forum consacré à l'étude du druidisme antique et contemporain.
 
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 ... C'est quoi ?

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Neldolas



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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Jeu 17 Déc 2009 - 23:36

Pour moi, le druidisme est rattaché à la croyance celtique. On peut, et on doit à mon avis, ne pas se détacher et rejeter tout de go les autres traditions indo-européennes - surtout s'il y a des bases communes - mais je vois mal le druidisme sortir de sa sphère celtique, sinon, autant devenir wiccans non? (sans critique aucune de la wicca bien sûr).
Ensuite, je pense également que la Connaissance doit aller de pair avec l'évolution. Un druide aujourd'hui qui peut réciter par coeur tous les mythes celtes mais qui est infichu de placer le Japon sur une carte, de différencier une algue d'une feuille de salade ou que sais-je encore, ce n'est pas très crédible. Pour moi, toujours, et je caricature un peu je suis d'accord Smile .
Autrement dit, un druide se doit d'être rattaché aux celtes, mais sa connaissance se doit de dépasser ces clivages.
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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Ven 18 Déc 2009 - 12:43

Comment le druidisme contemporain pourrait il voler de ses propres ailes alors qu'il est basé sur le druidisme antique dont beaucoup de choses nous échappent.
Détacher le druidisme de la croyance celtique c'est partir dans autre chose que du druidisme, c'est transformer et trahir l'héritage de nos ancêtres.
Nous "louons" le mot druidisme à nos ancêtres, n'en faisons pas n'importe quoi à notre bon vouloir. Il a déjà été assez saccagé comme ça.
Autant inventer une nouvelle spiritualité et laisser les choses comme elles sont (même si l'homme a toujours fait le contraire).
Comme la KGH dit : ce n'est pas à une religion de se plier aux caprices d'une époque.

Moi j'aime bien cette image que j'ai lu dans un livre : Le druidisme est un puzzle dont certaines pièces se sont envolées avec le vent. Certaines ont été retrouvées, d'autres sont perdues, peut être à jamais ...
Nous avons donc une image incomplète, mais assez de pièce pour se faire une idée. C'est là qu'intervient la subjectivité.
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Fergus



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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Sam 19 Déc 2009 - 12:25

Neldolas, le druidisme n'est pas de la "culture générale". Où doivent s'arrêter les "connaissances" du druide ?

Tu confonds connaissance et (petits) savoirs. L'initiation a pour but la Connaissance, pas l'accumulation de savoirs. Ceux-ci peuvent, tout au plus, être des outils sur le chemin.

Les mythes celtiques ne servent à rien s'ils ne sont pas mis au service de la Connaissance intérieure.
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Adragante

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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Sam 19 Déc 2009 - 17:06

Si le Druidisme antique avait perduré il est probable que le visage qu'il nous offrirait maintenant serai fort différent du druidisme de l'antiquité.
En quoi ce Druidisme pourrait-il se revendiquer du druidisme Antique ?
Peut être par ce qu'il pourrait prouver sa filiation, peut être parce qu'il défendrait les même valeurs de bases sous une forme propice à l'ici et maintenant.
Peut on prouver l'origine antique des filiations druidique contemporaines ; je ne pense pas que l'on puisse raisonnablement remonter aussi loin.

Alors qu'elles sont donc ces valeurs de bases qui définissent l'esprit du druidisme...?
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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Sam 19 Déc 2009 - 17:11

Ben arretons de l'appeller druidisme alors dans ce cas ...
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Adragante

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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Sam 19 Déc 2009 - 17:27

Les outils sont les prières, les rituels, les initiations et la méditation ...
Les clefs de compréhension sont à rechercher dans la mythologie celtique, les triades qu'il nous faut étudier mais pas prendre comme une bible infaillible...
Mais c'est surtout la Vie qui nous enseigne et notre liberté de choix pour rechercher le vrai, le beau, le bon, favorisant notre épanouissement harmonieux en la Vie.
C'est à nous même, en nous même qu'il nous faut ressentir la voie haute (celle de notre Man red ?) qui nous guide vers notre plénitude en le gewnved.
Les outils de la voie celtiques sont un chemin mais le but est atemporel...
Ce qui compte dans une tradition, ce n'est pas la forme mais bien le fond et la quête du sens de notre vie auquel elle nous invite.
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Adragante

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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Sam 19 Déc 2009 - 17:35

Est-ce qu'une clairière qui proviens d'une filiation néodruidique, qui étudie la mythologie celtique et les triades bardiques (qui sont des apocryphes bardiques) peut ce réclamer du Druidisme ?
C'est vous de me le dire.
Pour moi peut importe la bouteille si le vin est bon, d'autres regardent surtout l'étiquette...
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Fergus



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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Dim 20 Déc 2009 - 17:52

Les christianismes d'aujourd'hui n'ont pas grand chose à voir avec le christianisme d'il y a 18 ou 19 siècles. Pourtant, il y a continuité, évolution "normale", c'est-à-dire soumise à l'histoire. A partir de la graine "Jésus", a poussé un arbre touffu dont chaque feuille est une façon d'être chrétien.

Il n'y a pas d' "arbre" druidique. Le "druidisme" d'aujourd'hui n'est pas l'héritier direct du druidisme antique. Il ne peut être, au mieux, que son héritier "idéal". Dans quelle mesure ? Selon quels critères ? Il ne peut y avoir que DES druidismes, différents les uns les autres. Mais quels critères définissent ce qui est druidique et ce qui ne l'est pas ?
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Dubicattos

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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Dim 20 Déc 2009 - 19:32

Voilà la bonne question (merci Fergus) Twisted Evil … quels sont les critères qui définissent ce qui est druidique et qui ne l’est pas ?
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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Ven 9 Avr 2010 - 23:36

Pourquoi cette question n'a pas eu de suivi, c'est pourtant une question primordiale pour un druidisant débutant comme moi. Je pense que Fergus a un questionnement juste mais qui n'est malheureusement pas, comme d'habitude, suivi de réponses.

Les critères qui définissent le druidisme en 2010 ?

Je poserais aussi comme question : Si on réunissait la connaisance historique et rigoureuse d'un Auetos, l'ouverture moderne d'un Eber, d'un Fergus, Edv, Carantia, Anamcara (je ne devrais pas le dire mais un de mes préférés) etc......, ce serait , pour moi, la réponse qui me permettrait à trouver ces fameux critères qui définissent le druidisme. Mais je crois qu'à force de tirer la couverture pour savoir de qui serait la devanture, on prend le chemin de ce qui a causé la perte du druidisme antique.
Tu parles d'une fluidité, empêtrés dans les mêmes problèmes d'harmonisation qu'il y a deux mille ans et qui a causé notre perte.

J'aime lire tout le monde sur les forums de druidisme parce que ce sont toutes de bonnes personnes à mes yeux, respectueuses de ce qui a du sens pour moi. Un jour, j'éspère que l'on montrera l'exemple pour les éléments que nous respectons parce que sans harmonie collective, rien n'a d'importance.

Mais bien sûr, je ne suis peut être pas assez apte pour oser dire ce que je ressents comme débutant dans le druidisme.
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AnamCara
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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Sam 10 Avr 2010 - 2:41

Meshtemek, je te remercie de ton appréciation, mais ne la mérite pas plus qu'un autre.
Peut-être est-ce ma façon de parler qui se rapproche de la tienne et te me fait mieux comprendre ...


Bref, pour t'apporter, j'espère, quelques éléments de réflexionS à cette question fondamentale, relis le long topic suivant, qui fut suivit de quelques autres ... et finalement capota ... ... ... http://druuidiacto.forumculture.net/vie-pratique-f9/reconnaissance-officielle-du-druidisme-t231.htm?sid=b182fa7fdcfc3eaaa8c73d6a7577278b
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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Sam 10 Avr 2010 - 10:52

Merci AnamCara Very Happy

Je n'avais pas lu ce post.

Virtuellement sur le Net, ce que j'aurais aimé trouver, c'est le concept de village gaulois (je crois que Tiern a créé un village virtuel comme ça je crois) où chaque maison représenterait un type de druidisme (polythéiste, moniste, énergétique, antique...). Il y aurait une école dans ce village où on apprendrait ce que les différentes maisons ont mis en commun pour l'éducation des nouveaux dans cette spiritualité. Ensuite, l'élève pourrait décider de rentrer dans telle ou telle maison suivant ses résonances personnelles. L'idéal est que toutes les maisons soient en harmonie entre elles mais même si ce n'est pas le cas, l'unité sur le même site apporterait une cohésion dans le druidisme qui manque je trouve.

Plus besoin d'élaborer un crédo commun puisqu'il pourrait y en avoir plusieur.
Les enfants ont toujours rassemblé et je crois que de se focaliser sur l'éducation des druidisants (ce que Fergus parlait sur un autre post en terme d'élévation spirituelle purement druidique, plus spécialisé que celui de l'Obod) est plus constructif que de se focaliser sur un crédo commun qui me semble illusoire.

Pour une fois que le Net a un outil de rassemblement des différences, ce serait bête de ne pas l'utiliser. Mais peut-être que cela a déjà aussi été essayer en vain.

Bonne journée
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Setanta
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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Dim 11 Avr 2010 - 15:50

franchement, je ne sais pas s'il y a un "druidisme polythéiste", une "druidisme moniste", un "druidisme énergétique", un "druidisme antique", mais je trouve que cette école de village dont tu parles ressemble un peu à une auberge espagnole ... et je ne pense pas que le druidisme soit effectivement ça : une auberge où chacun apporte ce qu'il voudrait y trouver ... parce qu'il y a là dedans un petit air de "kit druidique" à faire soi même, une sorte de gamme d'odeurs d'encens, "saveur boisée", "senteurs océanes", etc... ce qui ne me séduit pas; mais naturellement ce n'est que mon opinion et elle n'engage que moi ...

... et pour ce qui est d'un critère commun, je me demande si on ne pourrait pas commencer par "honorer les divinités celtes", ça pourrait être un bon début, non ? Very Happy
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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Dim 11 Avr 2010 - 18:22

Il y a tellement de croyances différentes dans cette religion (polythéiste, moniste, panthéiste, j'ai même lu dans un article du druide Boutos qu'il y avait même à priori des lignées à tendance antithéiste dans le druidisme antique) que si on devait réunir tout le monde dans l'harmonie dans un même système, on ne serait en fin de compte, à mon sens, pas loin de cette auberge espagnole.

Mais est-ce que ce serait si catastrophique que ça? Moi, ce qui me fait progresser n'est pas seulement d'être avec des gens qui pensent comme moi mais aussi de discuter avec des personnes avec qui je suis en parfait désaccord (parfois même, le ton monte malheureusement Rolling Eyes , mais si ça se fait avec le respect). C'est quand même mieux que de rester chacun dans son coin et cela fait se remettre en question en permanence.

Pour ce qui est du kit druidique, je pense que l'on est tous différents, avec des résonnances différentes et donc pas forcément avec les mêmes aspirations (aspirations qui existent parce qu'on n'est plus à l'époque des celtes et que peu de personnes sont nées dans cette religion druidique).

Les miennes : mon terroir, la tradition, la nature, les forces primordiales, essayer d'apprendre à vivre dans le présent la religion des celtes sans trop faire de commémoration ni de copier l'hindouisme pour la seule raison que nous avons des racines communes.

Mais je respecte toutes celles différentes des miennes : j'adore sunny les différences.
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esus
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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Sam 8 Mai 2010 - 1:38

Je crois qu'il faut être honnête, c'est à dire admettre notre ignorance.

Que savons nous des druides antiques : fort peu de choses sinon des écrits produits par des gens qui étaient déjà eux-même étrangers au monde celte.
Les traditions nous sont-elles d'un plus grand secours ? Que nenni.

Dans le meilleur des cas ce n'est que la mousse du breuvage qui nous est parvenu et nul ne peut affirmer qu'il en a bu le nectar.

Notre vision du druidisme ne peut être que contemporaine et personnelle. Si ce n'était pas le cas il y aurait certes des collèges régionaux avec leur particularité territoriales mais certaine pas la confusion actuelle.

Se revendiquer d'une filiation donc les racines n'excède guère le XVIIIème siècle est tout aussi illusoire. Un John Toland est bien plus proche de nous même que lui même ne l'étais des druides antiques.

Se revendiquer d'une tradition est tout aussi illusoire, vouloir faire de traditions la Tradition n'est qu'un leurre de plus qui n'abusera que ceux qui sont sensible à l'usage de lettres capitales en initiale des mots.

Un fois que ceci aura été admis par chacun, ce qui devrait pourtant être facile mais apparait déjà comme étant une gageure tant nos égos sont sensibles et avides de pouvoir se revendiquer d'une quelconque légitimité.

Par contre rien ne nous empêche de recycler le mot au regard de son étymologie.
Savant ou très savant sont encore porteurs de sens et peu-être cela suffirait-il.
Mais nous ressentons que non. Chaque culture a déjà ses propres savant, il nous faut donc compléter cette définition.
Si les druides étaient des savants, ils n'étaient pas les savants de n'importe quelle culture ou échelle de valeurs, mais de celle de ces peuples que l'histoire a qualifié de celtes.
C'est donc à la lumière des valeurs celtique, l'âme celte, que nous pourrons qualifier de druides ou non les savants d'aujourd'hui.
Or même après deux milles ans de christianisme, de vie dans structure politico-juridique directement hérité de celle des latins, grecs et germains, l'esprit celte est encore bien vivant. Sans même parler des peuples ayant conserver une langue celtique, l'empreinte culturelle est encore bien inscrite dans le tempérament du Français par exemple.
N'oublions pas non plus que l'expansion celtique fut d'abord et avant tout essentiellement culturelles.
En arrivant en Europe Occidentale les Celtes n'ont pas éliminés les vieux européens indigènes de ce contrées, ils n'ont fait, toute comme les germains ultérieurement, qu'occuper la fonction aristocratique.
La qualité de celte n'est pas ethnique mais essentiellement culturelle.

Dans ces conditions pourquoi se tourner vers le passé quand le présent est déjà une matière suffisant à l'étude de l'âme celte et de ses aspirations les plus profondes ?

Telle fut ma démarche. Telle fut la démarche de la clairière dont je suis issu.
Nous nous sommes posé à peu près la question suivante : y a-t-il dans le monde aujourd'hui une place à prendre qui puisse ressembler de près ou de loin à ce que fut celle des druides historiques ?
La réponse est clairement non, dans une société structurée de manière pyramidale, il n'y a pas de place sociale possible comparable à celle occupée par les druides de jadis.

Que reste-il donc ? Les valeurs celtes et les qualités de chercheurs et savants.
Fort de ce constat quiconque porte en lui les valeurs celtes et réalise un travail de recherche et d'acquisition de connaissance est fondé à se qualifier de druide dès lors que ce travail est restitué sous forme d'enseignement, de conseils et de jugements.

