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 L'Oppidum de Sainte-Luce

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MessageSujet: L'Oppidum de Sainte-Luce   Mer 30 Jan 2013 - 16:12

Peut être es-ce l'endroit d'en parler: l'Oppidum de Sainte-Luce (Drôme) est une impressionnante chaîne de roches calcaires dressées à la verticale, telle une longue échine de dragon, est-ouest. Sur un rebord inhospitalier de ce roc, suspendu au dessus des vallées, un village de crête néolithique, puis un oppidum occupé sans discontinuer jusqu' en 52 av JC. La falaise forme, sur le coté nord un rempart naturel où un oculus d'1m50 de diamètre a été creusé de main d'homme pour percer le roc, on y voit l'autre vallée. Tous les ans, pendant les jours les plus sombres au solstice d'hiver le soleil vient frapper quelques minutes une source bien en contrebas avant de se lever au dessus des rochers près du midi heure d'hiver...Beaucoup de trouvailles lors des fouilles, le musée archéologique de Nyons les expose, dont un Marteau de belle facture mais bien peu fonctionnel, "c'est cultuel"  avait dit le responsable des fouilles. Pensez- vous à Sucellos? Et l'eau?

Récupéré ensuite par les bénédictins qui construisent un imposant prieuré roman de sainte "Luce" devant l'oculus, aujourd'hui en ruines.

sunny


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Auetos
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MessageSujet: Re: L'Oppidum de Sainte-Luce   Mer 30 Jan 2013 - 18:26

Pour en savoir un peu plus sur l’Oppidum de Sainte-Luce…

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1914_num_11_2_7224

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MessageSujet: Re: L'Oppidum de Sainte-Luce   Mer 30 Jan 2013 - 23:49

Les longues lames polies des élites (La Recherche n°312, septembre 1998 e.v):

Dans les années 1980, la partie occidentale de la Nouvelle-Guinée, l'Irian Jaya, restait le dernier point du monde où quelques communautés fabriquaient et utilisaient encore des haches à lame de pierre. D'un vert translucide et parfaitement polies, certaines de ces lames sont si longues qu'elles deviennent pratiquement inutilisables pour l'abattage des arbres. Observer leur mode de fabrication et d'utilisation, puis expérimenter soi-même la taille et le polissage permet de mieux comprendre la fonction des grandes haches du Néolithique découvertes par centaines dans des régions aussi éloignées que les Alpes, la Catalogne, l'Irlande ou le Danemark.

Selon les plus récentes datations radiocarbone, les défrichements agricoles en Europe occidentale ont commencé à l'aube du VIe millénaire. Pour défricher, l'homme utilise alors le feu, les outils en silex, en os, en bois de cerf, mais l'outil par excellence des cultivateurs en forêt est la hache de pierre polie. Elle est utilisée entre autres pour ouvrir les champs de céréales, de pois et de lin, couper les rejets d'orme et de frêne consommés par le bétail en hiver, façonner les bois d'architecture, refendre en éclisses le combustible pour les foyers. Mais pas seulement. De nombreux témoignages du Néolithique qui, rappelons-le, s'étale entre 6000 et 2000 av. J.-C. semblent indiquer que les haches à lame en pierre polie revêtaient alors une importance particulière, dépassant leur seule fonction technique. Des lames de différentes tailles avaient été découvertes avec des flèches et des poignards dans des sépultures appartenant plutôt à des hommes. Elles étaient figurées sur certains menhirs et sur les parois de sépultures creusées dans la craie, sous la forme de gravures ou de reliefs parfois beaucoup plus grands que nature ; d'où l'idée d'un culte de la hache. A côté de lames polies de dimensions modestes, en général d'une longueur inférieure à 15 cm, on avait retrouvé de très grandes lames tellement hors de proportions qu'elles étaient selon toute vraisemblance inutilisables, en tout cas inefficaces pour l'abattage des arbres. L'un des exemplaires les plus spectaculaires est la lame de 46 cm de longueur, trouvée parmi d'autres, dans le tumulus du Mané er Hroëck à Locmariaquer dans le Morbihan. De telles haches qualifiées de « cérémonielles » ou de « prestige » sont pratiquement toujours taillées dans une roche à grain fin. Elles possèdent une magnifique couleur verte, plus ou moins foncée et elles sont intégralement polies jusqu'à obtenir une forme très régulière, une section aplatie et souvent une surface brillante comme un miroir. Tous ces critères permettent, au premier coup d'oeil, de distinguer les haches cérémonielles du lot des outils de travail du bois. Plusieurs centaines de ces lames ont été inventoriées en Europe occidentale, dans des zones parfois très éloignées les unes des autres, comme la Catalogne, la Bretagne, l'Irlande ou le Danemark.

Quelle était la fonction exacte de ces lames polies de grande longueur et de formes si variées ? Les plus grandes avaient-elles une valeur sociale ? Qui les fabriquait et qui les possédait ? Que signifiaient ces transferts à longue distance ?

