forum consacré à l'étude du druidisme antique et contemporain.
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Stonehenge

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Auetos
Druide C.C.C.
avatar

Nombre de messages : 3735
Localisation : P.A.C.A. (83)
Date d'inscription : 02/01/2006

MessageSujet: Stonehenge   Mar 26 Juin 2007 - 15:25



Stonehenge est peut-être le monument mégalithique le plus célèbre et celui sur lequel on a le plus écrit et le plus spécule. Son nom est formé de stone , pierre, et de henge , procédant du saxon hon , être suspendu ; Stonehenge est donc le cercle de pierres suspendues.

Le monument se dresse solitaire dans la plaine vallonnée de Salisbury, au sud-ouest de l’Angleterre. Dés le Moyen Age il a frappé l’imagination des Anglais qui en ont attribué la construction à l’enchanteur Merlin ou encore au diable.

Dés le XVI° siècle on commença à faire des croquis explicatifs du monument ; en 1620 le duc de Buckingham, ministre du roi Charles 1er d’Angleterre, fit fouiller le monument. Le roi chargea ensuite son architecte Inigo Jones d’étudier le monument. Ses conclusions furent que Stonehenge était un temple païen dédié au dieu céleste, construit en style toscan, et ou les druides s’adonnaient aux sacrifices humains.

Le site fut étudié quelques années plus tard par John Aubrey qui fit sienne la suggestion d’Iniga Jones, selon lequel il s’agissait d’un monument druidique. Il est le premier à avoir signalé la présence d’un alignement circulaire de trous à l’intérieur du talus servant d’enceinte aux trilithes ; ces trous ont ainsi reçu le nom de « trous d’Aubrey ». cependant c’est William Stukeley qui vulgarisa au XVIII° siècle la notion de Stonehenge temple druidique.

On retrouve jusqu’au XIX° siècle les échos de cette conception chez les poètes et romanciers anglais. Ainsi Wordsworth l’un des grands romantiques anglais montre dans « Le Prélude » l’autel druidique des sacrifices couvert du sang des victimes humaines ; de même Thomas Hardy situe les dernières scènes de son roman « Tess d’Uberville » dans le cadre de Stonehenge où l’héroïne s’allonge sur une pierre plate – « l’autel des sacrifices, justement » - précise l’auteur qui fait dire à ses personnages qu’on offrait dans ce temple païen des sacrifices au Soleil.

Aujourd’hui, grâce aux recherches et travaux entrepris sur le site depuis de nombreuses années, on connaît l’histoire, la manière et l’utilisation de Stonehenge.


Dernière édition par le Mar 26 Juin 2007 - 20:42, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.celtiacon-certocredaron-credima.gandi-site.net/
Auetos
Druide C.C.C.
avatar

Nombre de messages : 3735
Localisation : P.A.C.A. (83)
Date d'inscription : 02/01/2006

MessageSujet: Re: Stonehenge   Mar 26 Juin 2007 - 15:26

DESCRIPTION DU MONUMENT



Stonehenge est un ensemble beaucoup plus complexe qu’il ne paraît au premier abord ; il mérite donc une description faisant ressortir nombre de détails qui pourraient passer inaperçus à un regard superficiel.

Pour la commodité de la description, nous diviserons l’ensemble formé par Stonehenge en trois parties : le monument proprement dit, les abords immédiats et les environs.

Pierres dressées du monument

Le monument lui-même comportait d’abord deux cercles concentriques de pierres dressées : un cercle extérieur, dit « de sarsen » et un cercle intérieur de « pierres bleues ». le cercle de sarsen, appelé souvent « cercle extérieur », était formé de trente montants séparés, de section rectangulaire, réunis deux à deux à leur sommet par des linteaux. Le diamètre mesure près de 30 mètres. Le cercle des pierres bleues, ou cercle intérieur, mesure, lui, un peu plus de 23 mètres de diamètre. Composé de pierres plus petites et de formes plus irrégulières, certainement à l’état brut, cette circonférence intérieure entourait deux nouvelles figures concentriques : cinq gigantesques trilithons de sarsen disposés en fer à cheval et un certain nombre de pierres bleues dessinant une figure identique. Enfin, au foyer de cette dernière était une longue pierre plate, posée à même le sol appelée « la pierre de l’Autel ».

