forum consacré à l'étude du druidisme antique et contemporain.
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 César

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Auetos
Druide C.C.C.
avatar

Nombre de messages : 3764
Localisation : P.A.C.A. (83)
Date d'inscription : 02/01/2006

MessageSujet: César   Sam 17 Fév 2007 - 15:15

Milieu Ier siècle avant è.v.
Bellum Gallicum, Livre VI, 13-14

« Dans toute la Gaule il n’y a que deux classes d’hommes qui comptent quelque peu et soient estimées. Mais pour ce qui est des deux classes, l’une est celle des druides, l’autre est celle des chevaliers. Les premiers s’occupent des affaires religieuses, ils ont en charge les sacrifices publics et privés, expliquent les pratiques religieuses ; à eux se joignent de très nombreux jeunes gens qui viennent recueillir leur enseignement ; enfin ces druides sont chez eux en grand honneur. En effet, ils rendent les jugements dans presque tous les conflits, qu’ils soient publics ou privés, et si quelque crime a été commis, si un meurtre a été perpétré, s’il y a un conflit au sujet d’un héritage ou au sujet de limites, ce sont eux qui jugent, qui décident du dédommagement et de la peine. Si une personne privée ou un peuple ne s’en tient pas à leur verdict, ils lui interdisent les sacrifices. Cette peine est chez eux la plus grave. Ceux qui sont frappés de cette interdiction, sont tenus pour des impies et des criminels, tout le monde s’écarte d’eux, on fuit leur rencontre et leur discours, de peur d’être souillé à leur contact impur ; la justice ne leur est pas rendue quand ils la réclament et aucun honneur ne leur est accordé. Tous ces druides obéissent à l’un d’entre eux, celui qui parmi eux a la plus grande autorité. A sa mort, si l’un des druides surpasse les autres par son mérite, il lui succède ; si plusieurs paraissent avoir des compétences égales, ils s’affrontent pour obtenir ce pouvoir par le suffrage des druides quand ce n’est pas par l’emploi des armes. A une date fixe de l’année ils siègent en un lieu consacré du pays des Carnutes qui est considéré comme le centre de toute la Gaule. Là de partout tous ceux qui ont des différents se réunissent et obéissent à leurs décisions, à leurs jugements. Leur doctrine aurait été créée en Bretagne et de là elle aurait été transmise en Gaule – estime-t-on ; et de nos jours encore ceux qui veulent connaître plus de détail, le plus souvent ils vont là-bas s’y instruire. Les druides ne participent pas habituellement à la guerre et ne paient pas de contribution comme le reste de la population ; ils jouissent de l’exemption du service militaire comme de toute autre charge. Stimulés par tant d’avantages, beaucoup, de leur propre volonté viennent se joindre à eux pour apprendre leur doctrine, beaucoup aussi sont envoyés par leurs parents et leurs proches. On dit que là ils apprennent par cœur un très grand nombre de vers. C’est pourquoi beaucoup d’entre eux demeurent en instruction pendant vingt années. (Les druides) estiment qu’il n’est pas permis par la religion de confier à l’écriture cet enseignement, tandis que pour pratiquement tout le reste, affaires publiques ou privées, l’alphabet grec est utilisé. Ils me semblent avoir institué cette règle pour deux raisons, d’une part parce qu’ils ne veulent pas que leur doctrine soit divulguées, ni que d’autre part, ceux qui apprennent, confiants dans l’écriture, mettent moins à contribution leur mémoire ; il arrive, en effet, assez ordinairement qu’apprenant sous la protection de l’écrit on relâche sont attention et sa mémoire. Les druides avant tout veulent convaincre que les âmes ne disparaissent pas mais qu’après la mort elles quittent les corps pour aller dans d’autres corps ; ils pensent que cette croyance stimule au plus haut point le courage, parce qu’elle fait mépriser la mort. Par ailleurs, ils dissertent abondamment sur les astres et leur mouvement, sur la grandeur du monde et de la terre, sur la nature des choses, sur la puissance des dieux immortels et sur leurs compétences et ces connaissances ils les transmettent à la jeunesse. »

_________________
٨٧٤٦٥۶
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.celtiacon-certocredaron-credima.gandi-site.net/
Auetos
Druide C.C.C.
avatar

Nombre de messages : 3764
Localisation : P.A.C.A. (83)
Date d'inscription : 02/01/2006

MessageSujet: Re: César   Sam 17 Fév 2007 - 15:16

Bellum Gallicum, Livre VI, 16-18

« Tout le peuple gaulois se passionne immodérément pour les choses de la religion ; pour cette raison ceux qui sont atteints de graves maladies, ceux qui se trouvent habituellement dans des combats ou face à d’autres dangers, prennent des hommes comme victimes sacrificielles ou font vœu de la faire et pour ces sacrifices utilisent le ministère des druides ; ils croient qu’on ne peut apaiser les dieux immortels, que seule la vie d’un homme ne peut être rendue qu’au prix d’une autre vie humaine et ils ont des sacrifices de ce genre qui sont des institutions publiques. D’autres ont des représentations d’une grandeur colossale dont les pièces faites d’osier tressé sont remplies d’hommes vivants ; on met le feu à celle-ci et les hommes entourés de flammes y périssent. Les supplices de ceux qui sont arrêtés pour vol ou pour brigandage passent pour être plus agréable aux dieux ; mais quand les ressources de ce type font défaut, on se résout à supplicier des innocents. Le dieu qu’ils vénèrent le plus est Mercure : ses images sont les plus nombreuses ; ils le tiennent pour l’inventeur de tous les arts, pour le guide des routes et des voyages et ils pensent qu’il a une grande influence sur les gains d’argent et sur le commerce. Après lui ils honorent Apollon, Mars, Jupiter et Minerve. De ces dieux ils se font à peu près la même idée que les autres peuples : Apollon guérit les maladies, Minerve transmet les principes des arts et des métiers, Jupiter a le pouvoir sur les autres divinités célestes, Mars régit les guerres. A ce dernier, quand ils ont décidé de livrer un combat, ils font la plupart du temps vœu de consacrer tout ce qu’ils prendront à la guerre ; quand ils ont gagné, ils immolent tout le butin vivant et le reste ils l’emportent en un même endroit. Dans beaucoup de cités on peut voir des tertres élevés dans des lieux consacrés avec ces dépouilles ; et il n’est pas arrivé souvent que quelqu’un, méprisant la religion, ose cacher chez lui le butin qu’il avait fait ou ose toucher à ces dépôts, pour un tel acte le supplice le plus cruel a été institué. Tous les Gaulois se vantent d’être descendant de Dis Pater et ils disent que c’est une croyance transmise par les druides. C’est pour cette raison qu’ils mesurent les longueurs de n’importe quelle durée non en nombre de jours mais en nombre de nuits, ils observent les anniversaires et les débuts de mois et d’année de cette manière : c’est le jour qui fait suite à la nuit. Dans leurs autres institutions ils différents des autres peuples en cela seulement qu’ils ne supportent pas que leurs enfants, avant qu’ils ne soient en âge de porter les armes, se présentent à leur côté en public et pour eux il est honteux qu’un fils encore enfant participe à une quelconque assemblée sous le regard de son père ».

_________________
٨٧٤٦٥۶
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.celtiacon-certocredaron-credima.gandi-site.net/
 
César
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Druuidiacto :: Textes et Littératures :: La Littérature Antique-
Sauter vers: