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 Prière à Caticatona, 12ème siècle

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maelgwen



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MessageSujet: Prière à Caticatona, 12ème siècle   Ven 24 Sep 2010 - 18:08

Dans "les étoiles de compostelle" de H.Vincenot p.131 (ed.folio)

"Apre cialli carti eti-heiont Caticatona, demtis si clotuvia.
Se demti tient. Bi cartaont Dibona Soio, deei pia !
Sosia pura, sosio govisa, Sueio tient : Sosio pura heiont !
Teu oraiime : chzia atanto te, heizio attanta te Compriate sosio derti ! Noi pommio at eho tis-se potea.
Te priavimo atanta te i onte ziati mezio ziia
Teu ! Ape sosio derti, demtis sie uziietiaont padva ..."

TRADUCTION :
"Pour l'amour de l'esprit à jamais persistant, sois O Caticatona, une onde pour tes serviteurs. Une onde puissante...
Nous prions aujourd'hui, tendus vers toi. Nous buvons à ton puits, tendus vers toi, nous te prions par cette offrande.
Sois bienveillante envers tes serviteurs ..."

NOTE :
Ce texte, gravé sur 2 tablettes, en caractères latins, a été retrouvé en 1887 aux environs de Poitiers. L'université française ne semble pas s'en être inquiétée. C'est une revue allemande, le Zeitschrift fur celtische philologie, 3, p. 308 qui l'a publié.

Voila ce que nous en dit H.Vincenot. Il avance aussi que le texte serait du 12ème siècle. Je sais que ses sources sont souvent controversées voire douteuses, néanmoins ce texte pose question et je ne crois pas avoir croisé quelque chose de semblable à cette époque. Peut-être quelqu'un en sait-il plus à ce sujet ?
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CanauoS
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MessageSujet: Re: Prière à Caticatona, 12ème siècle   Dim 5 Déc 2010 - 12:27

Les seules "infos" que j'ai pu trouver se trouvent dans le bulletin de la société des antiquaires de l'ouest de 1924 disponible sur gallica,

je mets le permalien: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65720z/f205

je pense qu'il parle de la même tablette... " la tablette celtique de Rom"
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Dubrinertos
Druide C.C.C.
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MessageSujet: Re: Prière à Caticatona, 12ème siècle   Lun 6 Déc 2010 - 8:41

Oui il semble que cette "prière" soit la première inscription qui figure sur la tablette de Rom qui est une tablette d'éxécration...Je me permets de poster ici un petit travail que j'avais fait sur cette tablette, Rom n'étant éloigné de chez moi que de quelques dizaines de kilomètres ...
---
Les tabellae defixionum se présentent sous la forme de lamelles de plomb rectangulaires, petites plaques ou petites barres qui peuvent être roulées et que traverse un grand clou. Elles sont gravées d’inscriptions et de formules magiques le plus souvent d’exécration ou d’envoutement et leur nom vient du verbe « defigere », fixer, ficher en bas, transpercer. Elles participent d’une opération magique par laquelle on plante un clou pour torturer quelqu’un ou son substitut: cette plaquette même. Cette magie est largement répandue, surtout tout autour du bassin méditerranéen. En Grèce, c’est la « katadesmos »(= ligature). Mais elle est aussi présente dans la Gaule romaine…

Les tabellae sont déposées dans des puits, ou bien dans des tombes (le Plomb du Larzac fut découvert dans une sépulture rutène), des sources (comme la Tablette arverne de Chamalières) ou encore des fosses, qui sont des voies d’accès traditionnelles à l’Autre Monde , par lesquelles on peut communiquer avec les divinités chthoniennes.

La tablette d’exécration de Rom (dans les Deux-Sèvres, à 35 kms au SO de Poitiers) a été découverte en 1887 dans le puits d’une villa gallo-romaine alors que Rom s’appelait Rauranum et s’élevait sur 40 ha, sur l’importante voie romaine reliant Saintes (Mediolanum Santonum) à Poitiers (Lemonum). Rauranum est citée dans l’ »Itinéraire d’Antonin » et la « Carte de Peutinger ». La Tablette se trouvait à une profondeur de 17 mètres, avec d’autres tablettes de plomb roulées et traversées par un clou (une dizaine au total), mesure 9 cm de haut pour 7 cm de large et remonte au IIIe ou IVe siècle, rédigée dans une écriture cursive tardive faite peut être de latin vulgaire associé à des mots celtes.

Dans l’utilisation du plomb, Christian-J. Guyonvarc’h (« Magie, médecine et divination chez les Celtes ») voit un peu rapidement à mon avis, l’origine non celtique de l’inscription et affirme qu’ « une defixio celtique devrait être gravée sur du bois d’if ». C’est passer un peu vite sur le fait que la tablette fut gravée au IIIe-IVe siècle, où les pratiques magiques de l’exécration étaient interdites, et que la classe sacerdotale druidique devait déjà pratiquement être en voie de disparition. On se trouve alors très certainement en présence non pas d’un acte magique réalisé par un dignitaire du clergé druidique dans des conditions et circonstances idéales mais d’un acte probablement individuel, de sorcellerie populaire, réalisé dans l’urgence avec « les moyens du bord », en conservant ce qui avait pu l’être des pratiques druidiques mais, pour le reste en s’adaptant aux circonstances et aux pratiques d’ alors …

La magie des tabellae defixionum est liée à l’importance qu’on donne au Verbe et au Nom et on sait que les romains liaient le nomen (de « nom ») et le numen (puissance magique). En clair, il est important de nommer pour pouvoir atteindre. Il est probable que comme dans tout le monde antique, les gaulois de l’époque indépendante comme les gallo-romains plus tard attachaient une importance extrême au nom, qu’ils lui attribuaient une puissance profonde et pensaient qu’en possédant le nom d’une personne ou d’une divinité, ils pouvaient profiter de son pouvoir (c.f. le nom « Teutates » générique des dieux particuliers de chaque tribu) et, dans le cas d’un être humain, avoir une influence sur sa vie, et donc sur sa mort : En Egypte, un des rites magiques les plus puissants associé au Nom était pratiqué dès l’Ancien Empire. Il consistait à écrire les noms des ennemis de Pharaon sur des vases – ou sur des statuettes – qui étaient ensuite brisés (et donc »tués ») puis enterrés.

La Tablette de Plomb de Rom ne fait pas exception à la règle. Le texte, qui est écrit sur ses deux faces semble être le fait d’un mime, d’un acteur d’une troupe, ambulante ou locale (on ne sait pas non plus s’il l’a rédigé lui même ou fait appel à un « sorcier »). On a donc, dans le milieu des mimes de théâtre gallo-romains, la mise en œuvre d’une magie, pour satisfaire la jalousie du demandeur, animé de motifs prosaïquement professionnels et dont les souhaits sont divers: lier, humilier, faire souffrir physiquement, empêcher d’accomplir le sacrifice d’ordre religieux. Dans ce but il voue aux « démons » Apecius, Aquannos et Nana une bonne dizaine de ses collègues et tout particulièrement son rival Sosio… Mais la lecture du texte divise toujours les spécialistes : voici la traduction de Christian Guyonvarc’h à partir d’une lecture de Rudolph Egger:

« Apecius, tu dois lier Trinemetos et Caticnos / tu dois faire mettre nus Seneciolus, Asedis, Tritios, Neocarinos, Dido / Sosio doit souffrir du délire et des frissons de fièvre / Sosio doit souffrir quotidiennement / Sosio ne doit pas pouvoir parler / Sosio ne doit pas triompher de Maturus et Eridunna / Sosio ne doit pas pouvoir sacrifier /Aquannos doit te torturer / Nana doit te martyriser / Sosio ne doit pas pouvoir briller au dessus du mime Eumolpus / il ne doit pas pouvoir représenter, dans la force de l’ivresse, la femme sur le poulain / il ne doit pas pouvoir sacrifier / Sosio ne doit pas pouvoir arracher pour son compte la victoire au mime Fotius« .

Il ne semble pas qu’Apecius, Aquannos et Nana soient des divinités mais plutôt des « génies » mineurs et plutôt maléfiques (ce qui tendrait encore à ce qu’on privilégie la mise en œuvre d’une sorcellerie populaire plutôt individuelle et non pas la mise en œuvre d’une haute magie par un membre du clergé druidique). Aquannos pourrait bien être l’esprit des eaux du puits et Nana, une de ces créatures naines qu’on rencontre souvent dans le folklore populaire. En ce qui concerne Apecius, le seul à porter un nom celtique, on ne sait rien …

Rom a un petit musée archéologique qu’on peut visiter. . On ne peut malheureusement pas y voir les Tablettes puisqu’elles ont été rachetées par la Musée de Saint Germain en Laye.
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CanauoS
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MessageSujet: Re: Prière à Caticatona, 12ème siècle   Lun 6 Déc 2010 - 9:05

voici ce que donne la tablette;




lien vers le site del'arbre celtique
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maelgwen



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MessageSujet: Re: Prière à Caticatona, 12ème siècle   Mer 5 Jan 2011 - 17:35

merci messieurs , j'ai été abusé par la date ...
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MessageSujet: Re: Prière à Caticatona, 12ème siècle   

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