En gros, le monument proprement dit, à l’exception d’une seule, se composait donc de pierres dressées, qui dessinaient deux sortes de figures, un cercle et un fer à cheval de sarsen, doublés intérieurement de figures semblables de pierres bleues. En élévation, les montants de sarsen étaient réunis à leur sommet par des linteaux, trilithes isolés pour le fer à cheval, péristyle continu pour le cercle. Une impression d’harmonie et de proportions justes se dégage de cet ensemble, malgré son état de délabrement. Le monument semble parfaitement adapté à la mesure de l’homme, suffisant pour lui donner une idée de grandeur, mais sans exagération.

Allons à présent hors du cercle enchanté.

L’un des premiers détails qui frappe nos regards, est une grosse pierre en bordure de route. Elle mérite quelques égards, puisqu’elle est, peut-être, la pierre la plus célèbre du monument. C’est la fameuse Heel Stone, la « pierre du talon ». sa hauteur au-dessus du sol atteint presque 5 mètres et elle s’incline en direction du temple. Entre ce bloc et le cercle de sarsen, gît une autre pierre, la Slaughter Stone, la « pierre des sacrifices ».

Circonférences concentriques

Autre détail à peine entrevus après le passage du portillon : un fossé circulaire, doublé intérieurement d’un talus, qui émerge du sol et ceinture la temple à une distance d’environ 30 mètres. Ce fossé est interrompu en plusieurs points, mais la principale des coupures, celle ci marquait sans doute l’entrée dans l’enceinte, est du côté de la Slaughter Stone. Nous appellerons fossé et talus, le « terrassement circulaire ».

Intérieurement au talus, de petits disques blancs indiquent l’emplacement de trous, les « trous d’Aubrey », lesquels, au nombre de cinquante-six, décrivaient une circonférence complète. A peu près sur la circonférence dessinée par ces trous apparaissent deux pierres de faible hauteur, situées aux extrémités d’un diamètre passant par le centre du monument proprement dit. Pas très loin de chacune de ces pierres et sur la même circonférence, on devine deux monticules, à peine visibles, surtout celui du nord. De plan à peu près circulaire et symétrique eux aussi, par rapport au centre, ils constituent, avec les deux pierres, ce que l’on appelle « les quatre stations ».

Dissimulées sous le gazon et, par conséquent totalement invisibles, sont deux séries de trous disposés en cercle. L’une, celle des trous Y et Z, est extérieure au cercle de sarsen. L’autre, intérieure, à ce même cercle, se situe à peu près sur la circonférence des pierres bleues. Cette dernière série est celle des trous Q et R, qui ne forme pas, un cercle complet.

L’ « horizon » de Stonehenge

Le monument et ses abords immédiats sont à reliés à ce que l’on peut appeler l’ « horizon » de Stonehenge, par une ancienne chaussée, un vague terrassement rectiligne, dénommé « l’Avenue », bordé de chaque côté d’un fossé et d’un talus. Sa direction, par rapport au centre de la construction, est celle de la Heel Stone et s’oriente un peu à gauche du nord-est. Les figures du fer à cheval s’ouvrent dans cette direction. L’Avenue se prolonge en ligne droite sur près de 600 mètres pour bifurquer ensuite.

Une branche se serait dirigée vers le nord, jusqu’à un autre terrassement, un vaste enclos allongé, le « Cursus », de 2,7 kilomètres de longueur et 100 mètres de largeur, orienté perpendiculairement à cette branche de l’Avenue, c’est-à-dire à peu près est-ouest.

Quant à l’autre branche, elle suit un parcours incurvé vers le nord, puis, semble rejoindre l’Avon ou un ancien camp, le « camp de Vespasien » situé à la sortie de Amesbury, à droite en allant à Stonehenge.

Signalons encore la grande quantité de tumuli, sous amas de pierres, qui parsèment la Salisbury Plain. L’un d’eux, à 100 mètres de Stonehenge, se distingue très bien à gauche de la route en peu avant la Heel Stone.

A 2 kilomètres au nord de Amesbury existe un curieux monument, Woodhenge, composé de plusieurs séries de trous dessinant des ellipses concentriques. Il se trouve tout près d’un autre vaste enclos néolithique, mais de plan circulaire, celui de Durrington Walls.

