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 Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)

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Matolitus
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MessageSujet: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Jeu 20 Juin 2013 - 20:12

« S'il s'est conservé quelque part en Gaules, des bardes, et des bardes en possession de traditions druidiques, ce n'a pu être que dans l'Armorique, dans cette province qui a formé, pendant plusieurs siècles, un Etat indépendant, et qui, malgré sa réunion à la France, est restée celtique et gauloise de physionomie, de costume et de langue, jusqu'à nos jours ! »

Ainsi pensait le critique français, J. J. Ampère, dans son Histoire littéraire de la France, t. I, p. 78. Et parmi les ouvrages qui pourraient avoir conservé des bribes de la tradition druidique, le Barzaz Breiz – Chants populaires de Bretagne de Théodore Hersart de la Villemarqué vient le premier à l'esprit, et notamment Les Séries ou LE DRUIDE ET L'ENFANT.

"(...) Cette pièce qui ouvre le recueil est l'une des plus singulière et peut-être la plus ancienne de la littérature bretonne. C'est un dialogue pédagogique entre un druide et un enfant. Il contient une sorte de récapitulation, en 12 questions et 12 réponses, des doctrines druidisiques sur le destin, la cosmogonie, la géographie, la chronologie, l’astronomie, la magie, la médecine, la métempsycose ; l’élève demande au maître de lui chanter la série des nombres, depuis 1 jusqu’à 12, afin qu’il les apprenne. Chose extraordinaire, l’empire de l’habitude est si puissant en Basse-Bretagne, parmi le peuple des campagnes, que les mères, sans le comprendre, continuent d’enseigner à leurs enfants, qui ne l’entendent pas davantage, le chant mystérieux et sacré qu’enseignaient les druides à leurs ancêtres. Les difficultés qu’il présente sont telles que je n’ose (le vicomte Hersart de la Villemarqué, ndr) me flatter d’avoir toujours parfaitement réussi , soit dans ma traduction, soit dans les explications dont la pièce est suivie. Elle est particulièrement populaire en Cornouaille, où je l’ai entendu chanter pour la 1re fois à un jeune paysan de la paroisse de Nizon. Sa mère le lui avait apprise, me dit-il, pour lui former la mémoire. ; et en effet, le chant est disposé de manière à offrir un excellent exercice de mnémonique. La même observation a été faite par Brizeux, dans la paroisse de Scaër, où il a recueilli des variantes précieuses qu’il m’a communiquées, et à M. l’abbé Henry, dans celle de Saint-Urien, où la pièce est connue sous le titre grotesque de Vêpres des Grenouilles (Gosperou ar Raned)."

Voici la première Série en français et en breton (dialecte de Cornouaille) :




LE DRUIDE
Tout beau, bel enfant du Druide ; réponds-moi ;
tout beau, que veux-tu que je te chante ?
L’ENFANT
-Chante-moi la série du nombre un, jusqu’à ce que je l’apprenne aujourd’hui.
LE DRUIDE
-Pas de série pour le nombre un : la Nécessite unique,
le Trépas, père de la Douleur ;
rien avant, rien de plus.
AR RANNOU – Ies Kerne


ANN DROUIZ
Daik, mab gwenn Drouiz ; ore;
Daik, petra fel d’id-de ? Petra ganinn-me d’id-de.
AR BUGEL
-Kan d’in euz ar eur rann,
ken a oufenn breman.
ANN DROUIZ
-lieb rann ar Red heb-ken ;
Ankon, tad ann Anken ;
Netra kent, netra ken.


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Matolitus
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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Jeu 20 Juin 2013 - 20:25


Interprétation d’une partie du sens caché des “Séries” par KALONDAN du Collège des Druides, Bardes et Ovates de Bretagne, dans le numéro spécial de la revue trimestrielle « An Tribann » de mars 1966.


Chaque race possède, dans son trésor folklorique ou religieux, un ou plusieurs documents, d’aspect puéril ou incompréhensible, qui ne sont en fait que des textes hermétiques chargés de conserver, au travers des siècles, la Tradition ancestrale dans sa pureté originelle.

Les Hindous ont les Vedas, les Juifs la Kabbale et le Zohar, les Scandinaves les Sagas, les Pasquans leurs mystérieuses tablettes. Les Celtes , grâce à leur indéfectible attachement aux choses du passé, ont su préserver jusqu’à nos jours 3 de ces importants monuments littéraires : le Cycle de Cuchulain en Irlande, le Barddas chez les Gallois et les Séries chez les Celtes continentaux.
Recueillies au cours de la 1re moitié du 19e siècle par le grand folkloriste breton Théodore Hersart de la Villemarqué, les Séries figurent en tête de son immortel Barzaz Breiz, ouvrage dont Georges Sand disait qu’on ne devrait le lire qu’à genoux. Ce Barzaz Breiz, composé de chants épiques, de sônes populaires et d’hymnes religieux, connu et connaît encore une très grande vogue. S’il est le livre de chevet de tous les Celtisants bretons, ce qui est normal, il figure également dans la bibliothèque de tous les Celtophiles du monde entier. Une telle notoriété ne pouvait que lui créer des ennemis et des détracteurs.
L’on prétendit par exemple que l’ensemble des pièces qui le composent n’avaient jamais été recueillies par de la Villemarqué, mais bel et bien écrites par lui. L’authenticité des œuvres magistrales est toujours mises en doute par les mesquins, dont elles ulcèrent gravement la jalousie.
Si véritablement de la Villemarqué avait composé lui-même les quelques milliers de vers, puissants dans leur simplicité, qui forment cet ouvrage, il eût droit à la couronne de Poète universel qu’Homère eût dû lui céder. Un tel génie en se fut point arrêté en si beau chemin. D’autres ouvrages fussent nés de son art poétique, moins bons peut-être, mais encore dotés d’une belle facture.
Or, contretemps détestable pour les détracteurs du Barzaz Breiz, les autres œuvres de l’écrivain breton ne sont que des travaux de folkloriste reproduisant un certain nombre de textes anciens, plus ou moins connus et les accompagnant de commentaires, à vrai dire souvent superficiels.
En somme, de la Villemarqué n’a jamais fait preuve que d’un génie : celui d’un très habile collectionneur de vieux chants et de vieux poèmes, celui d’un distingué archéologue de la littérature.
Qu’il ait remanié certains textes trop ardus pour les Celtisants de son époque, qu’il ait complété, par-ci par-là, quelques strophes malencontreusement estropiées, cela s’avérait inévitable ; le découvreur de poteries anciennes ne lave-t-il pas les pièces qu’il trouve en terre et ne tente-t-il pas d’en rassembler les fragments ? Là toutefois, se borna la collaboration du génial folkloriste avec le génie populaire de sa race.
L’explication des Séries que nous allons entreprendre, ne pourra qu’en convaincre les ultimes sceptiques. Jamais un seul homme, fût-il d’un génie prodigieux, n’a pu, ni ne pourra, faire tenir tant d’enseignements divers, dans un unique poème. D’ailleurs certains de ces éléments, tel que celui de la triade 2 et celui du 7e élément dans la Série 7 ne pouvaient être connus de de la Villemarqué qui ne possédait, et pour cause, ni l’antique Connaissance, perdue depuis déjà bien des siècles, ni les données modernes sur lesquelles nous nous appuierons pour les éclaircir.

La seule hypothèse plausible, que l’on puisse présenter, quant aux origines des Séries, est qu’il s’agit d’un résumé très condensé de l’enseignement traditionnel des Druides, composé aux 1er siècles de notre ère par un groupe de Bardes initiés, spécialement entraîné à ce genre de tour de force littéraire.

Quel fut le mobile qui les poussa à exécuter ce travail prodigieux ?
Nombre de sages de l’antique Celtie avaient prophétisé l’ère d’incompréhension, de matérialisme et d’anti-traditionalisme qui règne depuis le 19e siècle. A cette ère d’obscurantisme, le très copieux enseignement druidique n’eut pas résisté. La Tradition celtique eut alors été perdue pour tous irrémédiablement. Tandis que condensés dans un poème relativement court, truffé d’images frappantes et construit selon les règles d’une mnémotechnique éprouvée par l’usage, elle avait quelques chances de parvenir jusqu’à nous. Les auteurs se fiaient, alors, dans leurs héritiers spirituels pour méditer et commenter ces vers jusqu’à en extraire la « substantifique » moelle. C’est ce que nous allons tenter.
Certes nous n’avons pas la prétention d’atteindre pleinement ce but louable, mais très au-dessus de nos faibles forces. Cependant nous estimerions avoir accompli intégralement notre tâche, si les quelques lueurs qui seront projetées sur ce texte souvent abstrus pouvaient aider des traducteurs, plus aguerris que nous, à retrouver le sens caché du poème hermétique des Séries.
Notre traduction du texte breton des Séries en français ne sera pas toujours semblable à celle qu’en a donné l’auteur du Barzaz Breiz. Que l’on n’y voie pas un crime de lèse linguistique. Cette différence vient de ce que de la Villemarqué n’a cherché que le sens direct du poème, alors que nous voulons en tirer le sens ésotérique et, dans n’importe quel idiome, un mot déterminé prend toujours un sens différent suivant qu’on le considère du point de vue profane ou du point de vue symbolique.

Première Série (traduction /I\ Kalondan)

Nulle série ne s’impose si ce n’est :
Le Trépas père de la Douleur.
Rien ne le prime. Rien ne le complète.

Terrible sentence d’une grandeur funèbre. Inutile de lui chercher un sens ésotérique. L’affirmation se suffit par elle-même. L’état d’humanité est totalement dominé par la Mort et n’existe que par rapport à elle. Chaque jour vécu est un jour de moins à vivre. Chaque seconde écoulée nous rapproche de façon insensible, mais irrésistible, de celle où nous rendrons le dernier soupir. L’existence n’est donc, en somme, qu’une lente agonie, et qui l’enfant qui vient de naître est un moribond en puissance.
Le seule nécessité absolue, ici-bas, est donc la Mort, fin dernière sur notre plan, du moins de tout ce qui vit. Pour assurer son règne et dissocier les éléments unis par la naissance, elle utilise la Douleur. Par les blessures et les maladies, elle ruine notre être physique. Par les souffrances morales elle s’attaque à la partie animique de notre individu.
Le Temps ne comptant pas pour elle, elle s’avère tantôt rapide et brutale, tantôt lente et patiente. Quoi qu’il en soit, elle est par excellence l’Inexorable. Pour nos contemporains, la Mort est une source inépuisable d’effrois. Cela provient de ce que le scepticisme du 19e siècle et du nôtre a fortement entamé la croyance traditionnelle de la Survie. Il n’en allait pas de même pour nos lointains ancêtres. Convaincus de la pluralité des existences, ils considéraient le Trépas comme un simple phénomène de transformation, comme quelque chose d’assez analogue au passage de l’un à l’autre tableau d’un même spectacle. Conçue dans ce sens, la Mort n’est plus si redoutable. Tant s’en faut. Elle n’entraîne même plus la rupture, si pénible, des sentiments d’affection et d’amour, puisque l’agonisant sait qu’il pourra en renouer la trame dans une prochaine existence. Bien mieux, le mourant, qui avait , et pour cause, plus à se plaindre qu’à se féliciter des circonstances de sa vie finissante, trouvait dans la mort, non seulement la certitude d’échapper aux maux qui le torturaient, mais encore l’espoir de se réincarner dans de bien meilleures conditions et, partant, de jouir, dans un avenir plus ou moins proche, de ce dont il avait été privé durant l’actuelle expérience.
L’on comprend alors pourquoi, considérant l’importance primordiale de la Mort dans l’évolution humaine, les Sages de notre race lui consacrèrent le 1r paragraphe de leur enseignement. Une légende populaire prétend que lorsque les Trappistes de la stricte observance se croisent, ils doivent se dire : « Frère, il faut mourir ! ». Cette croyance est d’autant plus fausse que ces moines sont voués au silence quasi-absolu. Rien, par contre, n’eût empêché que les initiés de la Sagesse celtique d’échanger ce solennel propos. Dans leur bouche, il eût pris un sens grave, certes, mais dénué de terreur. Le Trépas n’était pour eux que l’inéluctable dominante de l’état d’humanité.


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Brigonerta

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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Ven 21 Juin 2013 - 19:51

Merci pour ce texte vraiment très intéressant Matolitus.
J'ai déjà lu ce texte du Druide et l'enfant, il y a bien longtemps. Même aujourd'hui, je pense que j'aurais du mal à le comprendre. C'est pourquoi je vous lis avec plaisir.
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Matolitus
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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Ven 21 Juin 2013 - 21:01

De rien Amandine, c'est un plaisir aussi pour moi de remettre le nez dans ce texte.
Et ce que j'apprécie aussi, c'est d'avoir l'explication, on pourrait presque dire l'exégèse, des différentes séries par Kalondan, un grand druide aveugle. Son fils Morvan m'a bien sûr autorisé à publier le contenu de cette brochure.

Question : quel est le point commun entre le post sur les Intersignes et cette première Série du Barzaz Breiz ?
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Moilogustos
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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Ven 21 Juin 2013 - 21:33

Bonsoir,

Oui merci pour ses textes que je suis en train de relire en ce moment...je vais lire ses lignes avec plaisir.

Bonne soirée
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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Sam 22 Juin 2013 - 2:18

Matolitus a écrit:

Question : quel est le point commun entre le post sur les Intersignes et cette première Série du Barzaz Breiz ?
Euh .....
Il va falloir que je relise le post sur les Intersignes, car pour le coup je me sens aveugle sur le sujet.
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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Dim 23 Juin 2013 - 20:18

l'Ankou?
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Matolitus
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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Lun 24 Juin 2013 - 21:03

Gagné Ballios, c'est effectivement la Mort, l'Ankou pour les bas-bretons.



Et pour en rajouter 2 couches, je suis allé la semaine dernière dans le cimetière où sont enterrés mes grands-parents paternels. De même j'ai évoqué avec ma mère la mort de mon frère ainé. J'espère que ce n'est pas prémonitoire.

Une chose est sûre, c'est dans les années 1990 que j'ai pris réellement conscience que j'allais mourir un jour. Et je me souviens parfaitement où c'était, dans un train qui roulait de Nantes à Angers. Ca m'a fait tout drôle de penser que, ce jour-là, je serai acteur et non pas spectateur, allongé peut-être sur un lit en attendant de partir vers le Monde Blanc. Certes, j'ai vu mes grands-parents maternels, ma grand-mère paternelle, mon père sur leurs lits de mort, et en dehors du chagrin que je pouvais éprouver, ce n'était pas moi le "principal intéressé".

Actuellement dans ma 59e année de vie sur terre, je peux dire que, à la différence de bien des personnes, j'ai conscience d'être mortel et n'essaie pas de l'occulter. Autant dire que cela développe une sacrée philosophie au quotidien...
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Moilogustos
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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Mar 25 Juin 2013 - 5:27

Bonjour,

Oui, le fait d'être conscient de son passage sur cette terre et de repartir, telle une futaie de paille....Quand on en prend conscience, on voit pas la vie de la même manière..les choses futiles ne font que passer...la vie a un autre goût. Je comprend Matolitus

Deux petits Haïku Japonais, qui en quelques mots nous le font comprendre:

"Rien ne dit,
dans le chant de la cigale,
Qu'elle est près de sa fin."

" La vie,
la mort,
rien de plus."

Bonne journée
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Matolitus
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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Mar 25 Juin 2013 - 21:08

Merci Marcassin pour ces 2 haïkus pertinents.

Voici sur le même sujet, ce qu'aurait dit un condamné à mort anonyme :
"Coucou, le reste de ta chanson,
je l'écouterai dans l'autre monde."

et ce qu'a écrit Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort (1740-1794) :
"Vivre est une maladie dont le sommeil nous soulage toutes les 16 heures ;
c'est un palliatif ; la mort est le seul remède."

Que les dieux nous bénissent !
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Moilogustos
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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Mar 25 Juin 2013 - 21:15

Sunertos moios Brater Matolitus,

Le poème du condamné est très beau et très fort....Merci.

Ison son bissiet

Bonne soirée
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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Mar 25 Juin 2013 - 21:43

Léo Ferré sur un texte de son ami Caussimon (Ne chantez pas la Mort)
http://youtu.be/2RwTU3G4QZw

(...)


"La Mort c'est la beauté, c'est l'éclair vif du sabre
C'est le doux penthotal de l'esprit et des sens
La Mort
La Mort...
Et n'allez pas confondre et l'effet et la cause
La Mort est délivrance, elle sait que le Temps
Quotidiennement nous vole quelque chose
La poignée de cheveux et l'ivoire des dents
La Mort
La Mort...

Elle est Euthanasie, la suprême infirmière
Elle survient, à temps, pour arrêter ce jeu
Près du soldat blessé dans la boue des rizières
Chez le vieillard glacé dans la chambre sans feu
La Mort
La Mort...
Le Temps, c'est le tic-tac monstrueux de la montre
La Mort, c'est l'infini dans son éternité
Mais qu'advient-il de ceux qui vont à sa rencontre?
Comme on gagne sa vie, nous faut-il mériter
La Mort
La Mort...

La Mort?..."
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Matolitus
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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Lun 1 Juil 2013 - 19:02

Excellent choix, Ballios, que le texte de Ferré sur la mort !
Du coup grâce à ton lien, j'ai pu visionner d'autres chansons de cet anar qui a émaillé ma vie de lycéen.

Voici la suite des Séries avec la n°2 et l'explication de Kalondan :

Deuxième Série (traduction /I\ Kalondan)


Deux bœufs blancs devant une coque
Tirant et soufflant,
Voyez la merveille !


C’est avec raison que l’auteur du Barzaz-Breiz, dans le commentaire qu’il fit de cette Série, nous dit qu’elle se rapporte à la légende des deux bœufs blancs du dieu Hu-Gadarn, mais il n’a point donné le sens ésotérique de ce passage de la mythologie celtique. Il est d’ailleurs probable qu’il n’en avait pas pénétré les arcanes, attendu que pour y arriver nous serons contraints d’avoir recours à un texte semblable, d’origine orientale, dont le sens caché a été heureusement divulgué par plusieurs commentateurs avisés. Hu-Gadarn, désireux d’extraire le soleil de l’océan des eaux et des boues cosmiques, attela ses 2 bœufs blancs à l’astre. Les animaux sacrés accomplirent la besogne que leur maître leur avait assignée. Toutefois, l’effort était si pénible que l’un des bœufs en mourut. Désolé d’avoir perdu son compagnon de joug, le second s’étendit  près du cadavre de son frère de peine et se laissa périr de désespoir.
Le même thème, ou peut s’en faut, se retrouve dans l’affabulation mythologique de l’Orient, où les bœufs sont remplacés par des chevaux et la coque par un char. Il ne pouvait pas en être autrement dans des régions où les bovidés vivent en complète liberté et sont l’objet de vénération et du respect populaires.
Transposant l’explication de la fable orientale à l’occidentale, nous obtenons ce qui suit :
La coque enlisée représente l’esprit humain profondément enfoncé dans la matière par son incarnation.

Toute la vie durant, le corps physique, symbolisé par le premier bœuf, et le corps animique son compagnon de joug,     peinent et travaillent pour l’en tirer.
L’on sait ce qu’il advient. Usé par les souffrances et la vieillesse, le corps matériel trépasse.
Désemparé par l’abandon de ce support de ce chair, grâce auquel il avait, jusqu’alors, pris part à la vie active et sensorielle, le corps subtil voit sa mission terminée.
Son  rôle de trait d’union entre les éléments matériel et spirituel de la combinaison humaine ayant pris fin, il meurt à son tour. Seule la parcelle d’Esprit qui constitue le Soi de chaque individu demeure, car elle est impérissable. Et, voyez la merveille ! Dégagée de la matière, elle retrouve la plénitude de son génie originel augmentée de la somme des expériences accumulées des existences qui vient de finir.

Commentaires Matolitus :
Ce que l'on peut se demander, c'est pourquoi la mention de bœufs blancs dans la série n°2 puisque les bovidés étaient plutôt l'apanage des cultures méditerranéennes qui sacralisaient le taureau ?

Les Celtes ont fait du cheval l'animal noble et sacré par excellence, l'associant à la fierté du cavalier qui acquiert de nouvelles qualités en se hissant sur son dos. Le cheval revêt le symbolisme de la course du soleil par l'intermédiaire d'un char tiré par deux chevaux, chevaux conduits par la déesse Epona. C'est dire que le cheval solaire a dominé tout l'espace celtique. De même aussi la mythologie nordique, védique, des anciens Perses, etc.


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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Mer 3 Juil 2013 - 22:26

Shocked  je reste bouche bée .
Qu'une simple triade ait autant de sens.... Je ne regarde plus du tout ce texte de la même manière.
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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Ven 5 Juil 2013 - 11:19

Ar Rannoù (part 1) - Denez Prigent


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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Jeu 10 Oct 2013 - 18:50

Bonjour à tous.

Je me permets de relancer ce sujet car je l'avais trouvé passionnant.
Matolitus, serait-il possible que vous le poursuiviez ?
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Moilogustos
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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Ven 11 Oct 2013 - 19:52

Bonsoir,

Moi aussi je serais preneur de la suite Moios Brater Matolitus, c'était très intéressant.

Bonne soirée
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Marzin Suileabhan
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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Sam 12 Oct 2013 - 10:11

Bonjour,

Pareillement ! Smile
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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Sam 9 Aoû 2014 - 22:05

Citation :


LE DRUIDE
Tout beau, bel enfant du Druide ; réponds-moi ;
tout beau, que veux-tu que je te chante ?


L’ENFANT
-Chante-moi la série du nombre un, jusqu’à ce que je l’apprenne aujourd’hui.
LE DRUIDE
-Pas de série pour le nombre un : la Nécessite unique,
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rien avant, rien de plus.
AR RANNOU – Ies Kerne


ANN DROUIZ
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Ankon, tad ann Anken ;
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Pehed ou-deus troet ar pennad e "peurunvaneg" aman :

http://per.kentel.pagesperso-orange.fr/ar_rannou1.htm

Klask a ran eur lehienn ged ar pennad e kernéùeg gwirion.
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Artio's
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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Mar 19 Aoû 2014 - 16:15

Matolitus a écrit:
Transposant l’explication de la fable orientale à l’occidentale, nous obtenons ce qui suit :
La coque enlisée représente l’esprit humain profondément enfoncé dans la matière par son incarnation.

Toute la vie durant, le corps physique, symbolisé par le premier bœuf, et le corps animique son compagnon de joug,     peinent et travaillent pour l’en tirer.
L’on sait ce qu’il advient. Usé par les souffrances et la vieillesse, le corps matériel trépasse.
Désemparé par l’abandon de ce support de ce chair, grâce auquel il avait, jusqu’alors, pris part à la vie active et sensorielle, le corps subtil voit sa mission terminée.
Son  rôle de trait d’union entre les éléments matériel et spirituel de la combinaison humaine ayant pris fin, il meurt à son tour. Seule la parcelle d’Esprit qui constitue le Soi de chaque individu demeure, car elle est impérissable. Et, voyez la merveille ! Dégagée de la matière, elle retrouve la plénitude de son génie originel augmentée de la somme des expériences accumulées des existences qui vient de finir.

Puis-je jeter quelques idées ?
Du un nait le monde, avant lui rien n’existe. Après la mort, le un.
Le corps meurt, l’âme s’éteint, seul l’esprit est éternel.
Je viens du néant à l’existence et je vais vers la félicité. Je suis l’arbre cosmique renaissant.
L’homme qui se réalise s’affute aux quatre directions et aux quatre éléments.
Cinq âges nous traversons, cinq continents sont ces âges.
Six plants donnent la connaissance, la connaissance des six apporte la jonction.
L’univers, le temps, l’espace, l’humain, sont septuples, doubles et triples, y compris l’œuf cosmique.
Huit feux nous célébrons en l’honneur de Bel à la source sacrée sous l’auspice de la lune.
Neuf mondes autour de l’arbre sacré, neuf voies, neuf sont les étapes dans le voyage.
Malheur aux prêtres et légions du dix, 300, disciples de Pythagore, persécutions et monastères. Raison contre intuition. Nous nous dissimulons sous le nombre.
Dernier est le temps de Samain que nous vivons à reculons. Premier est le temps de Samain dans notre évolution. C’est le temps de la révolution et du néant quand l’autre monde pénétra le nôtre.
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Auetos
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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Mer 20 Aoû 2014 - 11:04

J’aime bien cette rhétorique, à un détail prés… pour moi « le corps meurt, l’esprit s’éteint, seul l’âme est éternel »

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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Mer 20 Aoû 2014 - 14:27

Auetos a écrit:
J’aime bien cette rhétorique, à un détail prés… pour moi « le corps meurt, l’esprit s’éteint, seul l’âme est éternel »

Tout mot est imparfait comme le mot "esprit". Nous définissons toujours, à peu près.
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Matolitus
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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Jeu 4 Sep 2014 - 18:00

Effectivement Amzer zo "il est temps" pour la suite de ces Séries remarquablement commentées par Kalondan. Ce sera chose faite dans qq heures...
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Brigonerta

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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Dim 5 Oct 2014 - 15:52

Cher Matolitus,

Je suis du genre têtue  Very Happy
Donc je me permets de te relancer entre tes excursions, tes projets, tes célébrations, tes rêveries et tout, et tout, et tout.
Si dans ta vie si bien remplie  sunny tu trouves quelques heures pour poursuivre ce sujet si intéressant, tu auras ma reconnaissance éternelle  Wink ou alors une bonne  bouteille d'hydromel !   Laughing Laughing Laughing (quand j'aurai trouvé un fournisseur)
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Matolitus
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MessageSujet: Re: Les Séries ou le DRUIDE ET L'ENFANT (Barzaz Breiz, Hersart de la Villemarqué)   Lun 6 Oct 2014 - 13:46

Voici donc, Brigonerta, la suite des Séries avec la n°3 et l'explication de Kalondan :

Troisième Série (traduction /I\ Kalondan)

Il y a trois subdivisions à ce monde-ci :
Trois commencements et trois fins,
Pour l’Homme et pour le Chêne aussi.
Trois royaumes merveilleux :
Aux fruits dorés, aux fleurs radieuses
et aux enfants rieurs.


La Série 3 confirme et complète la précédente. Il y a trois subdivisions en ce monde-ci : nous les avons vues, il s’agit du plan matériel, du plan animique et du plan spirituel.
Lorsqu’un Esprit s’incarne, il commence par assembler toutes les matières fluidique nécessaires à l’élaboration d’un corps subtil complet. C’est là le premier commencement.
A son tour le corps subtil agglomère les éléments solides et aqueux susceptibles de former un corps physique apte à servir de véhicule terrestre aux deux parties déjà existantes. Cette opération nous est connue du point de vue profane. Nous l’appelons gestation, et elle constitue le second commencement.
La naissance, enfin, fait de ces trois composantes une entité indivise, animée par le fluide vital et dotée d’une personnalité propre que seule la mort détruira. C’est là le troisième commencement.

Un temps plus ou moins long se passe ; puis le Trépas dissocie les membres de cette Tri-unité. C’est la première fin.
Le corps grossier se désagrège, chacun de ses atomes retourne à la masse terrestre dont il était issu. La seconde fin est accomplie. Alors, le corps animique, perdu dans l’espace, subit le sort d’une bouffée de fumée. Il s’étire, se dilue, s’effiloche, se disperse et disparaît. Il ne reste plus que l’Esprit. Le cycles des trois fins est achevé.

Jusqu’ici l’enseignement des Druides est parfaitement conforme à tous les autres postulats traditionnels. Mais cette similitude ne sera pas de longue durée.
« Pour l’Homme et pour le Chêne aussi » affirme le troisième vers du premier tercet de cette série. Voilà le boulet tiré à blanc dans le bel édifice des dogmes qu’il est bon d’admettre. La combinaison tri-partite n’est pas , comme d’aucuns prétendent, l’apanage exclusif de l’humanité.

Elle caractérise également le Chêne, partant tout le règne végétal, et, par voie de conséquence, l’Animal, moyen terme entre la plante et l’Homme, ne peut qu’en bénéficier.
Mais si nos ancêtres consentaient aux trois règnes supérieurs de la nature terrestre la tripartition Corps, Ame et Esprit, ils devaient en toute logique la consentir également au quatrième règne de cette nature : le règne minéral. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, et le premier vers du premier tercet de cette Série dit bien : il y a trois subdivisions dans ce monde-ci ; sans faire la moindre des restrictions en ce qui concerne l’une des parties composant ce monde.
Reconnaître à la masse minérale de notre planète non seulement un corps physique (c’était indiscutable), mais encore un corps animique (celui que nous commençons à découvrir en étudiant la radioactivité des minéraux) et surtout un élément spirituel, c’était rejoindre les occultistes qui font régir chaque planète par un Esprit auquel ils donnent le titre de génie de telle planète. C’était aussi se rapprocher singulièrement des conceptions platoniciennes de l’Ame du Monde, Théorie que devaient reprendre, bien plus tard, certains philosophes du Moyen Age et, singulièrement, le Breton Abélard, pour qui, les pierres, les plantes et les graines contenaient certains esprits capables de nous influencer.

Quels sont, maintenant, ces trois royaumes enchantés caractérisés par des fruits dorés, des fleurs radieuses et des enfants rieurs ?
L’on sait, d’après le témoignage de noyés et d’asphyxiés, ramenés in extremis à la vie, qu’avant de perdre totalement connaissance, l’individu en voie de désincarnation revoit en un éclair le film complet de son existence. C’est ce que l’Eglise appelle le Jugement particulier. L’Esprit recueille alors le fruit (l’expression est directe) des épreuves et des bonnes actions subies et commises par son corps matériel. C’est là le royaume enfanté de fruits dorés.
Une récapitulation analogue se produit lorsque la désagrégation des cellules de la chair et du sang entraîne la séparation du corps animique d’avec son véhicule terrestre. L’Esprit forme alors une gerbe de toutes les souffrances  morales que l’Ame a endurée et de toutes les manifestations de bonté, de générosité, d’amour, etc. qu’elle a générées. C’est alors le royaume des fleurs radieuses.

Lorsque, enfin, le corps subtil s’est lui-même dissous, l’Esprit demeuré seul, ayant comme on l’a vu déjà, recouvré la plénitude de son génie, séjourne durant un temps indéterminé sur le plan des esprits désincarnés, au contact avec ses semblables, totalement débarrassé des soucis de ce monde et, par conséquent, en proie au plus juvénile, au plus candide des optimismes. Il est dans le troisième royaume, celui des enfants rieurs.
Dans sa splendide insouciance, l’Esprit oublie alors les erreurs, les fautes, voire les crimes commis lorsqu’il faisait partie d’une entité humaine. Toutefois, si rien ne se crée, rien ne se perd, et ces crimes , ces fautes et ces erreurs travaillent dans l’ombre et le silence. Ces causes engendrent des effets qui se feront sentir lorsque, sortant de l’état d’euphorie dans lequel il se complaît au troisième royaume, l’esprit reprendra conscience de sa mission évolutive.
Cela se nomme la loi de Karma chez les Hindous et, chez les Celtes, la loi de Kroui.

Commentaires Matolitus :
Loi de Kroui ? Connais pas. Il existe en breton le verbe krouiñ pour créer ; concevoir (physiologiquement). Est-ce cela que Kalondan a voulu dire ?


Dernière édition par Matolitus le Lun 21 Déc 2015 - 15:39, édité 3 fois
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