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 La Tradition

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Suibhne



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MessageSujet: La Tradition   Sam 25 Fév 2006 - 16:51

DIX POINTS DE REFLEXION


1) Des choses qui s’opposent extérieurement, peuvent intérieurement travailler ensemble.
2) Une personne ne peut évaluer certaines choses que si elle a l’expérience pour le faire.
3) Les dimensions autres que celles qui nous sont familières sont soumises à des rythmes qui nous paraissent excentriques.
4) Si une chose supérieure est rendue dans un langage inférieur, elle peut perdre de sa valeur effective.
5) Tous les « systèmes » sont des véhicules temporaires. Seule l’ignorance relative essaie de faire quelque chose de permanent d’un système, ou d’en faire un but en soi.
6) Les gens ignorent en grande partie les erreurs qu’ils font en pensée et en actes, même lorsqu’ils ont affaire à des matériaux d’enseignement précis.
7) Le premier objectif des étudiants et des groupes est de préparer un « terrain » où certaines expériences supérieures peuvent être entreprises. Si le terrain est défectueux, il en sera de même pour l’opération et l’action.
8 ) Des pensées justes dans une compagnie inadéquate, des actions inadéquates dans une compagnie juste, une compagnie inadéquate dans un moment juste : ceci caractérise bon nombre d’occasions perdues pour l’homme.
9) Vous ne pouvez pas comparer utilement des formulations présentes avec des formulations passées.
10) La littérature, de même que les concepts, les exercices et les impacts sensoriels, a une fonction spéciale. Elle doit être étudiée avec le même soin que toute chose possédant un contenu à effets multiples.
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Auetos
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MessageSujet: Re: La Tradition   Sam 25 Fév 2006 - 17:46

Là tu rabaches un catéchisme, Suibhne Laughing

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Suibhne



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MessageSujet: Re: La Tradition   Sam 25 Fév 2006 - 17:54

Les catéchismes sont des termes de crédo, pas des points de réflexion où il n'y a pas d'affirmation mais des propositions ; chacun fait en son sens.
Tu as fait selon le tien, je le reçois ainsi.


Dernière édition par le Sam 25 Fév 2006 - 17:57, édité 1 fois
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Auetos
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MessageSujet: Re: La Tradition   Sam 25 Fév 2006 - 17:56

Ne te fache pas, c'était une simple boutade ... Wink

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Suibhne



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MessageSujet: Re: La Tradition   Sam 25 Fév 2006 - 18:06

Je ne me fâche jamais. Si tu es attentif tu verras que chacun de mes messages correspond à l'un de ces points de réflexion.
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Fergus



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MessageSujet: Re: La Tradition   Sam 25 Fév 2006 - 22:07

J'aime cette citation :

Citation :
"Accomplir les oeuvres en union étroite et profonde communion avec le Divin en nous, avec l'Universel autour de nous et le Transcendant au-dessus de nous, ne pas se laisser enfermer dans le mental humain emprisonné et séparateur, ne pas être esclave de ses injonctions ignorantes et de ses suggestions étroites, c'est le Karma-Yoga" (= le Yoga de l'Action, ou l'Union par les Actes).
Sri Aurobindo, in La pratique du Yoga intégral, §755.

Ce n'est pas un catéchisme, mais l'expression d'une véritable expérience spirituelle.

J'ajouterai les suivantes :

Citation :
"Il ne peut y avoir de Karma-Yoga sans la volonté de se débarrasser de l'ego, de rajas et du désir, qui sont les sceaux de l'ignorance... Le travail accompli dans cet esprit est tout à fait aussi efficace que la bhakti (= l'adoration) ou la contemplation" (Sri Aurobindo, Le Guide du Yoga, p. 178)

Citation :
"Le seul travail qui purifie spirituellement est celui qu'on fait sans motifs personnels, sans chercher la renommée ou la notoriété ou les honneurs de ce monde, sans mettre en avant ses propres mobiles mentaux, ses exigences ou convoitises vitales, ses préférences physiques, sans vanité, sans vouloir brutalement s'imposer ni chercher place ou prestige ; c'est le travail fait pour l'amour du Divin seul et sur ordre du Divin. Tout travail fait dans un esprit égoïste, si bon qu'il soit pour les gens dans le monde de l'ignorance, n'est d'aucune utilité pour l'aspirant au Yoga" (id., p. 173)
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Suibhne



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MessageSujet: Re: La Tradition   Dim 26 Fév 2006 - 9:36

Versets du Viveka Chûdâmani de Shankarâchârya

31 – Des moyens de libération
Bhakti est le plus puissant
_ l’Amour _
Qui est, le sais-tu ?
La recherche en toi, la découverte en toi.

351 – En vérité le Divin est au dedans de toi,
Etre suprême, félicité intérieure éternelle.
Il est, il demeure, il ne passe,
Sans second, indivisible,
Splendeur de la conscience absolue,
Témoin de l’intelligence (Buddhi),
Au-delà du réel et du non-réel,
Le Divin – l’être vrai en toutes créatures.

135 – Cela – Paramâtman –
Cela, qui est par-delà le réel et le non-réel,
Sa nature est pure connaissance ;
Il est lumière au-dedans de l’être,
Montrant les phénomènes présents et à venir,
Distinct pourtant de Prakriti aux mouvantes formes.
Sache qu’il est ton être, sens qu’il est ton être
Que tu dormes, rêves ou veilles,
De ton intelligence seulement le témoin.

217 – Lumière constante au dedans de toi
- et au dedans de tous –
Ton être intérieur éternel se manifeste en toi,
Vois-le en toi quand tu dors, rêves ou veilles
Il est en toi,
Il est en toi,
Témoin qui regarde ces formes nombreuses,
Ces formes changeantes.
Principe de ton être depuis « je », pensée-racine,
Sens-le comme Eternité, Béatitude et conscience,
En ton cœur réalise Cela qui est ton être.

136 – Avec ta pensée bien règlée
Et ton intellect pur et clair réalise Cela
- Ton Atman –
Et dis « moi, c’est Cela »
Franchissant ainsi le Samsâra,
Océan insondable, océan sans limite
Des mots et des renaissances
Et alors connais la joie
D’avoir atteint ta propre essence,
Et à jamais ainsi demeure – Brahman même.

Traduction Jean Herbert
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Suibhne



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MessageSujet: Re: La Tradition   Dim 26 Fév 2006 - 13:33

Ces quelques poèmes, datant de l'antiquité, qui sont des fleurs de l' Advaita Vedânta est un système philosophique toujours actif en Inde.
Cette tradition a été "réactualisée" au XX° siècle par Ramana Maharshi à l'intention (entre autres) des occidentaux.
Ceci pour illustrer comment la Tradition s'adapte "au temps, au lieu et aux gens" pour être efficace.

Quelques citations et poèmes de Ramana Maharshi traduits par Jean Herbert.

Les instructions sont données à ceux qui les recherchent. Si vous éprouvez pour Dieu une foi solide, contentez-vous de vous y tenir fermement et ne vous souciez pas de ce qui arrive autour de vous. Que ce soit le bonheur ou le malheur qui vous atteigne, demeurez totalement indifférent et conservez votre foi en Dieu. Ce n'est que lorsque notre foi est forte que Dieu se préoccupe pleinement de chacun de nous.

Dieu est en tous et oeuvre à travers tous. Sa présence se reconnaît plus facilement chez ceux dont le mental est purifié. Le mental pur reflète l'activité divine plus clairement que le mental impur. Voilà pourquoi les gens croient que les hommes dont le mental est purifié sont les élus de Dieu. Mais le véritable élu de Dieu n'en sait rien lui-même et ne parle pas de la sorte. S'il croit qu'il est un intermédiaire entre Dieu et les hommes, c'est la meilleure preuve que son ego n'est point mort et qu'il retient une partie de son individualité. Il ne s'est donc pas entièrement soumis à la Volonté divine.

L'individu ne peut pas agir de son propre chef. Il suffit donc de reconnaître la toute-puissance de la Volonté divine et de rester tranquille. Chacun de nous est pris en charge par Dieu. C'est Lui qui a tout créé. Vous n'êtes ici que quelques unités parmi des milliards d'autres unités. Si Dieu a la puissance de régler la vie de ces milliards d'êtres, pourquoi voulez-vous qu'Il vous oublie ? Même le simple bon sens devrait amener les gens à comprendre que l'on doit se soumettre à Sa Volonté. Il n'y a par conséquent aucune nécessité à Lui faire part de vos besoins. Il les connaît mieux que vous-même et Il saura y pourvoir mieux que quiconque.

La connaissance sans la pratique est supérieure à la pratique sans la connaissance. La pratique jointe à la connaissance est supérieure à la connaissance sans la pratique et, l'action sans désir est encore supérieure à la connaissance jointe à la pratique.

Tout homme devrait agir sans croire qu'il est lui-même l'auteur de ses actes. Ses activités se dérouleront toujours, qu'il soit ou non pourvu d'ego. Tout homme est venu au monde, s'est manifesté, pour remplir une tâche particulière. Cette tâche sera accomplie, que l'homme se considère ou non comme étant l'auteur de ses actes.

Travaillez toujours en la seule présence du Soi, de l'Atman. Le travail n'est pas un obstacle à la réalisation. C'est la fausse identification avec l'auteur du travail qui vous trouble. Défaites-vous de cette fausse identification.