Indiquons enfin la présence de très nombreux vestiges préhistoriques, retranchements, enclos, anciens chemins de crête, dont l’accumulation vraiment extraordinaire dans cette région, ajoutée à celle des barrows, montre que la plaine de Salisbury fut, autrefois, une région très peuplée.

Tel est, en résumé, l’ensemble de Stonehenge.

Numérotation des pierres

Pour éviter de fastidieuse répétitions, on à pris, depuis le milieu du siècle dernier, l’habitude de désigner, par un numéro, chacune des pierres du monument.

Les séries de numéros commencent immédiatement à droite de l’axe de symétrie du monument.
- Cercle de sarsen, 1 à 30, les pierres manquantes ayant reçu un numéro.
- Cercle de pierres bleues, 31 à 49, les pierres disparues n’étant pas numérotées.
- Cinq trilithons de sarsen, 51-52 ; 53-54 ; 55-56 ; 57-58 et 59-60.
- Fer à cheval des pierres bleues, 61 à 72, à l’exemple de celles du cercle, les pierres manquantes ne portent pas de numéro.
- Quatre stations, 91 à 94.

Quant aux autres pierres, bien qu’elles aient reçu un numéro, la pierre de l’Autel (80), la Slaughter Stone (95) et la Heel Stone (96), elles sont le plus souvent désignées par leur nom.

Les linteaux ont le numéro de l’une des deux pierres sur lesquelles ils reposent, ou reposaient, augmenté de 100. Par exemple, le linteau du trilithe 59-60 est le 160.

Au cours des travaux divers de fouilles exécutés à Stonehenge, on a découvert des tronçons de pierres bleues, ou des trous ayant servi à dresser certaines de ces pierres, sur le tracé du cercle ou du fer à cheval. Ces vestiges sont désignés par le numéro de la pierre précédente existant encore au-dessus du niveau du terrain, suivi d’une lettre de l’alphabet. C’est ainsi que des trous ou tronçons, découverts sur le cercle, à la suite de la pierre 32, sont indiqués 32a, 32b, 32c, etc.

Enfin, les séries de trous sont numérotées de façon identique, 1 à 56 pour les trous d’Aubrey, 1 à 30 pour les trous Y et Z.


Dernière édition par le Mar 26 Juin 2007 - 16:13, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.celtiacon-certocredaron-credima.gandi-site.net/
Auetos
Druide C.C.C.
avatar

Nombre de messages : 3735
Localisation : P.A.C.A. (83)
Date d'inscription : 02/01/2006

MessageSujet: Re: Stonehenge   Mar 26 Juin 2007 - 15:27

CHRONOLOGIE DE STONEHENGE



Les travaux d’Atkinson lui ont permis d’établir une chronologie de la construction de Stonehenge que nous donnons ici en abrégé.

Stonehenge I (1900-1700)

- Premier terrassement circulaire et trous d’Aubrey.
- La Heel Stone est dressée.
- Les pierres des trous D et E sont érigées.

Stonehenge II (1700-1600)

- Transport des « pierres bleues » amenées du Pays de Galles.
- Erection du double cercle des pierres bleues dans les trous Q et R.
- Construction de l’Avenue.
- Creusement du fossé de la Heel Stone.
- Les pierres sont érigées dans les trous B et C.

Stonehenge III a (1600)

- Le double cercle des pierres bleues est démantelé.
- Transport depuis les Malborough Downs des pierres qui seront érigées pour continuer la structure dite « de sarsen ».
- Mise en place de la Slaughter Stone.

Stonehenge III b (1500)

- Aménagement des trous Y et Z.
- Une structure de pierres bleues est élevées à l’intérieur de l’ensemble des trilithons.