Cela suffit-il pour autant ? Certains pensent que oui et c'est assez légitime de leur point de vue.
Pour ma part j'éprouve quelque malaise à être juge et partie.
Je me souviens d'avoir débattu de ce sujet avec Conniocnos et Fedelma.
Ceci remonte à quelques années déjà et j'ai naturellement oubliés les détails superflus mais autant que ma mémoire ne me joue pas des tours nous nous étions accordés sur les points suivants :
- Nul ne peut se revendiquer druide s'il n'est pas naturellement reconnu comme tel par d'autres, que ceux se revendiquent eux même druides ou non. L'important est que cette reconnaissance soit libre, spontanée et non convenue.
- En raison même de ce qui précèdent la reconnaissance de la qualité de druide acquise par filiation n'a pas de valeur en dehors de cette filiation. En effet aussi longue soit-elle, celle-ci ne remontera jamais avant le XVIIIème siècle. Or, jusqu'à preuve du contraire, ceux qui furent à l'origine de la résurgence, n'ont reçue cette reconnaissance que d'eux même : ils ont été leur propre juges. Dans ces conditions quelle valeur accordé à une qualité de druide à partir d'un filiation dont la source s'est auto-légitimée ?
- Nul n'est fondé à se déclarer ou a déclarer autrui druide au sens antique du terme. Cette filiation a été rompue, il ne faut pas tromper son monde en tentant de faire croire le contraire. Il est par contre possible de le faire en le recadrant dans notre temps.
- En conséquence de tout ce qui précède nous avons reconnu que nous pouvions juste revendiquer notre aspiration à être reconnu comme druide dans une acceptation moderne dont le contour reste encire à être précisé.
- Notre conclusion (du moins celle de Fedelma et de moi-même) fut à peu de chose près l'affirmation suivante : je pourrais m'affirmer druide le jour où je serais reconnu comme tel par des pairs avec lesquels je n'ai aucun lien de filiation.

Cette définition, je m'en doute, sera loin de faire l'unanimité parmi vous. J'ose même avancer, compte tenu du fait que vous êtes prompt à mettre sur le devant de la scène votre filiation qu'il est fort probable que seule un minorité sera disposée à l'accepter.
Et pourtant c'est bien ainsi qu'au XVIIIème siècle jusqu'au XXème siècles les différentes obédiences se sont mutuellement reconnues.
Je ne fais qu'étendre ce principe de reconnaissance mutuelle aux individus eux-mêmes.
Ce faisant, quelque chose me dit (sans que je puisse hélas l'attester de manière historiquement indiscutable) que ce nous avions conclus à l'issue de cet change avait toutes les chances d'être bien plus conforme à la réalité antique que ce qui se fait au sein des différentes obédiences, assemblées ou collèges.

Pour conclure je vais résumer en quelques lignes ce qui pourrait participer d'un socle commun en complément d'un calendrier commun sur lequel il reste à s'accorder.

"Ne devrait pouvoir porter le titre de druide que celui qui après avoir été reconnu apte par son collège d'origine le serait également par au moins un autre collège sans filiation ou relation de clientélisme avec son collège d'origine"

Je vous propose de méditer sur cette proposition dont je ne doute pas quel soit perfectible tant je le sens encore vulnérable à la pression de manipulations égotiques ou claniques.
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Auetos
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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Sam 8 Mai 2010 - 21:05

Une petite question.

Imaginons. Une personne a été reconnu druide par les membres de son obédience et par ceux de plusieurs autres fraternités. Elle est donc, selon vos critères, druide… malheureusement pour elle d’autres groupes ne la reconnaissent pas comme tel.

Ma question : est-elle toujours druide ?

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esus
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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Dim 9 Mai 2010 - 1:41

Auetos a écrit:
Une petite question.

Imaginons. Une personne a été reconnu druide par les membres de son obédience et par ceux de plusieurs autres fraternités. Elle est donc, selon vos critères, druide… malheureusement pour elle d’autres groupes ne la reconnaissent pas comme tel.

Ma question : est-elle toujours druide ?
En toute logique il sera reconnu druide par les uns mais le le sera pas par les autres.
Quel autre réponse espériez-vous (comme vous semblez vouloir garder vos distances je me mets au diapason du vouvoiement) donc qu'il puisse être donné à une question ainsi formulée ?

Que pourrais je rajouter qui soit enfin productif ?
Pour l'instant je ne vois guère que remettre en forme ce que j'ai pu écrire et dont vous n'avez conservé qu'une vision partielle.

La première condition est simplement triviale, si déjà au sein de votre école vous n'êtes pas reconnu il me parait difficile (bien que ceci ne soit pas impossible et je connais quelques exemple) de l'être auprès d'une école à laquelle vous êtes étranger.

Ensuite et je n'ai peut-être pas été assez clair sur ce point, cette reconnaissance peut très bien venir de profanes. Si un druide est un très savant, peut importe que le mot soit prononcé dès lors que votre statut de "très savant" est manifestement reconnu.
Faut-il être plus précis dans l'exemple ou peut-il suffire de dire que quand les gens de votre village (si vous avez la chance de vivre dans un village) se tournent plus volontiers vers vous plutôt que vers le maire ou la gendarmerie pour résoudre leurs litiges il vous font "de facto" le druide (parce que sage et juste) de leur village ?

Maintenant si je me restreins à votre formulation et tente d'y répondre non comme il convient de le faire (ce qu'il me semble avoir fait) la meilleure réponse rhétorique que je pourrais faire, du moins la plus virile, consisterait à vous retourner la question.

A savoir : de quelle légitimité un groupe druidique pourrait se revendiquer pour se juger elle même druidique et prétendre ainsi juger autrui sans voir elle même acceptée d'être jugée par des pairs étrangers ?

Rien n'est plus facile que de clamer "telle est la vérité" et quiconque contredit celle-ci est "hors de la vérité". C'est exactement ce que fit l'Église Catholique Romaine émanation directe de l'Empire Romain quand elle fut en situation de le faire dans son alliance avec la fonction bras armé de l'ordre établi.

Cette façon de considérer le vrai est le germe de toutes les intolérances et aliénations.
Deux mille ans de culture totalitaire ne s'effacent pas en quelques siècles.
Il faut sortir de la logique qui considère que quiconque n'est pas avec nous est contre nous.
Cette forme de pensée est caricaturale de la seule logique aristotélicienne, c'est un véritable poison de l'esprit.

Quand nos aïeux, ceux qui nous servent de modèle, ceux qui étaient le ciment de la culture celtes se retrouvaient à l'occasion du nouvel an, qui se portait juge du statut de chacun ? Y avait-il seulement un quelconque jugement à cette occasion ?
Que nous apprend l'histoire sur ce sujet ? Rien assurément.
Que nous apprennent les contes et autre mythes couché par écrit ? Pas grand chose sinon en extrapolant à partir des joutes verbales bardiques ou encore en se référant à l'interrogatoire auquel Lug fut soumis quand il se présenta aux portes de Tara.
C'est un choix qui se comprend mais qui n'est pas exempt de critique ; justement parce que ça reste une extrapolation jusqu'à preuve du contraire.

A titre personnel je ne revendique pas le terme druide, druuis ou que sais-je encore mais uniquement quand il s'agit de répondre à une interrogation sur ce sujet ou encore si je constate qu'on me considère comme tel.
Mais à vrai dire je n'accorde aucune importance aux mots, en conséquence de quoi seuls les actes comptent. Ainsi quand je suis admis dans un cercle, peu m'importe quel est ce cercle où le motif qui fait que celui-ci m'accepte en son sein, seul compte le fait qu'il y ait acceptation plutôt que rejet.
Et quand je suis rejeté, je n'en prends point ombrage, je prends juste acte du rejet.