La difficulté actuelle, c'est que l'homme s'imagine qu'il est l'auteur de ses actes. C'est une erreur. C'est la Puissance supérieure qui fait toute chose; l'homme n'est qu'un instrument. S'il accepte cette position, il se libère de tous ses troubles; sinon, il les favorise.

Les actions n'entraînent aucun esclavage. L'esclavage résulte seulement de la fausse conception: "Je suis celui qui agit". Répudiez ce genre d'idées et laissez simplement le corps et les sens jouer leur rôle, en évitant de vous en mêler.

Mon corps est-il « moi » ? Il est silencieux et inerte, mais je sens la pleine force de ma personnalité, et j'entends même la voix du « moi » au fond de mon être. Je suis donc un esprit qui transcende le corps. Le corps meurt, mais l'esprit, transcendant le corps, ne peut être touché par la mort. Ce qui veut dire que je suis un esprit immortel.

Dans le sommeil profond, vous existez. Au réveil, vous existez toujours. C'est le même Soi, Atman, dans les deux états. La seule différence c'est qu'il y a, dans un cas, inconscience du monde extérieur et dans l'autre, conscience de ce monde. Le monde surgit en même temps que le mental et disparaît avec lui. Ce qui apparaît et disparaît n'est pas le Soi, l'Atman. Le Soi est autre chose; c'est lui qui fait naître le mental, le soutient et le résorbe. Donc le Soi est le principe sous-jacent.

Si quelqu'un croit qu'il est né, il ne peut pas éviter la crainte de la mort. Qu'il cherche donc s'il est jamais né, ou si le Soi, l'Atman, a fait l'objet d'une naissance. Il découvrira que le Soi existe toujours, que le corps qui a pris naissance peut se réduire finalement à une pensée et que c'est l'intervention des pensées qui est à la racine de tout ce gâchis. Il faut donc découvrir d'où jaillissent les pensées. Si vous y parvenez, vous "séjournerez" dans le Soi immortel le plus intime et vous serez libéré de l'idée de la naissance et de la crainte de la mort.

Les morts, en vérité, sont heureux. Ils se sont débarrassés de leur encombrante carapace: leur corps. Les morts ne pleurent pas, ce sont les survivants qui pleurent les morts. Est-ce que les hommes ont peur de dormir ? Bien au contraire, le sommeil est recherché et, à son réveil, chacun dit qu'il a bien dormi. On prépare soigneusement son lit pour bien dormir. Or le sommeil est une mort temporaire; la mort est un sommeil prolongé. Puisque l'homme meurt ainsi tandis qu'il vit, il n'a pas besoin de pleurer le décès d'autrui. Notre existence est évidente, avec ou sans corps physique, dans l'état de veille, le rêve ou le sommeil sans rêve. Alors pourquoi vouloir rester enchaîné dans le corps. Que l'homme trouve son Atman, son Soi immortel. Alors il pourra mourir, devenir immortel et heureux.

Vous n'aimez pas souffrir vous-même. Comment pouvez-vous donc infliger des souffrances à autrui? Contentez-vous de chasser les moustiques puisque leurs piqûres vous font mal.

Le silence ne consiste pas à fermer la bouche; c'est un éternel discours. L'état qui transcende la parole et la pensée, c'est mauna.

Votre devoir est d'abord de vous aider vous-mêmeet de devenir aussi fort et stable que possible. Vous y parviendrez en vous soumettant totalement à Dieu. Vous ne pouvez plus ensuite retenir le sens de votre ego, de votre moi individuel. Vous ne pouvez faire autrement que d'obéir à sa Volonté. Vous verrez alors que le silence, et non pas la prière, est l'accomplissement le plus élevé.

La solitude est partout. L'individu est toujours seul. Ce qu'il doit faire, c'est la découvrir en lui-même et non pas la trouver en dehors de lui.

Le langage muet de coeur à coeur vaut tous les langages. Toute conversation doit finir dans le silence seulement.

Découvrez qui vous êtes, et tous les autres problèmes se résoudront d'eux-mêmes.

Laissez Dieu de côté. C'est de vous dont il s'agit. Vous ne connaissez pas Dieu. Il n'est que ce que vous pensez qu'il est.

Il n'y a pas besoin de faire des efforts pour réaliser le Soi puisque celui-ci est toujours présent;
il suffit de faire disparaître l'illusion.

La réalisation consiste à vous débarrasser de l'illusion de croire que vous n'êtes pas réalisé.

La réalisation est déjà accomplie. Il n'y a donc pas lieu de s'efforcer d'y parvenir, elle n'est pas quelque chose d'extérieur, ni de nouveau. Elle existe toujours et partout, donc maintenant et ici.

Il n'y a pas de plus grand mystère que le fait que nous cherchons la Réalité alors que nous sommes cette Réalité.

Il n'y a rien à réaliser.
Ce qu'il faut, c'est se dépouiller de son ignorance.

Le silence contient toutes les autres formes d'initiation.

Ce qui est né doit périr.
Mais qui est né ?
Êtes-vous jamais né ?
Si vous dites que vous êtes né, de la naissance de qui parlez-vous ?
En quoi la naissance ou la disparition du corps physique peut-elle affecter le Soi éternel ?
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Fergus



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MessageSujet: Re: La Tradition   Dim 26 Fév 2006 - 18:27

Merci Suibhne pour ces textes rafraichissants, immédiatement compréhensibles même pour l'Occidental le plus fermé à la métaphysique traditionnelle.
Ces textes montrent bien que la Vérité n'est pas dans les étiquettes, qu'elle ne dépend pas de la forme religieuse extérieure, mais qu'il s'agit d'une aventure intérieure, intime, sacrée, au-delà des formes. La Vérité n'est pas plus celtique que juive, indienne, chinoise, hindoue, musulmane, chrétienne ou aztèque.
Elle est.
Point.
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Suibhne



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MessageSujet: Re: La Tradition   Sam 4 Mar 2006 - 15:58

Un autre texte traditionnel, pas "traduit en moderne" celui là.
Pour ceux que le Nom Allah rebute, je signale qu'il est la forme arabe de l'Eloah hébreux, singulier d'Elohim qui est traduit dans la Kaballe par "Lui-les dieux". Dans l'unité des traditions c'est l'Unique des triades...

Le grand intérêt de ce texte est de pouvoir se situer dans sa conception du divin par rapport à cette parole de Ramana Maharshi :
Citation :
Laissez Dieu de côté. C'est de vous dont il s'agit. Vous ne connaissez pas Dieu. Il n'est que ce que vous pensez qu'il est.
Ne mésestimez pas ce texte...

Les soixante-dix mille voiles


Quelle est la signification de la tradition : « Allah a soixante-dix voiles de lumière et de ténèbre : S’Il retirait ces voiles, l’éclat de Sa Face consumerait sans nul doute quiconque Le verrait » (Certains lisent « sept cents voiles »; d’autres « soixante-dix mille »).
Je l’explique ainsi. Allah est manifeste en Lui-même, par Lui-même. Un voile est nécessairement en rapport avec ceux loin desquels l’objet éclatant est voilé. Or ceux-ci, d’entre les hommes, sont de trois sortes, selon que leurs voiles sont pure obscurité, obscurité mélangée à la lumière, ou pure lumière. Les subdivisions de ces trois catégories sont très nombreuses. Ceci en tout cas est certain. Je pourrais sans doute me livrer à une énumération compliquée de ces subdivisions; mais je n’ai pas confiance dans les résultats de telles définitions et énumérations, car personne ne sait si elles étaient réellement voulues ou non. Quant à fixer le nombre à sept cents ou à soixante-dix mille, c’est là une question que seul peut saisir le pouvoir prophétique. Ma propre impression claire, toutefois, c’est que ces chiffres ne sont pas mentionnés en tant qu’énumération précise, car les chiffres sont souvent indiqués sans intention de limita-tion, mais plutôt pour signifier une quantité indéfiniment grande : Dieu sait mieux. Ce point, donc, est hors de notre compétence, et tout ce que je puis faire à présent est de te dévoiler ces trois principales divisions et quelques-unes des subdivisions.

