forum consacré à l'étude du druidisme antique et contemporain.
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Fraternité de lait.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Clyde TriCanauos

avatar

Nombre de messages : 641
Localisation : Entre Atrébatie et Morinie
Date d'inscription : 11/12/2011

MessageSujet: Fraternité de lait.   Sam 8 Déc 2012 - 21:55

Bonsoir,

Dans son livre: " Vercingétorix", (page 78) . Jean Markale aborde un point qui m'intrigue. Parlant de Vercingétorix, il explique que ce dernier a peut être été nourri par une nourrice et que l'enfant de cette dernière pourrait de ce fait être lié au fils du chef, par la "Fraternité de lait".
Une communion qui pourrait créer des obligations entre ces enfants qui la partagent.
Je n'ai pas trouvé d'autres exemples dans mes lectures récentes.
Votre point de vue?

Clyde.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tri-canauos.blogspot.com/
Dubrinertos
Druide C.C.C.
avatar

Nombre de messages : 497
Age : 65
Localisation : Pays santon
Date d'inscription : 10/12/2009

MessageSujet: Re: Fraternité de lait.   Dim 9 Déc 2012 - 19:40

je pense que Markale doit faire allusion au fostérage ... voir : http://www.mythes-celtes.fr/dico/fosterage.htm

Citation :
L’initiation des adolescents dans l’antiquite
Chez les peuples Celtes

Jusqu'à l’âge de sept ans, il était laissé aux mains des femmes. A ce terme intervenait une rupture majeure. Brusquement déconditionné, l'enfant quittait le cercle familial pour être confié aux membres d'un autre clan qui devra se charger de son éducation. Là, le garçon sera soumis à un apprentissage ponctué par des épreuves qui lui permettront d'aborder les étapes initiatrices. Cette période s'est appelée "fosterage", ou encore "nourrissage".

Nourrir un jeune garçon impliquait de le faire bénéficier d'une éducation complète qui incluait la préparation guerrière.

De cette pratique partout répandue, la littérature celtique tardive a laissé quelques exemples. A travers la geste de héros tels que Cûchulainn, Finn, Tuan mac Cairill chez les Irlandais, Kulhwch et Peredur chez les Gallois, il nous est possible de déceler les traces de classes d'âges noyées dans le récit de leurs exploits.

Les Gaulois n'ont pas laissé d'annales. Néanmoins nous retrouvons une trace du «nourrissage» dans le Mabinogi de Pwyll, Prince de Divet. Nous y voyons Pryderi, le fils de Pwyll, confié dès l'âge de sept ans, selon la coutume, au seigneur Teyrnon. La mère elle-même, la reine Rhiannon, accepte le fait comme allant de soi. Cela bien que son fils ait été enlevé alors qu'il n'était encore qu'un nourrisson et qu'il vint tout juste de lui être rendu. Cette double séparation, qui la laisse frustrée des joies maternelles, n'appelle cependant de sa part aucune protestation.

Relevons ici un fait remarquable : pour la plupart d'entre eux, les Héros sont présentés comme "les fils de la sœur". C'est une constante qui se retrouve dans nombre de récits médiévaux avec l'expression "beau neveu" employée par le roi à l'adresse du jeune chevalier. En Irlande, Cûchulainn est le neveu du roi Conchobar, puisque le fils de sa sœur Dechtire. Diarmaid est le neveu de Finn, le chef de la Fianna, mais ce ne fut pas pour son bonheur. Chez les Gallois, Maelgwin a pour neveu Elffin, qui secourut Taliesin, ce en quoi il fut bien mal récompensé par son oncle. Le roi Math, fils de Mathonwy, transforme, non sans raison, ses neveux en animaux. L'un d'eux, Gwydion, revenu à la forme humaine, enseigne et arme son propre neveu, Lie-Llew Llaw Gyffes, le fils de sa sœur Arianrod. Le roi Marc'h de Cornouaille envoie en Irlande son neveu Drystan (Tristan), afin de demander pour lui-même la main de la blonde Essylt, (Yseult). Mais Drystan, en combat singulier, tue le Morholt, qui est l’oncle d’Essylt. Comme chacun le sait, l’histoire de cet avunculat croisé finit mal. En Gaule, nous avons l’exemple du roi mythique Ambigatios envoyant ses neveux Bellovèse et Ségovèse à la conquête de nouveaux territoires...

Le cycle arthurien est prodigue de cette filiation matrilinéaire. Arthur a pour neveu Gauvain, Agravain, Guerrehet et Gaheriet, tous quatre fils de sa sœur, épouse du roi Lot d'Orcanie, et encore Yvain, fils d'Uryen, roi de Gorre... ce dernier étant l'oncle de Baudemagu, lequel aura pour neveu Patrides le Hardi. Pellès, le Roi-pêcheur, est l'oncle maternel de Perceval, lui-même un avatar du héros gallois Peredur, qui recevra de ses deux oncles maternels conseils et hospitalité. Le roi Ban de Benoic, s'il est le père de Lancelot, est aussi l'oncle de Bohort et de Lionel. Le réseau de ces filiations recouvre le légendaire arthurien en même temps qu'il présente un miroir de la société médiévale. Tous ces neveux, cousins entre eux à des degrés divers, se reconnaissent de même sang et par ce fait se doivent assistance et secours, perpétuant ainsi la loi d'entre’ aide inter familiale qui liait entre eux les clans celtiques. Loi non écrite quoique toujours observée. Elle se réfère à la coutume du fosterage.

L’enfant en âge de quitter le milieu parental était généralement confié au frère de sa mère. Cela parce que celui-ci possédait un droit de regard sur la préservation de la dot que toute jeune fille apportait avec elle lors de son entrée dans sa nouvelle famille comme l’écrit César (B.G, VI-19) : « Les maris mettent en communauté, avec la somme d’argent qu’ils reçoivent de leurs femmes, une part de leurs biens égale à cette dot. On fait de ce capital un compte joint et l'on en réserve les intérêts : Celui des deux époux qui survit à l'autre reçoit la part des deux avec les intérêts accumulés »…

La surveillance de la bonne gestion des biens de la mère était assurée, soit par son père, soit par I'aîné de ses frères, et cette surveillance s'étendait aussi sur les biens de l'enfant, qui trouvait ainsi en ce parent, un père de substitution.

Un autre argument en faveur du fosterage et de sa perpétuation, est apporté par la relation de coutumes anciennes en matière de droit successoral : «..Les Irlandais racontaient que les Pictes ayant envahi I'Irlande peu de temps après l'établissement des fils de Mile, Eamon, chef de ceux-ci, les avaient chassés et transférés en (Grande) Bretagne. Mais il leur avait donné pour femmes, car ils n'en avaient pas, les veuves des guerriers de la race de Mile qui avaient péri en mer avant la conquête de l'Irlande, à condition que dorénavant chez eux les héritages se transféreraient par les femmes et non par les hommes. L'explication mythologique confirme le fait... Ce mode de succession créait des relations particulièrement étroites entre les enfants et les frères de leur mère» (2). Une note fait remarquer que le mode de succession du Fils de la sœur s’est maintenu sous les rois irlandais.

En matière d'initiation guerrière, l'exemple le plus percutant est fourni par le récit des enfances de Cûchulainn, le héros irlandais (3). Chez ce champion congénital, les classes d'âges sont allègrement bousculées puisqu'il les franchir d'un bond en dépit des délais prescrits. Dès l'âge de cinq ans, il s’impose au milieu d'une troupe de garçons qui sont ses aînés, alors qu'ils s'exerçaient au hurling, (une sorte de hockey sur gazon irlandais) sous les yeux de leur précepteur. Non content de les battre à plate couture, il en malmène plus d'un. La hiérarchie des âges, il la bafoue encore lorsque dès sa sixième année il affronte et tue un animal féroce, le dogue qui gardait la demeure de Culan le forgeron. Sa septième année atteinte, il se considère mûr pour sa prise d'armes. Il met en pièces plusieurs chars de combat avant de n’accepter comme seul digne de sa valeur que le char du roi lui-même. Au cours de sa première ronde sur les frontières, il tue les trois fils de Necht et attache leurs têtes à son char. Il capture deux cerfs à la course, leur adjoint un vol de cygnes pris au passage. Chargé de ces trophées, il se présente devant la citadelle royale encore en proie à la fureur sacrée du guerrier. Trois cuves d'eau froide, dans lesquelles on le plonge successivement, parviendront à peine à le ramener à son état normal.

La période d’initiation se terminera pour lui en Alba, c'est-à-dire en Écosse, auprès de la reine guerrière Scathach qui lui apprit ses tours les plus secrets, dont le fameux gae-bolga ou jet du foudre. En d'autres temps, elle enseigna Mog-Ruith, qui fut l’un des plus grands des chefs druides d'Irlande. C'est auprès d’elle que Cûchulainn rencontrera Ferdiad, son frère d'armes. Plus tard, le destin les verra s'opposer 1'un à l'autre au cours d'une joute mortelle. Scathach fut aussi son initiatrice sur le plan sexuel, puisque telle était la vocation de ces « reines de pique » auprès des jeunes gens qui venaient à elles.

Extrait de « Initiation des adolescents dans les sociétés antiques »

de Renée Camou

Ver Ban Drui Rosmerta
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://lamainrouge.wordpress.com/
Clyde TriCanauos

avatar

Nombre de messages : 641
Localisation : Entre Atrébatie et Morinie
Date d'inscription : 11/12/2011

MessageSujet: Re: Fraternité de lait.   Ven 14 Déc 2012 - 23:43

Ce qui me dérange. C'est qu'on en parle en général, soit couvert de "Peuples Celtes" ou bien encore a partir d'histoires ou de légendes.
Mais concrètement... Un Gaulois de moins 80 av JC aurait il pu être élevé ainsi?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tri-canauos.blogspot.com/
Dubrinertos
Druide C.C.C.
avatar

Nombre de messages : 497
Age : 65
Localisation : Pays santon
Date d'inscription : 10/12/2009

MessageSujet: Re: Fraternité de lait.   Sam 15 Déc 2012 - 11:07

quand on cherche des renseignements sur le fostérage, on s'aperçoit que La littérature celtique donne de nombreux exemples de fosterage dans les gestes héroïques : Cuchulainn, Finn, Tuan Mac Cairill chez les Irlandais, Kulhwch et Peredur chez les Gallois. Sur les Gaulois proprement dit, je n'ai encore rien trouvé ... je cherche dans les auteurs anciens, mais jusque là en vain ...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://lamainrouge.wordpress.com/
Clyde TriCanauos

avatar

Nombre de messages : 641
Localisation : Entre Atrébatie et Morinie
Date d'inscription : 11/12/2011

MessageSujet: Re: Fraternité de lait.   Sam 15 Déc 2012 - 21:49

Bonsoir,

la fosterage, je crois que c'est autre chose. Il s'agit là de l'éducation du jeune enfant, qu'on confie à un tiers de confiance. Mon propos est plus en relation avec le "premier âge", soit celui du lait.
L'idée qui me tarabuste étant de savoir si comme le dit Markale, un enfant bien né, élevé au sein d'une nourrice, aurait des responsabilités vis à vis de son frère de lait.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tri-canauos.blogspot.com/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Fraternité de lait.   

Revenir en haut Aller en bas
 
Fraternité de lait.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Fraternité de lait.
» Lait d'ânesse
» Lait d'avoine
» Donner son lait à la tasse
» Quels substituts au lait maternel pour bébé?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Druuidiacto :: Le Druidisme :: Civilisation et Société Celtique-
Sauter vers: