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 Les vaches, sources de tous les biens

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Matolitus
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MessageSujet: Les vaches, sources de tous les biens   Jeu 3 Oct 2013 - 5:58

Je vous unis à votre descendance,
O Vaches sans défaut
Qui vous multipliez
Pour l’accroissement de nos biens

Vous qui donnez en abondance
La nourriture, le lait, le beurre,
Je veux, moi vivant, vous adorer,
Vous, les Vivantes !

Taranis et Lugus vivifient
Ce lait au chant joyeux :
Qu’il donne l’immortalité
A l’homme pieux qui sacrifie !

(Adapté du Taittiriya Brahmana 3.7.4 15)



C’est sur cet hymne que j’ouvre ce post sur la Vache, les vaches, animaux fabuleux qui permettent encore à de nombreux peuples sur la terre de se nourrir de leur lait.

Déjà dans les civilisations aryennes, il y a plus de 3500 ans, la Vache revêtait ce caractère sacré. Son urine et sa bouse étaient considérés comme des éléments de purification. Symbole de la Mère, elle est sacrée dans toute l’Inde Védique, et plus particulièrement au Rajasthan, où Krishna, un des avatars de Vishnu, y est son protecteur. D’une façon générale, la vache, productrice de lait, est le symbole de la Terre nourricière. Archétype de la Mère fertile, elle joue, pour les Indo-Européens, un rôle cosmique et divin. Elle est le nuage gonflé de pluies fertilisantes qui se défont au ciel pour se reformer sur la terre, et qui rendent la nourriture abondante, aussi bien pour les humains que pour les animaux.
A cette fonction de réservoir des eaux célestes, s’ajoute une fonction de psychopompe attestée dans la Tradition Védique qui voulait qu’une vache soit amenée au chevet des moribonds. Avant d’expirer, le mourant saisissait la queue de l’animal et s’y cramponnait. Le mort était ensuite conduit au bûcher sur un chariot attelé de vaches, et suivi d’une vache noire. Cette dernière était sacrifiée, les parties nobles de sa chair déposées sur le cadavre et ses reins dans les mains. L’ensemble, étendu sur le bûcher crématoire, était enveloppé dans la peau de l’animal. Le feu allumé, l’assistance chantait en demandant à la vache de monter avec le défunt au Royaume des Bienheureux qui passe par la Voie lactée.
Il faut souligner ici combien la robe de l’animal est important dans la valeur du symbole : une vache noire peut correspondre à la nuit, à l’Autre Monde, une vache à la robe pie (blanche et noire ou blanche et froment) à la dualité des choses, et une vache toute blanche, le blanc, totalisant toutes les couleurs, peut être mis en rapport le sacerdoce des prêtres et avec le Feu Offertoire. Car c’est dans Celui-ci que sont déposées les offrandes et c’est Celui-ci qui les véhiculent jusqu’aux dieux et déesses, accompagnées dans leur crémation par des prières récitées ou chantées.
La vénération de la vache est une tradition toujours vivante de part le monde, à commencer par les populations celtiques et pré-celtiques qui migraient avec leurs troupeaux dans toute l’Europe. (A suivre…)

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MessageSujet: Re: Les vaches, sources de tous les biens   Jeu 3 Oct 2013 - 10:08

Merci Matolitus pour cet article qui me parle beaucoup en effet.

La Vache est un animal sacré relié à la Déesse-Mère et qui,notamment (mais pas uniquement) pour les femmes, représentent un guide lumineux lors des 2 phases solaires de leur cycle.

Elle nous relie au caractère lactescent de l'Être en résonance avec la Voie Lactée. En cela, son symbolisme s'apparente à celui de la perle et du fenouil.

__________________
Nesmeha
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MessageSujet: Re: Les vaches, sources de tous les biens   Jeu 3 Oct 2013 - 21:01

Tes deux belles Froment du Léon respirent la santé!

Si tes compatriotes Bretons faisaient comme toi pour sauver leurs (exceptionnelles) races bovines autochtones aux très petits effectifs d'une disparition qui deviendra inévitable quand la consanguinité rendra impossible toute sélection de nouvelle souche de taureau...des millénaires de travail et d'adaptation aux conditions de l'Armorique (sans parler du patrimoine génétique que représente ce rameau celtique des races bovines françaises) foutus en l'air en deux générations pour les remplacer par des Prim'Holstein venues de Hollande, "usines à lait" à peine fromageable, vaches sensibles à tout ce qui traine et incapables de marcher longtemps, manger frugalement sans maigrir de façon alarmante, ni de voir au grand soleil.
Un peu de chauvinisme, Boudioux!