1. Ceux qui sont voilés par la pure obscurité. La première division consiste en ceux qui sont voilés par la pure obscurité. Ceux-là sont les athées (« qui ne croient pas en Allah, ni au jour dernier » — Qor’ân, IV, 37). Ce sont ceux qui «préfèrent cette vie présente à celle à venir » — Qor’ân, XIV, 3 —, car ils ne croient pas du tout à ce qui doit venir. Ils se divisent en deux subdivisions.
Premièrement, il y a ceux qui désirent découvrir une cause qui rende compte de l’existence du monde, et ils considèrent la nature comme cette cause. Mais la nature est un attribut qui réside dans les substances matérielles et qui leur est immanente, et, en outre, c’est un attribut obscur, car il ne possède ni connaissance, ni perception, ni conscience de soi, ni conscience, ni lumière perçue par l’intermédiaire de la vue physique.
Deuxièmement, il y a ceux dont la préoccupation est le soi, et qui en aucune façon ne s’occupent à rechercher la causalité. Plutôt, ils vivent la vie des animaux des champs. Ce voile est, pour ainsi dire, leur égo centré sur lui-même, et leurs désirs de ténèbres; car il n’y a pas de ténèbres plus fortes que l’esclavage à l’égard des passions et de l’amour de soi. «N’as-tu pas vu, dit Allah, l’homme qui prend sa pas-sion pour une divinité? » (Qor’ân. XXV, 43) et le Prophète : « La passion est le plus détestable des dieux adorés sur la terre. »
Cette dernière division peut être divisée à son tour. Il existe une catégorie de gens qui pensent que le but principal du monde est la satisfaction de vos besoins, appétits et plaisirs animaux, qu’ils soient en relation avec le sexe, la nourri-ture, la boisson, ou les vêtements. Ceux-là sont les créatures du plaisir; le plaisir est leur dieu, le but de leur ambition; et, en l’obtenant, ils croient avoir gagné la félicité. Délibéré-ment et volontairement, ils se mettent au niveau des bêtes des champs; en vérité, à un niveau inférieur à celui des animaux. Peut-on imaginer ténèbres plus grandes que ceci? De tels hommes sont en réalité voilés par une obscurité complète.
Une autre catégorie pense que le but principal de l’homme est la conquête et la domination, le massacre, le rapt et la captivité de leurs semblables. Telle est la conception que s’en font des Arabes, certains d’entre les Kurdes, et surtout des imbéciles innombrables. Leur voile est le voile noir des attributs de la férocité, parce que ce sont eux qui les domi-nent, de telle sorte qu’ils considèrent que forcer leur proie constitue le sommet de la félicité. Ceux-ci sont donc satis-faits d’occuper le niveau des animaux de proie, et même un niveau plus vil encore.
Une troisième catégorie suppose que le but principal, c’est la richesse et la prospérité, parce que l’or est le moyen de satisfaire chaque désir. Leur préoccupation consiste donc à amasser et à multiplier les richesses, accroître la propriété, les biens fonciers, les biens personnels, les chevaux pur-sang, les troupeaux, le bétail, les champs et le reste, à thé-sauriser même sous terre. On peut les voir travaillant dure-ment toute leur vie, s’engageant dans des périls sur la terre, des risques sur la mer, par monts et par vaux, empilant les richesses et cependant se la refusant à eux-mêmes, et combien plus encore aux autres ! Ce sont là ceux auxquels pensait le Pro-phète quand il dit : « Pauvre misérable, esclave des dirhams ! Pauvre misérable, esclave des dinars! » Et en vérité, quelle ténèbre est plus profonde que celle qui aveugle les hommes, alors que l’or et l’argent ne sont que deux métaux non désirés pour eux-mêmes, ne valant pas mieux que du gravier, à moins d’en faire des moyens pour atteindre différents buts et de les dépenser pour des choses méritant d’être achetées ?
Une quatrième catégorie s’est avancée un peu plus haut que la folie complète de ces derniers, et suppose que la félicité suprême réside dans l’extension de la réputation personnelle d’un homme, la diffusion de sa renommée, l’accroisse-ment de ses adeptes et son influence sur les autres. On peut les voir s’admirer dans leurs propres miroirs ! L’un d’eux, qui souffre peut-être de la faim et du besoin chez lui, dépen-sera ce qu’il a pour des habits, essayant de paraître le plus élégant possible, afin d’éviter des regards méprisants quand il se déplace.
Innombrables sont les variétés de cette espèce, et tous unanimement sont voilés loin d’Allah par la pure ténèbre, et ils sont eux-mêmes ténèbres. De sorte qu’il n’est pas nécessaire de mentionner toutes les variétés individuelles, une fois que l’attention a été appelée sur le genre. L’une de ces variétés, que nous devons cependant mentionner, réside en ceux qui confessent avec leur langue « Il n’y a pas de dieu si ce n’est Dieu », mais ils sont probablement incités à cela par la crainte seule, ou le désir de mendier auprès des musulmans, ou d’obtenir leur faveur, ou par un zèle purement fanatique de soutenir les opinions de leurs pères. Car si la foi ne réussit pas à les pousser à faire de bonnes actions, elle n’assurera aucunement leur élévation vers la lumière à partir de la sphère ténébreuse. Plutôt, leurs saints patrons sont des diables qui les conduisent de la lumière vers l’obscurité. Mais celui que la foi touche, de telle sorte que ses mauvaises actions lui déplaisent et que ses bonnes actions lui font plaisir, est passé au-delà de la pure ténèbre, même s’il est encore un grand pécheur.
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Suibhne



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MessageSujet: Re: La Tradition   Sam 4 Mar 2006 - 15:59

2. Ceux qui sont voilés par la lumière et l’obscurité mêlées. La seconde division consiste en ceux qui sont voilés par un mélange de lumière et de ténèbre. Elle se divise en trois sortes; premièrement, ceux dont l’obscurité tire son origine des sens; secondement, de l’imagination; troisièmement, des faux syllogismes de l’intelligence.
En premier lieu, donc, il y a ceux qui sont voilés par l’obs-curité des sens. Ce sont là des personnes qui toutes sont passées au-delà de cette absorption en soi-même qui caracté-risait tous ceux de la première division, étant donné qu’ils divinisent quelque chose d’autre que le soi et ont quelque désir de connaître la divinité. Le premier degré de ceux-ci rassemble les adorateurs des idoles, le dernier degré les dualistes; entre ces deux extrêmes, existent d’autres degrés.
Les premiers, les idolâtres, sont conscients, en général, d’avoir une divinité qu’ils doivent préférer à leur sombre « moi », et croient que cette divinité est plus puissante que toute autre chose et a plus de prix que toute autre valeur. Mais la ténèbre des sens leur voile la connaissance qu’il leur faut transcender le monde sensoriel dans leur quête, de sorte qu’ils fabriquent pour eux-mêmes, avec les métaux les plus précieux, l’or, l’argent, et avec des pierres précieuses, des figures admirablement façonnées, et ensuite ils prennent ces images pour leurs dieux. De tels hommes sont voilés par la lumière de la majesté et de la beauté. La majesté et la beauté sont des attributs d’Allah et de Sa lumière; mais ils les ont attachés à des corps perçus par les sens; ces sens leur ont caché la lumière d’Allah, car les sens sont ténèbres par rapport au monde spirituel, ainsi que nous l’avons déjà vu.
La seconde catégorie, composée des tribus turques les plus éloignées qui ne possèdent pas de communauté religieuse organisée et n’ont pas de code religieux défini, croient qu’ils ont une divinité, et que cette divinité est quelque objet par-ticulièrement beau; de sorte que, lorsqu’ils voient un être humain d’une beauté exceptionnelle, ou encore un arbre, un cheval, etc., ils l’adorent et l’appellent leur dieu. Ceux-là sont voilés par la lumière de la Beauté mélangée à l’obscurité des sens. Ils ont pénétré plus avant que les idolâtres dans le royaume de la lumière à la découverte de la lumière, car ce sont des adorateurs de la Beauté dans l’absolu, non dans l’in-dividuel; et ils ne la limitent pas spécialement à un individu à l’exception d’autres; et, de plus, la Beauté qu’ils adorent est la création de la nature, non la leur.
La troisième catégorie déclare : notre divinité doit être lumière en Son essence, glorieuse en Son image, majestueuse en Elle-même, terrible en Sa présence, impossible à approcher; et, cependant, Elle doit être aussi perceptible. Car, dans l’opinion de ces gens, ce qui n’est pas perceptible est dépourvu de sens. Alors, comme ils trouvent que le feu se caractérise ainsi, ils l’adorent et le prennent pour Seigneur. Ceux-là sont voilés par la lumière de la puissance et de la gloire qui sont, en vérité, deux des lumières d’Allah.
La quatrième catégorie pense que, puisque nous exerçons un contrôle sur le feu, l’allumant et l’éteignant à volonté, il ne peut servir de divinité. Seulement ce qui possède l’attribut de la puissance et de la gloire et qui nous tient sous son empire absolu, et qui est en outre très élevé et sublime, seulement cela représente la divinité. L’astrologie est la science qui est à l’honneur chez ces gens, qui attribuent à chaque étoile une influence particulière; de sorte que certains adorent Cynosura et d’autres Jupiter et d’autres certains autres corps célestes, selon les nombreuses influences dont ils croient les diverses étoiles douées. Ceux-là sont voilés par la lumière du sublime, du lumineux, du puissant, qui sont aussi trois des lumières d’Allah.
La cinquième catégorie appuie la quatrième dans sa conception fondamentale; mais ceux qui la composent disent qu’il ne convient pas à leur Seigneur d’être décrit comme petit ou grand parmi des substances qui donnent la lumière, mais qu’Il doit être le plus grand, et c’est ainsi qu’ils adorent le soleil, qui, disent-ils, est la plus grande de toutes les lumières. De tels hommes sont voilés par la lumière de la grandeur, en plus des lumières précédentes; mais ils sont encore mêlés à l’obscurité des sens.
La sixième catégorie s’élève encore plus haut et dit le soleil a le monopole de la lumière; les corps autres que le soleil ont chacun leur lumière. Ainsi, étant donné que la divinité ne doit pas avoir de partenaire dans la luminosité, ils adorent la lumière absolue, qui embrasse toutes les lumières, et pen-sent que cela est le Seigneur de l’univers, et que toutes les choses bonnes doivent lui être attribuées. Ensuite, comme ils voient l’existence de maux dans le monde, et ne veulent aucunement permettre qu’ils soient attribués à leur divinité, qui est totalement dénuée de mal, ils conçoivent une lutte entre Lui et les ténèbres, et ils appellent ces deux forces Yazdan et Ahriman: c’est la secte des dualistes.
Ceci doit suffire pour traiter de cette division, qui comporte des catégories plus nombreuses que celles que nous avons mentionnées.
En second lieu, il y a ceux qui sont voilés par quelque lumière, mêlée à l’obscurité de l’imagination. Ceux-là sont passés au-delà des sens, car ils affirment l’existence de quelque chose derrière les objets des sens, mais ils sont incapables de dépasser l’imagination, et ainsi ils ont adoré un être qui siège effectivement sur un trône. Le degré le plus bas de ceux-ci est appelé les corporalistes; puis tous les divers Karramites, dans les écrits et les opinions desquels nous ne pouvons entrer ici, car multiplier les paroles à ce propos n’aurait pas de sens. Mais ceux dont le rang est le plus élevé sont ceux qui nient à Allah la corporalité et tous ses accidents, excepté un la direction, et cette direction, vers le haut; car, disent-ils, ce qui ne peut se rattacher à aucune direction, et ne peut être caractérisé comme étant ni dans le monde, ni hors de lui, n’existe pas, car il ne peut être imaginé par l’imagination. Ils n’ont pas réussi à comprendre que le premier degré des intelligibles nous emmène au-delà de toute référence quel-conque à la direction ou à la dimension.
Troisièmement, ceux qui sont voilés par la lumière divine, mêlée à l’obscurité des faux syllogismes de l’intelligence, et qui adorent une divinité qui « entend, voit, et possède la connaissance, la puissance, la volonté, la vie », et qui trans-cende toute direction, y compris la direction vers le haut, mais dont la conception de ces attributs est relative à ce qu’ils ont eux-mêmes; de telle sorte que certains d’entre eux ont pu déclarer carrément que Son « discours est de sons et de lettres comme le nôtre »; tandis que d’autres avancèrent un peu plus haut, peut-être, et dirent « Il est comme nos paroles mentales, à la fois sans sons et sans lettres. » Ainsi, quand ils étaient mis au défi de montrer que ces « ouïe, vue, vie »etc., sont réels en Allah, ils retombèrent dans ce qui était essentiellement de l’anthropomorphisme, tout en le récusant formellement, car ils ne réussissaient absolument pas à com-prendre ce que l’attribution de ces notions à Allah signifie en réalité. Ainsi, ils disent, en ce qui concerne Sa volonté, qu’elle est contingente comme la nôtre; qu’elle désire et s’as-signe un but, comme la nôtre. Toutes ces opinions sont bien connues, et nous n avons pas besoin d’entrer dans plus de détails à leur sujet. Ceux-là, donc, sont voilés par plusieurs des lumières divines, mêlées à l’obscurité des analogies de l’intelligence. Toutes ces catégories illustrent la seconde division rassemblant ceux qui sont voilés par la lumière et la ténèbre mêlées.
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Suibhne



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MessageSujet: Re: La Tradition   Sam 4 Mar 2006 - 16:00

3. Ceux qui sont voilés par la lumière pure. La troisième division est celle de ceux qui sont voilés par la lumière pure, et ils se rangent eux aussi en plusieurs catégories. Je ne peux toutes les énumérer, mais ne parlerai que de trois d’entre elles.
Les premiers de ceux-ci ont recherché et compris la véritable signification des attributs divins, et ont compris que, lorsque les attributs divins sont nommés parole, volonté, puissance, connaissance, et le reste, ce n’est pas selon notre mode humain de nomenclature. Et ceci les a conduits à éviter de Le désigner par ces attributs, et de Le désigner simplement en se référant à Sa création, comme le fit Moïse dans sa réponse à Pharaon, quand ce dernier demanda : « Qui est donc le Seigneur des mondes ? » (Qor’ân, XXVI, 23). Ils ont dit
c’est le Seigneur dont la Sainteté transcende même l’idée de ces attributs, Lui qui meut et gouverne les cieux.
Les seconds s’élèvent plus haut que ceux-ci, étant donné qu’ils ont compris que les cieux sont une pluralité, et que celui qui meut chacun des différents cieux est un autre être, appelé un ange, et que ces anges forment une pluralité, et que leur relation aux autres lumières divines est comme la relation des étoiles avec toutes les autres lumières (cf. Qor’ân, XLI, 11). Ensuite, ils ont compris que ces cieux sont enveloppés par une autre sphère, par le mouvement de laquelle tout le reste tourne en vingt-quatre heures, et que, finalement, le Seigneur est Celui qui communique le mouvement à cette sphère la plus extrême, qui enclôt tout le reste, pour la raison, disent-ils, que la pluralité ne peut Lui être attribuée.
La troisième catégorie s’élève plus haut encore que ceux-ci. Ils disent que cette communication directe du mouvement aux corps célestes doit être un acte de service à l’égard du Seigneur de l’univers, un acte d’adoration et d’obéissance à Son commandement, et rendu par l’une de Ses créatures, un Ange qui se tient par rapport à la pure lumière divine dans la relation qu’a la lune avec les autres lumières visibles; et ils ont affirmé que le Seigneur est Celui qui est obéi par ce mouvant angélique, et que le Tout-Puissant doit être considéré comme le moteur universel indirectement et par le moyen de l’ordre amr — (cf. Qor’ân, VII, 54), mais non directement par le moyen de l’acte. L’explication de cet « ordre » et de ce qu’il est en réalité contient beaucoup d’obscurité et est trop difficile pour la plupart des intelligences, outre qu’elle est en dehors de cet ouvrage.
Tels sont les degrés de tous ceux qui sont voilés par les lumières, sans mélange d’obscurité.

4. Le but de la quête. Mais ceux qui parviennent constituent un quatrième degré auquel, à son tour, il a été rendu évident que Celui qui est obéi, si on L’identifie à Allah, il faudrait lui conférer des attributs qui nieraient Sa pure unité et perfec-tion, en raison d’un mystère qu’on ne peut révéler dans le cadre de ce livre; et que la relation de Celui qui est obéi à l’existence réelle est comme la relation du soleil à la lumière essentielle, ou du charbon brûlant au feu élémental; et ainsi, « ils ont détourné leurs visages » de Celui qui meut les cieux et de Celui qui a émis l’ordre — amara — pour leur mise en mouvement, et ils sont parvenus à un existant qui trans-cende tout ce qui est compréhensible par la vue humaine ou l’intelligence humaine; car ils L’ont trouvé au-delà de, et séparé de toute caractérisation que nous avons faite auparavant.
Et ces derniers sont eux aussi divisés. Pour une catégorie, le contenu tout entier de ce qui est perceptible est anéanti, consumé, effacé, et annihilé; cependant, l’âme elle-même demeure, contemplant la beauté et la sainteté absolue, et se contemplant elle-même dans sa beauté qui lui est conférée par son arrivée en la présence divine. En eux, donc, les choses vues, mais non l’âme qui voit, sont effacées.
Et ils sont dépassés par d’autres, parmi lesquels sont le petit nombre du petit nombre; que « les splendeurs de la Face sublime consument », et que la majesté de la gloire divine efface; de sorte qu’ils sont eux-mêmes anéantis, annihilés. Pour la contemplation de soi-même ne se trouve plus de place, parce qu’ils n’ont plus rien à faire avec le soi. Rien ne demeure plus que l’Un, le Réel; et la signification de Sa parole: « Tout périt, sauf Son Visage » (Qor’ân, XXVIII, 88) devient l’expérience de l’âme. A ceci, nous avons fait allusion dans le chapitre premier, où nous avons indiqué dans quel sens ils nommaient cet état « union » et comment ils le concevaient.
Tel est le degré ultime de ceux qui parviennent. Quelques-uns parmi eux n’ont pas eu, dans leur progrès et ascension, à gravir pas à pas les étapes que nous avons décrites; leur ascension ne leur demanda non plus aucun laps de temps; mais avec leur premier essor, ils sont arrivés à la connais-sance de la sainteté et l’attestation que Sa souveraineté trans-cende tout ce qui doit être transcendé. Ils furent subjugués dès le début par la connaissance qui subjugua les autres tout à la fin. La manifestation d’Allah leur arriva d’un seul coup, de sorte que tout ce qui est perceptible par la vue sensorielle ou par celle de l’intelligence fut « par les splendeurs de Son Visage entièrement consumé ». Il se peut que cette première voie fut celle d’Abraham, l’Ami d’Allah, tandis que la dernière fut celle de Muhammad, le bien-aimé d’Allah. Allah Seul connaît les mystères de leurs progrès et de leurs stations sur la Voie de lumière.
Tel est notre exposé concernant ceux qui sont voilés par les voiles; et ce ne serait pas étrange si, après que ces stations aient été pleinement classifiées et que les voiles des pèlerins mystiques aient été pleinement étudiés, le nombre de catégories s’avère s’élever à soixante-dix mille. Cependant, si vous regardez atten-tivement, vous verrez que, de toutes ces catégories, pas une seule ne se trouve en dehors des divisions que nous avons opérées. Car, ainsi que nous l’avons montré, ils doivent être voilés par leurs propres attributs humains; ou par les sens, l’imagination, l’intelligence discursive; ou par la lumière pure.

Voici ce qui s’est présenté à moi en guise de réponse à tes questions... Puis-je te suggérer de demander pour moi mon pardon pour tout ce en quoi ma plume a pu se tromper, ou mon pied glisser ? Car c’est chose aventureuse que de plonger dans la mer sans fond des mystères divins; et il est dur et difficile d’essayer de découvrir les lumières célestes qui sont derrière le voile. Ghazâlî

Ghazâli : Mishkôt al-Anwâr, chapitre troisième et dernier.
Traduction de Eva de Vitray-Meyerovitch, in : Anthologie du soufisme, Sindbad 1978.
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