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 Article : Aux origines des villes celtes

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Brigonerta

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MessageSujet: Article : Aux origines des villes celtes   Ven 23 Jan 2015 - 16:44

Article issu du site Pour la Science.fr

Aux origines des villes celtes

Depuis un siècle, les découvertes des archéologues qui étudient la civilisation celtique en France et en Tchéquie se rejoignent. Cette rencontre a récemment révélé comment s'est transformé l'habitat urbain chez les anciens Celtes.

Vladimir Salač et Olivier Buchsenschutz



Ce village d'artisans celtes, restitué par un artiste sur la base de fouilles menées en Tchéquie, est caractéristique du IIsiècle avant notre ère. Plusieurs agglomérations similaires ont été trouvées en France.

Benoît Clary

En 1899, à la suite d'un voyage en Bohème et à Vienne, nous avions nous-mêmes, d'accord avec M. Píc, insisté particulièrement sur l'unité complète de civilisation – phénomène vraiment inattendu – que présentent les deux stations de Stradonitz et du Mont Beuvray, ancienne Bibracte, capitale des Éduens.
Le Hradischt de Stradonitz en Bohême, Joseph Déchelette, 1906
À l'issue de la bataille de Bibracte (58 avant notre ère), César renvoie chez eux les Helvètes, mais il lui reste à disposer de 20 000 Boïens venus, avec femmes et enfants, s'associer à la tentative de migration helvète. Ces Boïens, qu'il assignera à résidence dans ce qui est devenu aujourd'hui la région de Sancerre, appartiennent à l'un des plus importants peuples celtiques d'alors. On en retrouve les traces aujourd'hui non seulement en France, en Italie, en Hongrie, en Slovaquie, en Autriche, en Allemagne, mais surtout en Tchéquie, où il a donné son nom à une région : la Bohème (qui provient deBoiohaemum signifiant « pays des Boïens »).
Or depuis plus d'un siècle, les archéologues tchèques et français font les mêmes constatations. En le découvrant, ils ont fini par conclure de conserve que ces deux régions du monde celtique, pourtant éloignées, ont évolué de la même façon. Nous allons raconter ici comment la poursuite de leur dialogue scientifique jusqu'à aujourd'hui, malgré les aléas de l'histoire européenne, a révélé l'existence chez les Celtes du Second âge du Fer d'une curieuse urbanisation en deux phases. La première est le développement spontané d'agglomérations d'artisans sur des places de marché situées en des points névralgiques de chaque province. Au cours de la seconde, l'aristocratie semble avoir dominé et a installé les artisans celtes derrière les remparts d'anciennes forteresses en hauteur, places fortes qui ont alors été renouvelées et développées dans toute l'Europe celtique.
Homogénéité culturelle
Le Second âge du Fer désigne la période allant de – 450 à la romanisation, durant laquelle la civilisation laténienne a dominé l'Europe tempérée. Le terme laténien, qui dérive du site éponyme de La Tène en Suisse, caractérise la civilisation portée entre Atlantique et mer Noire par un ensemble de peuples que les Grecs et les Romains anciens désignaient sous les termes de Celtes (Keltoï), de Galates (Galatai) ou de Gaulois (Galli).
L'homogénéité culturelle des Laténiens est frappante : partout ils construisent le même genre de sanctuaires, maîtrisent à un haut degré la métallurgie et développent un art codifié, qui évolue à chaque génération, mais de façon uniforme sur l'ensemble de l'espace celtique. Ainsi, de la Bretagne à la Hongrie, les torques (colliers rigides) portés par les membres de leur élite guerrière sont comparables à une même époque ; de même, leurs guerriers sont équipés d'un bouclier, d'une lance et d'une longue épée glissée dans un fourreau métallique porteur d'un décor codifié ; etc.
La société celtique traditionnelle est majoritairement composée de paysans pratiquant à la fois l'élevage et une agriculture stimulée par le développement des outils en fer. Elle est dirigée par une élite armée qui maîtrise la propriété du sol et assure la sécurité du territoire, et qui se manifeste par la construction de forteresses de hauteur et de grandes nécropoles. Ces aristocrates forment souvent des partis guerriers qui vont se louer comme mercenaires dans les guerres méditerranéennes, ce qui provoquera une expansion celtique vers le monde méditerranéen aux IVe et IIIe siècles avant notre ère.
Un trait évident des Celtes est qu'ils sont avant tout ruraux (une caractéristique des Gaulois qui est restée dans la mémoire collective des Français). Leur habitat est généralement dispersé dans les campagnes, où les aristocrates habitent au sein de grandes fermes entourées de fossés. Pour autant, une tendance à la concentration des activités économiques est perceptible en certains endroits névralgiques, dont nous verrons qu'elle a produit à certaines époques des agglomérations pouvant être qualifiées de villes.
L'analyse des textes grecs et latins avait en effet suggéré que les menaces germaniques au Nord et romaines au Sud avaient conduit, au cours du IIe siècle avant notre ère, à l'apparition de villes fortifiées. Toutefois, les fouilles en Tchéquie, en France et ailleurs ont progressivement fait apparaître que le processus de l'urbanisation a évolué de façon plus complexe. Nous allons retracer ces avancées en commençant par évoquer comment s'est développée la recherche sur les Celtes en Tchéquie, en France et, si nécessaire, dans le pays qui les sépare : l'Allemagne.
En Tchéquie, les premiers travaux archéologiques sur les monnaies et les fortifications de l'âge du Fer ont été menés après 1850. La même chose se produisit en France sous l'impulsion des sociétés savantes de Napoléon III. Les officiers de l'empereur ont identifié les principaux sites césariens, et la découverte de remparts de type laténien (le murus gallicus de César) à Murcens (commune de Cras, dans le Lot), à Bibracte, à Vertault en Bourgogne et en nombre d'endroits leur a permis de faire le lien entre le texte de César...
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