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 Le calendrier des druides

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Auetos
Druide C.C.C.
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MessageSujet: Le calendrier des druides   Jeu 5 Jan 2006 - 13:59

Description :

Le calendrier de Coligny consiste en une plaque de bronze de 1,48 m de long sur 0,90 m de haut. Cette épigraphie, comportant des indications de mois et de jours assez claires, donne cinq années consécutives divisées en 62 mois, cinq fois douze mois ordinaires plus deux mois supplémentaires. Ces 62 mois sont disposés en seize colonnes, qui se lisent verticalement et de gauche à droite. Chacune d’elles comportent quatre mois sauf la première et la neuvième qui n’en ont que trois car les mois intercalaires, qui ont des en-têtes développées et des notations quotidiennes abondantes, occupent chacun l’espace de deux mois ordinaires.


Vie et mort du calendrier :

L’état de « puzzle » dans lequel fut trouvée la Table de Coligny à toujours fait penser à une destruction délibérée des hommes. Mais qui ? Les Romains ? Les chrétiens ? Les druuides eux-mêmes ?
On comprend aisément le pourquoi des deux premiers.

Les Romains :

Les Romains, dès la main mise sur les terres gauloises et après avoir modelé les bourgeoisies autochtones à leur convenance, n’eurent de cesse de réprimer, de pourchasser, de massacrer les membres de la caste sacerdotale. Bien évidemment, les raisons de cette « chasse aux druuides » tinrent davantage à leur influence politique et militaire qu’à leur soi-disant cruauté en matière religieuse. Quoi qu’il en soit, si l’on se réfère aux sources littéraires, au milieu du I° siècle ap. è.v., tout est clair. Le temps des druuides et du druidisme est révolu… Mais voilà, la Table de bronze de Coligny est datée de la fin du II° siècle ap. è.v., soit 150 ans après la dite rupture.

Les chrétiens :

A peine sorti des persécutions qui firent tant de martyrs, les chrétiens ayant obtenu un édit de tolérance leur offrant la liberté de culte, ne se contentèrent pas d’être seulement tolérés ; ils voulurent imposer leur « religion d’amour » en éliminant purement et simplement le polythéisme. Vint alors le temps des destructions physiques des lieux, des objets, des symboles cultuels et, bien entendu, des prêtres… Mais cela débuta réellement en 314 ap. è.v. , soit, là aussi, plus de 114 ans après la destruction effective de la Table.

Les druides :

La présence à proximité de ces fragments de débris d’une statue gallo-romaine, peut faire penser que tous ces restes ont été emportés (pour être sauvés) de quelque lieu cultuel mis à sac. Mais bien que cette hypothèse soit justifiable, je crois que ce sont les druuides eux-mêmes qui, conscient du danger qui les menacés, ont volontairement détruit leur calendrier en application de la coutume du iustition « suspension, arrêt d’activités en vue d’un péril ». Ce rite de destruction volontaire de lieux et d’objets cultuels fut utilisé à plusieurs reprises dans l’histoire du peuple celte.

En 223-222 av. è.v. les Insubres avaient ainsi fermé le sanctuaire qu’ils consacraient à la déesse Brigantia, à l’approche du danger.
De la même manière le sanctuaire de Gournay-sur-Aronde, qui fonctionna régulièrement jusqu’à l’approche de la guerre des Gaules, fut volontairement fermé. Les éléments en bois, temple, palissades, poteaux, furent brûlés. Les structures creuses, fossé de l’enclos, fosses cultuels, furent rebouchées. Le tout fut soigneusement nettoyé et nivelé.
Suivant ce schéma, le calendrier de Coligny fut cassé, brûlé, déposé dans un linge et mis en terre en compagnie de la statue du dieu Mercure-Lugus.

Nous sommes là en présence d’une désacralisation, identique à celle subit par les armes retrouvées dans le fossé des enclos de Gournay et de St Maur. Ce rite, pratiqué par les desservants du culte, se faisait en fonction de la morphologie de l’objet. Ceux d’une seule pièce, épées, fer de lance, fibules, étaient pliés ou cassés. Ceux assemblés, fourreaux et boucliers, étaient démontés.
Dans le fossé de Gournay, où les dépôts présentent une stratification, on perçoit nettement une évolution des formes de ce rite. Dans les niveaux anciens, elles sont simples, puis plus on avance dans le temps, plus la variété devient grande comme la fragmentation de l’objet. Ce qui fut fait au calendrier.

Quoi qu’il en soit, même si les Romains ou les chrétiens n’ont pas, à proprement parler, brisé de leurs mains blasphématoires le calendrier de Coligny, ce fut à cause d’eux que les druuides, dans le plus pur respect de la tradition, le mirent en pièce. Afin que ni les uns ni les autres aient le funeste privilège de le faire. Ce qui est en total accord avec l’adage celte qui prône « Plutôt la mort que la souillure ».


Reconstitution :

Plusieurs interprétations du calendrier ont été publiées comme par exemple dans « Visage du Druidisme », Dervy-Livres, d’André Savoret (1986), « Les Calendriers (Coligny, Villards d’Héria) », R.I.G. Vol. III, C.N.R.S., de MM. P.-M. Duval et G. Pinault (1986), « Le Calendrier gaulois de Coligny », Errance, de MM. J.-M. Le Contel et P. Verdier (1997) et « Histoire du calendrier gaulois », Burilier, de M. J. Monard (1999).
Certaines sont malheureusement franchement farfelus et discrédites de ce fait les plus sérieuses recherches dans le domaine.
A mon sens, la plus sérieuse et la plus complète des études sur le sujet se trouve, sans conteste, dans le Recueil des Inscriptions Gauloises, Vol. III, « Les calendriers (Coligny, Villards d’héria) », aux éditions du C.N.R.S., par MM. P.-M. Duval et G. Pinault (1986). Faisant suite à mes éminents prédécesseurs, le modeste travail qui suit, s’appuyant intégralement sur le contenu de l’ouvrage suscité, essai dans la mesure du possible, de compléter leur interprétation et de revisiter le calendrier avec un œil nouveau.

De plus, afin de ne pas tomber dans la fantasmagorie, je me suis attaché à respecter à la lettre les recommandations données en conclusion du paragraphe sur le calendrier p. 252, « Les Druides », des Professeurs F. Le Roux et C.-J. Guyonvarc’h, à savoir :
« Aucune interprétation calendaire celtique n’est ou ne sera valable si elle ne concorde pas avec les données fournies par le calendrier [de Coligny] ainsi qu’avec la phrase capitale par laquelle Pline nous informe que les Gaulois faisaient commencer leurs siècles, leurs années et leurs mois après le sixième jour de la lune. »

« […] Toute explication qui contredirait les données calendaires insulaires [Le calendrier gaulois […] offre des correspondances de structure et de vocabulaire avec les témoignages irlandais, ce qui renforce l’impression d’unité doctrinale. La principale correspondance est celle du mot gaulois Samon et de l’irlandais Samain] et ne rendrait pas compte de leur décalage réel par rapport aux solstices et aux équinoxes, serait a priori à rejeter. »


Partant de là, je me suis lancé.

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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Jeu 5 Jan 2006 - 14:05

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LE SYSTEME CALENDAIRE


Fonctionnement :

Afin de bien appréhender le calendrier de Coligny, il n’est pas nécessaire de rentrer dans des opérations arithmétiques minutieuses et complexes, comme certains ont eu tendance à le faire, pour la simple et bonne raison que les observations célestes de l’époque antique n’étaient pas en mesure d’exiger de tels calculs détaillés. Le druuis de même que le prêtre védique, sacrificateur et gardien du temps, s’assurait de la marche du soleil par l’observation à l’œil nu, c’est-à-dire par l’observation directe, des principales étoiles visibles, appelées les « bornes du ciel », situées sur ou à proximité de l’écliptique.
De la même manière, il faut impérativement éviter de calquer ou de superposer le calendrier druidique sur le calendrier grégorien car le mois solaire, comme nous l’entendons aujourd’hui, était inconnu, et que le mois et les fêtes étaient déterminés par la lune.
« Il est donc impossible d’établir une correspondance régulière entre le calendrier celtique et le calendrier actuel : toute valeur de notre calendrier aura dans le calendrier celtique une valeur différente d’année en année… » (Venceslas Kruta)

J’ai donc adopté cette méthode de calcul pour établir ma thèse calendaire. C’est celle qui me paraît être la plus proche, et surtout la plus aisément comprise et applicable par ceux qui voudront bien observer les étoiles à la manière des anciens druuides.

Nous savons, grâce aux travaux de MM. P.-M. Duval et G. Pinault, que l’année celtique est partagée en deux moitiés opposés et complémentaires, alternativement sombre et clair, de part et d’autre d’un axe samon- / giamon- : la première comporte deux mois « d’hiver » proprement dit, puis deux mois de « frimas » et deux mois de « printemps » ; la seconde lie « été » et « automne ».
Les douze mois sont lunaires et débutent au premier quartier de lune réalisé. Chaque mois est composé de deux quinzaines inversées : l’une dominée en son milieu par la pleine lune, l’autre par la nouvelle lune. Un système complexe d’échanges entre les jours à l’intérieur de chaque semestre montre que ceux-ci fonctionnent différemment : l’hiver en trois paires de mois (3 x 2), l’été en deux triades (2 x 3).
Pour maintenir la concordance exacte avec la lune, on alterne des mois de 30 jours qualifiés matus « bon, complet, intègre », avec des mois de 29 jours, considérés comme anmatus « non bon, incomplet ».
D’autre part, pour rétablir l’accord avec la course du soleil et éviter le glissement des saisons, on rajoute tous les 30 mois, c’est-à-dire tous les cinq semestres, alternativement devant un semestre hivernal puis devant un semestre estival, un mois supplémentaire de 30 jours, dont chaque jour est l’image réduite de l’un des 30 mois précédents. Ainsi, au-dessus du jour, du mois et de l’année se constitue une nouvelle unité : le lustre comportant en son début un mois intercalaire suivi d’une série de 30 mois, puis, en son milieu, un nouveau mois intercalaire suivi d’une deuxième série de 30 mois ; la première série de cinq semestres est composée de deux années complètes suivies d’un hiver, et la seconde, inversée, d’un été suivi de deux années. Un lustre comporte ainsi 62 lunaisons équivalant à cinq années solaire complètes. Le lustre permets de situer la place des deux mois supplémentaires nécessaires pour mettre en harmonie les courses des deux astres mesureurs du temps, le soleil et la lune.
Pour parfaire les réglages, la neuvième lune, equos, ne comporte, la deuxième et la quatrième année du lustre, que 28 jours au lieu de 30.
Enfin, le siècle de 30 ans équivaut à un groupement de six lustres. La rupture du siècle se marque par l’omission du mois intercalaire qui aurait dû récapituler les 30 derniers mois du sixième lustre. Ainsi, cinq lustres de 62 mois et un de 61 donnent bien les 371 lunaisons de 30 années solaires.

Ce sont finalement des opérations mentales simples, régulières et faciles à mémoriser :

- regroupement des années par séries de cinq,
- récapitulation tous les cinq semestres des trente mois écoulés (5 x 6) par les trente jours d’un mois intercalaire,
- sauf tous les trente ans où, après cinq lustres complets et un sixième défectif, l’on passe directement à la lune de samon- qui marque le début d’un nouveau siècle.

Cinq semestres, cinq ans, cinq lustres … trente jours, trente mois, trente ans …

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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Jeu 5 Jan 2006 - 14:10

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Les deux semestres et l’année :

« La disposition des mois sur la Table, avec Samon- venant en tête de douze mois après le premier intercalaire et quatre autres fois après Cantlos, douzième mois de chaque année et dernier mois de l’inscription, nous a invités à considérer que Samon est le premier de l’année et du lustre.
La place du second intercalaire après le sixième mois d’une année (l’année III) permet de supposer que l’année pouvait être divisée en deux semestres, l’intercalation intervenant ainsi au bout de cinq semestres. Or, il ne manque pas de particularités favorables à cette hypothèse. D’une part, de même qu’il n’y a pas d’échanges entre le douzième mois Cantlos et le premier mois Samon- de l’année suivante, il n’y en a pas non plus entre le sixième mois Cutios et le septième Giamoni- d’une année qu’elle soit ordinaire ou qu’elle comporte un mois intercalaire : cette indépendance réciproque du sixième et septième mois, aussi nette que celle du douzième d’une année et du premier de la suivante vient appuyer l’hypothèse de deux semestres. De plus, tandis que dans le premier semestre les mois sont liés en trois paires distinctes par les échanges, dans le second le groupement se fait en deux triades.
[…]
La division de l’année, comme celle du mois, en deux parties, opposant une moitié lumineuse à une moitié obscure semble être une disposition simple qui caractériserait l’année gauloise comme celles de l’Inde et de l’Iran. Il est possible que le partage du lustre par moitiés réponde à un
souci analogue de bipartition massive et simple. » (Les Calendriers, RIG, III)

L’ébauche d’explication sur la division de l’année en deux semestres répond, comme l’ont laissé entrevoir MM. P.-M. Duval et G. Pinault, à un souci de bipartition.

Lorsque le peuple Indo-européen quitta son ancien pays pour migrer vers le Sud, il dut adapter son calendrier aux nouvelles conditions géographiques et astronomiques. Mais, les prêtres conservateurs ont maintenus dans la mesure du possible, malgré ce changement, l’ancien calendrier, ou du moins, ils ont préservé les traditions de l’ancienne année dans leurs rites sacrificiels.
L’idée que le jour et la nuit durent chacun six mois est largement répandue dans la littérature de la race Indo-européenne. Cette survivance du calendrier arctique originel se retrouve non seulement dans les hymnes Homériques, la littérature védique et post-védique, mais aussi dans la mythologie celtique et les ouvrages astronomiques.
« Elle [Perséphone] consolera ta peine à chaque année qui s’achève, quand se termine l’hiver cruel. Car le royaume de l’ombre ne la gardera que la moitié de ce temps, pour le reste, tu la garderas, toi, et les heureux immortels. » (Hymne Homérique)

« Au Meru, les dieux contemplent le soleil pendant la moitié de sa révolution, après un seul lever dans le bélier. » (Sûrya Siddhânta)

« Une année des mortels est un jour et une nuit des dieux ; et voici quelle en est la division : le jour répond au passage du soleil au Nord et la nuit à son passage au Sud. » (Mânavadharmasâstra)

« La pointe de sommeil de Mac Roismelc c’est la même chose, à savoir je frapperai sans sommeil à partir de Samain, le crépuscule de l’été, c’est-à-dire encore la fin du temps d’été. Car ce sont les divisions de l’année depuis longtemps : l’été de Beltine à Samain et l’hiver de Samain à Beltine ou encore Samfuin (crépuscule de l’été) pour Samsùain (sommeil de l’été), c’est-à-dire que l’été tombe dans le sommeil, ou Sam-son [/i[i]](sommeil de l’été). » (Tochmarc Emire, vol. III)

Selon les Purânâ-s, le Meru est la résidence de tous les dieux, et ce qui est dit à propos de leur nuit et de leur jour qui durent une demi année s’explique ainsi aisément et naturellement ; et tous les astronomes et devins ont admis l’exactitude de cette explication. Le jour des dieux correspond au passage du soleil de l’équinoxe de printemps à l’équinoxe d’automne, lorsque le soleil est visible au Pôle Nord ou Meru ; et la nuit au passage du soleil dans l’hémisphère sud, de l’équinoxe d’automne à l’équinoxe de printemps.

La fréquence de cette tradition ne peut être expliquée qu’à partir de l’hypothèse qu’elle devait résulter de l’observation des faits.
« Au Meru le soleil et la lune tournent de gauche à droite chaque jour, et ainsi font toutes les étoiles …Par son éclat, la montagne triomphe de l’obscurité, de sorte que la nuit peut à peine être distinguée du jour …Le jour et la nuit forment ensemble une année pour les habitants de cet endroit. » (Mahâbhârata, Vanaparvan)

Ces citations sont amplement suffisantes pour convaincre quiconque que, à l’époque où fut composée ces écrits, les auteurs avaient des connaissances assez précises des caractéristiques météorologiques et astronomiques du Pôle Nord, et que l’on peut supposer que ces connaissances n’ont pas été acquises uniquement par le calcul.

« Ce qui est une année n’est qu’un jour des dieux. » (Taittirîya Brâhmana)

Cette affirmation est si claire qu’il ne peut y avoir de doute quant à sa signification. Une année des mortels n’est qu’un jour des dieux, nous permets de conclure que la tradition représentée par ce passage indique l’existence d’une origine polaire de la race Indo-européenne, dans les temps les plus reculés.

Nous pouvons donc mentionner ici le fait que les premières années « drui-vé-diques » ont été divisées en deux parties seulement : le long jour et la longue nuit des dieux correspondant aujourd’hui, en Inde, au Devayâna et au Pitriyâna.
Le mot Devayâna, Cc. Deuion, dénote « le chemin des dieux ». Ainsi dans le Rig-Veda, il est dit qu’Agni est instruit de la route du Devayâna.
« Nous avons, Ô Asvin ! atteint la fin de l’obscurité ; maintenant vient à nous par la route du devayâna. » (Rig-Veda)

« Le chemin du devayâna m’est devenu visible. La bannière de l’aube est apparue à l’Est. »

De tels passages indiquent clairement que le Devayâna commençaient au lever de l’aube ou après la fin de l’obscurité, et que c’était la route par laquelle Agni, Asvin, Surya et d’autres divinités matutines voyageaient pendant leur course céleste.
C’est pendant cette période que l’on célébrera les rites les plus important, que l’on traitera les principales affaires et que les cérémonies religieuses et sociales auront lieu. Ce serait, pour ainsi dire, la période d’action, par opposition à la longue nuit qui la suit. La longue aube succédant à la longue nuit marquerait le début de cette activité ; et l’année sacrificielle arctique correspondait pratiquement à cette période d’activité, donc de soleil.
Le chemin des Pères, ou Pitriyâna, Cc. Ateron, est contre décrit comme l’inverse du Devayâna, ou chemin de la mort. Pendant cette période l’esprit solaire est caché par l’esprit maléfique des eaux, et correspond dans le cycle annuel à la nuit des dieux pendant laquelle règnent les esprits obscurs régit par Dhûmâvati, Cc. Dumannia, « la Fumeuse ». Aucun rite ne peut être accompli pendant ce laps de temps, aucun pèlerinage, aucun mariage, aucune initiation.
A la fin de ce temps, le règne de la clarté revient et le festival des lumières à lieu. C’est alors que commence l’ère paisible de Blotiuenia « la Fille-fleur ». Elle est l’exact opposé de la Fumeuse. Les signes du zodiaque dans lesquels ces deux divinités ont leur résidence sont aussi en opposition. Blotiuenia gouverne le signe bénéfique du Taureau qui donne la richesse, tandis que Dumannia réside dans le signe du Scorpion qui apporte la pauvreté.

Dans le Rig-Veda, le barde dit qu’il n’a entendu parler que de deux routes, l’une des Dieux et l’autres des Pères.
« …dans les six mois où le soleil monte vers le nord ; de ces mois dans le monde des Dieux » ; alors que « …dans les six mois où le soleil descend vers le sud ; de ces mois dans le monde des Pères », cela est la voie opposée. (Chândogya Upanishad)

« Les Nakshatra [astérismes] sont les maisons des dieux […] les Nakshatra des Deva commencent par les Krittikâ [Pléiades] et se terminent par Vishâkhâ [Az-Zubana]), tandis que les Nakshatra de Yama commencent par les Anurâdhâ [Akrab – Scorpius] et se terminent par les Apa-Bharanî [Al-Pargh] » (Taitirîya Brâhmana)

Le principe de division dans ce cas est le même que celui qui a été suivi dans le cas du Devayâna et du Pitriyâna.

« Quand le soleil monte vers le Nord, il est parmi les Dieux et les protège ; quand il monte vers le Sud, il est parmi les Pères et les protège. » (Shatapatha Brâhmana)

Ce texte stipule que le soleil se meut parmi les Dieux et les protège, lorsqu’il se déplace vers le Nord. En d’autres termes, l’hémisphère nord est consacré aux Dieux et l’hémisphère sud aux Pères. Or le soleil évolue parmi les Dieux lorsqu’il est dans l’hémisphère nord. C’est pourquoi le domaine des Dieux doit se situer dans cet hémisphère, et puisque les astérismes sont les maisons des Dieux, tous les astérismes de l’hémisphère nord, de l’équinoxe de printemps à l’équinoxe d’automne, doivent naturellement être appelés astérismes des Dieux. Quand à l’hémisphère sud, il est attribué aux Pères, donc les astérismes de l’hémisphère sud sont donc désignés par astérismes des Pères ou de Yama. En bref, les astérismes des Dieux sont comptés à partir de l’équinoxe de printemps jusqu’à l’équinoxe d’automne, c’est-à-dire le point où commence l’hémisphère sud, et vice versa dans le cas des astérismes des Pères.
Si le Devayâna commence donc à l’aube, nous pouvons affirmer que le Pitriyâna commence au début de l’obscurité. Voilà pourquoi « le soir n’est pas pour les Dieux ».

Il semble donc évident que le long jour et la longue nuit représentaient à l’origine une division de l’année en deux parties approximativement égales, opposant une moitié de lumière continue à une moitié d’obscurité continu, comme au Pôle Nord ; et bien que celui-ci, lors de l’élaboration du système calendaire, ne correspondait plus à la dernière patrie du peuple Indo-européen, il fut retenu parce que c’était un fait établi et traditionnellement reconnu dans la conception du temps divin.

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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Jeu 5 Jan 2006 - 14:15

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Le début des mois :

Plusieurs groupes néo-druidiques, se fiant à certains dires, font commencer les mois avec le dernier quartier voire la nouvelle lune, soit la partie sombre de la révolution lunaire.

Peut-être parce que l’enseignement nous dit :
« Ce monde était plongé dans l’obscurité ; Imperceptible, dépourvu de tout attribut, ne pouvant ni être découvert par le raisonnement ni être révélé, il semblait entièrement livré au sommeil. » (Mânavadharmasâstra)

« Au commencement, en vérité, rien de tout ceci n’existait. Du Non-être, l’Être sortit. Cet être se transforma en un Soi. » (Taittirîya Upanishad)

Mais surtout, parce que César nous apprend que :
« [Les Gaulois] déterminent les intervalles de toutes durées, non par le nombre des jours, mais par celui des nuits; ils célèbrent ainsi les anniversaires et les débuts des mois et des années, de sorte que le jour diurne succède à la nuit. » (Bellum Gallicum)

Telles sont les raisons qui font que certains néo-druides font débuter les mois de leur calendrier avec le dernier quartier de lune.
Malheureusement le fait de compter par nuits n’est nullement un usage proprement celtique, ni même exclusivement indo-européen, bien qu’il soit attesté chez les Celtes, les Grecs et les Indiens ; c’est aussi celui des Arabes et de nombreux peuples primitifs.

Malgré leur « envie de bien faire » ils font erreur car l’enseignement nous dit aussi :
« Un mois des mortels est un jour et une nuit des Ancêtres ; il se divise en deux quinzaines : la quinzaine noire, est pour les Mânes, le jour destiné aux actions ; et la quinzaine blanche, la nuit consacré au sommeil.
« De même que la seconde quinzaine, la noire, est préférable à la première pour un « Repas funèbre », de même la seconde partie du jour est préférable à la première. » (Mânavadharmasâstra)

« De la flamme dans le jour, du jour dans la quinzaine de la lune croissante, de la quinzaine de la lune croissante dans les six mois où le soleil monte vers le nord, de ces mois dans le monde des dieux ; de la fumée dans la nuit, de la nuit dans la quinzaine de la lune décroissante, de la quinzaine de la lune décroissante dans les six mois où le soleil descend au sud, de ces mois dans le monde des pères. » (Brihadâranyaka)

« …la quinzaine croissante de la lune représente les dieux, la nuit les pères ; la partie du jour avant midi les dieux, celle d’après midi les pères … » (Shatapatha Brâhmana)

Ces arguments suffisent à tous ceux qui proclament un début de mois à la pleine lune. Le seul problème est qu’ils omettent la remarque faite par Pline l’Ancien quand il nous renseigne sur les questions touchant le calendrier gaulois, son caractère cyclique et le début des mois, de l’année et du grand cycle fixé au sixième jour de la lune, c’est-à-dire, selon le calendrier romain, qui lui, débutait avec la nouvelle lune, au premier quartier réalisé.
« …mais celui-ci extrêmement rare à trouver, et, en a-t-on découvert, on le cueille en grande pompe religieuse, surtout le sixième jour de la lune qui marque pour eux les début des mois et des années et du siècles au bout de trente ans, parce qu’elle aurait déjà assez de force, sans être en son milieu. » (Histoire Naturelle)

Sachant que :
« Les Romains divisaient le mois en trois parties inégales, des calendes aux nones, des nones aux ides, et des ides à la fin du mois […] Cette division remonte à l’époque très ancienne où les habitants du Latium comptaient le temps par lunes. Comme ce peuple était peu observateur, il n’avait pas distingué la lunaison en ses quatre phases ou quartiers […] Mais il avait au moins remarquer les deux principaux états de la lune, quand elle brille de tout son éclat et quand elle est complètement obscure.
« Le premier jour du mois, correspondant à la Nouvelle Lune, portait le nom de calendes, calendoe, que Plutarque fait dériver de celare « cacher » parce qu’alors la lune se cache, devient invisible à cause de son obscurité
.
« A la Pleine Lune étaient les ides, du mot étrusque iduare « diviser » parce que ce jour divisait le mois en deux parties.
« Les nones étaient importantes, car c’était le premier jour de la foire ou marché qui durait jusqu’aux ides. » (La question du calendrier, B. Chauve)

Ce qui nous permet de dire, si on lit bien la phrase de Pline, que :
« Le sixième jour de la (N.) Lune qui marque pour eux les débuts des mois et des années et du siècles … » = Le PREMIER QUARTIER …

Et …
« Parce qu’elle aurait déjà assez de force, sans être en son milieu. » = Parce qu’elle a déjà assez de puissance sans être arrivée à maturité, soit à la PLEINE LUNE.

De plus, ils oublient que pour les druides tout comme les brahmanes, leurs homologues, qui le nomment Mahâtithi « le grand jour [lunaire] », le premier quartier de lune a une grande importance magique.

La lunaison commençant avec la nouvelle lune, l’achèvement du sixième jour voit le premier quartier réalisé et le passage vers la pleine lune marquant le début d’une mesure facile à effectuer : c’est la première nuit du mois. En effet, les quartiers, avec leur bord quasi rectiligne, sont une figure stable et plus facile à déterminer que toutes autres configurations de la lune. Ce sera donc le premier jour du mois, de l’année, du lustre et du siècle.
Cependant la lunaison ne comporte pas un nombre entier de jours : il devra donc y avoir de légères oscillations d’un mois à l’autre, et c’est pourquoi on a deux groupes de trois jours 7, 8, 9 et 7a, 8a, 9a, indiquant respectivement les dates auxquelles peuvent se manifester la pleine lune et la nouvelle lune.
Voilà pourquoi la première quinzaine, la quinzaine croissante de la lune représentant les dieux est celle de la pleine lune [en son milieu], la claire, alors que la seconde quinzaine est celle de la nouvelle lune [en son milieu], la sombre préférable à la première pour les mânes.

C’est ainsi que, traditionnellement parlant et comme nous le signale Pline, nous pouvons affirmer que chez les Celtes le mois commençait le jour du premier quartier de lune réalisé.

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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Jeu 5 Jan 2006 - 14:16

...

Charpente du mois celtique :


I Premier Quartier
II

[…]

VII
VIII } Pleine Lune
VIIII

[…]

XIIII
XV

ATENOUXTION

I Dernier Quartier
II

[…]

VII
VIII } Nouvelle Lune
VIIII

[…]

XIIII
XV DIUERTOMU

...


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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Jeu 5 Jan 2006 - 14:17

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Durée du mois « equos » dans le lustre :

La durée des mois du calendrier dépend de leur caractère matus ou anmatus : dans le premier cas, elle est de 30 jours, dans le second cas elle est de 29 jours. De plus la notation de base est, respectivement, m d, matus diies « jour bon » et d, diies « jour [ordinaire] ».

A cette règle, une seule exception : le mois equos. Conformément au caractère anmatus du mois, sa notation de base est d. Néanmoins, equos des années I, III et V est attesté avec une seconde moitié du mois de 15 jours, ce qui implique un equos de 30 jours.
La seule explication cohérente et plausible de cette contradiction entre les notations anmatus et d, d’une part, l’attestation des 30 jours, d’autre part, est que, dans un tout premier état du calendrier, le mois equos ne possédait que 29 jours. Cependant, une année lunaire normale de 354 jours, assortie d’une année à intercalation de 384 jours, entraîne à la longue des discordances avec la sonnocingos, « la marche du soleil ». C’est pourquoi, suite à une réforme, equos tout en demeurant anmatus fut porté à 30 jours aux années I, III et V et à 28 jours aux années II et IV du lustre.

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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Jeu 5 Jan 2006 - 14:23

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Comput :

Comme toutes les divisions du temps en années, l’année celtique a nécessairement un rapport avec les saisons, c’est-à-dire la sonnocingos. Ce rapport peut être assez lâche dans une année donnée, pourvu qu’un système adéquat ramène périodiquement le bon ordre. La division par mois signifie qu’on désire maintenir, le mieux possible, la concordance avec les phases de la lune.

Il s’agit donc de se rapprocher de la durée de 12 ou 13 lunaisons, soit :

29,530588 x 12 = 354,367 jours pour une année ordinaire
29,530588 x 13 = 383,892 jours pour une année à intercalation

Les années de notre calendrier étant de 353, 355 et 385 jours, l’écart entre la durée vraie, par rapport à la lune, et la durée du calendrier est donc très faible.


Encore faut-il s’accorder avec le soleil. Ce qui est le but de l’instauration du lustre. La présentation même du calendrier, avec ses deux mois intercalaires incorporés dans une suite de cinq années, montre que le système du lustre comme unité temporelle supérieure à l’année a pour objet immédiat de rétablir la concordance entre le temps religieux et civil, et la sonnocingos.

On calculera donc la durée Ls d’un lustre solaire et celle Ll d’un « lustre lunaire » de 62 lunaisons vraies :

Ls = 365,242199 x 5 = 1826,211 soit environ 1826 jours
Ll = 29,530588 x 62 = 1830,896 soit environ 1831 jours

Calculons maintenant le temps Lc d’un lustre de Coligny sachant qu’au cours de celui-ci equos a successivement 30, 28, 30, 28 et 30 jours.

Lc = 385 + 353 + 385 + 353 + 355 = 1831 jours

On s’aperçoit alors qu’il y a un écart de 4,789 soit environ 5 jours avec Ls, et une quasi concordance avec Ll, car l’écart est de 0,104 jour. Autant dire presque rien.


Il reste que la dérive par rapport au soleil doit être rectifié par un grand cycle, le siècle. Nous n’avons aucune raison de mettre en doute le témoignage de Pline :
« …c’est par la lune que [les Gaulois] règlent le début de leurs mois et de leurs années, et aussi celui du siècle au bout de trente ans … »

« … Quand l’étoile de Cronos, que nous appelons Phénon, et qui, dans cette île porte le nom de Nycture, entre dans le signe du Taureau, ce qui arrive après une révolution de trente années, ils se préparent longtemps d’avance à un sacrifice solennel … » (Plutarque)

Remarquons tout d’abord qu’un siècle trentenaire réel est voisin de 371 lunaisons, soit six lustres moins un intercalaire. La fonction essentielle de ces mois étant de rétablir la concordance avec « la marche du soleil », il est invraisemblable qu’on en ait placé un en début d’une grande division du temps comme le siècle.

Comme nous l’avons fait pour le lustre, nous examinerons le siècle par rapport au soleil, à la lune et à la durée de la Table de Coligny.

Ss = 365,242199 x 30 = 10957,266 jours
Sl = 29,530588 x 371 = 10955,848 jours

Sc = (1831 x 6) – 30 = 10956 jours

Les divergences, par rapport au calendrier, sont de + 1,266 jour pour le soleil et de – 0,152 jour pour la lune.


L’écart cumulatif est lui aussi rattrapé par une « refermeture » à long terme, le cycle. Comme nous venons de le voir le système de siècles trentenaire à 371 mois lunaires amène un important écart cumulatif

(30 x 365,242199) – (371 x 29,530588) = + 1,418 jour / trente ans

ou en arrondissant par jour calendaire de + 1,266 jour. Cet écart finirait donc par atteindre une lunaison entière à l’issue de 20 siècles, soit 624 ans. Donc limite des séries de siècles de 371 lunaisons à 20 siècles, soit 600 ans. Par conséquent, le 21ème siècle comprendra 372 lunaisons, ce qui constituera un cycle de 630 ans.

Cs = 10857,266 x 21 = 230102,58 jours
Cl = [(20 x 371) + (1 x 372)] x 29,530588 = 230102,34 jours

Ecart cumulatif = 0,24 jour


Le rattrapage périodique des non-concordances luni-solaire reste donc aisé et opérable au plutôt avec un mois modulable, un rajout de mois supplémentaires toutes les trente lunaisons et un report d’épacte qui se trouve remis à zéro en lune d’automne tout les 630 ans.
Tout ceci nous montre comment les druuides, en tant qu’astronomes, ont trouvé des solutions élégantes à tous les problèmes techniques calendaires. Toutes les difficultés passées en revues ont été palliées dans ce système.


Malgré ces explications claires et concises, plusieurs computations ont vue le jour. L’un, partant du fait que : « Le mois EQVOS que l’on voit monté à 30 jours est quand même codé ANM, ce qui laisse penser qu’il est ajustable entre 29 et 30 jours. Dans la troisième année où il n’est pas visible, le mois embolismique indique sur son préambule la durée de la-dite année : MM XIII LAT CCCLXXXV, donc une période de 13 mois pour un total de 385 jours, ce qui fait trouver encore une fois 30 jours pour Equos. En assignant 29 jours aux deux autres Equos, on obtient une durée totale de 1832 jours. » (J. Monard)

Ll = 29,530588 x 62 = 1830,896 ~ 1831
Ls = 365,242199 x 5 = 1826,211 ~ 1826

Lm = 384 + 354 + 385 + 354 + 355 = 1832

Sans aller plus loin nous pouvons constater que ce mode de calcul est, à la base, fonder sur une grossière erreur. D’après ce que nous voyons, le premier mois intercalaire n’aurait, bien qu’il soit la récapitulation des trente mois précédents, que 29 jours ( ?).

De plus l’écart entre Lm et Ll est de – 1, et celui entre Lm et Ls est de + 5. Ce qui nous fait un total de – 6 jours avec la lune et de + 30 jours avec le soleil.

Donc cette computation est empirique. C’est pourquoi, après une adroite pirouette, ce monsieur déclare : « Compte tenu de tout ceci, il est donc permis d’imaginer, au gré des reports et des moments réels des pleines lunes sur les mois flexibles (Equos et les embolismiques), trois longueurs possibles pour le quinquennat lunaire ou lustre gaulois, à plus ou moins 1 jour du temps moyen lunaire : 1830 LATes, 1831 LATes, 1832 LATes. »


D’autres se plaisent à dire, en parlant de la marge d’erreur de 1,5 jour/siècle qu’ : « on peut remarquer à l’observation du calendrier que le jour V de la deuxième partie du mois Anagan de la 5ème année est doublé. Ce qui permet de rattraper ce jour et demi, ce qui porte la différence par rapport au soleil à 0,5 jour par siècle. »

Certes. Mais voyons cela en calcul.

Sl = 371 x 29,530588 = 10955,84814
Sc= [(1831 x 6) – 30) + 1 = 10957
Ss= 365,242199 x 30 = 10957,260

En un siècle, soit 30 ans (371 lunaisons), l’écart entre le calendrier et la lune est de + 1,15186 jour, soit environ + 1,152 jour, et de – 0,266 avec le soleil.
Dans cet optique, pour pouvoir faire coïncider le comput avec le soleil, nous sommes donc inévitablement en avance sur la lune, et cet écart finira par atteindre une lunaison entière au bout de 27 siècles. Donc, dans ce cas, la limite des séries de siècles est de 26.

Cl = 10955,84814 x 26 = 284852,051
Cc= 10957 x 26 = 284882
Cs= 10957,266 x 26 = 284888,916

Soit un écart de 29,9484 jours par rapport à la lune, et de 6,916 jours par rapport au soleil. Pas la peine d’aller plus loin pour voir que ce système est empirique. Mais continuons tout de même nôtre investigation.

Afin de rattraper la marge d’erreur de près de 30 jours par rapport à la lune il faut ôter au 27ème siècle les deux mois embolismiques.

Cl = 10955,84814 x 27 = 295807,896
Cc= (10957 x 26) + [(1831 x 6) – 60] = 295808
Cs= 10957,266 x 27 = 295846,182

Soit un écart de 0,104 jour avec la lune, mais de 38,182 jours avec le soleil. Donc, comme nous venons de le voir ce système de comput ne convient pas du tout à un calendrier luni-solaire comme le nôtre.


Ceci dit, je ne démontrerai pas le comput plus qu’empirique de ceux qui s’obstinent à penser que le nombre de jours de la Table de Coligny n’est ni celui d’un nombre entier de lunaisons, ni celui d’un nombre entier de révolutions solaires, et dénombrent pas moins de 1838 jours en insistant sur le fait qu’il y a (selon eux) deux adjonctions importantes : « au cours de la deuxième année le mois edrini passe de 30 à 32 jours par insertion de deux jours dont la numérotation – X et X – suit le jour XIIII, juste avant XV et ATENOUX, et le jour V après ATENOUX du mois d’anagantio fait passer ce dernier de 29 à 30 jours durant la cinquième année. » (P. Verdier & J.-M. Le Contel)

J’ai beaucoup de mal à croire en ce système de comput qui est, à mon humble avis, basé sur des erreurs de gravures… Plusieurs petits détails m’y font penser. Le premier est que je ne pense pas que les druuides astronomes inventeurs de la Table de Coligny eussent eu la maladresse de doubler le jour X après le jour XIIII. Si ce mode de comput eu été en vigueur ils auraient, soit tout simplement triplé X juste avant XI, soit comme ils l’ont fait à plusieurs reprises prévenu de leur intention. Le deuxième est que la double numérotation X et X suivant le jour XIIII est, malgré l’acharnement de certains, belle et bien raturée et troisième petit détail la double numérotation ne comporte aucun orifice permettant la pose de la cheville. Seul le cinquième jour doublé du mois anagantio peut poser problème, car celui-ci contient devant le chiffre V le petit trou pour l’insertion de la cheville… Mais comme nous l’avons vu son utilisation n’est pas compatible avec le comput luni-solaire de notre calendrier, et donc me fait penser que lui aussi est dû à une erreur du ou des graveurs qui devaient être, à n’en pas douter, de jeunes apprentis non encore versés dans les sciences calendaires.

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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Jeu 5 Jan 2006 - 14:24

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NOTATIONS


Sur la Table de Coligny se trouvent un grand nombre de notations la plupart en abrégées. Les notations mensuelles, les notations quotidiennes de base, les notations quotidiennes autres, et ce que l’on nomme les mots rares ou uniques.

Les significations ne sont pas toutes entièrement connues ou portent à discussion. Même si par chance, c’est leur irrégularité offrant pluralité d’abréviations différentes pour un même mot qui en facilite la compréhension. Ici, dans le cas où il faut choisir entre différentes interprétations « soutenables » sur le plan linguistique, seul est retenue celle qui offre une cohérence avec le contexte d’un calendrier cultuel.

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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Jeu 5 Jan 2006 - 15:00

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Noms et identifications des mois :

Les noms des mois ordinaires sont cités sous deux formes : au nominatif en tête du mois, précédés du mot mid « mois », le plus souvent sous la forme abrégée m ; très fréquemment au génitif dans les notations quotidiennes d’un autre mois ou, parfois, du mois lui-même.
Voici, dans l’ordre où les mois sont gravés sur la Table, les formes complètes ou presque complètes de leurs noms, au nominatif et au génitif :

1. samon ................. samoni
2. dumann ............... dumani, dumanni
3. riuros ................... riuri
4. anagan ................ anagantio
5. ogron, ogronn ...... ogroni
6. cutios ................... cutio, qutio
7. giamon ................. giamoni
8. simiuis, semiu ....... simiuisonn, [ ]sonna, simiso, simis, semiuiso
9. equos ................... equi
10. elembiu ............... elembi
11. aedrini, edrini ...... aedrini, edrini
12. cantlos, gantlos ... cantli

Il est tentant, évidemment, d’uniformiser les désinences des mots en on-, comme on l’a fait souvent et de supposer *samonios, *ogronios, *giamonios, de restituer par faciliter *elembiuios, *dumannos ou *dumannios, *(a)edrinios, de calquer un *anagantios sur *cutios et le génitif *anagantio sur *cutio ou le génitif *cutios sur *anag(an)tios.

Il convient plutôt de ne plus citer les nominatifs des noms des mois ordinaires que de la façon suivante, en choisissant, dans les cas d’alternance de consonnes, la graphie la plus fréquente, la plus complète ou la plus ancienne.

Ce qui donne la liste suivante :

1. samon-
2. dumann-
3. riuros
4. anagantio-
5. ogronn-
6. cutios
7. giamoni
8. simiuisonna-
9. equos
10. elembiu-
11. edrini-
12. cantlos

SAMON- « Le génitif samoni ne permet pas de restituer avec certitude un nominatif *samonios puisque pour le nominatif nous avons seulement samon- : *samonos est tout aussi possible, ainsi que samoni- suivi de toute autre désinence… Il est plus prudent de retenir : samon- ; le génitif samoni peut être considéré comme une abréviation : samoni( ?). On met souvent le radical de ce nom en rapport, d’une part, avec les noms celtiques de l’ « été », d’autre part, avec celui de la fête irlandaise de samain. Quel que soit le sens précis de samon-, il est certain que, pour les auteurs du Calendrier, ce mot s’opposait à giamoni- comme l’été à l’hiver. » (R.I.G. Vol. III)

Ce mot est, à n’en pas douter, en rapport avec le nom de « l’été », cf. vIr. sam, vBr. ham « été ». Au sens large du terme, on peut interpréter samon- par « estival », quoique, plus précisément, il désigne le crépuscule de l’été, c’est-à-dire la fin du temps d’été, vIr. samfuin, « crépuscule de l’été », samsùain, « sommeil de l’été », ou sam-son, « sommeil de l’été ». Ce mot annonce donc que l’été tombe dans le sommeil, et que l’on entre dans la période sombre de l’année qui durera six mois.

DUMANN- « A partir du génitif duman(n)i, même incertitude pour le nominatif duman- *dumannios, *dumannos ou dumanni- suivi d’une autre désinence ? Nous retiendrons : dumann- ; le génitif peut être considéré aussi comme une abréviation : dumanni(?). »

L’hypothèse la moins périlleuse sur la signification de ce nom est de le rapprocher du vIn. dhûma « fumée », Gr. dumiama « parfum que l’on brûle », en se rappelant que Gr. duo à un sens sacrificiel bien attesté. « Cette racine *dhewH- est attestée, faiblement il est vrai, dans les langues celtiques, cf. Dumiatis, surnom du Mercure arverne (Holder 1.1367-1368). » Ce qui en fait le mois « des fumigations ».

RIUROS « riuros, génitif riuri. ». On explique ce mot par le vIr. réud « grand froid », Ga. rhew « gel », Br. riv « froid qu’on ressent », désignant alors le mois des « gelées blanches ».

ANAGANTIO- « Des deux exemples de nominatif abrégé, anagan et [a]nagtio, on peut, en s’appuyant sur la forme anagantio, déduire avec certitude le nominatif *anagantio. L’étymologie : an- privatif et une forme de participe se rattachant à v. Gall. agit « ils vont » : par extension, le mois « non itinérant » pour le mois « où l’on ne voyage pas », est séduisant. »

Il semble tout de même, d’après la forme, qu’on ait ici un dérivé de participe présent que l’on peut rapprocher du vIr. anag- « protéger ».

OGRONN- « Le nominatif ogronn- n’est pas douteux ; le génitif peut être considéré aussi comme une abréviation ; ogronni(?). Le radical désigne le « froid » (Gall. oer « froid »). »

Unanimement nous rapprochons le nom de ce mois du vIr. uar, Ga. oer « froid » de *ougro-. Dans le calendrier il s’agit, en quelque sorte, du mois de « frimaire ».

CUTIOS « Des nominatifs gutios et cut[ ], on déduit la forme *cutios. Le rapprochement depuis longtemps signalé avec le nom du mois Kootios du calendrier de Chaléion en Locride, ainsi que l’existence d’un nom propre peut-être celtique, Cutio, Cutus, en pays danubien. »

GIAMONI- « L’abréviation du nominatif [giam]oni ne laisse pas de doute sur la restitution *giamoni- mais le nom complet n’est pas forcément *giamonios : la désinence peut être tout autre. Nous retiendrons giamoni- ; le génitif giamoni-. Le radical désigne l’ « hiver » (v.Irl. gaem, Ga. gaeaf, Br. goanv). »

Ce nom a un rapport certain avec celui de « l’hiver », vIr. gemred, vBr. guioam. De façon très général, on traduit ce mot par « hivernal », ou comme pour son pendant à un semestre d’intervalle, il désigne « l’endormissement » de l’hiver et l’ouverture de la saison chaude et claire.

SIMIUISONNA- « C’est au génitif qu’on trouve les formes presque complètes, certainement abrégées, simiuisonn- et [simiui]sonna-. La désinence manque : as (atis) ou acos ? Nous retiendrons : simiuisonna-. Le nom du « soleil » paraît être contenu dans la deuxième partie de ce mot. »

Généralement nous décomposons ce mot en simiui - sonna en rapprochant le second terme du nom du « soleil » mGa. huan et en langues germaniques : sun, sonne. Le premier terme est quant à lui à rapprocher du La. semissus « demi-as », Ie. *sêmi- « moitié, semi ». Le sens est : le mois « au milieu de l’été ».

EQUOS « Aucune difficulté pour ce nominatif complet ni pour son génitif equi. S’agit-il d’une forme archaïque du nom gaulois du cheval, *epos à l’époque classique ? »

On peut reconnaître ici, bien que l’on ait une forme archaïque en kw, au lieu de p devenu normal en gaulois à l’époque du calendrier, le mot epo- « cheval », vIr. ech « cheval », Br. ebeul « poulain ». On peut ajouter l’existence d’un mois ippios « mois du cheval » à Rhégium en Calabre.
Néanmoins, si satisfaisante que soit cette hypothèse, il est possible d’en proposer une autre. Equos proviendrait (avec la chute du « p » caractéristique du celtique) du mot *pequos « bétail », Gdl. equs « bétail », Lat. pecus « bétail », Gll. *pecu- > ecu- > ecuos « bétail », et non d’epos « cheval ».
Ce mois peut donc aussi bien être le mois d’equos « du cheval » ou d’ecuos « du bétail ».

ELEMBIU- « La désinence nous manque pour le nominatif abrégé ( ?) elembiu- et encore plus pour le génitif elembi-. La restitution parfois proposée *elembiuios reste conjecturale. Nous retiendrons : elembiu-. »

Le mot contient de façon assez évidente le nom du cerf *elen-, Ga. elain, vIr. elit « chevreuil, biche », Gr. elaphos. Ce « mois du cerf » peut être comparé à des noms de mois grecs : éléen elaphios, attique elaphebolion mois où étaient célébrées les fêtes en l’honneur de la déesse chasseresse Artémis.

(A)EDRINI- « La graphie ae et e sont attestées au nominatif comme au génitif et nous avons une fin de nominatif en -s. Doit-on restituer *(a)edrinios, *(a)edrinis ou encore *(a)edrini-s- ? Nous retiendrons donc : edrini-. »

Même si « le rapport du radical aed- avec le nom du « feu », de l’ « ardeur », ne paraît plus aussi évident qu’il l’a été », nous proposons pour son interprétation « mois ardent » en le rapprochant du Lat. aedes, aestas, Gr. aido « brûler », vIr. aed « feu ».

CANTLOS « Aucune difficulté : cantlos, gén. cantli. Ce mot a été rapproché du Br. kentel, littéralement « chant », et v.Ir. cetal « chant ». »

On le rapproche du gaulois cantalon, vIr. cétal « chant », Br. kentel « leçon », texte naguère appris en chantant. C’est, en quelque sorte, le mois d’actions de grâce.

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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Jeu 5 Jan 2006 - 15:01

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Pour les mois intercalaires, l’en-tête comporte plusieurs lignes explicatives, mais pas de nom de mois proprement dit. En effet, dans les langues néo-celtiques, la désignation du mois est toujours précédée du substantif « mois », ce qui est aussi le cas pour tous les en-têtes du calendrier.

Le premier mois intercalaire du calendrier tel qu’il nous est parvenu porte un intitulé, certes très lacunaire, mais qui occupe pas moins de quatre lignes.

D[ ]
[ ]
MID X [ ]
MATV [ ]

Sur la première ligne de l’en-tête d’Int.1 nous pouvons y voir le début d’un mot commençant par « d ». Pour MM. Duval et Pinault ce mot « pourrait être l’initiale d’un mot apparenté au nom du « jour » diios et signifiant peut-être « calendrier » ». Je crois pour ma part que ce mot est DACAMU « ajustement », pour nous informer que ce mois est là pour réajuster les saisons. Il est plus que probable, après lecture d’Int.2, que cette ligne est été composée alors de DACAMONOS BUIS « période d’ajustement ».

Dans Int.2 cette deuxième ligne concerne la « marche du soleil » SONNOCINGOS.

MID « mois », suivi du chiffre X[ ], pour XIII comme dans Int.2 à la même ligne : l’intercalation porte à treize le nombre des mois de l’année qui la comporte. La traduction la plus sure de cette troisième ligne est « 13ème mois ».
Et non comme le pense M. Monard, en faisant disparaître les deux premières lignes de l’en-tête, un MIDX qui serait, selon lui, le nom d’Int.1 « MIDX ; Mens In DueiXtionu ’’mois en redoublement’’. Nom du mois embolismique d’automne », et qui, d’après son raisonnement, « consisterait au doublement anticipé du mois samon- tous les cinq ans en début de lustre quinquennal. Il se placerait alors entre cantlos et samon-, qui ainsi doublé allait se nommer cette fois-là MID SAMON-. »

Sur la quatrième ligne il y a la place pour CCCLXXXV lates comme dans Int.2 et il n’est pas impossible que la courbe fragmentaire après matu- appartienne au premier « C » du chiffre. Cette ligne peut donc être restituée MATUS CCCLXXXV LATES, c’est-à-dire « complet, 385 jours »

Nous pouvons, suite à cette analyse, restituer l’en-tête d’Int.1 comme suit :

DACAMONOS BUIS
SONNOCINGOS
MID XIII
MATUS CCCLXXXV LATES


[Première] période d'ajustement de la marche du soleil [par rajout d'un] treisième mois complet [portant] la durée [de l'année à] 385 jours


L’en-tête du second intercalaire comporte qu’en à elle cinq lignes au lieu de quatre.

CIALLOS B[ ]IS
SONNOCINGOS
AMMAN M M XIII
LAT CCCLXXXV
[ ]BANTARAN M


Nous pouvons sans trop nous tromper restituer CIALLOS BUIS, pour la première ligne d’Int.2. Le premier élément CIALLOS est composé du préfixe ci- particule démonstrative en *k et de allos « autre », ce qui lui donne le sens de « l’autre, le second ». BUIS quant à lui veut dire « période, moment ». Selon toute vraisemblance cette première ligne est là pour nous annoncer le « second moment [d’ajustement] ».

Le mot SONNOCINGOS, situé en deuxième ligne de l’en-tête, est l’interprétation littérale de « la marche du soleil », cingos « marche » et sonno- « soleil », c’est-à-dire « l’année solaire ».

AMMAN M M XIII amman est l’abréviation d’AMMANIA « temps », vIr. aimser, Ga. mBr. amser « temps » est, ici interprété par « durée ». m m XIII correspond à MID MATUS XIII autrement dit « mois complet 13 ».

LAT CCCLXXXV lat. est l’abréviation du mot LATIS « jour », vIr. laithe. Dans le calendrier il signifie manifestement « jour astronomique de 24 h » soit un « nycthémère ». Quant à la série de lettre, CCCLXXXV, il est facile de reconnaître le chiffre 385.

Le sens de cette phrase, étalée sur trois lignes, est : « la durée de la marche du soleil est [par rajout d’un] treizième mois complet, de 385 jours ».

La cinquième et dernière ligne de l’en-tête d’Int.2 porte la mention ]BANTARAN M. Devant ce groupe graphique il y a la place pour deux ou trois lettres avant le « b ». C’est pourquoi la transcription la plus logique, vu la place du mois ou se trouve cette inscription est AMBANTARANOS composé du préfixe amb(u)- « les deux » et antar à rapprocher du vIr. eter, mBr. entre « entre », avec un dérivé adjectival en ano-. Le « m » est, bien entendu, l’abréviation de MID « mois ». Ce qui nous donne la traduction suivante « mois entre les deux [semestres] » où, en clair « mois intercalé ».

Nous pouvons retranscrire l’en-tête d’Int.2 de la façon suivante :

CIALLOS BUIS
SONNOCINGOS
AMMANIA MATUS MID XIII
LATES CCCLXXXV
AMBANTARANOS MID


Seconde période [d'ajustement]. La durée de l'année solaire [par rajout d'un] treizième mois complet est de 385 jours. Mois intercalé entre les deux [semestres]

J’ouvre ici une petite parenthèse pour y introduire les différentes interprétations de l’en-tête d’Int.2, qui vont de la moins farfelue à la plus extravagante, afin que chacun puisse se faire sa propre idée critique.

* M. J. Monard « Histoire du calendrier gaulois », Burillier *

« CIALLOSBVIS SONNOCINGOS = c’est le mois intercalaire à mi-longueur du lustre. Ce nom a été traduit soit comme ’’récapitulation de la Marche du Soleil’’, soit comme ’’période de pointage de la Marche du Soleil’’, selon qu’on perçoit ciallos comme une notion de ’’totalisation’’ soit comme celle d’index pointé, donc de pointage. Ce qui somme toute revient au même, puisqu’au cours de ce mois sont imputés les rattrapages des décalages luni-solaires observés antérieurement. Sonnocingos apparaît ainsi comme le génitif singulier de Sonnocinxs = marche du Soleil, c’est-à-dire tropique. »

« AMMAN MM XIII LAT CCCLXXXV = Ammania Minses XIII Lates CCCLXXXV = durée; mois = 13; 385 jours = 385. Ammania est à l’évidence une forme évoluée de Admania = consistance, persistance, durée. Ceci indique que cette année a une durée de 13 mois soit 385 nycthémères – nuitées plus journées. »

« SANTARAN M = abréviation de Santaranos Mins = mois spécial. »


* MM. J.-M. Le Contel et P. Verdier « Un calendrier celtique », Errance *

« CIALLOS D IS » = Pour ces messieurs, ceci est le non du mois. Mais ils ne donnent aucune interprétation.

« SONNOCINGOS = marche du soleil ». De là ils envisagent « que si, jusqu’alors, seule comptait dans le calendrier la marche de la lune, on fixe ainsi une borne à partir de laquelle comptera aussi la marche du soleil. Et ce fait pourrait porter le nom AMMAN MMXIII »

« AMMAN MMXIII = l’expression est composées de deux parties, dont la dernière, MM XIII, peut représenter un nombre en chiffres latins ; dans ce cas, le sens serait 2013. Pour ce qui est du premier élément, on pourrait y voir un nom pourvu de l’article défini An- ; le sens général pourrait alors être, le ?, 2013. Nous proposons que ces 2013 sont des cycles. Man serait alors à trouver à 2013 cycles d’une date […] En schématisant, il faudrait donc dire : 2013 cycles avant l’introduction du système définitif, on a un point temporel appelé ’’Man’’ qui représente une unité fondamentale, introduction de la marche du soleil dans le comptage du temps. »

« LAT CCCLXXXV = rien n’interdit de voir dans la mention la même indication que précédemment : 385 cycles avant la réforme, il s’est produit un événement appelé Lat-. »

« ANTARAN M = Cette quatrième ligne indiquerait alors la date d’un troisième événement, astronomiquement et religieusement important […] L’expression serait composée de deux entités nominales : l’une est un nom et son article défini An- ; selon toute vraisemblance, le nom ’’taran’’ signifierait tonnerre et serait de la même famille qua Taranis. Quand à M, ce serait le nombre latin 1000 indiquant le nombre de cycles à remonter pour trouver un événement qui pourrait bien être l’apparition, ’’la naissance’’, de Taranis. »


* M. A. Savignac « Visage du Druidisme », Dervy-livres *

« CIALLOS = L’autre ; terme déjà expliqué par Joseph Loth. »

« SONNOCINGOS = Ce dernier mois porte en tête une courte inscription relative à la marche du soleil (Sonno Cingos). »

« AMMAN MMXIII LAT CCCLXXXV = une datation digne d’intérêt dont je crois avoir donné la clé voici bien longtemps, lors de mes premiers essais un peu anarchiques, que complète et rectifie celui-ci : Amman 2013 – Lat 385. Soit : ère gauloise ou celtique : 2013 ; ère latine : 385 […] Comme toute vérité trop simple, cette datation n’a guère inspiré les spécialistes, abusés peut-être par l’irlandais laithe ’’jour’’. On pourrait dater la rédaction de ce calendrier au III° siècle de notre ère, quelques lustres après la révolte des Bagaudes, en prenant pour point de départ de Lat. la conquête définitive de la Gaule et le début de sa romanisation, soit quelque 50 av. J.-C.. »

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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Jeu 5 Jan 2006 - 15:04

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Notations mensuelles :

Trois lignes du calendrier sont toujours inscrites en capitales plus grandes que celles des notations quotidiennes : l’en-tête comprenant le mot mid, abrégé le plus souvent en m, le nom du mois et les mots mat et anm, le mot atenoux au milieu du mois et le mot diuertomu à la fin des mois de 29 jours.

M pour MID considéré comme signifiant « mois », par comparaison avec d’autres langues celtiques, vIr. misa, Ga. mis, Br. miz. Le rapprochement est facilité si l’on tient compte du fait que « d » peut, dans une inscription gauloise, surtout d’époque romaine, représenter le son gaulois, pour lequel on trouve utilisé les signes suivants : D, D, DS, SD, TS, ST, S, parfois avec redoublement : DD, DD, SS.

MAT pour MATUS dont le sens fondamental est « bon ». Néanmoins, dans le calendrier ce mot ne s’appliquant qu’aux mois de 30 jours, signifie plutôt « complet, intègre ».

ANM pour ANMATUS rapproché du mGa. anfad « infortuné, sinistre, peu propice », ce mot peut avoir cette connotation religieuse défavorable, mais aussi, plus prosaïquement, indiquer le caractère « incomplet » du mois.

ATENOUX ce mot qui sépare des deux quinzaines du mois est compris comme l’abréviation du mot « renouvellement », ATENOUXTION. Il marque ainsi le recommencement du comptage.

DIUERTOMU ce mot qui occupe, à la fin des mois de 29 jours, la place restée vacante par l’inexistence du trentième jour est composé du préfixe privatif di-, de uert- « valeur » à rapprocher du Ga. gwerth, Br. gwerzh « valeur », et d’une forme de substantif verbal omu. Un composé breton diwerzh « sans valeur » est parfaitement attesté. On interprète ainsi ce mot pour indiquer que, dans un tel mois, le jour 15a est « sans valeur », « n’existe pas ».

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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Jeu 5 Jan 2006 - 15:06

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Notations quotidiennes de base :

Les jours ne portent pas de nom, mais sont dotés de notations comme : m d, d et d amb. Au départ la répartition de ces notations est très simple. Dans l’état primitif du calendrier les mois de 30 jours, matus, comptaient seulement des jours marqués m d, et des jours marqués d amb, sans aucun jour marqué d ; les mois de 29 jours, anmatus, seulement des jours marqués, les uns, d, les autres d amb.
Dés ce premier état du calendrier, les échanges entre mois de nature différente introduisent m d dans des mois anmatus et d dans des mois matus.
Dans le second état, les rétrogradations dues à l’intercalation accentuent le panachage des trois notations dans les 11 mois qui suivent un mois intercalaire et dans ce mois supplémentaire lui-même.

D on le considère traditionnellement comme la première lettre du mot DIIES désignant le « jour [ordinaire] », vIr. die, Ga. dydd, Br. deiz.

M D abréviation de MATUS DIIES « jour bon ».

D AMB est l’abréviation de DIIES AMBISTABIOS « jour incertains », ni tout à fait bon, ni tout à fait mauvais, ni, non plus tout à fait ordinaire. Un jour laissé, en quelque sorte, à l’appréciation des dieux. Dans les deux sortes de mois, d amb désigne toujours les jours 5, 11, 3a, 5a, 7a, 9a, 11a, 13a et 15a, soit exclusivement les jours impairs dans la quinzaine. « Amb qualifie tous les jours impairs de la seconde partie du mois, sauf le premier jour, et seulement les cinquième et onzième jours de la première. L’explication de ce fait reste à trouver : amb serait-il lié à la quinzaine « obscure » ? »

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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Jeu 5 Jan 2006 - 15:09

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Notations quotidiennes autres :

IUOS « Ce mot, indépendant de la notation qu’il accompagne échappe, avec les jours 7, 8, 9, 7a, 8a, 9a, au retard dû à l’intercalation, par le phénomène de la rétrogradation d’un mois, pendant l’année qui suit un mois intercalaire : il y a tout lieu de penser que les jours à iuos et les jours situés au milieu de chaque quinzaine du mois sont importants par rapports aux phases de la lune, et de conclure que iuos à un sens relatif au cours de la lune. »

Cette notation du premier état du calendrier, dont le sens est « bon, propice, valable, fort » se présente le plus souvent en série de 5 à 9 jours, couvrant l’importante période qu’est, dans un calendrier lunaire, le passage d’un mois à l’autre, est là pour nous informer sur la durée d’influence magique du premier quartier de lune.

PRINNI ce mot, toujours accompagné soit de loudin soit de laget est un génitif dont le nominatif est PRINNIOS et dont le sens est « bois », vIr. crann « arbre », mGa. et Br. prenn « arbre » et « bois d’œuvre », Gr. prinos « chêne vert ». Dans LOUDIN on y a vu un mot de la famille de Br. luzian « emmêler » et on l’a rapproché de l’expression bretonne teurel prenn « tirer au sort », littéralement « jeter les bois ». Par opposition, LAGET indique des bois qui « gisent », immobiles.
Ces deux notations sont réservées à la première quinzaine et, dans le premier état du calendrier, prinni loudin se trouve seulement dans les mois matus et prinni laget dans les mois anmatus. La répartition est une progression d’un jour à l’autre dans les limites des jours 1 à 9, c’est-à-dire entre le premier quartier et la pleine lune.
« Ces deux notations du premier état, constantes dans les cinq années, sujettes à l’échange et à la rétrogradation, se suffisent à elles-mêmes en remplaçant la notation fondamentale md (pr. loud.), d ou d amb (pr. lag.) du jour qui les comporte. Elles ont une répartition particulière et régulière… Il est remarquable que la série des prinni loudin commence au début de Samon-, et celle des prinni laget au début de Giamoni-. »

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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Jeu 5 Jan 2006 - 15:19

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Mots rares ou uniques :

Les mots « rares » sont les notations qui apparaissent en plusieurs jours du calendrier, compte non tenu de leur répétition en ce même jour dans des années différentes.
Les mots « uniques » sont les notations qui figurent en un seul jour du calendrier et sont répétés en ce même jour chaque année, ou gravées une seule et unique fois dans toute l’inscription.


Mots rares :

TIOCOBREXTIO est généralement segmenté en tio - co - brextio. Le premier élément est un démonstratif proche du vIr. tyà « ce ». Le second est très proche du La. cum, Gr. sun « avec ». La finale brextio se compose de la racine *bhregh, vIr. bricht « formule magique, incantation, sort », mGa. lledfrith « charme magique ». La traduction de ce mot est donc « [jour] avec incantation magique »

EXO adverbe ou préposition tiré de ex- et dont le sens est « excepté ». Cette notation, en précédent iuos, indique que ce mot, contrairement au jour, est excepté, hors de l’échange.

DIB compte tenu de sa place en Ca. I. 14a et en Cu. IV. 15a, ce mot est considéré comme l’abrégé de DIBATUS qui signifie « fin », comparable au vIr. dibath, dibad « destruction, extinction », composé ancien fondé sur bath « mort » avec dî- intensif. Ce mot indique donc qu’en ces jours-là « s’éteint » le système des rétrogradations


Mots uniques :

1) répétés chaque année au même jour :

TRINOX SAMONI SINDIU il n’y a aucune difficulté à restituer un TRINOXTION équivalent La. trinoctiom « trois nuits ». SAMONI provenant de samut « rendez-vous, réunion, assemblée » est le strict équivalent du vIr. samain « rencontre », vIn. sâmanam « assemblée, réunion, fête ». SINDIU, quant à lui se rapproche du vIr. indiu « aujourd’hui ». Cette phrase, mis en rapport avec le vIn. pitribhih sam-vid « retrouvailles avec les Pères » se traduit donc par « les trois nuits de retrouvailles [avec les Pères commencent] aujourd’hui ».

DEUOR IUG le premier mot retranscrit DEUORTOMOS, peut se segmenter, selon moi, mais sans grande conviction, en deu - ort - omos. Le premier élément DEUos signifierait « dieu ». Le second correspondrait au verbe ORTo « marteler, heurter » auquel se rattacherait la forme adlatif OMOS. Le deuxième mot serait l’abréviation de IUGo « unir, réunir ». Cette locution rappellerait, donc, qu’en ce jour les prêtres doivent « s’unir [par leurs incantations et sacrifices avec] le dieu-qui-martèle ».

OCIOMU de par sa place dans le calendrier, mid anagantio 4 (janvier – février), nous pouvons rapprocher ce terme, dérivé d’OGIA > OCIA signifiant « pureté, fraîcheur, virginité » sous entendu « lustration », de la Imbolc irlandaise, mot qui signifie « autour du lavage », « lustration », et qui avait lieu en ces temps.

BRIGIOMU nous pouvons voir en cette notation, là aussi par la place qu’elle occupe dans le calendrier, mid riuros 4 (décembre – janvier), le verbe déponent BRIGIAMI « céder, rompre, casser », sous forme de substantif verbal, qui serait en accord avec la cueillette du gui qui, d’après les indications de Pline l’Ancien, avait lieu en cette période.

PETI UX « si cette graphie ne note pas les géminées, on rapprocherait de Ga. peth, Br. pezh « chose, morceau» ; ux- pourrait être un adverbe signifiant « au-dessus », mGa. uch, Br. uc’h. Cette expression exceptionnelle « Morceau provenant du dessus », doit être mis en rapport avec le décalage des éléments de l’échange avec le mois suivant. ».

Bien que l’hypothèse avancée par MM. Duval et Pinault soit plus qu’acceptable, je ne pense pas que cette notation soit là pour nous informer sur le décalage d’échange entre m. riuros et m. anagantio d’une part, et m. riuros > m. riuros d’autre part. Et cela pour deux raisons. La première est que nous avons déjà en Sa. 3 le mot exingi pour nous signaler ce genre d’échange décalé, et la seconde est de savoir pourquoi Riuros décalerait un de ses propres jours du 13 au 10a ? D’autant plus que si deuor iug est comme trinox samoni et brigiomu une fête inamovible, donc très importante, il serait de mauvais alois de lui retirer la notation md qui sied à un tel jour. Voilà pourquoi je crois que le premier mot peti-, est l’abréviation de PETIMA « prière » à rapprocher du La. petitio « prière, requête, demande », Br. pedenn « prière ». Quant au second mot, ux-, il est l’abréviation du mot UXA « haute, vers le haut », Br. uhel « haute ». Cette expression veut donc dire « haute prière » ou « prière [adressée] vers le haut ».


2) figurant une seule fois :

LUGO il faut voir ici le génitif singulier LUGOUOS du nom divin Lugus, et signifie donc qu’au jour du An. V.2. à lieu « celui de Lugus ».

EXINGI ce mot est composé de la particule ablative et privative ex- qui entre souvent en premier terme de la composition des mots gaulois. Le sens ablatif, plus exactement élatif est « hors de ». Par sa place, ce mot signale le caractère exceptionnel de l’échange avec Du. I. 2a. Il indique qu’il y a échange mais « hors du jour », « décalé », parce que la notation importante de Sa. I. 2a MD TRINO SAM SINDIU ne peut être transféré au mois suivant, comme l’indique SINDIU qui signifie « aujourd’hui ».


3) se trouvant exclusivement dans les mois intercalaires :

Le 7ème jour d’Int.1 comprend quatre lignes, malheureusement fort endommagées

° VII N [ ]
TINADI[ ]
NE[ ]
VI[ ]

Le 9ème jour comporte lui aussi une inscription gravée sur trois lignes

° VIIII [ ]
EDVTI[ ]
MV[ ]

Le 9ème jour de la seconde quinzaine du même mois se trouve un texte étalé sur trois lignes

° VIIII [
ED[ ]
SV[ ]

Dans l’état actuel de mes connaissances je ne peux donner une quelconque interprétation. Je peux tout au plus dire que ces textes se rapportent aux phases majeures de la lune, à savoir la pleine et la nouvelle lune.
Dans cette optique, nous pourrions voir dans la troisième ligne du septième jour le mot NEINON « zénith » qui nous informerait, en cette nuit, sur la position de la lune. Mais cela n’est qu’hypothèse car NE[ ] peut aussi vouloir dire NEMASIA « éclatante », ou bien NEANELLA « céleste », etc. De même dans la ligne suivante avec UI[ ] nous pourrions y voir le début du mot UINDALUGRA « blanche lune », Br. loargann, kann-loar « pleine lune », littéralement « blanche lune ».

Le dernier jour de ce mois comporte un texte de six lignes

° XV [ ]
[ ]MB RIX TIO
COB[ ]R[ ] GARIeDIT
OX[ ]ANTIA
POGDEDORTONIN
QVIMON


La première ligne est lacunaire mais, avec la seconde, et selon toute vraisemblance, elle est occupée par la notation du mois prêteur :

° XV DIIES CANTLI IUOS
AMBISTABIOS RIX. TIOCOBREXTIO



Les quatre lignes qui suivent peuvent contenir un texte explicatif de la même manière que les quatre lignes de 7, les trois de 9 et les trois de 9a. Il est remarquable que ces lignes soient à peu près centrées par rapport aux autres, dans un souci d’esthétique, unique dans le calendrier. Peut-être faut-il voir dans GARIEDIT OX[ ]ANTIA POGDEDORTONIN QUIMON un texte explicatif indépendant du jour.


M. A. Savignac, en reconstituant et segmentant l’inscription comme suit : AMB RIXTIO tioCOBrextIO CARrIEDIT OuXANTIA POGe DEDOR TONI IN QUIMON, en interprétant RIXTIO > Rextu- « droit, régulier », OUXTANTO- « extrême, final », POGE « pour que », DEDOR « a été placé, posé », TONI > Ten/Ton- « étendre », « allonger », appliqué ici au temps, traduit : « En vue de régularisation, la cérémonie solennelle fixe a été transférée de la fin du mois de Cantlos du demi lustre précédent pour qu’elle soit placée dans Quimon, en temps (au moment voulu) ».
De fait, pour lui : « la fête rituelle (tiocobrextio), décalée après deux ans et demi d’un comput (assez distinct de celui qu’admet le calendrier de Coligny qui le réforme probablement pour qu’on ait pris soin de graver ce dernier sur une lame de bronze) a été, pour régularisation d’époque, reportée, à titre exceptionnel, dans le mois complémentaire de Quimon par lequel débute notre texte. »


Tandis que M. J. Monard y a vue, en rectifiant GARIEDIT par CARIEDIT « a fait défaut », en restituant un « t » au mot OX[ ]ANTIA qui, dans ce contexte, paraît vraisemblable et signifierait « huitaine », en corrigeant le « g » de POGDEDORTONIN en « s » donnant un POSDEDORTONIN « après comptage » et en traduisant QUIMON par « quinquennat », la phrase suivante : « une huitaine a défaussé le quinquennat après décompte ».
Cette suggestion a l’air plus sérieuse et est fort tentante, mais pouvons-nous faire confiance à cette interprétation ? Sachant que le dépositaire de cette traduction n’a pas hésité, pour conforter ses restitutions, à « corriger », comme présentement, ou à effacer des segments de texte, comme par exemple les deux premières lignes d’Int.1 pour nous donner, en se basant uniquement sur la troisième ligne de l’en-tête, son fameux MIDX abréviation, selon lui, d’un Mens In DueiXtionu « mois en redoublement ».

Pour le moment donc, évitons toutes interprétations hasardeuses et contentons-nous de restituer ce texte comme suit :

° XV DIIES CANTLI IUOS AMBISTABIOS RIX.
TIOCOBREXTIO GARIEDIT
OXTANTIA
POGDEDORTONIN
QUIMON


Le second intercalaire lui, ne présente les jours 7, 8, 9 et 7a, 8a, 9a et 15a aucune notation particulière autre que celle des prêts et des rétrogradations.

...


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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Jeu 5 Jan 2006 - 15:23

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Les signes triples :

Certains jours du calendrier comportent un signe formé de trois hastes à empattements terminaux, dont une nettement plus longue et barré d’un court trait transversal vers le tiers de sa hauteur. La grande haste peut occuper l’une des trois positions ; parfois, il y a deux hastes barrées. Ce signe triple affecte parfois successivement deux, trois et même quatre jours, avec le plus souvent, changement de place de la grande haste.
Le sens de ces signes triples, qui ne figurent, sous cette forme ou sous une autre, dans aucun des calendriers épigraphiques, est bien symbolique, c’est-à-dire des signes choisis conventionnellement pour désigner trois éléments, dont un ou deux sont plus importants. La répartition très irrégulière de ces signes interdit d’y voir des références aux phases de la lune, comme à certaines parties du mois ou même de l’année.
Le contexte immédiat, quotidien, des signes triples est constant : le signes vient aussitôt après le chiffre désignant le jour, et aussitôt avant les notations d, m d ou d amb. Les signes occupent donc une place de choix dans les notations quotidiennes : ils interviennent aussitôt le jour désigner et avant même sa qualification quotidienne qui le distingue. Il est, à n’en pas douter, en relation avec le temps d’activité journalière, sans rapport avec les caractères généraux du mois. Les signes, en effet, se trouvent indifféremment avec m d, d amb ou d seul. Ils sont insensibles au caractère favorable, incertain ou neutre de la journée ; plus exactement ils ne sont pas liés à l’un de ces caractères plus qu’à un autre.

Puisqu’il s’agit, dans ce calendrier, de division de temps, les trois éléments désignés par les hastes affectées à un jour donné indiquent, selon moi, les trois moments fondamentaux et successifs de la journée : le matin, le midi et ses entours, et l’après-midi, semblables aux « dies intercisi » romain, anciennement « endotercisi », d’où leur sigle EN ou E, fastes seulement dans le milieu du jour. Il faut aussi faire appel aux jours « fasti principio » FP, fastes seulement le matin, aux jours « quandoc rex comitiauit fas » QRCF et « quandoc stercus delatum fas » QSDF, fastes seulement l’après-midi.

Ces signes, couplés avec la notation quotidienne de base m d, d amb ou d, me font penser qu’ils ont, peut-être, une intention augurale ou magique comme semble le montrer ce passage de La Razzia des vaches de Cooley :
« Cathbad le druide était en train de dispenser l’enseignement à ses élèves […] L’un d’eux demanda à son tuteur quels étaient le signe et le présage du jour où ils étaient, s’ils étaient bons ou s’ils étaient mauvais. » (Tâin Bô Cûalnge)

...


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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Jeu 5 Jan 2006 - 15:24

...

DEPLACEMENT DE NOTATIONS


Le calendrier comporte une disposition unique, qui n’est connue dans aucun autre et présente un développement considérable : le déplacement, à certains jours, des notations quotidiennes des jours correspondants d’un autre mois, dont le nom, mis le plus souvent au génitif, ajouté à la notation transféré pour indiquer son origine.

Ce phénomène de transfert se présente de trois façon différentes : l’échange, la rétrogradation et le prêt aux intercalaires.


Les échanges :

Le système le plus général, qui porte sur tous les mois ordinaires du calendrier et se répète identiquement d’une année à l’autre est fait d’emprunts réciproques, d’échanges entre les mêmes jours de deux mois voisins. Ce système de couplage a été choisis pour d’éviter qu’il y ait des mois dans l’année qui ne contiennent aucun jour matus.
Les mois subissent deux par deux ces échanges. Mais les paires de mois affectés ne se succèdent pas régulièrement, à raison de six dans l’année. Ces échanges sont disposées différemment dans les deux moitiés de l’année : par trois paires successives de mois dans le premier semestre, par deux triades successives dans le second. Cette différence de groupement dans les deux séries de six mois contribue, d’une part, à distinguer les deux semestres qui sont la survivance de la plus ancienne année druidique et, d’autre part, sont le reflet des cinq saisons du climat tempéré européen, c’est-à-dire : l’hiver, le frimas, le printemps, l’été et l’automne.
L’effet des échanges est donc d’introduire des jours matus dans les mois anmatus, qui n’en avaient pas originellement, et des jours anmatus dans les mois matus, qui n’en comptaient pas à l’origine. Mais ceci n’est pas la raison essentielle du panachage. Le système des échanges fut adopté pour lier entre eux des mois qui sont le plus souvent de nature différente, l’un matus, l’autre anmatus (dans un seul cas il s’agit de deux mois matus, ogronn- et cutios, et l’exception ne se répète pas pour deux mois anmatus), comme il existe encore dans les calendriers primitifs et dont on trouve des traces chez les peuples de langues indo-européennes, Indiens, Grecs, Celtes insulaires : le système des échanges tel qu’il nous est parvenu en est une survivance profondément transformée.
Les jours qui fournissent aux échanges sont caractéristiques : il n’y a pas de mois qui n’ait d’échange soit au jour 1 de la première ou de la seconde quinzaine. En revanche, le début et le milieu du mois sont nettement marqués par les échanges. Ce sont donc les jours lunaires du mois qui l’emportent. Cette répartition des jours d’échanges, principalement d’après les phases de la lune, n’est pas un hasard puisque les échanges appartiennent bien au premier état du calendrier, strictement lunaire, antérieur à l’intercalation qui représente l’effort de mettre l’année lunaire en accord avec la course annuelle du soleil.


Les rétrogradations :

Un autre système de transfert, qui ne porte plus sur toutes les années et ne comporte que des emprunts, unilatéraux a été baptisé rétrogradation. Il existe seulement dans Int.1 et douze mois de la première année qui suivent ce mois et dans Int.2 et les douze mois, six de l’année III et six de l’année IV, qui le suivent : soit dans deux séries de treize mois consécutifs, inaugurées chacune par un mois intercalaire.
La rétrogradation de la notation complète du même jour du mois suivant, suivie du nom de ce mois, et ne portant que sur les jours 7, 8, 9 de chaque quinzaine, soit sur six jours par mois sont des transferts unilatéraux. Un mois reçoit toujours les notations du mois suivant, et chaque notation rétrogradée au mois précédent étant, par conséquent, remplacée par celle qui provient du mois suivant. Seul le treizième mois ne reçoit rien du mois suivant, mais il participe au système par le transfert qu’il fait au mois précédent. Chacun de ces jours reçoit du même jour du mois suivant la notation primitive, celle que ce dernier possédait avant de recevoir lui-même la notation du même jour du mois suivant : ainsi dumann- reçoit de riuros, non pas le d qui lui viendra d’anagantio-, mais le md que ce mois matus comportait normalement avant tout transfert.
Ces rétrogradations au nombre de six par mois, occupant par groupe de trois le milieu de chaque quinzaine, correspondant aux périodes de pleine et nouvelle lune, annulent pendant un an l’effet retardateur de l’intercalation sur certaines notations en avançant celles-ci d’un mois dans l’état intercalaire du calendrier, donc en les laissant à leur place primitive dans le temps réel. En effet, la fonction des intercalaires étant d’assurer l’accord avec la marche du soleil, donc des saisons, les rétrogradations ont elles pour objet de continuer à respecter l’état de la lune aux jours de l’ancien cycle strictement lunaire.
A la fin de la première série de treize mois présentant ces rétrogradations, il est spécifié avec insistance que la série s’arrête avec cantlos : en ce mois en effet, aux six jours en question, le propre nom du mois est inscrit, au génitif, cantli, au lieu de samoni qu’on aurait si la série des transferts continuait. Le treizième mois de la série ne fait ainsi que fournir une notation au douzième mois sans rien recevoir lui-même du mois suivant.

La deuxième espèce de rétrogradation porte sur le mot iuos. C’est une notation primitive, constante dans les cinq années et liée à la lune, puisqu’elle est sujette aux rétrogradations selon le même mécanisme que les jours 7, 8, 9 et 7a, 8a, 9a, à la différence que les transferts portent seulement sur la notation iuos, que le nom du mois fournisseur n’est pas transféré pour indiquer l’origine de l’emprunt et que la notation rétrogradée n’est pas remplacée.


Les prêts aux intercalaires :

Un troisième système de transfert, unilatéral affecte les soixante-deux mois du lustre inscrit sur la Table, à raison de trente jours par mois intercalaire, et d’un jour par mois ordinaire. Chaque jour intercalaire, en effet, reçoit la notation du jour correspondant d’un mois ordinaire précédent, dans l’ordre régulier des mois. Ou plutôt, cette notation est répétée, accompagnée du nom du mois d’origine, au jour correspondant du mois intercalaire. Il ne s’agit donc pas d’un véritable transfert, d’emprunt ou même de prêt : en effet, le « prêteur » conserve son bien et le bénéficiaire ne restitue pas ce qu’il reçoit, sinon indirectement en commémorant ce « prêt » une ou deux fois. En réalité, c’est comme le double de sa propre notation qu’un jour de chacun des trente mois en question délègue pour être répété au jour correspondant d’un mois intercalaire. On a ainsi deux séries de trente « prêts », l’une commençant avec giamoni- III.1 et se terminant avec cantlos V.15a, l’autre enchaînant sur samon- I.1 et finissant avec cutios III.15a.
La raison d’être de tels prêts est évidemment de donner un contenu aux jours intercalaires qui sont des jours « blancs » par définition et de faire du mois intercalaire une sorte de récapitulation des trente mois précédents, deux fois douze et une fois six, soit deux ans et demi, représentés chacun par un jour. Les notations différent, d’ailleurs, dans les deux mois, puisque les jours prêteurs ne sont pas les mêmes pour les jours intercalaires.

...


Dernière édition par Auetos le Mer 20 Déc 2006 - 19:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Jeu 5 Jan 2006 - 15:30

...

CARACTERE DU CALENDRIER


Ce calendrier luni-solaire gaulois en usage chez les Ambiarri est à caractère strictement cultuel. N’en déplaise à ceux qui affirment que la Table de bronze de Coligny est ni plus ni moins qu’un vulgaire almanach destiné à nous informer sur la clarté du ciel. J’ai, pour ma part, franchement beaucoup de mal à le croire, car j’imagine très mal un collège de druuides gravant, jour après jour, pendant cinq ans, une plaque de bronze pour nous informer sur l’état du ciel. D’ailleurs les arguments en faveur du calendrier religieux rituel, « ecclésiastique » ne manque pas.

Le premier est que les découvertes des nombreux fragments de bronze s’avérant être des calendriers ont été faites sur des sites qui ont livré des vestiges religieux (la statue de Mercure-Lugus à Coligny et le sanctuaire de Villards d’Héria) : ce milieu, cette ambiance ne correspondent qu’à un calendrier rituel.

Le second, et pas le moindre, est que seule l’autorité politico-religieuse des druuides avait la responsabilité de la tenue à jour du calendrier, puisque les observations astrales et toutes les connaissances scientifiques étaient leur monopole.

Le seul argument défavorable à cette interprétation est, selon certains chercheurs, « l’absence » de fêtes dûment attestés. Mais cela ne suffit pas à nous détourner de l’hypothèse religieuse, car les noms « modernes » des fêtes celtiques, étant calquées sur l’interprétation irlandaise, nous ignorons si les Celtes continentaux les nommaient pareillement.

Nous pouvons, à juste titre, en douter.

Après une attentive lecture de la Table de Coligny, j’ai pu constater que douze notations revenaient chaque année au même jour. Pouvant pour certaines d’entre elles, à cause du rajout du mois embolismique, varier d’un mois à l’autre.

J’y vois, pour ma part, les noms et l’emplacement des anciennes fêtes traditionnelles.


Ces inscriptions sont :

Premier semestre

Sa. 2a TRINOXTION SAMONI SINDIU (D.Q.)
Ri. 4 BRIGIOMU (P.Q.)
Ri. 13 DEUORTOMOS IUGO (D.Q.)
Ri. 8a II, III, V rétro. en Du. 8a I, IV PETIMA UXA I (N.L.)
Ri. 10a PETIMA UXA II (N.L.)
An. 4 OCIOMU (P.Q.)

Second semestre

Si. 7 II, III, V rétro. en Gi. 7 I, IV TIOCOBREXTIO (P.L.)
Si. 9 II, III, V rétro. en Gi. 9 I, IV SINDIU (P.L.)
Ed. 7 II, III, V rétro. en El. 7 I, IV TIOCOBREXTIO (P.L.)
Ed. 8 II, III, V rétro. en El. 8 I, IV TIOCOBREXTIO (P.L.)
Ed. 10a II, III, V rétro. en El. 10a I, IV SINDIU (N.L.)
Ca. 15 TIOCOBREXTIO (D.Q.)

De même une treizième inscription LUGOUOS apparaît, elle, tous les cinq ans le deuxième jour du mid anagantio.


Suite à cette lecture nous pouvons établir :

- Que conformément à la tradition le premier semestre est orienté autour de la phase sombre de la lune alors que le second est centré sur la phase claire.

- Que les fêtes majeures, Tiocobrextio, se trouvent exclusivement dans le second semestre et sont célébrées aux pleines lunes, comme nous le signale Strabon : « Certains auteurs affirment que […] les Celtibères et leurs voisins du nord offrent des sacrifices à leurs dieux, à la pleine lune, devant les portes de leurs bourgades, se livrant alors avec toute leur maisonnée à des pannychies agrémentées de danses. »

- Que les fêtes traditionnelles ou oinaci sont fixées d’après les périodes de disparition et réapparition de la lune associant la notion de fécondité-prospérité à la renaissance de la lune. « Ceci est aussi important que significatif car une création qui commence avec la lune continuera à croître avec la lune » (G. Dumézil)

- Que se sont bien les quatre phases lunaires qui ont déterminé cette conception cyclique retranscrit sur la Table de Coligny. « Les divinités et personnages mythiques ou légendaires des quatre fêtes nous invitent à examiner cette hypothèse. Rappelons qu’à Samain, l’être mythique est le Pùca « petit sac », « fantôme », « spectre » et Pùca an duib ré « lutin de l’obscurité, esprit follet ou farfadet ». Cette nuance de la personnalité de cet être surnaturel n’est certainement pas le fruit du hasard : Duib ré, c’est la lune sombre, la portion de la nuit sans lune… A Imbolc, Beltene et Lugnasa sont associés trois figures divines respectivement Brigid, Bel et Lug, dont les noms se réduisent en fait à une seule signification : « brillant ». Brigid, cf. Bricta, Brihati « la brillante, la haute, l’exaltée », Bel et Lug « le brillant », avec toutefois une nuance à rapporter à Lugnasa : le caractère « brillant » dû à Lug est tempéré par la présence, à ses côtés de Crom Dub (Dub = Duib) « courbe sombre ». » (V. Guibert de la Vaissière). Autrement dit les Trinoxtion samoni exaltent la phase de disparition lunaire, qui marque à la fois la fin de l’ancien cycle et le début du nouveau ; Ambiuolcaia célèbre la phase de croissance de l’astre ; Belotennia la pleine lune et Luginaissatis sa décroissance, la lune dans sa courbe sombre (selon la Table de Coligny, la luginaissatis récapitule en elle-même le cycle lunaire. Elle commence à la pleine lune, atteint son apogée au dernier quartier pour finir à la nouvelle lune).


D’autre part nous pouvons penser que le festiaire druidique est divisé en quatre catégories de célébrations :

1) les fêtes dites d’obligations, c’est-à-dire exigeant la participation de tous, toutes castes confondues, reconnus par la mention TIOCOBREXTIO

2) les fêtes exceptionnelles, auxquelles personne ne peut se soustraire, qui sont nommées TRINOXTION SAMONI et LUGOUOS

3) les fêtes secondaires, c’est-à-dire qui ne requièrent pas la présence obligatoire du roi et de la caste des guerriers, qui sont, elles, signalées par les qualificatifs BRIGIOMU et OCIOMU

4) les fêtes réservées exclusivement aux druides comme DEUORTOMOS IUGO et les PETIMA UXA I et II

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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Dim 10 Déc 2006 - 8:24

Shocked Impressionnant … Une question me taraude néanmoins.

Comment expliquer que ce calendrier de culture gauloise ancestrale, manifestement fruit du savoir druidique ait été retrouvé sous cette forme écrite et dans un contexte gallo-romain puisque le calendrier de Coligny serait du 2° siècle après JC ?
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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Dim 10 Déc 2006 - 13:26

Ce calendrier en langue gauloise, utilisé en pleine époque romaine en plus du calendrier julien imposé au moins officiellement par l'administration romaine, atteste d'une part la survivance de la langue gauloise chez les responsables indigènes de la mesure du temps et ceux qu'elle intéressait, au II° siècle et peut-être au III°, dans deux cités importantes de la Gaule du centre-est, les Eduens, dont dépendaient les Ambarres et les Sequanes, et d'autre part que les Druides ou leurs successeurs, usant de la langue nationale pour tenir à jour l'inscription calendaire, n'en gardaient que mieux leur autorité, dans la Gaule dite romaine...

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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Lun 19 Mar 2007 - 10:16

Afin de faire profiter tout le monde des réflexions de chacun, je me permets de mettre en ligne un échange que j’ai dernièrement eu.

Citation :
Pourquoi y-a-t'il des noms de mois associés aux jours qui sont différents du nom de mois en titre ?

Ce que vous avez vue est ce que l’on appelle les « échanges de notation ».

Ce système, qui porte sur tous les mois ordinaires du calendrier et se répète identiquement d’une année à l’autre est fait d’emprunts réciproques, d’échanges entre les mêmes jours de deux mois voisins. Ce système de couplage a été choisi pour éviter qu’il y ait des mois dans l’année qui ne contiennent aucun jour matus.

Ces échanges sont disposées différemment dans les deux moitiés de l’année : par trois paires successives de mois dans le premier semestre (Samon / Dumann – Riuros / Anagantio – Ogronn / Cutios), par deux triades successives dans le second (Giamon / Simiuisonna / Equos – Elembiu / Aedrini / Cantlos).
Cette différence de groupement dans les deux séries de six mois contribue, d’une part, à distinguer les deux semestres qui sont la survivance de la plus ancienne année druidique et, d’autre part, sont le reflet des cinq saisons du climat tempéré européen, c’est-à-dire : l’hiver, le frimas, le printemps, l’été et l’automne.

L’effet des échanges est donc d’introduire des jours matus dans les mois anmatus, qui n’en avaient pas originellement, et des jours anmatus dans les mois matus, qui n’en comptaient pas à l’origine.

Mais ceci n’est pas la raison essentielle du panachage. Le système des échanges fut adopté pour lier entre eux des mois qui sont le plus souvent de nature différente, l’un matus, l’autre anmatus (dans un seul cas il s’agit de deux mois matus, ogronn- et cutios, et l’exception ne se répète pas pour deux mois anmatus), comme il existe encore dans les calendriers primitifs et dont on trouve des traces chez les peuples de langues indo-européennes, Indiens, Grecs, Celtes insulaires : le système des échanges tel qu’il nous est parvenu en est une survivance profondément transformée.

En bref, la paire ou la triade de mois s’échange des jours afin, d’une part de panacher les jours du mois, et d’autre part de lier des mois entre eux. Les jours échangés reçoivent la notation du jour correspondant du mois préteur, accompagnée du nom du mois d’origine, c’est pourquoi dans mid riuros, par exemple, nous trouvons au 1er jour le nom du mid anagantio (nom du mois préteur du dit jour).

Citation :
Et je ne comprends pas pourquoi les mois ne commencent pas au premier quartier de lune

Les variations dans les places relatives des phases lunaires proviennent essentiellement du fait que la révolution de la lune autour de la terre ne dure pas un nombre entier de jours.

De fait nous pouvons constater qu’au cours d’un lustre, le premier quartier se repartit entre les jours 14a, 15a, 1 et 2, soit, quatre jours, mais trois en réalité, puisqu’il ne se trouve au jour 14a que dans les mois anmatus de 29 jours.

Le dernier quartier se repartit lui aussi sur quatre jours : 14, 15, 1a, 2a.

La pleine lune, elle, se répartit sur les trois jours 7, 8, 9. De même que la nouvelle lune lors des trois jours 7a, 8a et 9a.

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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Mer 22 Aoû 2007 - 12:12

Citation :
En novembre 1897, un cultivateur découvre à Verpoix, sur la commune de Coligny (Ain), à environ 30 centimètres de profondeur et à proximité de la voie romaine Lugdunum-Vesontio (Lyon-Besançon) des débris de bronze. On est sur le territoire des Gaulois Ambarri.

L'assemblage des différents morceaux permet de reconstituer deux objets : d'une part, une statue quasi complète de Mars et, d'autre part, une table calendaire de bronze …

http://www.louisg.net/C_gaulois.htm

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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Sam 22 Déc 2007 - 14:26

Merci à toi pour ton travail relatif au calendrier des Celtes. Nous l’avons grandement apprécié. Je puis te dire, d’ores et déjà, que nous sommes en accord avec un certain nombre de points…

Comme tu le sais déjà, le R.D.B. souhaite mettre de l’ordre dans ses conceptions calendaires et nous avons fait un état des lieux qui pourrait servir de base à une recherche plus approfondie. Tu sais les difficultés que l’on rencontre lorsque l’on essaie de changer les « habitudes »… Pourtant il va bien falloir en arriver là et toutes les bonnes volontés et suggestions de valeur seront les bienvenues. Toute querelle « d’ego » étant à exclure, notre Collège acceptera l’adoption d’une position commune, si elle s’avère pertinente et favorable à une avancée significative.

Ce doit être également ton sentiment, car au vu de ton travail et de tes recherches sur le calendrier, il semble bien que tu y attaches, à juste titre d’ailleurs, une grande importance. En effet ne marque-t-il pas le temps sacré, hors duquel nos cérémonies et rituels ne sont que des coquilles vides ?


Voici ci-joint la proposition de notre Collège :

Un calendrier est une œuvre humaine, variable, utilisant des données cosmiques peu susceptibles, elles, de grandes variations mais pas toujours déterminables avec une précision suffisante, il n’est donc pas surprenant de trouver des calendriers forts différents, y compris chez les Celtes. Cela étant d’autant plus vrai qu’il s’agit de concilier des valeurs inconciliables : cycles solaires et cycles lunaires.

Le calendrier luni-solaire des Celtes ne semble pas coïncider avec les saisons et les événements célestes : équinoxes et solstices, est-ce possible que cela soit réellement le cas, ou serait-ce une conséquence d’erreurs dans les ajustements calendaires ?

Les Celtes auraient-ils ignoré les saisons et les mouvements stellaires ?

Certes non, bien au contraire, et le célèbre « calendrier de Coligny », d’après le professeur Venceslas Kruta et les paléo-astronomes Sylvia Cernuti et Adriano Gaspani, n’est pas un calendrier ordinaire mais bel et bien un abaque :
« On arrive à une conclusion importante, le Calendrier de Coligny n’est pas un calendrier lunisolaire classique mais un abaque, c’est-à-dire une table de calcul. Dans la mesure où les inscriptions de la table contiennent l’algorithme de passage du temps solaire au temps lunaire et vice-versa, il permet de calculer avec exactitude le temps par rapport au soleil en partant du temps mesuré par la lune. Ainsi grâce à une règle mnémonique, les Druides réussissaient à maintenir le rapport avec le temps solaire, important pour l’agriculture, et avaient à leur disposition le comput des phases et de l’âge de la lune, indispensable pour la vie religieuse et la prévision des éclipses.
Cette précision du calcul du temps, aussi bien solaire que lunaire, transforme le Calendrier de Coligny en un almanach. Il semble possible que s’y trouve contenue la règle nécessaire, mais non suffisante, pour prévoir les éclipses. »

On possède également la preuve que les druides mesuraient pour ce faire les levers et couchers héliaques d’étoiles comme Sirius, Aldébaran, Capella, Antarès… pour ne pas parler du mouvement des planètes du système solaire.

D’autre part, aucun calendrier celtique complet ne nous est parvenu, même le « calendrier de Coligny » est largement lacunaire et n’apporte pas une réponse suffisante pour espérer trouver matière à la reconstitution de cet élément de notre patrimoine. Ceux qui prétendraient le contraire affabulent ou se leurrent eux-mêmes.

En fin de compte il est nécessaire de lister ce qui est raisonnablement acquis et ce que l’on ignore.


Ce que l’on sait :

- Le début du siècle de 30 ans, coïncide avec le lever de Saturne dans la constellation du Taureau (autour du 1er Mai),
- Le début de la journée est placé à la tombée de la nuit.


Ce que l’on ignore ou présume :

- La date précise du début de l’année, sachant que les textes mythologiques nous indiquent une datation fixe, calée sur le calendrier Julien, ce qui montre à l’évidence ce qu’il convient d’en penser…
- La date du début de mois lunaire (est-ce à la pleine lune, à la nouvelle lune, au premier ou dernier quartier ?),
- La date du début de « l’ Ere de Mag Tured » (il s’agit en fait d’une donnée mythique et non historique).

Dès lors notre effort de rétablissement du calendrier celtique ne saurait prétendre à une authenticité indiscutable, il s’agit d’un travail sans aucune prétention. Pourtant eut égard à son utilité, notamment en permettant de déterminer les dates et heures de nos cérémonies, il s’avère d’une importance capitale.

Un autre problème qui se pose consiste à trouver à quel moment doivent se placer les mois intercalaires : Ambacstos et Antaranos. En effet ces treizièmes mois lunaires, permettant le rattrapage, tous les trois ans, dû au décalage annuel d’un peu plus de 10 jours des 12 mois lunaires par rapport à l’année solaire, ne sont pas sans offrir des complications.

Nous avons choisi de les introduire dans le calendrier de façon à conserver une certaine adéquation avec l’astrologie et la numérologie : sachant que si Samonios doit se trouver dans le premier mois lunaire de l’année, Ambivolcios sera dans le quatrième, Béloténia dans le septième – au moment de la lune rousse – et Lugunassatis dans le dixième mois (1-4-7-10).


> Tableau Symbolique et Analogique Récapitulatif (selon les références les plus sûres)

Début de journée :
- à l’équinoxe d’automne : à la tombée de la nuit = 19h (C.S. = 18h)
- autour du 1er Novembre : à la tombée de la nuit = 18h (C.S. = 17h)
- au solstice d’hiver : à la tombée de la nuit = 17h (C.S. = 16h)

Début du mois :
- à l’équinoxe d’automne : ~ dernier quartier
- autour du 1er Novembre : ~ dernier croissant
- au solstice d’hiver : ~ nouvelle lune

Début d’année :
- à l’équinoxe d’automne : le plus proche de l’équinoxe
- autour du 1er Novembre : le plus proche du 1er Novembre
- au solstice d’hiver : le plus proche du solstice d’hiver

Début du siècle de 30 ans : lors du lever de saturne (Nucturos) dans le signe astrologique du Taureau : attesté par Plutarque et Pline l’Ancien. Entre le 21 avril et le 20 mai.
Dernière coïncidence en 1999.


> Fêtes, solstices et calendrier celtique

Pour ce qui est du début de la journée celtique il semble avéré qu’elle se situe à la tombée de la nuit, l’heure en est donc variable selon la saison…

Certains font commencer le mois à la pleine lune ou au premier quartier, pour notre part nous préférons la correspondance analogique indiquée dans le tableau ci-dessus.

Précédemment nous indiquions qu’à notre avis les quatre fêtes religieuses : Samain, Imbolc, Beltan et Lugnasad, devaient à l’origine coïncider avec les Solstices et Equinoxes. Toutes les observations et recherches montrent que les peuples anciens calquaient leur calendrier rituélique sur l’environnement où ils vivaient : Saisons, configurations géographique et géologique, cycles naturels : cycles solaires et lunaires, etc...
Avec le même ordre d’idées, l’établissement d’un calendrier ne pouvait que s’harmoniser avec les phénomènes naturels et climatiques, d’autant que nombre des Divinités Celtiques étaient en rapport étroit avec les astres et les éléments, tels : Lug Grianainech ( au visage de soleil), Bélénos, Bélisama, Sirona -Stirona, et ainsi de suite...

D’ailleurs nos « Frères » en spiritualité – les Nordiques – célébraient le solstice d’hiver sous les noms de : JOL - JUL ou MIDVETRARBLOT en tant que début du nouveau cycle solaire, et en conséquence calendaire. Cette fête solsticiale, en honneur dans toute l’Europe, due être récupérée par le catholicisme – auquel elle faisait de l’ombre –, car il ne parvenait pas à dissuader les peuples d’y participer. Pour cela il fut décidé de célébrer la naissance du Christ le même jour (24 et 25 Décembre) de façon à opérer, par sa substitution, la récupération de l’engouement pour ces réjouissances.

Par conséquent tout indique, à l’évidence, l’adéquation entre les référentiels cosmiques et le festiaire religieux des européens, pour ne citer qu’eux. La Croix Celtique elle-même matérialise cet agencement quadripartite, dont la barre verticale symbolise l’axe Solsticial et la barre horizontale l’axe Equinoxial. Le tout enfermé dans le cercle de la manifestation.
Le problème est que le Calendrier Celtique présente un décalage d’environ 45 jours avec les solstices et équinoxes et qu’en Irlande, assez tardivement, le festiaire inhérent semble bien attesté. Alors pourquoi ce décalage entre le référentiel et ses célébrations ? A notre avis il s’agit « d’oublis » ou d’erreurs dans les ajustements calendaires, d’autres y virent l’effet de la précession des équinoxes, quoiqu’il en soit la question n’est pas si nouvelle car Fabre d’Olivet – il y a plus de 150 ans soulignait le fait bien longtemps avant la découverte du Calendrier de Coligny :

« Il paraît que le calendrier des Celtes avait des mois de trente jours, des années de 12 à 13 lunaisons et des siècles de trente ans. La fête de « NEW HEYL », commençant la première nuit du solstice d’hiver, se trouvait reculée de 45 jours au temps d’Olaüs Magnus, l’an 1000 de J.C. ; et cela pour la raison que l’année Celtique étant plus longue que la révolution du soleil donnait un jour d’erreur en 132 ans. Ces 45 jours de retard répondent à 5930 ans, et font remonter par conséquent l’établissement du calendrier Celtique à près de 5000 ans avant notre ère, en supposant qu’il n’y ait eu aucune réformation ».

Il reste que nous ne savons pas si une telle « réformation » eut lieu, mais séparer l’axe cosmique voulu par les dieux de la période de célébration, ne semble pas relever d’une démarche volontaire ; il s’agirait alors d’une sorte de crime contre le DEDMA ; cet Ordre du Monde révéré par les druides. Ceci nous renvoie à la simple erreur, due à la faiblesse des moyens d’appréciation de l’époque, voire à une interprétation défectueuse des moines copistes.

A partir de ces constatations il serait possible, à l’aide des connaissances possédées actuellement, d’essayer une évaluation des causes de ce décalage et établir ainsi l’âge réel du calendrier.
Hélas nous ne possédons que des informations insuffisantes, inaptes à fournir une base solide de calcul, ce qui ne conduirait qu’à des spéculations sans grand intérêt.
Le plus important n’est pourtant pas là, il réside dans le fait accompli : la non-adéquation des références cosmiques et calendaires, et des moyens à mettre en œuvre pour y pallier. Au fond nous sommes devant une situation donnée et devons ; soit nous en accommoder, soit en corriger les défauts. Pour notre part nous avons une préférence pour la deuxième solution encore faudrait-il que les principaux Collèges Druidiques s’entendent à ce sujet.

Rétablir l’harmonie entre le Dedma et le Rite (R’ta) permettrait sans doute une réappropriation de nos valeurs spirituelles, occultées depuis trop longtemps. Cela remettrait en activité la puissance de notre symbolisme, de nos mythes et de nos rituels. Ces schémas psychiques, psychologiques et spirituels déjà présents dans l’esprit des humains de la période chamanique (préceltique et pré-indo-européenne), dont le bouillonnement de vie hante notre inconscient, insuffleraient au Druidisme contemporain la vitalité et l’universalité qui lui font si cruellement défaut.

Ainsi les fêtes celtiques s’accorderaient avec les axes saisonniers et annuels, le symbolisme alchimique, la mythologie celtique, les points cardinaux, etc...

Lugnasad (Lugunassatis : la fête de LUG du 1er Août) qui est la grande fête royale des récoltes et des répartitions ; Le roi étant le « distributeur », le répartiteur –, coïnciderait avec la fin des moissons et des récoltes, avec l’équinoxe d’automne et non avec le début des moissons; ce qui pour une fête sociale devant durer plusieurs jours -obligatoire de surcroît – présente des inconvénients majeurs.

Le solstice d’hiver, commencement logique d’un nouveau cycle et d’une nouvelle année, concorderait à nouveau avec le début de l’année celtique, avec le symbolisme cosmique, par conséquent avec Samain (Samonios).

L’Equinoxe de printemps, avec Imbolc (Ambivolcios) la fête du renouveau et des lustrations, la célébration du réveil de la nature.

Le solstice d’été, avec Beltan (Beltaine, Béloténédos), le début de l’été, le feu solaire :
la fête à Bélénos le dieu solaire et à Bélisama la déesse de la pleine lune et de la planète Vénus.
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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Sam 22 Déc 2007 - 17:35

Après la lecture de votre approche calendaire voici rapidement les passages avec lesquels je ne suis pas d’accord :


Carantia a écrit:
Le calendrier luni-solaire des Celtes ne semble pas coïncider avec les saisons et les événements célestes : équinoxes et solstices, est-ce possible que cela soit réellement le cas, ou serait-ce une conséquence d’erreurs dans les ajustements calendaires ?

Comme vous devez déjà le savoir, les druides de l’antiquité étaient des experts en astronomie/astrologie, de ce fait il ne peut y avoir d’erreur dans leur computation et « ajustements » calendaires. La seule chose est qu’ils ne faisaient pas coïncider le début des saisons avec, ce qui était pour eux, le point culminant de la dite saison. Voilà pourquoi dans la pratique nous nous trouvons avec un « décalage » (qui en fait n’en est pas un) d’environ 45 jours.

Citation :
Les Celtes auraient-ils ignoré les saisons et les mouvements stellaires ?

Non ! Pas du tout ! D’ailleurs si vous lisez bien la plaque de Coligny vous verrez que tout est constamment basé sur une observation du ciel.

Citation :
D’autre part, aucun calendrier celtique complet ne nous est parvenu, même le « calendrier de Coligny » est largement lacunaire et n’apporte pas une réponse suffisante pour espérer trouver matière à la reconstitution de cet élément de notre patrimoine.  Ceux qui prétendraient le contraire affabulent ou se leurrent eux-mêmes

Là, bien évidemment,  je ne suis, mais alors, pas du tout d’accord avec vous. Bien au contraire. Le travail effectué sur la plaque de Coligny apporte énormément pour la compréhension de notre patrimoine. De fait nous ne nous leurrons pas, ni même ne fabulons pas, en disant pouvoir reconstruire cet élément indispensable à notre « religion ».

Citation :
Ce que l’on ignore (ou présume) :
- La date du début de mois lunaire  (est-ce à la pleine lune, à la nouvelle lune, au premier ou dernier quartier ?)

Concernant le début du mois, voilà ce que j’en dis :
Plusieurs groupes néo-druidiques, se fiant à certains dires, font commencer les mois avec le dernier quartier voire la nouvelle lune, soit la partie sombre de la révolution lunaire.

     Peut-être parce que l’enseignement nous dit :
« Ce monde était plongé dans l’obscurité ; Imperceptible, dépourvu de tout attribut, ne pouvant ni être découvert par le raisonnement ni être révélé, il semblait entièrement livré au sommeil. » (Mânavadharmasâstra)

« Au commencement, en vérité, rien de tout ceci n’existait. Du Non-être, l’Être sortit. Cet être se transforma en un Soi. » (Taittirîya Upanishad)

     Mais surtout, parce que César nous apprend que :
« [Les Gaulois] déterminent les intervalles de toutes durées, non par le nombre des jours, mais par celui des nuits;  ils célèbrent ainsi les anniversaires et les débuts des mois et des années, de sorte que le jour diurne succède à la nuit. » (Bellum Gallicum)

     Telles sont les raisons qui font que certains néo-druides font débuter les mois de leur calendrier avec le dernier quartier de lune.
     Malheureusement le fait de compter par nuits n’est nullement un usage proprement celtique, ni même exclusivement indo-européen, bien qu’il soit attesté chez les Celtes, les Grecs et les Indiens ; c’est aussi celui des Arabes et de nombreux peuples primitifs.

     Malgré leur « envie de bien faire » ils font erreur car l’enseignement nous dit aussi :
« Un mois des mortels est un jour et une nuit des Ancêtres ; il se divise en deux quinzaines : la quinzaine noire, est pour les Mânes, le jour destiné aux actions ; et la quinzaine blanche, la nuit consacré au sommeil.
« De même que la seconde quinzaine, la noire, est préférable à la première pour un « Repas funèbre », de même la seconde partie du jour est préférable à la première. » (Mânavadharmasâstra)

« De la flamme dans le jour, du jour dans la quinzaine de la lune croissante, de la quinzaine de la lune croissante dans les six mois où le soleil monte vers le nord, de ces mois dans le monde des dieux ; de la fumée dans la nuit, de la nuit dans la quinzaine de la lune décroissante, de la quinzaine de la lune décroissante dans les six mois où le soleil descend au sud, de ces mois dans le monde des pères » (Brihadâranyaka)

« …la quinzaine croissante de la lune représente les dieux, la nuit les pères ; la partie du jour avant midi les dieux, celle d’après midi les pères…» (Shatapatha Brâhmana)

     Ces arguments suffisent à tous ceux qui proclament un début de mois à la pleine lune. Le seul problème est qu’ils omettent la remarque faite par Pline l’Ancien quand il nous renseigne sur les questions touchant le calendrier gaulois, son caractère cyclique et le début des mois, de l’année et du grand cycle fixé au sixième jour de la lune, c’est-à-dire, selon le calendrier romain, qui lui, débutait avec la nouvelle lune, au premier quartier réalisé.
« …mais celui-ci extrêmement rare à trouver, et, en a-t-on découvert, on le cueille en grande pompe religieuse, surtout le sixième jour de la lune qui marque pour eux les début des mois et des années et du siècles au bout de trente ans, parce qu’elle aurait déjà assez de force, sans être en son milieu. » (Histoire Naturelle)

     Sachant que :
« Les Romains divisaient le mois en trois parties inégales, des calendes aux nones, des nones aux ides, et des ides à la fin du mois […] Cette division remonte à l’époque très ancienne où les habitants du Latium comptaient le temps par lunes. Comme ce peuple était peu observateur, il n’avait pas distingué la lunaison en ses quatre phases ou quartiers […] Mais il avait au moins remarquer les deux principaux états de la lune, quand elle brille de tout son éclat et quand elle est complètement obscure.
« Le premier jour du mois, correspondant à la Nouvelle Lune, portait le nom de calendes, calendoe, que Plutarque fait dériver de celare « cacher » parce qu’alors la lune se cache, devient invisible à cause de son obscurité.
« A la Pleine Lune étaient les ides, du mot étrusque iduare « diviser » parce que ce jour divisait le mois en deux parties.
« Les nones étaient importantes, car c’était le premier jour de la foire ou marché qui durait jusqu’aux ides. » (La question du calendrier, B. Chauve)

     Ce qui nous permet de dire, si on lit bien la phrase de Pline, que :
« Le sixième jour de la (N.) Lune qui marque pour eux les débuts des mois et des années et du siècles … » = Le PREMIER QUARTIER …

     Et …
« Parce qu’elle aurait déjà assez de force, sans être en son milieu. » = Parce qu’elle a déjà assez de puissance sans être arrivée à maturité, soit à la PLEINE LUNE.

     De plus, ils oublient que pour les druides tout comme les brahmanes, leurs homologues, qui le nomment Mahâtithi « le grand jour [lunaire] », le premier quartier de lune a une grande importance magique.

     La lunaison commençant avec la nouvelle lune, l’achèvement du sixième jour voit le premier quartier réalisé et le passage vers la pleine lune marquant le début d’une mesure facile à effectuer : c’est la première nuit du mois. En effet, les quartiers, avec leur bord quasi rectiligne, sont une figure stable et plus facile à déterminer que toutes autres configurations de la lune. Ce sera donc le premier jour du mois, de l’année, du lustre et du siècle.
     Cependant la lunaison ne comporte pas un nombre entier de jours : il devra donc y avoir de légères oscillations d’un mois à l’autre, et c’est pourquoi on a deux groupes de trois jours 7, 8, 9 et 7a, 8a, 9a, indiquant respectivement les dates auxquelles peuvent se manifester la pleine lune et la nouvelle lune.
     Voilà pourquoi la première quinzaine, la quinzaine croissante de la lune représentant les dieux est celle de la pleine lune [en son milieu], la claire, alors que la seconde quinzaine est celle de la nouvelle lune [en son milieu], la sombre préférable à la première pour les mânes.

     C’est ainsi que, traditionnellement parlant et comme nous le signale Pline, nous pouvons affirmer que chez les Celtes le mois commençait le jour du premier quartier de lune réalisé.

Citation :
Un autre problème qui se pose consiste à trouver à quel moment doivent se placer les  mois intercalaires : Ambacstos et Antaranos.  En effet ces treizièmes mois lunaires, permettant le rattrapage, tous les trois ans, dû au décalage annuel d’un peu plus de 10 jours des 12 mois lunaires par rapport à l’année solaire, ne sont pas sans offrir des complications.

Sachant que chacun des jours des mois intercalaires reçoivent la notation du jour correspondant d’un mois ordinaire précédent, dans l’ordre régulier des mois.
La raison d’être de tels prêts est évidemment de donner un contenu aux jours intercalaires qui sont des jours « blancs » par définition et de faire du mois intercalaire une sorte de récapitulation des trente mois précédents, deux fois douze et une fois six, soit deux ans et demi, représentés chacun par un jour.

Citation :
Par conséquent l’année civile 2007  concorde avec l’année 3877 de notre calendrier.

Voir les explications du début de l’ère de M.T. 2007-2008 è.v. = 3880 M.T.

Citation :
Alors pourquoi ce décalage entre le référentiel et ses célébrations ? A notre avis il s’agit  ”d’oublis” ou d’erreurs dans les ajustements calendaires, d’autres y virent l’effet de la précession des équinoxes

Non point ! Comme expliqué plus haut les druides ne célébraient pas le point culminant des saisons mais bien l’entrée dans les saisons.

Citation :
Lugnasad ( Lugunassatis : la fête de LUG du 1er Août) qui est la grande fête royale des récoltes et des répartitions; Le roi étant le “distributeur”, le répartiteur-,  coïnciderait avec la fin des moissons et des récoltes, avec l’équinoxe d’automne et non avec le début des moissons; ce qui pour une fête sociale devant durer plusieurs jours -obligatoire de surcroît-  présente des inconvénients majeurs.
Le solstice d’hiver, commencement logique d’un nouveau cycle et d’une nouvelle année, concorderait à nouveau avec le début de l’année celtique, avec le symbolisme cosmique, par conséquent avec Samain (Samonios).
L’Equinoxe de printemps, avec Imbolc (Ambivolcios) la fête du renouveau et des lustrations, la célébration du réveil de la nature.
Le solstice d’été, avec Beltan (Beltaine, Béloténédos), le début de l’été, le feu solaire : la fête à Bélénos le dieu solaire et à Bélisama la déesse de la pleine lune et de la planète Vénus.

Commémorant le début et non le « sommet » de la saison il n’est point utile de « réformer » et de déplacer les fêtes sur les solstices et les équinoxes. De plus, selon ma lecture de la plaque de Coligny nous trouvons, le mid riuros, une fête solsticiale (hiver) et, le mid cantlos, une fête équinoxiale (automne). Pourquoi doubler ?

De même arrêtons de dire à tout va que nos fêtes se célèbrent le 1er novembre, le 1er février, le 1er mai et le 1er août, il n’y a rien de plus faux. Nos fêtes se calent par rapport aux étoiles (Pléiades), à la lune (P.Q., D.Q. et P.L.) et aux constellations (Scorpion, Verseau, Taureau et Lion) et non par rapport au calendrier de la Très Sainte Eglise Catholique Apostolique et Romaine.


Autre chose, selon la plaque de Coligny l’en-tête des mois intercalaires comporte plusieurs lignes explicatives, mais pas de nom de mois proprement dit. En effet, dans les langues néo-celtiques, la désignation du mois est toujours précédée du substantif « mois » (mid en celtique commun), ce qui est aussi le cas pour tous les en-têtes du calendrier. Ceci dit pouvez-vous me dire ou vous avez trouvé les noms d’Ambacstos et d’Antaranos que vous avez donné au mois supplémentaires ?

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Carantia
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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Dim 23 Déc 2007 - 16:12

A plusieurs reprises Auetos se réfère à « sa lecture du calendrier de Coligny », et tout en respectant son point de vue nous revendiquons notre liberté d’examen et de conclusion.

Auetos raisonne comme si le calendrier celtique fut conçu une fois pour toutes il y a 3880 ans environ, or cette vision n’est pas réaliste, si bien qu’elle est contredite par tous les spécialistes et érudits en la matière. Allons-nous comme certains celtomanes raisonner dans l’absolu de nos croyances personnelles, ou considérer les choses d’un point de vue pragmatique ?

Le calendrier celtique, comme la plupart des calendriers humains fut une œuvre approximative à l’origine, fondée non sur des observations célestes quant à son ère de référence, mais sur un fait « historique » : la bataille de Mag Tured (supposons-nous avec quelques raisons). Il connut donc un certain nombre de « réformations » pour le faire concorder avec les saisons, les lunaisons et autre événements célestes. On ne peut en aucune façon postuler à un calendrier immuable et définitif pendant 1870 ans, ceci constitue une quasi impossibilité, il dut par conséquent varier plusieurs fois pour s’adapter aux saisons et configurations célestes.

Auetos nous dit que les anciens Celtes célébraient ; non pas le point culminant des saisons, mais l’entrée dans les saisons, or l’entrée dans les saisons est bel et bien située aux solstices et équinoxes…

Enfin, la citation de Pline est tronquée car il ne dit pas : « le sixième jour de la lune qui marque pour eux les débuts des mois et des années et du siècle au bout de trente ans », mais : « le sixième jour de la lune – car c’est par la lune qu’ils règlent leurs mois, leurs années et aussi leurs siècles de trente ans… », voilà qui n’a pas du tout le même sens…

Son travail est d’une valeur indiscutable, mais est-il exhaustif pour autant ?
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Auetos
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MessageSujet: Re: Le calendrier des druides   Dim 23 Déc 2007 - 17:54

Shocked Waouh !

Carantia a écrit:
A plusieurs reprises Auetos se réfère à « sa lecture du calendrier de Coligny », et tout en respectant son point de vue nous revendiquons notre liberté d’examen et de conclusion.

En cela vous avez raison. Bien que mon travail s’appuie aussi sur la lecture de différents ouvrages traitant du sujet comme le « Recueil des Inscriptions Gauloise, (volume III – les calendriers, Coligny, Villards d’Héria) », « Un Calendrier Celtique », « Histoire du calendrier gaulois », « Astronymie et onomastique calendaire celtiques » et bien d’autre encore.

Citation :
Auetos raisonne comme si le calendrier celtique fut conçu une fois pour toutes il y a 3880 ans environ, or cette vision n’est pas réaliste, si bien qu’elle est contredite par tous les spécialistes et érudits en la matière.  Allons-nous comme certains celtomanes raisonner dans l’absolu de nos croyances personnelles, ou considérer les choses d’un point de vue pragmatique ?

Pas du tout ! Je n’ai jamais dis que le calendrier fut établi il y a 3880 ans, vous avez, à mon avis, du lire ma thèse en diagonale ce qui raccourci certes la lecture mais à aussi la fâcheuse tendance à émonder une bonne partie des informations. Relisez, vous allez être surprise du nombre incroyable d’information que vous avez zappez.
Croyez moi, je ne raisonne pas « dans l’absolu de mes croyances personnelles », mais avec un esprit tout ce qu’il y a de plus cartésien, c’est-à-dire méthodique et rationnel. Je ne suis pas un de ces romantico-néo-druides affabulateurs qui prennent leurs rêves pour des réalités.

Citation :
Le calendrier celtique, comme la plupart des calendriers humains fut une œuvre approximative à l’origine, fondée non sur des observations célestes quant à son ère de référence, mais sur un fait « historique » : la bataille de Mag Tured (supposons-nous avec quelques raisons). Il connut donc un certain nombre de « réformations » pour le faire concorder avec les saisons, les lunaisons et autre événements célestes.  On ne peut en aucune façon postuler à un calendrier immuable et définitif pendant 1870 ans, ceci constitue une quasi impossibilité, il dut par conséquent varier plusieurs fois pour s’adapter aux saisons et configurations célestes.

Tous les calendriers furent fondés sur des observations astronomiques. Le disque luni-solaire de Nebra ainsi que les auteurs anciens (cités dans ma thèse) le confirment.

Il est vrai qu’au tout début de son existence le calendrier des druides fut seulement lunaire, ce qui le faisait se décaler par rapport au soleil de la même manière que le calendrier musulman de nos jours. Alors pour pouvoir faire coïncider les deux astres horloges, les druides (les très savants) ont réformés le calendrier en le faisant devenir luni-solaire grâce à l’introduction de deux années embolismiques.

Concernant la bataille de Magos Turatiom, bien que mythologique, elle est le témoin d’une coïncidence astronomique, que demander de plus ?

Citation :
Auetos nous dit que les anciens Celtes célébraient ; non pas le point culminant des saisons, mais l’entrée dans les saisons, or l’entrée dans les saisons est bel et bien située aux solstices et équinoxes…

Là encore le vous vous fourvoyez …
Tout le monde sait bien que les solstices et les équinoxes n’ont jamais été le début de la dite saison, j’en veux pour preuve qu’après chaque solstices et équinoxes le soleil reprend sa course en sens inverse. Etrange paradoxe ne croyez-vous pas ?

De plus, mais cela à du vous échapper, le début des deux grandes saisons (sombre et claire) commence avec le coucher et le lever de l’amas d’étoiles le plus connu de la constellation du Taureau, à savoir les Pléiades. Et oui, les Pléiades se couchent courant novembre et le lèvent courant mai, cela ne vous rappelle rien ?

Citation :
Enfin, la citation de Pline est tronquée car il ne dit pas : « le sixième jour de la lune qui marque pour eux les débuts des mois et des années et du siècle au bout de trente ans », mais :  « le sixième jour de la lune – car c’est par la lune qu’ils règlent leurs mois, leurs années et aussi leurs siècles de trente ans… », voilà qui n’a pas du tout le même sens…

Si vous voulez, mais le problème n’est pas là. Pline est romain, et pour étayer ces propos qui sont pour des romains, il se base sur le calendrier romain. Or le calendrier romain commence, ne vous déplaise, avec la Nouvelle Lune. Et le sixième jour le la [nouvelle] lune donne bien le premier quartier résolu de lune.

Citation :
Son travail est d’une valeur indiscutable, mais est-il exhaustif pour autant ?

Ce sera aux membres du R.D.B. de décider …

Autre chose, vous ne m’avez toujours pas dit ou vous avez trouvé les noms d’Ambacstos et d’Antaranos que vous avez donné au mois supplémentaires ? Dans les ouvrages de  tous les spécialistes et érudits en la matière ?

Maintenant que le R.D.B. accepte mon travail où qu’il l’évince en faveur de celui de votre Collège ne me pose aucun problème. S’il préfère faire commencer son siècle avec le Bélier en disant que c’est un Taureau, qu’il souhaite décaler les oinaci sur les solstices et les équinoxes, qu’il désire faire débuter ses mois avec la P.L., la N.L. ou le D.Q. ne me gène nullement. J’aurai au moins eu la satisfaction d’avoir essayé de faire avancer le schmilblick. Après … advienne que pourra.

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