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 Comment le petit peuple vivait il sa foi ?

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Clyde TriCanauos

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MessageSujet: Comment le petit peuple vivait il sa foi ?   Jeu 3 Jan 2013 - 21:59

L'office des Druides me semble quelque chose de compliqué, d'étudié et de travaillé. J'imagine qu'il pouvait correspondre au quotidien aux membres d'un clergé, voir à une caste de privilégiés.

Mais pour le "Gaulois moyen", L'agriculteur, le forgeron, la couturière ou la bergère. Comment eux vivaient-ils leur foi au quotidien ?
Existait-il des usages journaliers compatibles avec la vie de tous les jours ?
La religion et ses usages étaient-ils stricts et encadrés ou une liberté d'esprit était elle permise ?

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Clyde TriCanauos

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MessageSujet: Re: Comment le petit peuple vivait il sa foi ?   Sam 12 Jan 2013 - 16:47

Bonjour,

Pas la moindre petite piste ?
J'en conclue qu'ils devaient donc la vivre librement et en dehors des dogmes et pratiques assez compliquées des Druides. Au risque peut être même de déplaire à ces "officiants de profession". Si aucune trace ne nous est parvenue.

En même temps, c'est assez logique. Comment un paysan qui doit travailler aux champs et s'occuper de ses bêtes aurait il eu assez de temp?

J'aime bien cette idée car elle sous entend une relation personnelle et exclusive, du genre :

- Moi, "mes protecteurs", le petit autel dans ma chaumière, mes sacrifices modestes, l'avis du vieux fou à "demi sorcier" qui est mon voisin.
- "Vouvoyer" et baisser humblement la tête devant les déités, lors des cérémonies officielles. Les tutoyer, voir les engueuler au quotidien.

Une chouette philosophie de vie. Je me sentirais presque "néo-Gaulois" sur le coup...

Clyde de la vieille forge.
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Auetos
Druide C.C.C.
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MessageSujet: Re: Comment le petit peuple vivait il sa foi ?   Sam 12 Jan 2013 - 17:51

Et bien, dans cette partie du forum, c’est-à-dire « druidisme antique » nous ne pouvons seulement dire ce que nous ont laissé les textes. Or, d’après César, bien que les Gaulois fussent les plus religieux des hommes ils ne faisaient aucun rite sans l’intervention d’un Druide.

Que penser ?
Que le « petit peuple » se contentait des grandes célébrations pour communiquer avec les Dieux ou qu’il appelait systématiquement un prêtre pour célébrer à sa place en tant qu’intercesseur ?

D’autre part, dans certaines zones de fouilles archéologiques, nous avons retrouvé de petites niches dans des maisons. A quoi servaient-elles ? Au culte domestique ? Pour qui étaient-elles installées ? Les Dieux ? Les Ancêtres ?

Pour ma part, je pense qu’il existait bien un culte domestique, célébré dans la maison de chacun, face à un Dieu-préféré et aux Ancêtres et que le Père-de-famille jouait, là, le rôle de « pontife ». Je suis même persuadé que le « petit peuple » déposait des offrandes dans les Nemeta, en dehors des grandes célébrations, dans les rivières, sur les hauts des collines, dans leur champs (pour reprendre l’agriculteur) ou n’importe où ailleurs. Mais, malheureusement ce genre de culte laisse très peu de trace donc… nous ne pouvons que le supposer.

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Clyde TriCanauos

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MessageSujet: Re: Comment le petit peuple vivait il sa foi ?   Mar 15 Jan 2013 - 19:53

En ces temps anciens, un culte officiel pouvait il exister sans un culte domestique?
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Setanta
Druide C.C.C.
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MessageSujet: Re: Comment le petit peuple vivait il sa foi ?   Ven 19 Avr 2013 - 11:27

(message transféré suivant les conseils de notre hôte Wink )

si je peux me permettre Very Happy ... j'avais écrit ce texte il y a quelques temps :