Stonehenge III c (1400)

- Les structures intérieures de pierres sont démantelées.
- Mise en place du fer à cheval et du cercle de pierres bleues tel qu’on le voit actuellement


Dernière édition par le Mar 26 Juin 2007 - 16:14, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.celtiacon-certocredaron-credima.gandi-site.net/
Auetos
Druide C.C.C.
avatar

Nombre de messages : 3735
Localisation : P.A.C.A. (83)
Date d'inscription : 02/01/2006

MessageSujet: Re: Stonehenge   Mar 26 Juin 2007 - 15:31

UN OBSERVATOIRE ASTRONOMIQUE

L’Allemand Henri Nissen suggéra le premier, en 1885, que certains monuments préhistoriques pouvaient avoir une destination astronomique. C’est cependant à un astronome britannique, Norman Lockyer, qu’on doit les premiers travaux sur ce sujet. Dans un travail sur Stonehenge, publié en1901, il conclut à partir de la disposition des trilithes par rapport aux phénomènes célestes que le monument avait été construit entre 1800 et 1480 avant j.c., brillante approximation confirmée depuis par les travaux ultérieurs des archéologues.

Après une éclipse de près d’un demi-siècle, les spéculations astronomiques sur Stonehenge ont connu un renouveau avec deux astronomes, Fred Hoyle et Gerald Hawkins.

Le premier, en 1966, publiait un article sur Stonehenge, présentant le monument comme destiné à prédire les éclipses.

La même année, Hawkins publiait le résultat de ses propres recherches sur Stonehenge et corroborait les travaux de Hoyle. Ce sont les points marquants de ces découvertes que nous donnons ici.

A la poursuite du secret de Stonehenge

En 1960, G. Hawkins dans son ouvrage, « Splendour in the Sky », à propos des éclipses, et de l’attitude des Anciens à leur égard écrivait : « Au cours des siècles, on a oublié une bonne partie de l’élément magique … Stonehenge fut probablement construit pour marquer le solstice d’été. D’un autre côté, si les bâtisseurs de Stonehenge avaient simplement voulu marquer l’axe du lever du soleil à cette date, deux pierres suffisaient. Or ils déplacèrent et taillèrent des centaines de tonnes de roc … Ce dut être pour les hommes de cette lointaine époque quelque chose d’essentiel. »

Des questions brûlantes

Quand on observe attentivement Stonehenge, on a bien le sentiment que l’implantation des pierres a été parfaitement calculée, et que les autres blocs ont également leur rôle ; et si toutes les pierres avaient un sens ?

Toutes semblent placées avec une telle précision.

1. Le matin du solstice d’été, le disque du soleil se lève à la verticale de la Heel stone avec une telle précision que, si nous avions été des hommes de l’âge de la pierre, nous aurions été à la fois ravi et effrayé et surtout fortifié dans notre foi. Cet alignement a été parfaitement calculé. Dans quel but ?

2. Les arches des trilithons sont incroyablement étroites. On peut à peine glisser la tête entre les énormes piliers. La largueur moyenne des trois arches est de 30 cm et l’épaisseur moyenne des piliers est de 60 cm, donc le regard ne peut parcourir qu’un angle très étroit. Il semble que le champ de vision soit étroitement contrôlé. Il est par conséquent impossible de ne pas voir quelque chose, que nous sommes censés voir. Mais quoi ?

3. Les angles de visée à travers les trilithons correspondent à des arches plus larges dans le cercle de sarsen. Il est impossible de les suivre toutes les trois à la fois. Chacune a son poste d’observation bien particulier, ce qui est peu habituel. C’est une disposition en contradiction avec les habitudes architecturales qui veulent qu’on ait des angles différents à partir d’un point d’observation central. Pourquoi cet angle est-il si important ?

4. Les deux seules pierres extérieures qui restent, la n° 93 et la Heel Stone, sont d’une telle hauteur qu’un homme de taille moyenne voit la ligne d’horizon juste au-dessus d’elles. Pourquoi leur hauteur a-t-elle été si soigneusement calculée ?

5. La ligne qui joint les coins 91-94 du rectangle passe à quelques dizaines de centimètres à l’extérieur des pierres du cercle de sarsen. Forment-elles une ligne de mire ?

La plupart de ces questions peuvent avoir une réponse astronomique. Ces alignements soigneux, ces angles de visée soigneusement élaborés pour orienter le regard vers quelque chose aujourd’hui invisible, n’est-ce pas autant de visée sur des points précis ou vont se dérouler des phases particulières dans la course de ses forces divines ; le soleil, la lune, les planètes et les étoiles ?

Les hommes de la préhistoire observaient avec terreur les points où ces grandes forces de la nuit et du jour entraient dans l’obscurité de la terre avant d’en jaillir à nouveau. Il semble alors naturel que les hommes de Stonehenge eussent pris soin de marquer ces points par différents moyens.

Le soleil du solstice

D’abord le plus évident des dieux, le Soleil. Tout le monde sait que le soleil va du nord au sud du solstice d’été au solstice d’hiver. Deux fois par an, aux équinoxes de printemps et d’automne, il se lève exactement à l’est pour se coucher exactement à l’ouest ; a cause d’autres éléments célestes, obliquité du plan de l’écliptique, en particulier, le soleil présente une inclinaison de + 23,5° (sud) en hiver. Cette déclinaison varie donc de 47°.

A la latitude de Stonehenge, le lever du soleil passe de 51° (le nord étant à 45°) au solstice d’été, à 129° (le sud étant à 135°) au solstice d’hiver, soit un angle de 78° sur l’horizon, ce qui représente plus de 12° par mois.

Grâce à cette variation nord-sud du soleil, les habitants de la terre peuvent mesurer les cours des saisons. Ils peuvent utiliser le soleil comme calendrier cosmique, et trouver la date. Mais l’homme de Stonehenge avait déjà bien de la chance s’il pouvait être sûr de repérer un jour précis dans l’année, et il devait noter soigneusement le moyen de le repérer, car cela lui permettait de calculer les dates des semailles et des moissons, de la chasse et toutes les autres dates capitales de l’année, jusqu’au retour de cette date qui venait compléter le cycle.

C’est ce que firent les constructeurs de Stonehenge ; l’axe indiquait le solstice d’été avec précision. Et qu’avaient-ils fait ensuite ?

Stonehenge était-il plus qu’un alignement solaire ?

Pouvait-il aussi y avoir d’autres alignements célestes, sur des étoiles, des planètes ou la lune ?

Un calendrier pour les semailles

En résumé, Stonehenge I présente 11 positions remarquables, chacune d’elle est appariée à une autre, ou plusieurs, pour indiquer 16 fois dix des douze positions extrêmes du soleil et de la lune. Stonehenge III, avec ses trilithons et l’axe de la Heel Stone, indique 8 fois de ces positions extrêmes. Ce qui ne saurait être l’effet du hasard.

Les architectes de Stonehenge avaient parfaitement aligné leur monument par rapport au soleil et la lune. Pourquoi ?

Comme on l’a vu, deux pierres suffisent pour marquer la direction du lever du soleil, ou un point céleste quelconque. Pourquoi alors les architectes de Stonehenge se sont-ils donné tant de mal ?

Ces alignements complexes basés sur les mouvements du soleil et de la lune peuvent avoir été établis pour deux ou peut-être trois raisons.
D’abord, cela constituait un calendrier, particulièrement utile pour indiquer le temps des semailles. Ensuite, cela permettait aux prêtres de rassembler le peuple pour le faire assister é ces levers et à ces couchers spectaculaires du soleil et de la lune. Enfin, peut-être était-ce la base d’un jeu intellectuel ?

Disons que la possibilité de déterminer l’époque des semailles était vitale pour les hommes de la préhistoire. C’était chose difficile. Comme on ne peut pas compter à l’envers à partir des beaux jours, il faut trouver autre chose. Et quoi de plus précis que d’observer les mouvements réguliers et prévisibles des corps célestes ?
Même à l’époque classique, il existait des règles très élaborées pour aider les agriculteurs dans les semailles. Pline, à propos de la saison convenable pour la semaille du blé, déclare : « Ceci devrait être considéré avec le plus grand soin, et s’appuyer sur l’astronomie ». De nos jours encore, certains paysans consultent le ciel pour leurs travaux.

Un prodigieux effort intellectuel

Quand à la troisième utilité de Stonehenge, nous pouvons imaginer que ces prêtres, étant nos lointains ancêtres, devaient, en plus de la nécessité, éprouver du plaisir aux exercices intellectuels gratuits. Ayant résolu le problème complexe des alignements de façon efficace, mais apparemment simple, ils n’allaient pas en rester là. Il fallait qu’ils se posent des problèmes plus difficiles, plus satisfaisants pour l’esprit et plus spectaculaires aussi pour la plus grande gloire des dieux.