Au début des années 1980, époque où nous menions nos recherches sur le Néolithique européen, la partie occidentale et indonésienne de la Nouvelle-Guinée, l'Irian Jaya, restait le dernier point du monde où quelques rares groupes humains fabriquaient et utilisaient encore des herminettes et des haches avec des lames en pierre polie. Une situation exceptionnelle qui s'expliquait d'une part par la colonisation tardive des Hautes Terres centrales, d'autre part par le coût élevé que représentait pour ces populations locales l'acquisition d'une hache en acier. L'idée nous est donc venue de rapprocher le modèle indonésien du modèle néolithique en croisant données ethnologiques et expérimentations grandeur nature avec les documents archéologiques d'Europe de l'Ouest de la période dite autrefois de l'âge de la pierre polie.

Entre 1984 et 1996, au cours d'une dizaine de missions en Irian Jaya, deux d'entre nous ont étudié la production des lames en pierre polie dans plusieurs groupes de carrières, évalué les procédures d'échange d'ébauches* ou de lames achevées, enfin suivi l'abattage en forêt. Ce travail a permis de définir précisément les fonctions techniques et sociales de ces outils en pierre.

Il est apparu qu'il existait, autour de la hache de pierre, certaines constantes de fonctionnement parmi des communautés vivant à des centaines de kilomètres les unes des autres, appartenant à des groupes linguistiques différents et régies par des modes d'organisation sociale très dissemblables. Dans chaque communauté, la fabrication des lames de haches et d'herminettes n'est pas une décision individuelle ; elle répond à des besoins que rythme le calendrier des échanges avec les groupes voisins. La production est donc un véritable acte social collectif, avec des spécialisations régionales et parfois de hauts niveaux de savoir-faire, comme chez les Una de Langda où sont fabriquées en une fois plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d'ébauches taillées. Dans ces conditions, la matière première, des roches éruptives ou métamorphiques de couleur verte comme celles des Alpes, doit être abondante. Cela ne veut pas dire qu'on ne va jamais trier et ramasser des galets naturellement préformés en rivière, comme chez les Asmat où la production est modeste. Mais l'exploitation massive de riches gisements alluviaux proches des gîtes primaires est privilégiée, ou, plus souvent encore, l'ouverture de fronts de taille dans les talus d'éboulis, l'extraction par le feu sur les affleurements de roche en place, voire les puits de mine pour chercher en profondeur un matériau non fissuré.

Il est en effet important de disposer d'une matière première de bonne qualité susceptible de fournir rapidement des ébauches régulières et répondant aux exigences de la chaîne opératoire et de la reproduction des savoir-faire. La reconnaissance visuelle des roches et des minéraux est une condition nécessaire mais insuffisante car elle ne prend pas en compte les critères mécaniques de résistance de la pierre si importants pour fabriquer une belle et bonne lame. La sonorité et donc la qualité du matériau sont testées avec un percuteur en pierre ; en Nouvelle-Guinée, cette technique de prospection est la plus utilisée.

Comment se répartit le travail entre les membres d'une même communauté ? L'essentiel de la production s'effectue à l'occasion d'expéditions en montagne, où les rituels contrôlés par des « leaders » ont une grande importance. L'apprentissage dans ces conditions est long ; le niveau des savoir-faire est très différent d'un individu à l'autre : les petites haches de travail sont à la portée des adolescents et des jeunes guerriers, tandis que les grandes ébauches de 40 à 60 cm sont fabriquées par des hommes plus âgés qui s'en sont fait une spécialité et cherchent à en tirer un statut particulier.

Les transferts d'ébauches ou de lames polies sont rythmés, comme les expéditions aux carrières, par la demande sociale. Ce sont les échanges entre les leaders qui alimentent le plus efficacement les réseaux de circulation de haches jusqu'à 600 km des carrières à vol d'oiseau, voire davantage. Les plus longues lames polies sont retenues et thésaurisées par les leaders du moment, surtout dans les régions à forte densité de population où la concurrence sociale et les hiérarchies temporaires non héréditaires sont les plus accentuées.

Chez les Dani de l'Ouest, dans les Hautes Terres, un jeune guerrier peut abattre en forêt en se servant d'une lame de plus de 30 cm de longueur - la hache emmanchée pèse alors trois ou quatre kilos ! Ce n'est pas l'efficacité et le rendement au défrichement qui sont ici recherchés : il s'agit avant tout pour ce guerrier d'affirmer son statut d'homme vrai. Les dimensions de la hache marquent son statut social.

Chez les Dani de la rivière Baliem, où les guerres et les échanges ritualisés jouent un rôle central dans la régulation sociale, de longues haches en schistes verts, les ye-yao hache-échange, sont utilisées pour les paiements du prix du sang ou les compensations à l'occasion des mariages. Ces haches sont clairement des représentations anthropomorphes, souvent parées d'une jupette en paille ou en fibres d'orchidées. Sur la côte nord, les chefs héréditaires thésaurisent les longues haches sélectionnées dans les échanges et s'affichent en public avec les plus prestigieuses d'entre elles, pas forcément les plus grandes, mais les plus anciennes, celles qui possèdent rituellement le nom d'un ancêtre puissant ou d'une magie efficace. Ces hommes parvenus au faîte de la hiérarchie locale présentent la hache en main droite, tranchant vers le haut, pour montrer le « visage » de la lame polie. L'approche ethno-archéologique s'avère ici extrêmement féconde car elle permet de souligner des fonctionnements semblables qui dépassent, semble-t-il, les interprétations qu'en fait individuellement chaque société. Mais quel rapport y a-t-il entre ces cultivateurs de Nouvelle-Guinée, vivant en climat tropical avec leurs porcs domestiques et leurs jardins de tubercules, de canne à sucre et de bananiers, et le Néolithique européen ? Le Néolithique occidental n'est évidemment pas la Nouvelle-Guinée d'aujourd'hui et nos modèles ethno-archéologiques nous ont plutôt servi d'hypothèses de travail pour comprendre le mode de fabrication et la fonction des haches préhistoriques.

A l'époque où nous commencions notre étude en Irian Jaya, géologues et archéologues supposaient par exemple que les lames polies du Néolithique européen avaient été fabriquées à partir de galets trouvés dans les alluvions après un tri laborieux. En particulier, la production de lames de haches et d'herminettes en pélite-quartz dans le sud des Vosges, production à l'origine d'échanges et de transferts jusqu'à 200 km à vol d'oiseau, était supposée être épisodique, à partir de galets sélectionnés dans le lit des torrents sous-vosgiens. Pour nous qui revenions de Nouvelle-Guinée, il y avait là une contradiction évidente avec les fonctionnements observés en Irian Jaya...

En juin 1989, nous avons donc repris la prospection des cours d'eau vosgiens en testant au percuteur la qualité des galets de pélite-quartz. Dès le deuxième jour de cette recherche, nous avons concentré nos efforts sur une seule rivière, le Rahin, qui livrait les matériaux les plus favorables à une fabrication spécialisée. En remontant le Rahin et ses affluents, nous repérions enfin un ensemble d'exploitations néolithiques à Plancher-les-Mines Haute-Saône, qui totalisaient plus de 100 000 m3 de déchets de fabrication d'ébauches taillées. Les recherches ultérieures ont montré que le temps fort de l'exploitation se situait vers 4100-3800 av. J.-C. L'extraction se faisait collectivement sur de grands fronts de taille d'une hauteur de 8 à 10 m sur une largeur pouvant atteindre 50 m. La spécialisation des tâches était orientée vers la production rapide de longues ébauches à section rectangulaire, débitées au percuteur en bois de cerf et destinées à des échanges massifs en direction du lac de Constance à l'est et de la haute Marne à l'ouest. Seul le succès de ces grandes lames, atteignant parfois jusqu'à 30 cm de longueur, pouvait expliquer leur transfert jusque dans des régions possédant leur propre production de haches, mais d'une longueur rarement supérieure à 15 cm. L'imbrication étroite des critères sociaux et techniques apparaissait évidente.

Nous avons poussé la recherche jusqu'à tester expérimentalement l'ouverture d'une minière, la production de lames, leur polissage, l'emmanchement de haches et leur utilisation pour l'abattage voir photo ci-dessous. Ce n'était pas la première fois que l'on tentait une expérience scientifique d'abattage à la hache de pierre. Mais les premiers essais dans les années 1950 au Danemark s'étaient révélés peu concluants car ils avaient le plus souvent conduit à casser les manches et à faire éclater les tranchants de pierre, probablement parce que l'utilisation expérimentale était inconsciemment calquée sur les gestes de bûcherons habitués à travailler avec des cognées en acier.

Après les Vosges, nous avons suivi la même démarche sur le versant italien des Alpes à partir de 1992. Mais, cette fois-ci, il s'agissait avant tout d'étudier la fabrication et les échanges de haches cérémonielles. En 1865, le minéralogiste Augustin-Alexis Damour avait montré, par des analyses chimiques, qu'une majorité de ces haches étaient en jadéite. Or, à l'époque, aucun gisement de jadéite n'avait été découvert en Europe occidentale. Les scientifiques proposèrent alors une origine asiatique favorisée par les migrations d'anciennes peuplades. Cette idée fut définitivement abandonnée en 1904 suite aux travaux du géologue italien S. Franchi et à la découverte d'éclogites abondantes et de roches voisines des jadéites, entre le val d'Aoste et le nord des Apennins4. Mais une énigme demeurait : les vraies jadéites n'étaient repérées que sous forme de petits galets, très rares, dans les torrents5. D'où l'idée d'un tri laborieux parmi les alluvions...

Notre étude dans les Alpes a nécessité plusieurs mois de terrain - l'échelle des Alpes n'a rien à voir avec celle des Vosges ! Les galets dont la composition est proche des jadéites ou des éclogites dans les torrents alimentant les plaines du Pô entre Lombardie et golfe de Gênes, ont été testés.

Après de nombreux essais, il est possible de suggérer avec vraisemblance qu'un peu partout dans les Alpes les exploitations de galets en lit de rivière ont conduit à des fabrications peu spécialisées, à des productions de lames de petites dimensions utilisées pour l'abattage des arbres. Mais en remontant les torrents, nous avons découvert quatre aires de fabrication spécialisées, axées sur la production de grandes lames, tirant chacune profit de gisements particuliers : serpentinite à lentilles d'éclogite à Sassello, blocs d'éclogite avec peu de jadéite dans la région du Viso, énormes talus d'éboulis de jadéite vert clair massive et d'éclogite à grenats au nord et au sud du val d'Aoste, à Mucrone et à Chiusella.

Nous pouvons aujourd'hui distinguer une production piémontaise et ligure de grandes haches majoritairement en éclogite, diffusées surtout dans la moitié méridionale de la France ; une production lombarde de grandes lames essentiellement en jadéite, qui ont été échangées à très longue distance, jusqu'en Ecosse. A l'échelle de l'Europe, l'étude des spécimens de plus de 15 cm de longueur montre que les exploitations à l'est d'Aoste à partir de gisements d'âge préalpin, décrites par quelques géologues à la fin du siècle dernier puis tombées dans l'oubli, ont alimenté l'essentiel des réseaux d'échange.

Un long travail de terrain reste à faire dans la zone lombarde ; mais d'ores et déjà les observations montrent que de très gros blocs ont été chauffés pour en détacher de grandes plaques légèrement courbes, destinées à être mises en forme au percuteur en bois de cerf. Un autre mode de production a certainement été utilisé : le sciage de blocs massifs, pour en tirer de longues barres de jadéite. Ces deux techniques sont très clairement visibles sur certaines ébauches découvertes en val d'Aoste et en Valais, ou bien sur les produits finis retrouvés en Bretagne ou au Luxembourg.

L'application des modèles ethno-archéologiques au monde alpin a ainsi provoqué un retournement complet des hypothèses, avec la mise en évidence de centres spécialisés de production de haches et d'herminettes socialement valorisées. La cartographie des grandes lames polies d'origine alpine montre une Europe occidentale partagée entre une tradition danubienne et une tradition méditerranéenne, selon les deux axes bien connus de colonisation au VIe millénaire. Parce que la majorité de ces grandes lames avait été trouvée isolément, préhistoriens et géologues n'avaient pas vraiment cherché à les dater à l'intérieur des quatre millénaires que couvre le Néolithique ; ou bien, par un raccourci saisissant, ils les avaient en général interprétées comme des imitations tardives de haches en cuivre, et par conséquent rapportées à la fin du IIIe millénaire av. J.-C. Il n'en est rien.

L'ensemble des données chronologiques que nous avons accumulées en faisant l'inventaire européen des lames polies en éclogite ou en jadéite de plus de 15 cm de longueur - suivant l'idée émise autrefois par Pierre-Roland Giot - permet de démontrer que les premiers transferts à longue distance depuis les Alpes ont débuté vers 4700 av. J.-C., qu'ils ont culminé entre 4500 et 4300 av. J.-C. pour s'achever aux environs de 3800 ans av. J.-C., avec la hache de Sweet Track dans les Somerset Levels Angleterre datée de 3807-3806 par la dendrochronologie*.

Les modèles de Nouvelle-Guinée et la mise en contexte des pièces néolithiques européennes permettent désormais de se faire une idée plus juste de la signification de ces lames polies. Les grandes haches ou herminettes participaient à la valorisation sociale de certains individus haut placés dans la hiérarchie du moment. Elles représentaient des raretés et un énorme surcoût de travail par rapport aux outils d'abattage du bois comme nous avons pu le tester : roche exotique translucide, longueur hors norme, forme parfaite, minceur permettant de souligner le passage de la lumière au travers du tranchant, polissage parfois extraordinaire, éventuellement arête médiane décorative ou perforation pour la présentation publique.

Pendant le Ve millénaire, leur répartition en Europe occidentale souligne une disposition en demi-cercles concentriques, de l'Italie du Nord à l'Ecosse ;

- vers l'épicentre de fabrication, les grandes haches sont pratiquement absentes, sauf sous forme d'ébauches brisées, parce qu'elles n'avaient guère de valeur sociale sur les lieux de production ;

- à 200 km de leur origine, elles apparaissent épisodiquement sous la forme d'ébauches et de lames sommairement polies ;

- entre 250 et 400 km de l'épicentre, elles n'existent que le long de trois axes d'échange : vallée du Rhin, Bourgogne, Languedoc occidental.

- leur plus grande fréquence se situe entre 450 et 900 km de l'épicentre, où elles sont regroupées selon des concentrations qui coïncidaient avec des centres du pouvoir ; - la Bretagne présentant certainement l'exemple le plus riche en haches, en stèles monumentales et en tumulus géants construits au profit de quelques-uns.

- plus loin encore, jusqu'à 1 700 km de l'épicentre, l'Angleterre, l'Ecosse et le Danemark ont livré des exemplaires moins nombreux, mais remarquablement polis.

De telles concentrations, alternant avec des zones à peu près vierges, sont caractéristiques de fonctionnements inégalitaires et de transferts à longue distance entre élites. Cette cartographie des haches socialement valorisées montre qu'au Néolithique les centres du pouvoir se trouvaient du côté de la façade maritime de l'Europe. En Bretagne, l'association entre tombes monumentales, dépôts de grandes lames et production de sel une autre forme de stockage de la richesse semble conforter cette idée.

Ce tableau est très différent de celui que l'on imaginait pour le Néolithique en raison de notre vision linéaire de l'histoire : l'existence de hiérarchies est admise à l'âge du fer, parmi les Celtes notamment ; elle ne l'est souvent pas, par principe, aux périodes plus anciennes. En fait, ce détournement d'un outil de sa fonction première comme instrument de valorisation, participant à la reproduction sociale des élites, conduit à une vision du Néolithique plus complexe, avec une Europe, encore coupée en deux mais cette fois à plus grande échelle, entre Occident et Orient. Aux deux extrémités : le golfe du Morbihan en Bretagne et son architecture monumentale, la lagune de Varna en Bulgarie et ses nécropoles prestigieuses. Deux Europe contemporaines, aux formes d'organisations hiérarchiques indépendantes, peut-être toutes deux soutenues par l'exploitation du sel : l'une, à l'est, parée d'armes et bijoux en cuivre ou en or, l'autre, à l'ouest, s'enorgueillissant de longues haches en roche verte translucide.


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Matolitus
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MessageSujet: Le Marteau   Jeu 31 Jan 2013 - 11:46

Ballios, au sujet du Marteau "cultuel", peut-être as-tu une photo ou une carte postale à nous montrer, car je n'ai rien trouvé sur le Web (même pas sur le Musée de Nyons). Tu dois imaginer sans peine que les assidus à ce Forum sont très intéressés par sa vue. Merci d'avance.

Bien à toi,
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Auetos
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MessageSujet: Re: L'Oppidum de Sainte-Luce   Jeu 31 Jan 2013 - 20:45

En tout état de cause qui dit maillet, dit – au moins – Sucellos, le bon frappeur…


Sucellos, dieu au maillet et au chaudron, protecteur de la fécondité, il fait jaillir les sources sylvestres en frappant le sol de sa masse. Il a été assimilé à Sylvain ou à Vulcain. On le représente sous la forme d'un vieillard ou d'un homme d'âge mûr, vêtu à la gauloise d'une tunique à capuche, de braies et de bottes, et portant un maillet et parfois un chaudron, souvent accompagné d'un chien. Il est souvent accompagné de la déesse Nantosvelta. Il est assimilé au Dagda celte, le dieu-druide par excellence (et par conséquent le dieu des druides) qui a en charge le sacré, la science, les contrats. Il règne sur le temps, l'éternité et sur les éléments, ainsi que sur le Sidh (l'Autre Monde celtique). C’est le dieu de la transfiguration (son maillet tue d'un côté, et ressuscite de l'autre) qui marque le passage de la vie purement terrestre à la vie spirituelle.

Autel dédié à ATTIVS / SIL(vano) / L(ibens)



Autel dédié à DEO SILVANO SVCELLO




… nous pouvons y remarquer le maillet, symbole même de la divinité.

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MessageSujet: Re: L'Oppidum de Sainte-Luce   Jeu 31 Jan 2013 - 23:52

Il s'agirait donc d'une petite hache en cuivre à douille armoricaine de forme rectangulaire, Hallstattienne, et non pas du bronze tardif. voir pour celà "pour en finir avec le Bronze Final" JG de Soto, 2008 (attention aux travaux plus anciens). Gauloise Armoricaine, elle en a fait du chemin, cette "hache" absolument non fonctionnelle, comme toutes ces fameuses haches: de belle facture comme je le disais, fine, mais d'une constitution (volontairement surchargées en plomb par les bronziers) qui ne peut ni fendre ni couper, et impossible à aiguiser... mais frapper, oui (le maillet).



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Setanta
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MessageSujet: Re: L'Oppidum de Sainte-Luce   Ven 1 Fév 2013 - 11:45

si je peux me permettre, un travail que j'avais fait sur "les dieux au maillet" il y a quelques années :
Citation :
Avec la hache, le marteau est le premier outil fabriqué par l’homme, il y a plusieurs millénaires, pour transformer la matière. Simple pierre, à l’origine, il a évolué au cours du temps en s’enrichissant d’un manche qui lui communique sa dynamique de frappe, la masse en tombant, faisant un travail qui n’est contrôlé que par l’œil et la main de l’ouvrier : fermeté, patience et persévérance sont exigées, il n’y a donc pas de droit à l’erreur sous peine de recommencer l’ouvrage au départ.

Dès l’aube des temps, l’homme fabriquant son premier galet aménagé devient le sorcier qui manipule la matière amorphe, à l’image d’un démiurge qui construit des mondes puisque toute création suppose au départ un artisan et la mise en œuvre d’une matière première. C’est le forgeron de la société antique, membre de la troisième fonction, celle des producteurs qui vient après celle des guerriers et celle des prêtres selon la répartition tripartite indo-européenne. Il sait transformer le fer en acier, et il travaille le métal avec le feu. On le craint et on le respecte : son art fait appel à des forces ténébreuses et sa pratique pourrait s’apparenter à une magie inférieure et à la sorcellerie, mais ne participe-t-il pas ainsi à une alchimie secrète, en alliant la terre, l’eau et le feu ? celle là même qui aboutit à l’ordonnancement du cosmos et à la naissance du monde ? Cela n’en fait pourtant pas un dieu puisque dans le panthéon celtique, la forge est l’attribution de l’irlandais Goibhniu (il forge les armes qui donneront la victoire aux Tuata Dé Danann sur les Fomoire lors de la deuxième bataille de Mag Tured), du gallois Gofannon, et du gaulois Gobnios, qui est lié à l’ Autre Monde.

C’est donc l’outil du forgeron mais il est aussi présent dans de nombreux métiers corporatifs et c’est notamment le sculpteur qui l’utilise, ainsi que le bâtisseur qui transmirent dit-on, dans l’art roman surtout, les connaissances druidiques traditionnelles des anciens celtes. C’est aussi une arme (si l’on voit, sur le Pilier des Nautes de Paris, Vulcain tenant le maillet à forme courbe de Sukellos, l’on y voit aussi Smertrios-Hercule brandissant sa massue contre un serpent) et il peut alors présenter l’image de la force brutale (plus tard Charles Martel en tirera son nom).

Dans cette société celtique, en se taillant une place prépondérante parmi les outils, le marteau, ou le maillet, ou même encore, par extension, la massue, deviennent un attribut des dieux (lesquels, dans ce cas, portent d’ordinaire la courte tunique à capuche des gens du peuple) et représentent souvent la classe productrice de l’abondance, de la sagesse populaire et du cycle des saisons. Car les divinités au maillet ont toutes une identité primordiale qui comprend l’aspect de la force brute, la notion de fécondité, de détenteur de la vie et du pouvoir de donner la mort ou de veiller sur les défunts. Par cela, elles assurent le renouvellement des cycles.

Arguant de certaines analogies entre la religion des Etrusques et celle des Celtes, certains ont voulu voir dans les dieux au maillet les héritiers de Charon, le dieu étrusque de la mort dont on explique qu’il frappait les morts avec cette arme de la foudre pour leur permettre d’accéder à la « vie éternelle ». Sukellos, pourtant, pourrait bien être une divinité archaïque et syncrétique de la période ancienne du premier âge du Fer (750-650 av JC) et donc, à peu près contemporaine du dieu étrusque (ces analogies relevant plus, à mon sens, de l’ unicité de fond du paganisme) tandis que le marteau, lui, pourrait constituer l’héritage symbolique de la hallebarde des peintures rupestres protohistoriques.

Le maillet, souvent représenté sous la forme du Tau, est l’idéogramme du tonnerre, car le bruit de l’un fait penser au phénomène céleste qu’est l’autre. Si le maillet n’est jamais représenté comme l’attribut de Taranis, on sait pourtant que le nom de ce dieu du ciel et de la foudre signifie « le grondant » ou « le tonnant » et qu’il fut longtemps confondu avec Sukellos qui est lui même, en plus du marteau, parfois accompagné d’esses, d’une roue ou d’une foudre , c’est à dire aussi bien de signes tonnants que fulgurants (rappelons que les épithètes les plus courantes associées au nom du Jupiter romain sont « fulgur » et « tonnans ») Par ailleurs, ce rapprochement se fait encore plus étroit entre Taranis et le marteau quand on considère celui ci comme l’arme de la foudre, et donc du Feu divin (ainsi que, par extension, de l’Esprit).

Avec la harpe et le chaudron, c’est la massue, si lourde que deux roues sont nécessaires pour la porter, qui figure parmi les attributs du Dagda irlandais, le « dieu bon » (qui pourrait être une préfiguration du « bon dieu » des chrétiens, passés maîtres dans l’art de la récupération ), le père du peuple, le premier dieu, l’Etre Absolu père des vivants et maître des morts. C’est un rustre ventru, goinfre et paillard qui se livre à de périodiques accouplements avec les déesses de la Terre, mais comme rien n’est jamais simple dans la mythologie celte il est aussi l’initiateur du chemin héroïque et spirituel qui mène vers la Lumière de la Connaissance. De la même manière que les Eléments, ces principes selon lesquels sont structurées les théories traditionnelles du monde, de la même manière donc que l’air, que le feu, que l’eau, que la terre peuvent apporter la vie mais aussi la mort, avec une extrémité de sa massue, le Dagda donne la mort, mais avec l’autre il donne aussi la vie. On songe ici à la massue d’Héraklès, au marteau de Thor, au Vazra du Mitra indo-iranien, au Vajra d’Indra, au Fulmen de Zeus, à la lance d’Achille ce qui souligne une fois de plus l’unicité de fond du paganisme antique et du monde indo-européen.

Il y a bien sûr aussi le maillet du dieu gaulois correspondant au Dagda, Sukellos, « le bon frappeur » ou « celui qui frappe fort ». Dieu du monde visible et de l’Autre Monde à la fois, mais, donc et surtout, dieu du Passage (au Moyen Age et jusqu’au XIXe, on utilisait encore le « maillet de la bonne mort » quand un vieillard tardait à mourir en le posant sur son front pour faciliter son passage…). Lui aussi peut donner aussi bien la vie que la mort. Par la force de son coup, bien entendu, mais aussi plus symboliquement. En effet le maillet évoque les effets du tonnerre par l’impact de sa partie la plus large, tandis que l’autre bout, que tient la main du dieu, représente l’idée de fécondité, à la fois du fait de sa forme phallique, mais aussi parce que c’est après le coup de tonnerre que tombe du ciel la pluie fertilisante, fruit de l’union du ciel et de la terre, du dieu du ciel, de la pluie et de l’éclair et de la Grande Déesse, ou de la Terre-Mère, pour ensemencer la terre (nous voyons, ici encore, le rapport symbolique entre les morts et les semences).

D’ailleurs, il est intéressant de noter que comme une des compagnes du Dagda, la déesse Boann, qui est un aspect de la déesse Brigitt (la forge fait partie de ses attributions !) et qu’on assimile à la rivière Boyne, image de la vie en germe, la parèdre de Sukellos est Nantosuelta, déesse des sources et donc de vie et de fécondité, déesse mère en fait.

Notons aussi qu’on assimile parfois le Dagda à Gargan, divinité pré-celtique intégrée , dont l’attribut est aussi la massue et qui partage les sauvages appétits sexuels et gustatifs du « dieu bon » mais possède en même temps un rôle d’équilibreur des Forces de l’eau (donc toujours en rapport avec la vie et la mort). Comment alors ne pas penser au géant Gargantua, le personnage fabuleux de Rabelais, qui symbolise l’effort de ce qui est encore rustre et brut mais se dirigeant vers plus d’harmonie et de raffinement ? (c.f. Infra « ceux de Gargan »)

Le maillet, (mais c’est aussi valable pour le marteau, comme pour la massue) deviendrait ainsi outil initiatique. Certains détails nous l’avaient d’ailleurs déjà laissé supposer : les notions de manipulation d’une matière amorphe, d’alliance alchimique des Eléments, de fécondité, du pouvoir de donner la vie ou la mort, de chemin héroïque vers l’harmonie et la Lumière, d’équilibre de forces contradictoires enfin. Et pour corroborer le tout, on sait que comme arme du dieu du ciel, le maillet entretient symboliquement des rapports très étroits avec la foudre , or, Mircéa Eliade l’affirme, « dans toutes les mythologies, l’homme foudroyé est consacré ». Dans cette consécration, comment ne pourrait on pas alors voir « Initiation » ?

On sait que, dans la Franc Maçonnerie, l’Apprenti est assimilé à une Pierre Brute qu’il doit s’employer lui même à dégrossir. Ses outils sont le ciseau et le maillet, ce dernier dans cette opération de travail de l’homme sur l’homme dans le but de « l’améliorer » et de construire un temple idéal intérieur, symbolise la volonté active de l’Apprenti, ferme et persévérante. Le buis dont il est fait est symbolique de cette fermeté et de cette persévérance mais on sait aussi que chez les celtes, il était un symbole funéraire en même temps que d’immortalité.

Toujours dans la FM, notons encore que le maillet est également un insigne de commandement et de pouvoir, ce qui le rapproche aussi de la foudre et de son symbolisme, et qu’il sert à provoquer des « ondes sonores rythmiques » (le tonnerre ?) notamment avec les « batteries » dont certaines semblent inspirées des traditions chevaleresques.

A la lumière de tous ces faits, il semble évident que le maillet ait une valeur symbolique principale d’initiation et qu’il serve tout à la fois à tuer le « vieil homme » par un bout pour en construire un nouveau par l’autre. Car le but de toute réelle démarche initiatique est d’atteindre un état « supérieur » de conscience ou tout au moins « autre », de parvenir à l’ »accomplissement » , autrement dit de devenir complètement ce que l’on est.

Cet aspect est encore renforcé si l’on voit également dans le maillet un symbole axial et de verticalité ( notons au passage qu’il présente certains traits symboliques de la lance de Lug -« salmidanach » et donc forgeron, élevé lui même par un forgeron- et correspondra plus tard à la lance des contes du Graal). En tant qu’Axe du Monde, il réunit aussi bien la terre au Ciel, à l’image de l’Arbre dont on sait le riche symbolisme, que les trois mondes celtiques entre eux, et touche en son sommet à l’étoile polaire considérée comme centre de toute énergie, donc tout à la fois symbole de/et symbolisé par la grande Déesse de l’Origine. Il semblerait en l’occurrence qu’il s’agisse ici plus précisément du « clou de la Polaire » auquel toute la voûte céleste est accrochée : la tradition nordique considère que l’acte de marteler un clou (on retrouve le marteau, ou le maillet) correspond, à l’échelle microcosmique, à la fixation des énergies de la terre à l’« ombilic » ou « nombril du monde », donc à la base de l’axe. Symboliquement, le maillet/axe permet à l’homme d’occuper son Centre, point d’union des contradictions, afin de connaître sa place dans l’ordre cosmique (à ce stade de l’écriture de cet essai me vient une idée : si l’on considère la mort comme une initiation, ne serait-il pas possible d’interpréter dans ce sens le geste de Cuchulainn de s’appuyer contre un Menhir et de s’y attacher afin de mourir debout ?); il correspond aussi aux différents états de l’être et c’est le long de l’axe qu’on peut s’élever vers les états « supérieurs » .

Le sujet est loin d’être clos et les interprétations sont peut être très subjectives. Mais le fait est que les mythologies et les symboliques païennes en général, et celtes en particulier, sont tellement riches que lorsqu’on veut leur appliquer un peu de réflexion, l’exploration d’une direction de pensée dirige immanquablement vers une autre direction, qui elle même revient sur et repart vers …etc. En fait, on ne sait jamais, quand on part de ce qu’on croit être un point précis, où on arrivera en définitive. Ou plutôt on sait qu’on s’arrêtera quelque part mais qu’on « n’arrivera » pas réellement à quelque chose de définitif, ce qui démontre bien l’absurdité des conceptions linéaires des choses (la réflexion, le temps, la vie, etc.). Conférer une interprétation arrêtée, stéréotypée, unique à un symbole particulier n’aurait pour résultat que de l’appauvrir et de le transformer en un simple signe et de nier toute la richesse de ses potentialités imaginaires. Ce serait aussi faire peu de cas de la sensibilité de chacun. La porte reste donc grande ouverte.

Bibliographie

Marcel Chassaing : Le Dieu au maillet. Imp.Rozé

J. Chevalier/A. Gheerbrant : Dictionnaire des symboles. Bouquins Laffont

J.J Hatt : Mythes et Dieux de la Gaule. Picard

Nigel Pennick : Magie du Nord. Pardès

J.P Persigout : Dictionnaire de mythologie celte. Du Rocher

Myriam Philibert : Les mythes préceltiques. Du Rocher

R.J Thibaud : Dictionnaire de Mythologie et de Symbolique Celte. Dervy

J.Marc Vivenza : Le dictionnaire de René Guénon. Mercure Dauphinois

Encyclopédie des symboles. La Pochothèque

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MessageSujet: Re: L'Oppidum de Sainte-Luce   Sam 2 Fév 2013 - 16:14

Passionnant...
Setanta, l'Ile de Thoraigh au nord de l'Irlande a une "Tau Cross" imposante sur le port, il se dit que c'est une croix primitive.
Je n'en ai jamais vu ailleurs en Irlande ni chez nous. En connaissez-vous d'autres?
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MessageSujet: Re: L'Oppidum de Sainte-Luce   Sam 2 Fév 2013 - 16:36

Baginus était du temps des Voconces le dieu tutélaire du pays, ou Pagus Baginensis, où il est aussi sur certaines inscriptions associé aux Mères: Bagino et Baginatiabo/Baginiatabo/Baginiensibo.

voir pour cela dans la Revue Archéologique de Narbonnaise (2000, vol.33, numéro 1) "Découverte d'autels aux déesses Baginatiae à Sainte-Jalle (Drôme)" Henri Desaye, Jean-Marc Lurol, Jean-Claude Mège:

http://www.persee.fr/doc/ran_0557-7705_2000_num_33_1_1550

Quand au sens de Baginus, je n'ai que le bag- trouvé sur le site de l'arbre celtique: voyez-vous autre chose?

J'espère que vous pourrez restituer un nom en celtique ancien (notez que le datif gaulois-abo était conservé au lle llle s e.v puisqu'ils mettaient -abo ou -abus, pas latines)


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MessageSujet: Re: L'Oppidum de Sainte-Luce   Dim 3 Fév 2013 - 11:44

Selon le dictionnaire de M. Monard, Baginos veut dire « hêtreau », Baginates, « des hêtraies » et Baginatiai, « nées des hêtraies ».

Bag(a) signifie « émeute, révolte, bagarre, échauffourée » et même « cris de guerre ». Ainsi donc nous avons Bagacos, « batailleur, belliqueux » mais aussi « combattant, guerrier, insurgé » et avec Bagactos, « belligérant ». Bagarnos, « guerrier ». Bagarto, « menace ». Bagauda, « attroupement, bande, maquis insurrectionnel ».

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MessageSujet: Re: L'Oppidum de Sainte-Luce   Dim 3 Fév 2013 - 22:06

Tirez-vous une interprétation intuitive de ces noms, et de la divinité, à la lumière de tout ça?

Bien à vous,


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Matolitus
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MessageSujet: Re: L'Oppidum de Sainte-Luce   Lun 4 Fév 2013 - 11:44

A Setanta

j'aime ce que tu écris Setanta !...

Paradoxe : mieux on remplit sa vie, moins on craint de la perdre. ALAIN (Emile Chartier dit), philosophe et professeur français né à Mortagne (1868-1951). Ses propos révèlent un spiritualisme optimiste, confiant en la pensée, mais anti-intellectualiste.
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MessageSujet: Re: L'Oppidum de Sainte-Luce   Lun 4 Fév 2013 - 20:18

balla a écrit:
Tirez-vous une interprétation intuitive de ces noms, et de la divinité, à la lumière de tout çà

Intuitive… non. D’après Th. Luginbühl le dieu au hêtre, Baginos, serait Lugus. Quoi de plus normal que de trouver une divinité solaire à Ste-Luce.

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MessageSujet: Re: L'Oppidum de Sainte-Luce   Lun 4 Fév 2013 - 21:18

Non intuitive, donc vous m'en voyez ravi... merci à vous tous de vous êtres fendus de toutes ces explications. Wink


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MessageSujet: Re: L'Oppidum de Sainte-Luce   Mar 5 Fév 2013 - 11:32

merci Matolitus Very Happy
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MessageSujet: Re: L'Oppidum de Sainte-Luce   Mar 19 Fév 2013 - 8:43

Auetos a écrit:
D’après Th. Luginbühl le dieu au hêtre, Baginos, serait Lugus. Quoi de plus normal que de trouver une divinité solaire à Ste-Luce.

Un élément de la toponymie avec quoi je n'avais pas fait le rapprochement jusqu'ici: le col qui ouvre le plateau de Ste Luce s'appelle le col Granier (Grannos?).

sunny


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MessageSujet: Re: L'Oppidum de Sainte-Luce   Mar 19 Fév 2013 - 17:15

Si Granier vient bien de Grannos, vous avez là, la confirmation, s’il le fallait encore, sur le côté solaire de la divinité. Grannos est, effectivement, un épithète de Belenos.

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