Very Happy Ah, ça fait plaisir de parler un peu de vaches!

cette marque blanche sur le front sied bien à une vache de Druide...les Bretonnes Pie-noires que j'ai vu dans des salons d'élevage l'ont souvent, cette marque propice est elle répandue chez les Froment?
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Matolitus
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MessageSujet: Re: Les vaches, sources de tous les biens   Ven 4 Oct 2013 - 6:52

Merci Ballios pour ton appréciation des vaches en général et des miennes en particulier. Aah et toi aussi tu as remarqué la marque blanche sur le front de Tulipe, ce n'est pas un hasard, n'est-ce pas ? Par contre sa fille Edrina ne la pas. Et dans la ferme où nous étions en AG des éleveurs du syndicat des Froment de Léon lundi dernier, les 25 Froment ne l'avaient pas également.

Puisque tu as parlé des effectifs des races bovines bretonnes, eh bien les voici au 31.12.12 èv :
- Armoricaine 253
- Bretonne Pie Noire 1600
- Canadienne 43
- Froment de Léon 304
- Nantais 904

Y'a encore du travail de conservation à faire...

Belle journée à toi,
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Matolitus
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MessageSujet: Re: Les vaches, sources de tous les biens   Ven 4 Oct 2013 - 7:00

A Nesmeha, merci pour tes précisions au sujet de la Vache et de la Voie Lactée. Je ne connaissais pas son association avec la perle. Pour le fenouil, oui car il est dit galactogène (favorisant la production de lait) aussi bien pour les femmes que les vaches allaitantes.

Belle journée à toi,
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Matolitus
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MessageSujet: Re: Les vaches, sources de tous les biens   Ven 4 Oct 2013 - 7:15

Si la vache est inséparable d’une manière ou d’une autre du sacrifice, c’est que son nom même ramène au principe de vie. La forme Indo-européenne était *gwous, le « g » évoluant en « b », d’où les formes celtiques en « b » comme le vieil irlandais bó, le gallois bu « bétail » et buwch « vache », le cornique bugh, le breton buoc’h « vache ». De nombreux anthroponymes gaulois ont aussi été formés sur cette racine : boulaos « bœuf sauvage », bouaron « cheptel bovin, vaches », bouca « vache », boucca (< bouca<bouicca) « vachette, génisse », boucalis / boucouolios « vacher, bouvier », bouccoros (<bouccormos) « bouse ». A un moment ou à un autre de notre histoire, nous avons croisé des vaches dans notre quête. Certain(e)s ont connu, dans les fermes, l’odeur de la vache, le bruit des chaînes lorsqu’elle remue la tête, le goût inimitable de son beurre, son lait tiède, frais tiré du pis, le caillé s’égouttant tranquillement en bout de table, les fromages s’affinant doucement à la cave… Au cours de leurs errances, les Indo-européens ont poussé devant eux leurs troupeaux de vaches à la recherche de verts pâturages, car ces animaux constituaient souvent leur seule richesse. Les accompagnant parfois dans une fuite éperdue, sous les clameurs, grondements, hurlements, les vaches ont alors quelque chose de rassurant et d’apaisant le soir, dans les campements improvisés, sous les étoiles et le silence de la nuit. Les entendre ruminer fait apprécier le moment présent et dormir sereinement.

Au début était l’Aurochs. Deux tonnes comme poids, deux mètres au garrot, deux mètre d’envergure des cornes ! On le pense apparu aux glaciations quaternaires. Il fut pendant des millénaires, la proie convoitée des chasseurs-cueilleurs dont les « prêtres » ornaient les parois des grottes de leurs peintures rupestres. Il se peut que ses charges farouches et le tonnerre de ses sabots soit encore inscrit au tréfonds de nos êtres, tellement nous devions trembler face à lui. Capturé, parqué, puis domestiqué, il y a 8 000 ans, sans doute après le chien et le mouton, les humains du Néolithique en firent une bête de bât et de trait, et en offrirent des morceaux de choix à leurs divinités. La sédentarité provoqua la construction des jougs et d’étables. Jules César surprit encore l’aurochs à paître l’herbe des Gaules, Charlemagne le chassait comme un cerf, et durant le règne de Philippe-Auguste au 12e siècle èv, il n’en restait plus que quelques spécimens. Le dernier Aurochs européen fut abattu en 1627 en Lituanie, une ancienne province de la Pologne.