En tout cas, la création complète de ces hommes est tout simplement une merveille : Stonehenge constitue un ensemble astronomique complexe, tout en restant fort simple sur le plan de l’architecture. Sa fonction était subtile et très élaborée. D’un raffinement très poussé, avec des usages multiples, un caractère majestueux, c’était certainement une des plus grandes merveilles du monde préhistorique.

Mais cela n’est pas tout. Stonehenge était non seulement un calendrier, mais aussi un observatoire destiné à prédire les éclipses.

La lune d’hiver sur la Heel Stone

Depuis l’Antiquité on sait que la lune doit se trouver juste opposée au soleil pour être éclipsée

Dans un cycle de 18 années 220 jours, la pleine lune au milieu de l’hiver s’est déplacée d’une position nord maximum de + 29° à la pierre D, le long de la Heel Stone, jusqu’à une position nord minimum de + 19° à la pierre F, et la même chose en sens inverse. De la même façon, la pleine lune au milieu de l’été passait le long de la visée à travers l’arche du grand trilithon central.

Nous savons qu’une éclipse de lune ou de soleil a toujours lieu quand la lune d’hiver, c’est-à-dire la pleine lune la plus proche du solstice d’hiver se lève au-dessus de la Heel Stone. Environ la moitié des éclipses ont été visibles de Stonehenge. Les prêtres utilisaient donc le lever de la lune d’hiver au-dessus de la Heel Stone comme un signal de danger. De plus, lorsque les mouvements de la lune d’hiver la font passer sur D ou F, la lune des moissons est éclipsée ces années-là. L’intervalle entre les nuits du lever de la lune d’hiver sur la ligne extrême centre-D est d’environ 19 ans. Ou plus exactement 18 années 220 jours, la moyenne étant de deux 19 pour un 18, c’est-à-dire un total de 56 ans.

Ces phénomènes lunaires, à Stonehenge, se répètent tous les 56 ans avec une uniformité satisfaisante. Ainsi le triple intervalle de 56 ans entre les levers de lune d’hiver en D peut rester précis pendant des siècles.

Un ordinateur préhistorique

Pour ces prêtres, il ressort que la meilleure façon de prévoir les mouvements de la lune, c’était d’établir un cycle de 56 ans. Il se trouve naturellement que ce nombre 56 est un des mystères les plus anciens de Stonehenge : c’est le nombre des trous d’Aubrey.

Les 56 trous d’Aubrey servent d’ordinateur. En s’en servant pour compter les années, les prêtres de Stonehenge pouvaient avoir un compte précis du mouvement de la lune, afin de prédire les périodes dangereuses coïncidant avec les éclipses les plus spétaculaires de la lune et du soleil. En fait, le cercle d’Aubrey peut être utilisé pour prédire de nombreux phénomènes célestes.

Cela peut se faire d’une façon très simple. Si l’on déplace une pierre d’un trou chaque année, toutes les positions extrêmes de la lune, ainsi que les éclipses du soleil et de la lune aux solstices et aux équinoxes peuvent être prédites. Si l’on utilise six pierres, espacées de 9, 9, 10, 9, 9, 10, trous d’Aubrey, que l’on déplace chaque année dans le sens inverse à celui des aiguilles d’une montre, un nombre incroyable de prévision peuvent alors être donné.

Avec six pierres, trois blanches et trois noires, cet ordinateur peut prédire avec une bonne précision les événements lunaires importants pendant des centaines d’années.

Voici comment cela peut se faire.

Imaginons les pierres comme elles le sont en 1554 avant j.c., année où se produisit cet événement extraordinaire : une éclipses d’hiver.
Les prêtres connaissaient ce danger d’une éclipse d’hiver, à cause d’une pierre blanche en 56. Comme confirmation du danger éventuel, et aussi pour vérifier le fonctionnement du système, ils observèrent le lever de la pleine lune sur la Heel Stone : « la lune d’hiver a usurpé la position du soleil d’été, attention ! ». L’année où la pierre blanche est au trou 56, la lune d’hiver se couche sur une ligne G-94. cette année-là, il existe une autre période dangereuse pour les éclipses de soleil et de la lune, le mois du solstice d’été, quand la pleine lune se lève dans le trilithon du lever du soleil et se couche dans le grand trilithon. Cette année 1554 dut donner aux prêtres de Stonehenge bien du travail – et c’est la pierre blanche qui a pu les prévenir.