Il semble que les gaulois de l’époque indépendante affectionnaient de décorer leurs maisons et prenaient tout particulièrement soin des portes, pour souligner l’importance et le symbolisme du franchissement du seuil, que ce soit celle de la clôture extérieure dont les piliers étaient ornés de sculptures et portaient un arceau, lui même décoré, ou celle de l’habitation proprement dite pourvues d’inscriptions ou de motifs symboliques. Dans la maison, on suppose que le foyer constituait la partie centrale : on a retrouvé des chenets représentant des animaux (têtes de bêliers surtout) et on sait que beaucoup de chaudrons, et pas seulement les chaudrons cultuels, étaient minutieusement décorés …

On sait aussi qu’à l’époque gallo romaine les particuliers possèdent dans leur foyer un lieu sacré : dans le laraire (petit autel ou niche en pierre en forme de temple) séjournent les dieux Lares, génies protecteurs de la maison, et autres divinités : déesses-mères, Epona, Hercule, Mercure…Ils leur rendent un culte et leur offrent des libations sur un autel installé devant le laraire…

Mais quid de la religion familiale dans la Gaule indépendante ?

Si elle existait de manière certaine, des auteurs pensent qu’elle avait peut être, à une époque historique (IIème – Ier siècle av. J.-C.), une importance moindre que dans les religions grecque ou romaine. Les textes antiques (Poseidonios, fin IIème siècle av. J.-C., dont nous conservons des résumés chez César et Strabon) suggèrent que la tendance à la hiérarchisation de la religion gauloise autour des trois sacerdoces principaux (bardes, vates et druides) a non seulement réduit du même coup les manifestations non publiques mais aurait facilité aussi l’intervention de prêtres même dans le domaine domestique, où le père de famille n’aurait ainsi pas eu le rôle de prêtre privé qu’il avait à Rome.

Le terme « druide » pose pourtant problème : en effet, parallèlement au druide Diviciacos, César, dans sa Guerre des Gaules parle de Gutuater qui serait à l’origine des troubles survenus chez les Carnutes et qui ont mis le feu aux poudres.

Seulement, le hic, c’est que même si Gutuater signifie « maître des invocations » (dictionnaire Delamarre), donc prêtre, il est ici employé comme un nom propre et on ne sait donc pas trop à quoi s’en tenir …

en revanche, rien n’interdit de penser qu’il y avait peut être une caste de sacerdotes plus « basse » que celle des druides à proprement parler, en contact plus étroit avec le petit peuple, se rapprochant plus, dans une certaine mesure, de l’image qu’on peut se faire du « sorcier de village » mais en incluant un rôle sacerdotal plus ou moins marqué…

Et ce sont peut être eux qui intervenaient dans le domaine domestique même si la maison forme un espace d’indépendance où le propriétaire est maître absolu. Car les Gaulois étaient considérés comme formant un peuple s’adonnant « de façon immodérée aux choses de la religion« , et je m’étonne de ce que les cultes privés aient eu une importance moindre que dans les religions grecque ou romaine.

Je m’étonne aussi de ce que le père de famille n’avait peut être pas le rôle de prêtre privé qu’il avait non seulement à Rome mais aussi chez les germains et les nordiques … les Gaulois se seraient ils singularisés à ce point au milieu d’une Europe quand même relativement homogène au niveau cultuel ?

Je ne me fonde naturellement sur aucune « preuve » historique mais le fait qu’on ne retrouve pas de textes traitant du culte domestique ne signifie pas pour autant qu’il n’y avait pas un culte domestique développé…

j’ai lu récemment (mais où, je n’arrive pas à me rappeler), une thèse selon laquelle la non écriture des druides n’était qu’un mythe, qu’ils écrivaient mais qu’ils le faisaient sur des supports périssables (bois, etc…) et que c’est pour cette raison qu’on n’a pas retrouvé d’écrits… est-ce qu’on ne pourrait pas envisager (ce ne sont là que des pistes de réflexion…) que les Gaulois de l’époque indépendante, avaient aussi des laraires chez eux, mais qu’étant en bois ils n’ont pas résisté au temps ?…

Les actes cultuels les plus importants et les plus pratiqués étaient le sacrifice et l’offrande … encore une fois, je trouve difficilement concevable que le Gaulois, lambda mais tellement religieux, n’ait pas eu chez lui, une structure (simple laraire ou à la limite mini « chapelle », coffre réservé à cet usage -comme pour y mettre les têtes coupées ou « coin dans le jardin » …) pour y pratiquer ces sacrifices et y faire ces offrandes quotidiens aux dieux de la famille, de la maison, etc, au milieu des siens, et au gré des circonstances, comme les autres peuples de tradition indo-européenne…

Ces sacrifices n’étaient pas forcément sanglants, mais pouvaient consister, comme à Rome, à faire brûler un peu de nourriture ou de boisson dans le foyer familial (au centre de la maison gauloise ), au début de chaque journée.

Quoi qu’il en soit, on voit bien qu’on ne sait en fait pas grand chose du culte domestique que pratiquaient nos ancêtres gaulois et les découvertes archéologiques n’ont pas, dans ce domaine, pu nous faire remonter à la période indépendante. En revanche, à l’époque gallo-romaine, Il semble qu’il se présentait sous l’aspect de deux traditions différentes, l’une directement issue de l’influence romaine, l’autre exprimant peut être un conservatisme religieux gaulois et les deux exercées selon trois modalités particulières. De la même manière que leurs « occupants », les gaulois honorent les Lares et les Pénates, qui sont des divinités protectrices de la maison et du foyer, et qu’on installe dans des laraires, petits sanctuaires domestiques pouvant prendre la forme d’une petite niche dans l’atrium, ou d’une petite construction surélevée ou directement peinte sur un mur. On place donc dans ces laraires classiques les Lares et les Pénates mais aussi des figurines, souvent en bronze qui peuvent représenter Jupiter, Mars, Mercure ou Junon, et dont on a retrouvé un certain nombre (à Rouen, à Avenches en Suisse, etc …)

A côté de ces laraires abritant des divinités de bronze spécifiquement romaines, on a retrouvé aussi des petits sanctuaires ou autels domestiques conservant des figurines en terre blanche et en calcaire qui sont d’un type gallo-romain beaucoup plus marqué, et représentant, comme à Langon en Ille et Vilaine une Cérès, des Vénus anadyomènes, un Mercure, des Déesses-Mères, un cheval…

A Rezé en Loire Atlantique, c’est aussi un laraire se rattachant à la tradition romaine qu’on a découvert mais dont les figurines et les divinités qu’il abrite, à savoir, un chien, gardien de la maison, un porc, symbole de fertilité et trois déesses protectrices, en font un petit sanctuaire privé entièrement consacré à des croyances indigènes.

On s’est demandé si ces laraires « mixtes » de type gallo-romain étaient l’expression d’un processus de romanisation en cours ou bien au contraire de retour aux traditions gauloises. On peut citer à l’appui de cette dernière thèse, le sanctuaire dédié à Mithra à Mackwiller dans le Bas Rhin qui fut en partie ruiné à la fin du IIIe siècle et au lieu d’être reconstruit fut remplacé alors par un « sanctuaire de source », construit sur un plan indigène, ce qui corroborerait le retour, à cette époque, aux traditions religieuses indigènes les plus anciennes.

Enfin, on a aussi découvert quelques niches ou édicules aménagés dans des caves, comme à Argentomagus (Argenton sur Creuse en 1986), où ont été mis à jour les vestiges d’un édicule maçonné renfermant deux statues et un phallus disposés derrière une petite table circulaire.

Les deux statues pourraient être les figurations du dieu Kernunnos et d’une divinité de la prospérité familiale, le phallus représentant la fertilité… C’est Joël Le Gall, qui fut le directeur des fouilles sur le site d’Alésia où l’on trouva, dans le sous sol de la « maison à la Mater » et dont l’escalier s’ouvrait dans la cour de la propriété, une statuette de déesse-mère au pied d’une niche, qui donna à ces sanctuaires le nom de « caves sanctuaires ». « Si elles présentent les mêmes caractéristiques que les caves utilitaires, précise Gérard Coulon (« à la rencontre des Dieux gaulois »), elles comportent en plus une ou plusieurs niches aménagées assez haut, dans les parois, qui abritent une ou plusieurs statues de déesses-mères ou de dieux domestiques ». En outre, les « caves sanctuaires », pour lesquelles Coulon préconise de substituer l’expression d’ « oratoire privé en sous sol » présentent aussi la particularité d’abriter un guéridon de pierre à un seul pied, parfois décoré.

Ces détails sont rares dans les découvertes afférentes à la tradition romaine: pratiquement pas de laraires aménagés dans un sous-sol, extrême rareté des tables. Il semblerait donc bien que ces oratoires privés souterrains soient spécifiquement gaulois et Joël Le Gall est catégorique: « ces chapelles n’avaient aucun rapport avec les laraires romains, les dieux qu’on y honorait étaient les dieux nationaux de la Gaule ». La localisation souterraine peut s’expliquer de différentes manières: on a pu dire que la cave était l’endroit idéal pour honorer les divinités familiales de la fécondité et de la prospérité puisqu’elle est tout à la fois fondement de la maison, lieu sombre à l’abri des regards du public, resserre à provisions, et donc lieu privilégié pour demander à ces divinités les bienfaits matériels de leur protection, de la prospérité et de la sécurité . Raison supplémentaire, selon Joël Le Gall, si les gallo-romains pour accueillir leurs dieux dotaient leurs maisons d’un sous sol, c’est parce qu’il «leur rappelait les huttes à demi enterrées que les hommes partageaient jadis avec eux. Sans doute pour se rapprocher davantage encore de ce souvenir, on eut soin que l’escalier de ce sous sol débouchât toujours à l’air libre dans la cour de la maison ».

Il semblerait donc bien établi que ces oratoires privés ne participent en rien à la tradition romaine. En revanche, on ignore s’il s’agit d’une vieille coutume indigène dont ne nous serait, pour une raison ou pour une autre, parvenu aucune trace de la période indépendante et qui continuerait à avoir cours sous l’Empire dans un nouveau cadre de vie; ou s’il s’agit de la transposition en Gaule intérieure, du laraire classique. La première hypothèse fait son chemin et Jean Louis Brunaux dans ses travaux sur les religions gauloises note que « l’autel dans la maison n’est à priori pas à rejeter » même si sa réalité ne pourra être prouvée que par l’archéologie . A l’heure actuelle, malheureusement, les découvertes sont encore trop peu nombreuses pour pouvoir juger de la place de ces sanctuaires souterrains dans la religion privée. En revanche, on peut se demander, comme Gérard Coulon, si « la coexistence de ces deux traditions religieuses d’expression bien différentes ne pourrait pas contribuer à appréhender une certaine dualité de la société gallo-romaine ? »

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MessageSujet: Re: Comment le petit peuple vivait il sa foi ?   Mer 23 Juil 2014 - 23:42

Auetos a écrit:
Pour ma part, je pense qu’il existait bien un culte domestique, célébré dans la maison de chacun, face à un Dieu-préféré et aux Ancêtres et que le Père-de-famille jouait, là, le rôle de « pontife ». Je suis même persuadé que le « petit peuple » déposait des offrandes dans les Nemeta, en dehors des grandes célébrations, dans les rivières, sur les hauts des collines, dans leur champs (pour reprendre l’agriculteur) ou n’importe où ailleurs.

Lorsque les radios libres sont apparues j'ai été journaliste amateur et j'ai eu l'occasion d'interviewer des prisonniers français de Dien Biên Phu, qui mouraient de faim, et volaient les offrandes faites au dieux par les Thos, une minorité nationale du Vietnam.

Donc en dehors des grandes cérémonies, tous les soirs les villageois déposaient des offrandes sur un petit autel de bois commun à trois ou quatre maisons.

Il est certain que moins de cent ans après qu'on cesse de l'utiliser ce genre de petite structure n'est plus identifiable.
Je pense qu'il y avait un culte interne, au moins pour les ancêtres, et un culte externe quotidien pour deux ou trois maisons.
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