L’être humain aime les idoles et il fit monter la vache dans son panthéon, créant pour elle toutes sortes d’hymnes, de légendes et de chevauchées héroïques. Les temps, hélas, ont bien changé et les humains aussi. De nos jours les vaches ne sont plus considérées aujourd’hui que comme des « pisseuses de lait », étant vite réformées quand elles n’en produisent plus assez pour les laiteries. Quelle ingratitude de la part de ceux qui l’ont accompagnée au fil des siècles, dans sa marche tranquille avec balancements et déhanchements à l’heure de la traite. Il faut dire que l’homo sapiens sapiens, avec les révolutions industrielles, a déserté les campagnes pour se serrer dans les villes, et que le lait qu’il boit, n’est plus disponible maintenant sur sa table qu’en brique carton ou litre plastique, aseptisé, stérilisé, pasteurisé, écrémé, re-vitaminé, etc.

Heureusement des peuples lui sont toujours restés fidèles comme les Maasaïs de l’est africain (territoires à cheval sur le sud du Kenya et nord de la Tanzanie) pour qui leurs troupeaux sont au centre de leur vie ; les Dinkas « les hommes » du Sud-Soudan, éleveurs de zébus et autres bovins qui tirent leur subsistance uniquement de leur cheptel, leur seule richesse et leur seule monnaie d’échange, sous la forme de lait et de beurre qu’ils clarifient pour mieux le conserver, climat oblige ; les Himbas dont les femmes s’enduisent le corps d’un mélange d’ocre, de beurre et de plantes, les Hakaonas, les Héréros, tous trois peuples d’éleveurs de bovins et de chèvres, nomades il y a peu entre le sud de l’Angola et le nord de la Namibie ; les Peuls et les Mbororos du nord du Cameroun, sans oublier tous les peuples de l’Inde de confession Hindouiste (Gudjaratis, Maharattis, Cachemiris, Pahāris, Bhojpouris, Malwis, etc.)

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MessageSujet: Re: Les vaches, sources de tous les biens   Ven 4 Oct 2013 - 8:36

Matolitus a écrit:
le « g » évoluant en « b », d’où les formes celtiques en « b » comme le vieil irlandais bó, le gallois bu « bétail » et buwch « vache », le cornique bugh, le breton buoc’h « vache ». De nombreux anthroponymes gaulois ont aussi été formés sur cette racine : boulaos « bœuf sauvage », bouaron « cheptel bovin, vaches »
dans les pays de langue Arpitane, et en tout cas en Allobrogie nous disons "boya" pour vache, "bouyouna" pour génisse...Boyer, un nom très répandu était un bouvier.

bonne journé, Matolitus
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Brigonerta

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MessageSujet: Re: Les vaches, sources de tous les biens   Ven 4 Oct 2013 - 19:56

Je n'ai pas vos connaissances sur le sujet. Merci de nous les faire partager.
Je m'y connais peu en race bovine. Mais j'aime beaucoup l'Aubrac Very Happy .
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MessageSujet: Re: Les vaches, sources de tous les biens   Ven 4 Oct 2013 - 20:29

avec ses cornes en lyre et ses yeux maquillés de noir? on ne peut que tomber sous le charme en la voyant...à moins d'avoir connu avant une Tarine, les plus belles vaches du monde, et les meilleures aussi!
je me souviens en avoir posté une belle photo ici dans le journal de Ciaran si ça vous tente.

Very Happy Bonne soirée!
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Brigonerta

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MessageSujet: Re: Les vaches, sources de tous les biens   Ven 4 Oct 2013 - 21:31

Ballios a écrit:
avec ses cornes en lyre et ses yeux maquillés de noir? on ne peut que tomber sous le charme en la voyant
C'est une bien belle description Very Happy 

J'ai vu la photo. Et c'est vrai qu'elles sont magnifiques.

Mais je vous dirais si je les préfère ou non à l'Aubrac, le jour où j'aurais vu une vraie Tarine Razz
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Dubrinertos
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MessageSujet: Re: Les vaches, sources de tous les biens   Mar 8 Oct 2013 - 9:33

je n'y connais pas grand chose mais pour en avoir croisé une un jour au détour d'un chemin j'aime beaucoup la vache jersiaise ... les yeux , notamment, magnifiques ...
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MessageSujet: Re: Les vaches, sources de tous les biens   Mar 8 Oct 2013 - 11:14

Setanta a écrit:
je n'y connais pas grand chose mais pour en avoir croisé une un jour au détour d'un chemin j'aime beaucoup la vache jersiaise ... les yeux , notamment, magnifiques ...
c'est une proche cousine des vaches de Matolitus, de rameau celtique elle aussi.
j'imagine qu'en tant que Picton le charme de la Parthenaise ne peut te laisser de marbre?

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MessageSujet: Re: Les vaches, sources de tous les biens   Mar 8 Oct 2013 - 19:15

Matolitus a écrit:
les populations celtiques et pré-celtiques qui migraient avec leurs troupeaux dans toute l’Europe.
Tout à fait...et la génétique de nos races bovines témoigne de ces migrations:

Je ressors pour vous mes cours du lycée agricole vieux de vingt ans Sad  qui se basaient sur les résultats de  recherches génétiques à l'INRA menées à l'époque et qui sont peut-être dépassés aujourd'hui :

Les aurochs auraient été domestiqués il y'a plus de 8000 ans en Mésopotamie (Bos Primigenius namadicus) mais aussi au Sud du Danube des plaines de Bulgarie à l'Adriatique (Bos primigenius primigenius). Ces premiers éleveurs progresseront ensuite tout autour de la Méditerranée et des steppes d'Ukraine jusqu'en Europe de l'Ouest en suivant les mêmes axes de pénétration que les innovations de l'agriculture auparavant.
En descendent le bétail gris à longues cornes des steppes d'Europe (dont les buffles d'Italie), du Portugal et d'Écosse (Highland Cattle) dans les régions qui resteront les plus en marge de la seconde vague de peuples-éleveurs qui leur succéderont deux mille ans plus tard. Une population mixte dite blonde se fera lors de cette invasion entre ces deux vagues de peuplement dans le Centre-ouest de la Gaule, des rives de la Loire aux Pyrénées (les races bovines Charolaise, Limousine, Blonde d’Aquitaine, Ferrandaise, Aubrac, Salers) et en Europe du Sud.

Les Mésopotamiens ayant entre temps sélectionné un bétail plus performant à cornes plus courtes (Brachyceros) pour la production laitière suite au développement des premières villes au Proche-Orient, ce bétail sera introduit dans les régions voisines et la possession de ces nouvelles bêtes redonne l'avantage aux peuples du Bas-Danube qui, comme leurs prédécesseurs commencent leur progression vers l'Ouest du continent.
c'est la seconde vague de peuples-éleveurs dont nous parlions plus haut, et les races bovines qui en sont issues ont été classées en plusieurs groupes correspondant à des origines bien identifiées, et qui nous réservent quelques surprises :

1)groupe Nord-Européen : les races scandinaves et de Grande Bretagne ne viendraient pas de la Baltique mais se seraient disséminées depuis... l'Écosse! Es-ce la conséquence des échanges intenses entre les deux rives au temps des Vikings ? Cette origine probablement Picte du bétail nordique pose question.

2)groupe des races Pie du Nord: les Pie-Rouges et Pie-Noires d'Europe du Nord viennent de Poméranie, et la race Flamande de Silésie, donc des rives de l'Oder ;

3)la race Normande, et c'est une surprise, forme un groupe à part qui se rattache très difficilement au rameau celtique et n'est pas apparenté aux races nordiques...et donc, contrairement à la légende, les vaches Normandes ne sont donc pas descendues des drakkar...elles étaient plutôt là pour les accueillir!