L’année suivant, en 1553 avant j.c., toutes les pierres sont déplacées d’un cran. La pierre blanche est au trou 55. C’est un trou qui n’indique pas de danger particulier. Donc rien de spectaculaire n’arrivera cette année-là. La lune d’hiver s’est déplacée vers D.

Rien ne se passera pendant 5 ans, jusqu’à ce que la pierre blanche soit au trou 51. Nous sommes en 1549 avant j.c. La lune d’hiver atteint la déclinaison maximum de + 29°. Elle se lève en D-centre, elle se couche le long de 94-91 dans le trilithon du coucher de lune. La lune d’été se lève le long de 92-93 et dans le trilithon du lever. La lune de la moisson et celle du printemps se lèvent le long de 94-C et 93-F. Les périodes de danger pour les éclipses sont les mois de la lune des moissons et de la lune de printemps, c’est-à-dire les équinoxes. Ce qui fait de 1549 une autre année d’intense activité pour les prêtres, amis que l’on attend avec confiance car la pierre blanche est en 51.

Encore quatre années tranquilles, nous sommes en 1545. Il y a maintenant une pierre noire en 56. Toutes les phases dangereuses de 1554 se répètent, prédites par la pierre au n° 56.

On trouve une pierre noire ou une pierre blanche en 56 à des intervalles de 9, 9, 10, 9, 9, 10 ans. Ceci permet de prédire les événements concernant la lune sur la Heel Stone. On trouve une pierre blanche au trou 51 à des intervalles de 18, 19, 19 ans, prédisant les conditions de la haute lune à + 29°. Une pierre blanche se trouve au trou 5 à des intervalles de 19, 19, 18 ans, prédisant les événements associés avec la lune basse à + 19°.

Quand le soleil se lève et se couche selon 94-C et 93-F, c’est le premier jour du printemps. Dans les jours suivants, la pierre de la lune se déplacera cran par cran autour du cercle de sarsen. Lorsqu’on est à 30-1, c’est le jour de la pleine lune de printemps.

Quand la lune de printemps sera-t-elle en position d’éclipse ?
Quand il y a une pierre blanche au trou 5 ou 51 dans le cercle d’Aubrey. Cette année-là, la lune d’hiver sera en D ou en F, la lune d’été sera parallèle à la longueur du rectangle et la lune d’été se lèvera le long de 94-C.

Quant à la date de la fête du milieu de l’hiver, elle est marquée par le coucher du soleil dans le grand trilithon. Et si les hommes de Stonehenge suivaient la coutume des autres pays d’Europe, ils devaient allumer d’énormes feux pour signaler cette étape importante dans la marche du soleil.

La lune d’hiver est éclipsée quand une pierre noire ou blanche est au trou 56.

On peut n’utiliser que trois pierres. Les éclipses d’hiver et d’été ont lieu quand une pierre se trouve en 56 ou en 28, c’est-à-dire, sur l’axe. En fait, on peut même n’utiliser qu’une pierre, si l’on marque 12 positions sur le cercle.



Dernière édition par le Mar 26 Juin 2007 - 21:02, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.celtiacon-certocredaron-credima.gandi-site.net/
Auetos
Druide C.C.C.
avatar

Nombre de messages : 3735
Localisation : P.A.C.A. (83)
Date d'inscription : 02/01/2006

MessageSujet: Re: Stonehenge   Mar 26 Juin 2007 - 15:32

Calculer les jours

Après s’être servi du cercle avec succès pour calculer les années et les mois dangereux, les prêtres ont voulu calculer également les jours et en marquer la trace.

Le mois lunaire, c’est-à-dire l’intervalle entre les pleines lunes, est de 29 jours et demi. Il fallait donc un système pouvant tenir compte d’une variation 29-30. Et là nous avons les 30 trous Y et les 29 trous Z. Et aussi le cercle des pierres bleues, peut-être au nombre de 59. Ils ont pu servir à marquer les jours. N’oublions pas que se sont les derniers éléments à avoir été introduit à Stonehenge, peut-être parce que le compte des jours est le dernier raffinement du système : prédire l’année d’une éventuelle éclipse, est certainement la chose la plus difficile.

L’année une fois trouvée, on peut noter le mois en repérant la direction du lever et du coucher des pleines lunes, et le jour prévu en observant les positions relatives du soleil et de la lune.

Un système particulier pour compter les jours, c’est le luxe.

Le déplacement d’une pierre autour du cercle de pierres bleues donne un intervalle de 29 jours et demi, assez remarquable performance en ce qui concerne le mois lunaire ;

A Stonehenge, on peut observer une éclipse seulement quand la lune se lève juste avant le coucher du soleil. En suivant soigneusement l’intervalle changeant entre le lever de la lune et le coucher du soleil, on peut prédire une éclipse à l’heure près.

Il est fort probable que les prêtres de Stonehenge se servirent de la relation lever de la lune coucher du soleil pour prédire leurs éclipses. Comparée à la tache de déterminer l’année d’une éclipse et le mois à l’aide des trous d’Aubrey et les directions de levers et couchers, la prédiction de la nuit et de l’heure de l’évènement par la différence de temps entre le lever de la lune et le coucher du soleil ne devait pas être très difficile.

Voici en quelques lignes le compte rendu le plus complet possible des pierres, trous, tertres, arches et positions géométriques existant à Stonehenge I et III. Même les petites trous groupés sous le symbole A jouent un rôle, celui au nord se trouve sur la ligne de la lune la plus au nord, les trois autres servant à mesurer l’intervalle annuel entre les positions extrêmes de la lune pendant un de ses cycles quand elle passe à gauche de la Heel Stone.

Suggestions

Reste Stonehenge II ; le double cercle de pierres bleues, construit pour suivre les mouvements de la lune et abandonné brutalement parce qu’on découvrit qu’aucune des doubles périodes, ni 37 ni 38, ne suivait la lune avec autant de précision que la triple période de 56 ans du cercle d’Aubrey.

Hawkins pense quand à lui que : « le nombre de rayons prévus aurait pu être de 37, plutôt que 38 ou 39, alors ils auraient pu utiliser cette roue pour suivre les mouvements de la lune. En moyenne, la lune suit le cycle des trous d’Aubrey, c’est-à-dire qu’elle se lève au-dessus de la pierre D en hiver à des intervalles de 19, 19 et 18 ans, mais pas nécessairement dans cet ordre, pour donner un total de 56. si les prêtres voulaient compter les intervalles entre des balancements alternés au-dessus de D, alors le nombre d’années aurait été soit 19 + 19 = 38. Ou 19 + 18 = 37. Ainsi 37 ou 38 constitueraient une « double » période, mais en pratique l’intervalle de 37 se produit plus souvent – 4 fois sur 5 en moyenne –. Donc le nombre 39 ne saurait d’aucun usage pour suivre la lune. »

_________________
٨٧٤٦٥۶
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.celtiacon-certocredaron-credima.gandi-site.net/
Auetos
Druide C.C.C.
avatar

Nombre de messages : 3735
Localisation : P.A.C.A. (83)
Date d'inscription : 02/01/2006

MessageSujet: Re: Stonehenge   Mer 20 Fév 2008 - 16:29

Vidéos :

Le secret [de la construction] de Stonehenge

http://www.dailymotion.com/relevance/search/stonehenge/video/x3okdv_le-secret-de-stonehenge-1_tech
http://www.dailymotion.com/relevance/search/stonehenge/video/x3okbp_le-secret-de-stonehenge-2_tech
http://www.dailymotion.com/relevance/search/stonehenge/video/x3ok8y_le-secret-de-stonehenge-3_tech

_________________
٨٧٤٦٥۶
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.celtiacon-certocredaron-credima.gandi-site.net/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Stonehenge   

Revenir en haut Aller en bas
 
Stonehenge
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Des archéologues découvrent un mini Stonehenge.
» Stonehenge
» Stonehenge
» Stonehenge: des scientifiques percent le mystère
» Stonehenge

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Druuidiacto :: Le (Néo)Druidisme :: Etudes et Discussions-
Sauter vers: