin solaire.
Ils sont par deux et peuvent être associés à des divinités "polarisées" comme nous en trouvons dans toutes les civilisations.
Qu'en déduire sinon que nous retrouvons le schéma trine de l'arbre sol-air ? Le siège de l'âme serait-il dans le plexus "solaire" ?
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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Ven 12 Fév 2016 - 9:48

Artio's a écrit:
Qu'en déduire sinon que nous retrouvons le schéma trine de l'arbre sol-air ? Le siège de l'âme serait-il dans le plexus "solaire" ?

Selon moi l’Ame se situerait au milieu de la poitrine, au niveau du cœur (Chakra Anāhata), tandis que l’Esprit, lui, se trouverait dans la tête au niveau des yeux – Troisième œil – (Chakra Ājñā) ou, mieux, au niveau de la fontanelle (Chakra Sahasrāra) ; et c’est peut-être pour ça que nos ancêtres étêtaient leurs adversaires. Ils voulaient, peut-être, par cet acte, s’approprier, si ce n'est l’Esprit lui-même de ceux qu’ils venaient de terrasser, du moins la force, la puissance et l’énergie qu'il représentait...

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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Ven 12 Fév 2016 - 9:57

Matuos a écrit:
… tout ceci ne valide t-il pas une voie celtique de la Délivrance?

J’en suis persuadé.

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MessageSujet: Re: Transmigration de l’âme.   Sam 13 Fév 2016 - 17:22

Salutations et passage en coup de vent sur ce sujet fort intéressant. Je me contente de citer un bout de l'article wiki sur Phèdre pour apporter ma pierre à l'édifice :

Citation :
"Il faut donc se représenter l'âme comme une puissance composée par nature d'un attelage ailé et d'un cocher. Cela étant, chez les dieux, les chevaux et les cochers sont tous bons et de bonne race, alors que, pour le reste des vivants il y a mélange. Chez nous - premier point - celui qui commande est le cocher d'un équipage apparié ; de ces deux chevaux, - second point - l'un est beau et bon pour celui qui commande, et d'une race bonne et belle, alors que l'autre est le contraire et d'une race contraire. Dès lors, dans notre cas, c'est quelque chose de difficile et d'ingrat que d'être cocher." (Platon, Phèdre)

L’âme est comparable à un attelage ailé céleste : le cocher est la raison, l’intellect qui gouverne et l’attelage est tiré par deux chevaux. Cependant, Platon introduit une différence entre l’âme des dieux et l’âme humaine. Pour l’âme des dieux, la structure de l’attelage et son comportement sont dans une continuité cohérente si bien qu’une fausse manœuvre est, par principe, exclue. L’attelage est porté sans encombre par les ailes au sommet de la voûte céleste dans un mouvement ascensionnel uniforme. Alors que pour l’âme humaine, ce mouvement devient difficile car l’attelage est apparié, les deux chevaux sont de nature différente :

   L’un, blanc et noble, aspire au ciel. Obéissant, il représente le cœur.
   L’autre, noir et massif, est attiré par la terre. Il représente la partie désirante de l’âme.

À peine arrivées à la hauteur du monde éternel, même si certaines âmes peuvent apercevoir quelques idées, elles chutent toutes inévitablement dans le monde sensible, puisque leurs ailes manquent de force pour pouvoir les soutenir. Ce voyage dans le ciel des Idées aux côtés des dieux est appelé « mystère ». Il s’ensuit donc une hiérarchie dans les types humains comportant neuf degrés, chacun correspondant à plus ou moins d’imperfection dans les âmes en fonction de ce qu’elles ont pu ou non apercevoir du monde des idées. Au sommet de la pyramide se trouvent les philosophes, suivent après les rois et guerriers, les hommes politiques et financiers, les médecins et hygiénistes, les devins, les peintres et poètes, les agriculteurs et les artisans, les sophistes et au dernier échelon de la pyramide les tyrans. Le philosophe-roi est chargé de faire régner l’ordre et la justice. Ainsi, nous connaissons l’essence des réalités car notre âme a eu une vie jadis où elle contemplait les essences de la réalité et que maintenant une fois incarnée dans un corps, elle se souvient de ses essences en voyant des imitations des réalités. Néanmoins, l’âme est brouillée par le corps ; le corps est un brouillard qui empêche l’âme de percevoir avec netteté le ciel des Idées. Le travail de l’âme consiste dès lors à écarter les barreaux de la chair que le corps ne cesse d’interposer entre elle et les Idées : C’est là le phénomène d'Anamnésis. Toute connaissance est donc réminiscence ou encore conversion par laquelle l’âme réoriente son regard vers les réalités véritables. Connaître, c’est toujours reconnaître ce qu’on avait vu dans une vie antérieure.

(j'aurais tendance à assimiler le cocher à l'âme, et les deux chevaux à l'esprit, mais bon... le corps étant bien sûr le char)

En plus de cela, malgré toutes les réserves et limites méthdologiques qu'on peut soulever pendant des pages et des pages, je trouve la conception mongole fort intéressante, car elle s'intègre assez bien à tout ce qui a été évoqué d'indo-européen ici, et d'une certaine manière l'englobe. Ce qu'on désigne comme "l'âme" humaine est tripartite : ami, suld, et suns (qu'on peut désigner comme étant une âme blanche, une âme grise, et une âme noire).

L'âme blanche, le souffle, monte après le décès vers le royaume du père céleste, dans les basses branches de l'arbre-monde (les dieux vivent dans les hautes branches). Cette âme blanche peut être amenée à redescendre le long du tronc de l'arbre-monde, généralement pour se réincarner dans sa lignée.

L'âme grise demeure proche de la dépouille et peut agir sur le monde matériel, assurant entres autre prospérité et protection aux siens. Elle est difficile à traduire, mais correspond à des qualités propres, comme le courage, l'habilité, le charisme. Avec le temps (plusieurs générations pour le processus complet), elle s'éloigne du campement pour aller vers la forêt, s'ensauvegeant progressivement, jusqu'à devenir un esprit de la nature (qu'on nomme chez les Celtes "petit peuple", "peuples caché", "boudiged", "korriganed", etc, et qui correspondent aussi bien aux landvaettir scandinaves qu'aux genii loci gallo-romains).

L'âme noire, elle, emprunte les racines de l'arbre-monde pour aller dans le royaume souterrain, gardant la mémoire de ses expériences passées. Elle demeure dans les racines, et remonte à la surface en se réincarnant dans n'importe quelle espèce, selon les directives du roi du dessous. Celui-ci peut, en cas d'actions abjectes, ordonner la destruction définitive d'une âme noire en l'envoyant encore dessous, dans le feu souterrain qui anime les volcans. Au contraire, elle peut evenir endur pour une vie exceptionnelle et héroïque, c'est-à-dire qu'elle monte à jamais dans les branches, auprès des dieux, et peut être priée comme eux.

http://buryatmongol.org/a-course-in-mongolian-shamanism/the-spirit-world/a-multiplicity-of-souls-their-form-and-function/ (membre de l'association des chamanes de Mongolie, donc pas du blabla new age occidental)
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