4)trois groupes dont les foyers de diffusion sont dans le domaine celtique que la génétique a ramenés à un seul avec en particulier une très grande proximité génétique de la Bretonne Pie-Noire avec la Brune des Alpes, la Parthenaise et la Tarine, et que l'on associe donc sans peine aux populations celtiques de Hallstatt et la Tène (avec un foyer originel centré sur l'Autriche et la Bavière) :

-rameau celtique : incluant la Jersiaise, la Parthenaise et les races bretonnes (Bretonnes Pie-noire et Froment du Léon) ;

-rameau alpin : les races d'Hérens (les vaches suisses de combat) et les Tarines ;

-rameau jurassien des Pie-rouges de l'Est (Abondance, Montbéliarde, Simmental) : très proches génétiquement du rameau alpin, ces vaches ne sont pas apparentées aux Pies-rouges des pays germaniques comme on l'a longtemps cru, mais aux Vosgiennes et à la Brune des Alpes qui ne sont pourtant pas de robe Pie-rouge ! L'habit ne fait pas le moine...
.
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Brigonerta

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MessageSujet: Re: Les vaches, sources de tous les biens   Mer 9 Oct 2013 - 19:52

Merci pour ces informations très intéressantes.
Je ne regarderais plus les vaches de la même manière pirat 
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Matolitus
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MessageSujet: Re: Les vaches, sources de tous les biens   Lun 11 Nov 2013 - 20:15

En France l’agriculture industrielle a sélectionnée et spécialisée essentiellement 6 races de vaches pour le lait, la viande ou un mixte des 2 : la Prim’Holstein, la Charolaise, la Limousine, la Montbéliarde, la Normande et la Blonde d’Aquitaine (dans l’ordre des effectifs ndr). Les autres races ont été laminées, elles qui avaient fait les beaux jours des provinces et pays. Pour certaines d’entre elles on a même frisé l’extinction. Face à cette menace, dans les années 1970, des éleveurs, conscients du problème, se sont mobilisés pour les sauver. Rien qu’en Bretagne actuelle, sur les races emblématiques présentes au 19e siècle (La Bretonne Pie Rouge sur la région de Carhaix, la Froment de Léon sur l’ouest des Côtes d’Armor et l’est du Finistère, la Bretonne Pie Noire sur le Morbihan, la Nantaise sur la Loire-Atlantique, le sud du Morbihan et l’Ille-et-Vilaine, la Maraîchine sur les marais Bretons et Vendéens), seules subsistent aujourd’hui la Bretonne Pie Noire, la Nantaise, la Froment du Léon, l’Armoricaine et la Maraîchine. Et encore, elles représentent de tous petits effectifs (304 femelles pour la Froment du Léon sur l’inventaire des Races bovines bretonnes au 31.12.12). Cependant elles semblent avoir de beaux jours devant elles dans une agriculture locale, autonome, économe, biologique, soucieuse d’une production de qualité à forte identité. Une petite dernière s’ajoute à ce tableau contemporain, elle qui avait complètement disparue de la Bretagne, car partie vers les Amériques au départ de St Malo, eh bien, celle-ci est revenue au pays où depuis elle se reproduit sous un nom évocateur : la Canadienne.
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Matolitus
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MessageSujet: Re: Les vaches, sources de tous les biens   Lun 11 Nov 2013 - 20:46

Il doit être clair que pour nous, Celtes, les vaches ont été et sont encore les compagnes de nos élevages, et que de déguster leurs produits est signe de fidélité à leur égard. Bien sûr je parle ici des laitages fermiers, paysans, artisanaux, produits qui ne doivent pas être l’objet des dénonciations de chercheurs ou thérapeutes en mal de publicité. En effet il existe un fossé abyssal entre le lait industriel vendu en brique UHT et le lait vendu à la ferme, le plus souvent cru ou ayant subi une légère pasteurisation.

Vous avez peut-être des voisins ou des proches qui travaillent selon ses méthodes ancestrales ou en agriculture biologique. En effet il existe un lien entre la race de vaches et le lait. Prenons par exemple la Jersiaise, dont voici quelques photos, et voyons ce que Bernard Gaborit en dit, lui qui en élève depuis longtemps.





Entretien avec Bernard Gaborit, société Gaborit 49 Maulévrier

La Jersiaise est une vache peu connue en France. Comment l’avez-vous connu ?
La 1re fois que je l’ai vue, j’avais 14 ans. Je l’avais aperçue au Salon de l’Agriculture et j’avais eu un flash. En élever a longtemps constitué pour moi un rêve.

Mais qu’a-t-elle donc cette petite Jersiaise ?
Elle est originaire de l’île de Jersey, une dépendance anglaise à côté de la Normandie. Elle est toute petite mais elle possède l’extrême avantage d’être une bonne « transformatrice ». Ce qu’elle mange, elle le redonne sous la forme d’un lait très riche. C’est donc une laitière imbattable.

Même si elle fait peu de lait ?
Elle ne donne certes que 15 litres de lait par jour, mais pour une vache de 400 kg, c’est déjà bien. Et plus que la quantité, c’est la qualité de son lait qu’il faut apprécier : son taux de matières grasses est de 55 pour 1000, son taux de protéines est de 35,9(1), c’est exceptionnel ! La Jersiaise est aussi très féconde, elle vêle toute seule. Je ne me suis jamais levé la nuit pour assister une vache et il n’y a jamais eu de pépins. Elle est légère et n’abîme pas les prairies. Elle ne se fait pas mal aux pattes et ne boite donc pas. Elle est belle, douce, facile à vivre !

(1) les autres vaches ont des taux de MG plutôt autour de 35 à 40, et de protéines autour de 30 à 35

C’est presque un animal de compagnie ?
C’était autrefois le cas dans les châteaux. Aujourd’hui beaucoup de personnes qui ont 1 ou 2
hectares, nous rachètent nos Vaches afin qu’elles terminent leur vie dans de bonnes conditions.

La Jersiaise a tellement la réputation de vache tranquille qu’il y a 30 ans, les banques ne voulaient pas me prêter de l’argent pour en acheter à des fins agricoles. On a du se battre et la faire reconnaître au niveau national en créant une Upra (Unité nationale de sélection et de Promotion de la Race type asso. loi 1901. Pour la race Jersiaise, Bernard GABORIT en est le président).

La Jersiaise est-elle reconnue à sa juste valeur ailleurs qu’en France ?
C’est la 2e race de vache laitière au monde juste après la Prim’Holstein. Elle s’est exportée depuis l’île de Jersey jusque dans le monde entier, USA, Brésil, Canada, Afrique du Sud, Australie, Grande Bretagne, Danemark aussi…

Pour quelles raisons la Prim’Holstein a-t-elle pris l’avantage dans les troupeaux laitiers ?
Cette grande vache noire a l’avantage de la quantité, plus que de la qualité. En cela elle est conforme à que voulaient l’industrie laitière et les éleveurs. Mais cette capacité à produire beaucoup de lait a le revers de la médaille : elle est très fragile dans le sens où il faut presque à chaque fois le vétérinaire pour le vêlage, il faut la nourrir énormément avec des aliments concentrés, des farines, des tourteaux de soja importés, et elle a des problèmes de fécondité. En agriculture biologique, elle n’est donc pas adaptée, les prés ne lui apportant pas assez.

En comparaison la Jersiaise serait plus économique ?
Exactement ! Elle ingère des fibres longues et rumine plus longtemps. Son lait est plus riche, car il contient aussi 25% de plus de calcium, de phosphore, d’oligo-éléments. On trouve également de la vitamine B6 et des oméga 3. La Jersiaise tire le maximum de l’herbe poussant sur la ferme.

Cela vous demande-t-il des pratiques spéciales ?
Hé oui, c’est tout un ensemble. Ayant fait le choix de ne pas utiliser d’ensilage, on est parti sur d’autres aliments comme l’herbe, le foin, les betteraves et de petites rations de céréales en hiver. On alterne les cultures à la suite des autres, et cela donne des rotations très longues, le cycle durant 5 ou 6 ans. Sur une même parcelle, on a des années prairies, puis betteraves, puis légumineuses (pois, féverole, luzerne, etc.), puis mélange de céréales (triticale, avoine, etc.)
pour finir par une année avec du compost, et l’année suivante, à nouveau une prairie. Nous sommes autonomes dans nos approvisionnement, et les vaches et les autres animaux de la ferme s’en portent à merveille. C’est la base de l’élevage extensif. A tel point que lorsque l’on rentre dans l’étable d’une ferme, on peut savoir ce qui se passe dessus rien qu’en regardant les bouses. Si elles ne sont pas belles, ce n’est même pas la peine d’aller voir, il y a un problème quelque part.

Ce bien-être se concrétise-t-il par une meilleure santé ?
Lorsqu’elle est bien nourrie et à l’abri des courant d’air, une vache va bien. Elle est en forme, a le contour des yeux bien dessiné et ne grossit pas. On dit pour la Jersiaise qu’on doit pouvoir se voir dans son poil en lui comptant les côtes. Nos vaches sont belles et certaines obtiennent les 1er prix aux concours agricoles.


Dessin de Combaz, artiste savoyard. Disponible sous www.satoriz.fr
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