Quand on est un itinérant qui chemine en solitaire être tantôt accepté et tantôt rejeté fait partie du chemin.
Je peux juste dire que les "dieux" m'accordent plus souvent le gite qu'ils ne me le refusent. Je n'y vois là aucun signe particulier sinon que la route que je suis me dispose plus souvent d'avoir à croiser ceux qui sont prêt à m'accueillir que ceux qui ne pourraient que me rejeter.
C'est pour moi la traduction concrète de cette "Liberté en équilibre entre toutes les oppositions".

J'en profite pour revenir un peu en arrière dans mon propos ; la où justement kje dénonce les méfaits d'une logique strictement aristotélicienne que je considère par ailleurs comme fondamentalement incompatible avec l'âme celtique alors que des peuples cousins se sont structurés autour de celle-ci.
Puisque vous semblez avoir une prédilection particulière pour combler les lacunes de l'histoire et la traditions celte en allant puiser dans la source brahmane, puis-je me mettre de vous poser à mon tour une simple question ?

De la logique bivalente ou la tétravalente, laquelle des deux vous parait-elle la plus pertinente en matière de celtisme ?

PS : A toute fin utile, je rappelle quel était ma formulation exacte.

"Ne devrait pouvoir porter le titre de druide que celui qui après avoir été reconnu apte par son collège d'origine le serait également par au moins un autre collège sans filiation ou relation de clientélisme avec son collège d'origine"

J'ai pris soin au passage de souligner l'extrait dans lequel j'ai exprimé mon opinion (et ça n'a aucune autre prétention que de n'être qu'une opinion que je suis loin d'être le seul à partager comme le laissait entendre le message d'origine) de manière on ne peut plus claire : il suffit qu'au moins une autre obédience......
En d'autres termes je laisse les querelles claniques aux clans pour pouvoir me recentrer et coopérer sur ce qui réunit plutôt que sur ce qui divise.
Si nous ne faisons pas ce choix, la sanction nous la connaissons déjà, c'est ainsi que le druidisme historique signa son arrêt de mort.
C'est précisément en ayant cessé de contribuer à préserver l'union des tribus au delà des querelles de voisinage mais en donnant la préférence à des intérêt particuliers que la conception celtique du vivre ensemble s'est effondrée et a laissé le champ libre à l'expression des idéologies totalitaires.
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Auetos
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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Dim 9 Mai 2010 - 20:21

Je ne juge rien, ni personne… je voulais simplement vous montrer la limite de cette définition.

Pour le reste je suis assez d’accord avec vous.

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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Jeu 13 Mai 2010 - 19:15

Auetos a écrit:
Je ne juge rien, ni personne… je voulais simplement vous montrer la limite de cette définition.
Je l'avais bien compris ainsi tant dans le fond que dans la forme.
Toute définitions fixe des limites et tout limite fixe relève de l'arbitraire.
Vous êtes d'une sensibilité qui m'est apparue "absolutiste" à la lecture de la page d'accueil alors de votre site alors que je suis d'un sensibilité plutôt "relativiste" comme en témoigne cette définition que j'ai (aisni que d'autres) adoptée pour moi-même.

La conséquence immédiate de ces deux "postures" est que je conçois sans peine que vous puissiez ne pas me reconnaître comme "druide" vu que je concorde pas avec au moins un des 3 critères que le C.C.C. s'est donné pour fixer ses limites alors que de mon côté je n'ai aucun peine à vous reconnaître comme "druide" à titre personnel et individuel (votre personne) alors que je considère (toujours à titre personnel) comme erroné au moins un des trois termes de votre socle commun de par sa nature foncièrement dogmatique sinon par le fond du moins par la forme qui lui est donnée (et dont je pense percevoir assez bien les tenants et aboutissant qui ont conduit à sa formulation : contamination culturelle par des élément certes proches mais néanmoins disjoint de la pensée celtique dans ses caractéristiques distinctives de ces autres cultures ).

Le débat pourrait être intéressant mais je n'entrerai dans celui-ci que si cela m'est explicitement demandé. Pour ma part ce type de débat n'a que peu de chance d'être productif en dehors de l'exercice de compréhension mutuelle et non dans ses éventuelles conclusions qui me sont déjà connues.
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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Ven 14 Mai 2010 - 21:30

Esus a écrit :
Fort de ce constat quiconque porte en lui les valeurs celtes et réalise un travail de recherche et d'acquisition de connaissance est fondé à se qualifier de druide dès lors que ce travail est restitué sous forme d'enseignement, de conseils et de jugements.A Esus,

Je crois que la filiation est quelque chose de direct, une transmission que l'on doit recevoir et surtout transmettre dans un souci de don contre-don (je le retrouve chez les druides mais j'ai constaté que beaucoup de personnes s'arrêtent à recevoir avant de s'engager à redonner). Ce qui me pose problème en tant que cheminant druidique, c'est que je ne vois pas la différence (Soi/Ego) pour l'instant (à part par rapport à certaines personnes présentes et non-présentes ne reflétant pas la majorité) qui m'incite à donner une ligne de conduite uniforme dans le druidisme.

Honnêtement, je crois, personnellement, que c'est la principale qualité d'un druide (le don de soi) qui fait que je me pose la question sur l'idée de te considérer comme druide ou pas (en dehors de pouvoir confirmer toute filiation historique) c'est la filiation du coeur, de la transmission de l'enseignant à l'élève qui prévaut pour moi. Sans vouloir te vexer, je trouve que tu as beaucoup de connaissance dans le celtisme mais je crois que la seule chose, personnellement, qui fait de quelqu'un d'être druide ou pas est la transmission, ce que je ne retrouve pas chez toi ou d'autres sur Internet. Pour me contre-dire, pourrais-tu me dire de quelle façon tu t'y prends pour transmettre l'enseignement que tu reçois de la vie ?
Je transmets à mes enfants mes connaisances tout en leurs laissant l'ouverture de se rendre compte de mon ignorance, c'est pour moi l'important.

Avec respect
MeshtemekE
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Fergus



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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Sam 15 Mai 2010 - 0:04

Citation :
Rien n'est plus facile que de clamer "telle est la vérité" et quiconque contredit celle-ci est "hors de la vérité". C'est exactement ce que fit l'Église Catholique Romaine émanation directe de l'Empire Romain quand elle fut en situation de le faire dans son alliance avec la fonction bras armé de l'ordre établi.

Cette façon de considérer le vrai est le germe de toutes les intolérances et aliénations.
Deux mille ans de culture totalitaire ne s'effacent pas en quelques siècles.
Il faut sortir de la logique qui considère que quiconque n'est pas avec nous est contre nous.
Cette forme de pensée est caricaturale de la seule logique aristotélicienne, c'est un véritable poison de l'esprit.
Voilà un paragraphe auquel j'adhère sans réserve.
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esus
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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Sam 15 Mai 2010 - 1:13

Merci à toi Meshtemek de me donner une occasion d'écalircir certains point et par là même de produire, par le seule exemple de ma réponse, une évocation concrète de ce qui pour moi est à défaut d'être suffisant une nécessité du sacerdoce druidique tel que le conçois.
Un druide quel qu'il soit se doit de toujours répondre aux questions qu'on lui pose en disant le vrai.

Ce qui signifie déjà qu'il se doit de répondre et là est un des aspect de la transmission qui, pour moi, a précédence sur la filiation.
Ce que j'ai reçu, ce que j'ai découvert par mes travaux je me dois de le retransmettre. J'ai personnalisé ma réponse juste pour faire comprendre que c'est bien parce que ceci était déjà présent en moi que je me suis senti en affinité avec le druidisme et non le contraire. A savoir que ce n'est pas le druidisme qui ma rendu ainsi mais il n'a fait que me confirmer dans cette exigence qui était déjà en moi.

Ce qui signifie également que non seulement on se doit de répondre, mais de répondre en restant dans le vrai. Et ce n'est pas coquetterie de ma part que d'employer le terme "vrai" plutôt que celui de "vérité".
Dire le vrai c'est ne pas tromper son interlocuteur par défaut de rigueur.
Ce que j'appelle rigueur en matière de vrai, c'est de ne pas cacher à l'autre ce que l'on ignore, c'est en particulier faire la part entre ce que l'on croit, ce qu'on sait, ce qu'on connait et ce qu'on ignore

Ceci ayant été dit c'est dans le corps de ton message que je vais répondre plus précisément à des interrogations plus précises.

Meshtemek a écrit:
Je crois que la filiation est quelque chose de direct, une transmission que l'on doit recevoir et surtout transmettre dans un souci de don contre-don (je le retrouve chez les druides mais j'ai constaté que beaucoup de personnes s'arrêtent à recevoir avant de s'engager à redonner).
Je partage tout à fait ce que tu dis sur la filiation, maintenant que tu sais que pour moi la transmission vient en premier.
En ce sens la filiation n'est que la forme plus personnel et plus directe de la transmission. Mais si je rajoute à ceci que je ne conçoit de transmission que par le dialogue, que de dialogue véritable je n'en aurai de libre que dans l'oral, ce que j'appelle transmission ne diffère plus de la filiation que par ce qui fait qu'une filiation résulte d'une relation filiale (qu'elle soit symbolique ou biologique) alors que la seule transmission n'impose pas comme préalable une telle filiation.
Ayant eu un chemin solitaire, mes filiations druidiques sont assurément moins nombreuses que celles que j'aurai pu avoir en restant dans la structure dans collège ou d'une clairière.
Mais si je fais le décompte de mes transmissions, le nombre est équivalent et même supérieur à celui des seules filiation druidiques que j'aurai pu avoir.
Et quand je considère ce que j'ai transmis sans avoir à dire que c'était druidique ou même simplement celtique, ce n'est certes pas les enseignements ésotériques que j'ai retransmis dans ces cas là mais les enseignement que tout druide aurait dispensé à quiconque serait venu lui demander conseil, ou jugé comme ayant besoin de recevoir de l'aide sans même l'avoir formulé explicitement.
En ce qui concerne la transmission de filiation familiale, celle que tu as toi même cité à titre d'exemple, je ne peux que te dire que tes propos pourraient être les miens.
Je n'ai rien à ajouter ou à retrancher.
"Apprendre, rester libre, ne pas asservir, faire ce qui est bon, être courageux, rendre service et aimer la nature"
serait les mots que j'aurai moi-même formulé si tu n'avais pas exposé les tiens.

Meshtemek a écrit:
Ce qui me pose problème en tant que cheminant druidique, c'est que je ne vois pas la différence (Soi/Ego) pour l'instant (à part par rapport à certaines personnes présentes et non-présentes ne reflétant pas la majorité) qui m'incite à donner une ligne de conduite uniforme dans le druidisme.
Je ne suis pas certain de comprendre ton propos.
Pourrais tu le reformuler ?
Même si je laisse de côté ce qui semble avoir de l'importance pour toi (que mets tu derrière les termes "Soi/Ego" par exemple ?), comme tu fais des allusions (ta longue parenthèse) a un vécu (ici ou là) que j'ignore complètement, je risque fort de tomber à côté de la plaque en te répondant.
Mais rien de m'interdit ou m'empêche d'essayer.
En résumé, ce que je comprends dans une question que tu formules sous la forme d'un simple réflexion, c'est ton interrogation sur le bien fondé de chercher à uniformiser ou non les pratiques.
Je n'ai pas de réponse à ce type de question sinon l'état actuel de ma propre réflexion sur ce sujet. Ce qui en clair veut dire que je ne parle qu'en mon nom propre sans aune prétention à la vérité mais que je partage juste avec toi mon opinion sur ce sujet.
Ma propre expérience d'itinérant (n'étant pas rattaché à une clairière ou à un collège en particulier) ma appris que ce qui était déjà commun était bien suffisant à pouvoir coopérer et travailler avec quelque sensibilité qui se trouve être sur mon chemin.
La première règle quand on est en situation d'invité c'est de se conformer aux us et coutumes de ses hôtes tout en se réservant le droit de neutralité, c'est à dire d'abstention, quand dans tel ou tel aspect d'un rituel ou d'un travail, la concordance ou l'harmonie n'est pas ou plus possible. Ceci m'est rarement arrivé. Dans ces cas là par respect et sens de l'honneur, je fais quelque pas en arrière pour sortir du cercle en lui même tout en ayant une attitude et des pensées respectueuses à son égard. On ne ma jamais reproché cette posture. Tout au plus m'a t on questionné une fois le travail ou le rituel achevé pour connaître les motifs de ma prise de distance. Et là il n'est pas utile d'entrer dans un débat doctrinal à moins d'avoir été explicitement invité à le faire, ce qui ne m'est pour ainsi jamais arrivé, et que ceci s'est produit ça toujours été de la part de quelqu'un aurait bien aimé faire de même mais sans se l'autoriser pour autant. Mais la plupart du temps il est largement suffisant de dire "je ne me sentais pas en accord" et cette seule franchise suffit à régler l'affaire. Étant un invité et donc non liés par des obligations doctrinales propres à ce collège ou à cette clairière, cette réponse est parfaitement acceptable et parfaitement acceptée.
Mais je n'ai toujours pas répondu à ta question, sinon que de manière partielle. Comment pourrais-je la compléter.
J'ai pour ma part l'intime conviction que ce que nous constatons aujourd'hui aux niveau des différences n'est pas très différent ce que qui aurait pu se constater du temps des druides historiques. Mais ce n'est qu'un intime conviction.
J'ai par contre toujours eu également la conviction que le rassemblement annuel à l'occasion du nouvel an avait précisément entre autre comme objectif, parmi de nombreux autres, non seulement de mettre à plat les problèmes politiques entre tribus mais également de confronter les différents point de vue pour aboutir à ce que la liberté et l'harmonie soient préservées par établissement d'un équilibre (aujourd'hui on dirait compris ou socle de base) entre les différentes oppositions ce qui à mon sens en dehors de toute "entente secrète" ou "lobbyisme" n'avait de chance d'être réalisé qu'en se recentrant sur les valeurs communes plutôt que de se disputer sur les différences de sensibilité.
Mais nous n'avons rien (à ma connaissance, mais Auetos a peut être quelque chose à nous apprendre en la matière) qui nous permette d'affirmer qu'historiquement cela se passait effectivement ainsi.
Mais a vrai dire avoir ce type de certitude sur le passé ne m'apporterait pas grand chose.
Mon raisonnement et ma réflexion sur ce sujet se préoccupe bien plus du présent et de l'avenir que du passé.
C'est d'ailleurs pourquoi j'ai salué le travail de Auetos sur le calendrier druidique. Avoir un même calendrier serait un pas décisif pour que toutes obédiences et sensibilité confondues nos énergies œuvrent de concert aux même dates. Ce qui inclut les trois nuits de Samon et donc ouvre cette possibilité à ce que de manière annuelle chaque collège ou clairière puisse déléguer à un émissaire la mission d'assister à cette réunion annuelle que je vois comme étant le moyen le plus sûr de parvenir à une coopération respectant la liberté de chaque sensibilité.
Aujourd'hui et j'en ai fait l'amère expérience, je constate hélas que dans leur grande majorité ceux qui appellent à une telle réunification ne la conçoivent que sans concession et donc uniquement sous l'égide de leur propre bannière.
Or, à titre personnel, rien ne me fait plus horreur que l'esprit de chapelle.
Dans un toute autre domaine quoi que ce soit également une forme de philosophie, le même type de situation s'observe dans le milieu de l'aïkido où hélas bien trop souvent les querelles d'égo prennent le pas sur l'esprit voulu par le fondateur. Il a quelque chose de pathétique à voir s'opposer les uns aux autre ceux qui tous pourtant se réclament de "la voie de concordance/harmonie des énergies".

Meshtemek a écrit:
Honnêtement, je crois, personnellement, que c'est la principale qualité d'un druide (le don de soi) qui fait que je me pose la question sur l'idée de te considérer comme druide ou pas (en dehors de pouvoir confirmer toute filiation historique) c'est la filiation du coeur, de la transmission de l'enseignant à l'élève qui prévaut pour moi. Sans vouloir te vexer, je trouve que tu as beaucoup de connaissance dans le celtisme mais je crois que la seule chose, personnellement, qui fait de quelqu'un d'être druide ou pas est la transmission, ce que je ne retrouve pas chez toi ou d'autres sur Internet. Pour me contre-dire, pourrais-tu me dire de quelle façon tu t'y prends pour transmettre l'enseignement que tu reçois de la vie ?
Je transmets à mes enfants mes connaisances tout en leurs laissant l'ouverture de se rendre compte de mon ignorance, c'est pour moi l'important.
Je ne chercherai pas à te contredire sauf sur un point.
La connaissance académique sur le celtisme, c'est bien plus chez un Auetos que chez moi-même que tu auras une chance de la trouver.
Ma démarche est à l'opposé du savoir académique. Ce que je sais c'est d'un part pour l'avoir lu ou entendu mais c'est surtout pour l'avoir vécu.
Qu'au final cela puisse donner à autrui le sentiment d'une culture étendue je le comprends bien, mais rien de ce que je partage à la moindre de chance de faire figure d'érudition.
Le fait est que ma mémoire et ma façon de pensée m'auraient sans doute disqualifié de toute prétention à être druide aux temps historiques, car si mon âme et mes valeurs éthiques sont bien celles attribué aux druides, quand bien même auraient eu toutes les autres qualités requise (ce qui est fort probable mais ce n'est pas à moi d'en juger) je n'ai pas l'once d'une ombre de cette forme de mémoire qui était requise.
Je ne mémorise pas ce que je ne comprends pas.
Les mots et les nombres n'ont pas de sens pour moi en dehors des domaines qui les rendent pertinents.
Ceci vient du fait que ma pensée réflexive et consciente n'est pas fondée l'usage du langage mais sur la perception directe de concepts sans noms.
Le recours aux mots et donc la mise en forme dans le langage des concepts n'a de sens que dans l'objectif de communiquer et de transmettre.
Ce qui pour la plupart est naturel et réalisé sans effort convient (le passage des concepts aux mots qui permettent de le dire) est toujours chez moi (mais je ne suis pas un cas unique, juste atypique parce que minoritaire) un acte conscient de réduction pour permettre une traduction dans le langage comme vecteur commun de la communication rationnelle.
Pour achever ce qui peut apparaitre comme étant une digression il ne me reste qu'un exemple commun à te fournir pour en illustrer un des aspect.
Un fois que j'ai compris et assimilé une connaissance, j'oublie très vite les sources auxquelles j'ai pu puiser. Et c'est pourquoi je cite fort peu de références, non que je n'en ai eu aucune mais simplement parce qu'elles ont cessé de m'être utiles.
Bien souvent je ne sais pas où sont les choses, parce que ce n'est pas leur lieu de résidence que j'ai mémorisé mais le ou les chemins permettant de les retrouver.

En ce qui concerne la filiation du cœur je ne me sens pas obligé de te prouver quoi que ce soit. Je sais ce que je fais au quotidien, que ce soit dans ma famille, dans la rue, sur mon lieu de travail ou encore sur Internet et j'ai assez de retour positifs pour que sans pour autant sombrer dans l'auto-satisfaction je puisse chaque jour me regarder en face et simplement me dire : oui tu aurais pu faire plus mais ce que tu as fais tu l'as bien fait. En d'autres termes je pense ne pas être en porte à faux avec "honore les dieux", "fait ce qui est bon", "sois brave et courageux".
Rien n'est jamais acquis, chaque jour est l'occasion d'une remise en question et d'un mutation pour que chaque jour présent soit en progrès sur le jour d'avant.

Et pour transmettre ce gendre de valeurs ou d'enseignement nul n'est besoin de se réclamer du druidisme, il suffit de le faire et c'est aussi naturel qu'une respiration.

Et pour conclure je te dirai tout simplement que peu m'importe qu'on me reconnaisse comme druide ou non. Ce qui compte c'est que j'agis en conscience et en accord avec moi même quoi qu'il arrive.
Et pour être exact, "être en accord avec soi-même", ce qui présuppose "avoir appris à se connaître par soi même" est la racine qui nourrit tous mes transmissions ou enseignements. C'est le secret de la paix intérieur, c'est la condition nécessaire qui permet de discriminer que nos succès, échecs ou erreurs ne viennent pas de celui qui nous a instruit mais de notre propre compréhension et entendement. C'est que qui permet d'affiner nos actes vers toujours plus de choses bonnes et justes..... et donc d'aimer toute chose de manière conforme à leur nature propre.

Tout aussi respectueusement
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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Sam 15 Mai 2010 - 10:04

Merci Esus de ta réponse.

Je te présente mes excuses pour les doutes que j'ai formulé à ton égard, doutes injustifiés au regard de tes explications qui sont d'une grande sagesse. Je suis totalement en accord avec tout ce que tu viens de dire. Je crois aussi que ce serait tellement bien si on pourrait retrouver une plus grande union dans le druidisme, peut importe la façon de ritualiser, les filiations.. Si un des buts de cette spiritualité est d'acquérir une certaine sagesse et que le sage unit plutôt que sépare les différences, une réunion par an ne serait pas trop demandé.

C'est pourquoi j'avais cette réflexion que tu ne comprenais pas parce que mal formulée (Soi/Ego). Je crois aussi qu'on a le don de soi indépendamment de notre niveau dans le druidisme. Le fait, pour moi, qu'il n'y a que trés peu d'entente entre groupes me pose comme question qu'à force de se centrer sur soi-même pour se réaliser personnellement, il n'y aurait pas un danger de se retrouver sur un chemin qui conduirait plus à la culture de l'Ego plutôt qu'au don de soi désintéressé.
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esus
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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Dim 16 Mai 2010 - 2:15

Cher Meshtemek tu n'as pas à réclamer d'excuses, il n'y avait aucune offense dans tes propos mes des questionnements légitimes.
Et ce que tu dis du danger qu'il peut y avoir à mener un chemin un peu trop solitaire, je puis qu'être d'accord avec ce que tu dis.

Pour ma part je pense que avec d'autres causes, le même type de risque existe également au sein d'un groupe si on reste trop longtemps, même si c'est justifié et légitime, en situation de leadership. Il suffit d'avoir un peu trop de charisme mais pas assez de vigilance pour que ceci advienne.

Mais j'en reviens à ce que tu ressens du risque qu'il y a dans le chemin solitaire à trop se centrer sur soi-même et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle, entre autre, j'ai décidé de rompre avec cette période de mon chemin pour aller à la rencontre de ceux qui ont cheminé ensemble.

Pour en revenir à ta demande d'excuse, je ne peux que te l'accorder bien que je juge qu'il n'y avait pas de quoi à formuler une telle demande.
Je ne peux que rendre hommage au sens de l'honneur (et d'humilité également) que sous-tend une telle demande de pardon.

Pour te dire combien je juge ton doute légitime et sain, avant même de lire ta réponse, je m'étais à moi-même dit à peu près la chose suivante :
Citation :
"Tu lui as affirmé un certain nombre de choses de ta vie quotidienne mais sans lui donner un quelconque moyen de pouvoir le vérifier par lui même"
A moins de côtoyer dans la vie réelle je ne voyais pas comment je pouvais t'apporter un tel outil.
Après réflexion j'ai réalisé que je pouvais au moins te révéler un lieu sur Internet où je participe de manière régulière (avec toutefois quelques éclipses) où tu pourrais en juger.
C'est tout simplement sur Doctissimo. Et il suffira que tu me le demandes pour que je te communiques en MP (pour commencer) le pseudo sous lequel j'y interviens.

Tu m'as parfaitement compris, trop de discorde existe entre les différentes sensibilités. Je ne pense pas que le concordance serait une bonne chose, mais une "accordance" serait la bienvenue.
Ne serait-ce qu'une fois par an.
Et quitte à privilégier une période de l'année, autant s'accorder sur celle qui, nous le savons de par la tradition, était celle qu'avaient précisément choisi les druides historique.
D'où tout l'intérêt que j'ai porté sur le travail d'Auetos qui me semble avoir le même type de finalité, si je puis en juger par ses propres mots.

Fraternellement tien
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MessageSujet: Re: ... C'est quoi ?   Dim 6 Mar 2011 - 1:59

Je dois dire que la réflexion d'Esus m'a charmé. On la sent pétrie d'expérience et de longue méditation.

Le chemin de l'ermite nous forge d'une manière bien profonde.
Je le sais pour l'avoir moi même emprunté à plus d'une reprise et y avoir cheminé longtemps.
J'ai démarré dans un collège qui a éclaté sous le poids de ses ans.
Il revendiquait une filiation que d'autres lui contestaient mollement. Il avait une tradition polie par le passage des ans. Il ressemblait à un vieux meuble de bois précieux :
Ancien, vénérable, éprouvé par un long usage. Vermoulu et fragile.
J'y est rencontré des gens qui ont marqué mes années de disciple.
Le décès de ma marraine a sonné son glas. Le vieux bois a fini par céder sous le poids des dissensions. Depuis longtemps déjà je ne m'y sentais plus à ma place. Trop d'illuminés qu'on n'osait remettre en question. Trop peu d'ouverture, ce qui faisait fuir le sang neuf.
J'ai profité de l'explosion pour partir après un dernier essai avec l'un des fragments, ce qui se révéla malheureux. Ma place n'était définitivement plus sur ce sentier.
J'ai erré longtemps seul à partir de ce miment là..
J'ai travaillé de mon côté, à ma façon. J'ai croisé d'autres solitaires, des autodidactes, des rescapés de structures mourantes qui se refusaient à abandonner et continuaient, marcheurs obstinés, à suivre un chemin encombré de ronces, semé de vieilles rancoeurs et de fantômes futiles, à la recherche d'une grande lumière brillant du même éclat que la flamme qu'ils couvent en eux. J'ai rencontré des victimes de gourous ayant refusé les mensonges et voulant croire malgré toute raison qu'une vérité se cache dans tout ce fatras d'idées farfelues, d'égo délirants et de pure folie. Certains étaient de simple rêveurs suivant le sentier en ignorant même quel nom il portait et que d'autres les avaient précédés, obligés à réinventer la roue, encore et encore..
A la halte commune de nos errances, nous parlions.
De ces échanges de rencontres, j'ai reçu bien des sagesses et un nombre conséquent d'exemple de ce qu'il ne faut pas faire. Je dois dire que pour l'un comme pour l'autre, je pense avoir autant donné que j'ai reçu.

Un jour j'ai rencontré un groupe. Des autodidactes. Jeunes. Bien trop jeunes. Et pourtant sincères, libre du poids de traditions ayant perdu leur sens, de préjugés servant d'oeillères à tellement d'entre nous. Ils étaient purs et maladroits. Je les ai rejoints. Ils m'ont demandé d'y exercer certaines responsabilités.
C'est comme cela que je suis devenu druide.
J'avais reçu l'initiation bardique et quand j'avais quitté le collège, j'étais sur le point de devenir Eubage. Mais je n'avais pas été initié comme druide et, entre nous, j'ai trouvé mon initiation bardique très peu chargée de sens...
Mais bon. J'étais barde. J'avais étudié pour ça. J'ai oeuvré comme tel.
Conteur, symboliste, j'ai travaillé sur l'acte rituel et sur la philosophie.
Qu'on me comprenne bien. Je n'ai pas revendiqué le titre de druide et aujourd'hui encore je ne le revendique pas. Je le suis devenu parce que face au besoin, j'étais le plus à même d'endosser la responsabilité.
Le temps passant, il s'est avéré que bon an mal an j'assumais le travail. Druide je suis resté.
Dans ce cadre, j'ai rencontré d'autres groupes de néophytes recherchant avec maladresse leur voie, rebuté par la sclérose de leurs aînés, cherchant une voie que les gourous et la poussière des habitudes jamais remises en cause n'avaient pas occulté.
Finalement, j'ai reçu l'initiation et la reconnaissance de Ram, qui me donna sa filiation. Le parrainage bienveillant de Bran Dû accompagna notre groupe.
Bien que reconnaissant à ces vieux sangliers et respectant leur parcours, je ne crois pas que leur reconnaissance aie tellement changé les choses pour moi.

Je suis druide tant que j'assume de l'être, ajoutant au devoir du disciple d'apprendre et à l'ouvrage du barde la charge d'accompagner ceux qui en manifestent le besoin dans leurs parcours, aussi bien que je le peux.

C'est ça le truc et tout le truc.

Pardon de m'être tant étendu sur mon cas personnel. Mais je voulais présenter l'expérience sur laquelle se fonde mon avis de ce qu'est, ou doit être, un néodruide.

Il est vrai qu'il devrait être érudit, comme le pose notre administrateur dans sa présentation.
Il faut la connaissance et la maturation de la connaissance. Attention cependant de ne pas confondre Savoir et Etre.
L'important est moins dans ce qui est su que la façon dont on utilise se savoir pour être soi même plus sage, plus puissant, plus désireux du bien.
Comme l'oeuvre d'art n'est pas une simple application de matériaux et de technique, le druide doit obtenir la transmutation de son propre être à partir de son savoir. Ce qui en résulte n'est pas l'addition de ce qu'il sait mais quelque chose dont la valeur est supérieure à ses composants et qui n'a finalement plus rien à voir.
Il serait bon que cette érudition s'appuie sur un certain nombre de textes de référence.
Mais je ne rejoindrai pas ceux qui disent "Un druide DOIT connaitre par coeur les Triades, le Mabinogion, le dialogue des deux sages, etc, etc... Sinon il n'est pas druide."
Il m'apparait d'abord que la valeur de ces textes, si haute soit-elle, est relative. On peut trouver l'essence qu'ils contiennent ailleurs, sous d'autres formes.
Et c'est bien ainsi. Il faut présenter bien des facettes pour que la lumière trouve son angle et touche chacun.
C'est comme prétendre que la littérature française se résume à l'Académie et à la Pléiade.
Et... Le monde est rempli d'érudits crétins et pompeux. Ce ne sont pas des sages pour autant.

Il indique aussi que selon lui, il devrait étudier et pratiquer le "vieux celtique".
Je m'inscris en faux quand à cela.
D'abord parce que plus personne ne parle la langue des anciens druides.
Ni le gaélique d'aujourd'hui, ni le kornique, ni l'irlandais, ni le breton, ni aucun autre idiome moderne n'est la langue de nos ancêtres. Elle a changé, évolué. Nous ne sommes même pas certain qu'elle était uniforme aux temps antiques ! Et plus important que tout, nous avons changé.Nous ne donnons plus aux mots la même charge symbolique. Le sens a évolué. Si je reconnais l'importance de la "musique" d'une langue, je l'affirme : Nous l'avons perdu. Cet héritage perdu, nous devons nous en passer. Que certains étudient les langues selon notre optique est une bonne chose et les trésors à trouver sont précieux. Dire que c'est un bagage indispensable au druide moderne est selon moi une erreur.
N'oublions pas qu'une langue sert à communiquer et que dans le rituel,cette communication est la base de la communion, indispensable au bon déroulement du rite. Evidemment, c'est comme la messe : Ça a plus de gueule en latin. N'empêche que si seul le prêtre comprend ce qui se dit, le "vieux celtique" devient un obstacle, non une aide, au bon déroulement du rite.


Mon expérience personnelle relativise aussi la valeur des filiations et des groupes de référence pour reconnaître un vrai druide d'une andouille en robe.

Il est triste de constater de certains maîtres savent former des disciples, mais pas d'en faire des maîtres. Et quand bien même des maîtres sont issus de leur enseignement, cela ne veut pas dire que TOUS ses disciples sont égaux en talent.
Le nom de Jean Thos parlera peut être à certains d'entre vous et ceux là s'accorderont surement avec moi pour dire que c'est une des figures centrales du druidisme francais de la fin du XX° siècle. J'ai passé des heures illuminées dans l'ombre de sa bibliothèque à Paimpont, buvant dans mon ignorance avide l'eau fertile de ses paroles.
Un grand homme. Dont les dernières années furent marqué par le grand âge, hélas. Son groupe ne survécut pas sans scissions et déchirures. Je sais des gens d'une grande valeur issue de son enseignement. Je sais aussi qu'il introduisit dans le druidisme un homme que je ne nommerai pas ici mais que je tiens pour une véritable plaie infligé à notre tradition. On m'a aussi rapporté que l'un des prétendant à la succession de Jean Thos s'est avéré être un escroc inquiété par la justice.
"La boue et l'or sortent du même puits."
J'en ai rencontré aussi, de ces éternels disciples conservant des usages sans en comprendre le sens, sans même s'interroger sur ce sens, jusqu'à ce que la tradition devienne une coquille creuse et pleine d'échos sans suite. Ils sont à leurs groupes comme le bois mort qui s'accumule sur l'arbre, lui donnant pesanteur et rigidité, jusqu'au jour où il se brise sous son propre poids.
Nous serons d'accord pour nous impatienter des "druides de la dernière pluie" nourris au jeux de rôle et à la littérature esotérique mal digérée.
Mais On y trouve des pratiquants sincères, de vrais penseurs, des autodidactes à la vision novatrice et pourtant conforme à la plus ancienne sagesse.
Je tiens certaines de mes plus belles révélations de gens qui, n'ayant jamais étudié, n'ayant parfois pas même idée qu'ils se rattachent par leur pensée et leur manière à la tradition druidique, n'en étaient pas moins remplis d'une sagesse surprenante.

Non.
Savoir n'est pas Etre.
Généalogie ne fait pas valeur.
Saie ne fait pas Druide.

Alors qu'est ce qui fait un druide ?
Voici les éléments sur lesquels je m'appuierai.

Etre avec Soi.
Un druide est une personne qui suit un parcours initiatique en faisant usage des conceptions, des symboles et des références issues de l'ancien paganisme celtique, que ce soit dans sa forme antique ou à travers ses survivances plus récentes,(mélangé peu ou prou à d'autres influences) et qui a atteint un niveau auquel il peut faire usage de son expérience pour trouver un équilibre spirituel, une maturation personnelle lui donnant accès à une acuité plus grande sur le Vrai.

Etre avec l'Autre.
Un druide est une personne qui assume auprès d'un groupe, formel ou informel, une charge d'accompagnement et de soutien d'ordre moral et spirituel en faisant usage de son parcours initiatique. Il veille aux besoins spirituels de son groupe et partage son expérience par l'initiation des aspirants.

Etre avec l'Esprit.
Un druide est une personne assumant le rôle d'interface entre l'humain et le monde spirituel à travers les rites et la symbolique celtique. Sa maturation et son expérience est mise à contribution pour accompagner les hommes dans les moments clés de leur existence et veiller au juste équilibre entre les besoins vulgaires et les nécessités spirituelles afin que l'humain trouve sa juste place dans l'univers.



Comment reconnaître un druide ?
Je crois que la question est avant tout : Comment reconnaître selon ses propres critères un autre comme druide, nonobstant les différences de parcours, d'origine, de conceptions même ?
Tout se résume à l'Etre et au symbole. Un jeu de question/réponse chargé de sens symbolique permet d'avoir une vue plus précise.

Attention, ce n'est pas un jeu de devinettes. Il ne s'agit pas d'entendre une réponse précise mais, à travers ladite réponse d'entendre la maîtrise des symboles et la maturation de l'esprit.

Dans le dialogue des deux sages, un jeune et un vieux druide ne se connaissant pas se défient par une série de trois questions : "Qui es tu, d'où viens tu et quel est ton art ?" Au terme du dialogue, très chargé de références, le jeune s'incline devant son aîné en le reconnaissant pour ce qu'il est, et l'aîné devant le jeune. Ils se "connaissent" dès cet instant et savent, quels que soient leurs positions et leur parcours, qu'ils pourront communiquer selon un certain mode, en fraternité.

Il m'arrive très fréquemment d'user de cette méthode avec un druidisant que je ne connais pas et en quelques occasions on m'a abordé par ce biais. A chaque fois cela m'a apporté une appréciation pertinente.

Les druides n’arrêtent pas de se déchirer sur la question "en être ou pas." Quoi d'étonnant quand on connait le coté profondément personnel de la voie initiatique ? Débarrassons nous des gourous, des illuminés, des celtophiles et des joueurs de jeux de rôle et alors quoi ? les druides continueront à voir le monde selon leur propre avancement, leur propre phase dans le parcours, qui est tel le labyrinthe des cathédrales : Nous nous approchons, nous nous éloignons les uns des autres, mais qui peut dire qui est le plus proche du coeur ?
Au fond, d'où que nous venions, la question est de savoir si nous ressentons le même appel et si nous pouvons partager ensemble le sentier pour y danser selon notre propre pas.

Ami, toi qui me croisera sur le sentier circulaire, sois la pierre de touche qui déterminera si je suis or ou métal vil en dorure et fais de moi la tienne. Et si nous ne parvenons pas à nous reconnaitre, puissions nous partager la solidarité du marcheur et la sincérité de l'humble cheminant.

Tortequesne, de l'Homme Vert.
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