forum consacré à l'étude du druidisme antique et contemporain.
 
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 Le bègue et le loup

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Artio's
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MessageSujet: Le bègue et le loup   Dim 15 Fév 2015 - 13:05

Dans nos dictionnaires, nous trouvons des traductions assez approximatives du sens des mots anciens. Cela est souvent dû au matraquage symboliste du coucou chrétien.

Ainsi Blaise (tiré de Bleiz, lui-même tiré de Blaidd, blyth, Bled) s’est-il vu attribué le blaze du loup. Cette déformation-perversion vint de la tentative de diabolisation de cet animal magnifique en l’assimilant à un monstre ou à une prostituée. La racine bhel bhle signifie « enfler » et par référence au souffle maudit du loup, et par extension ces notions monstrueuses. C’est un dictionnaire trilingue (breton, français, latin) de 1464 qui posa les premières bases traductives. Ce dictionnaire se nomme le Catholicon (CQFD).

Philippe Walter, lui, pose l’origine de l’homme-loup de la mythologie celtique, à partir du Blaise, moine, copiste et initiateur de Merlin, son Lailoken, son jumeau divin. Merlin et Blaise seraient des avatars des jumeaux divins, fils et amants de la Déesse. Ce qui particularise Blaise est bien l’utilisation de l’art magique dans cette histoire.

Merlin comme Arthus sont associés à la Vouivre (GNWR Genièvre – Viviane Vivier). Merlin, complice de Blaise en la personne de Uther (autre), le fait s’accoupler avec Igerne (le pont-l’arbre) pour enfanter « celui de l’ourse » et confie se dernier à Antor (autre). Qui est cet « autre » sinon le double de Merlin ? Dans le mythe, Morgane est la concubine du Dagda, ce qui ferait de Merlin-Arthur un Dagda et ce qui ferait de Blaise-Uther un Ogmios. Grâce à le représentation que nous avons d’Ogmios, nous en déduisons qu’il est un dieu de l’éloquence (la chaîne d’or – Aur Or).

Parlons de Blaise, qui est un qualifiant. Contrairement au loup-monstre … bledos, blaisicios signifie bègue ; En Irlandais Blaise signifie dégustateur et Blais, saveur. Autant de termes liés à la langue que ce soit un apparent défaut de prononciation qu’un art de la table. Les avatars mythiques d’Ogmios sont :
- Elcmar « envieux, jaloux », contrairement au Dagda, le dieu-bon
- Labraid « parleur », symbole de l’éloquence
- Celtchar « rusé »

Ce sont bien là les qualités d’Uther. Cet « handicap » semble bien être un art de l’éloquence. Il en est de même pour les dieux borgnes, les danses sur un pied-une main et un œil, les dieux boiteux, les dieux manchots, les Fomoires et les dieux bègues ; Voir à ce sujet le livre de Patrick LAJOYE (Université de Caen) : BORGNE, MANCHOT, BOITEUX : DES DEMONS PRIMORDIAUX AUX DIEUX TONNANTS.

Les mythologies n’ont eu de cesse de relier le loup à la fécondité, à la destruction, au soleil tandis que l’église s’employa à le diaboliser au même titre qu’Ogmios, dieu nocturne, séduisant, et prétendu menteur. Ogmios devint le diable, le monstre. Mais le loup n’est pas Ogmios. Le vrai loup (le werwolf, le loup vouivre) n’est pas un dieu, vous le verrez un peu plus loin. Ce loup, gardien des enfers (dit-on) est fils de lumière (Hel-Lok), tel un Fenrir dont la nature est de procréer ou de détruire.

L’authenticité de ce bleiz est douteuse. Par contre, blaisicios semble être une traduction plus juste de Blaise. Dans les civilisations, nous trouvons à travers La Tradition Primordiale, les jumeaux divins : les Dioscures grecques, les ashvins indous, les Ashvins indous, les Asvienai lithuaniens, des devia lettons, les Paliques siciliens, Osiris et Seth, Abel et Caen, Romulus et Remus. Retenons ces deux derniers, allaités par la louve. Il reste cependant un rapport entre les jumeaux divins et la symbolique de la louve ?

Comment traduire le loup dans les langues indo-européennes et créer des liens ?
Anglais, allemand, géorgien : wolf (wife, femme),
Balkans : Vuk
Bulgare : Vulk ; Macédonien, Norvégien : Volk ; Polonais : Wilk (wolk en allemand : peuple)
Danois : Ulv (vulve) ; Islandais : Ulfur
Suédois : Varg
Roumain : Vlad
Gaulois : Volcos

Catalan : lop
Espagnol : lobo
Grec : Lykos (confusion avec leuk – lumière)
Latin : Lupus (confusion avec Lugus)

Les pays méditerranéens, plus syncrétiques ont eu une influence fâcheuse sur la symbolique du loup et au nord, seul le bleidd gallois fait exception, résultat probable du « coucou » chrétien.

Par contre, partout ailleurs, le loup est relié au peuple et à la Vulve céleste. Vulve, en gaulois se dit Tuta, le peuple Teuta. Les amérindiens comparent le loup au clan. J’en déduis que les jumeaux divins sont issus de la « Louve » génitrice ou allaitante au sens symbolique, cet attribut semblant indiquer plus une lignée qu’un caractère propre.

Revenons un instant au bègue. En anglais, cela se dit sutteter ; En latin, nous trouvons stulti, stolidi, qui signifient : idiot, fou ou … barde.
Le barde chante, parle et verse la boisson qui enivre, la boisson des dieux. Cette boisson « qui délie » la langue permet, tel un loup qui fait ses onomatopées (de concert), de s’adresser aux dieux, voire de comprendre leur langage. Ogmios est bien un dieu lieur et délieur tel un Varuna ou un Odin, souvent diabolisé comme un séducteur. Il serait le dieu des bardes.

Il n’est pas évident de se défaire de notre propre vision corrompue de l’antiquité. Il serait bon d’épurer notre vision de cette « soupe », de séparer les monstres et coucous de toutes sortes du bon grain.

Very Happy
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Ambigatos
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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Dim 15 Fév 2015 - 16:04

Une petite contribution de ma part sur le thème des tabous linguistiques touchant au loup, à l'ours et au renard dans les langues indo-européennes. J'avais fait ce petit travail il y a quelque temps pour la C.D.A. Bonne lecture !

Le tabou linguistique d’origine religieuse, sacrée ou magique.

Druide Ambigatos

Les interdictions linguistiques ont existé à toutes les époques à travers le monde mais le caractère de ces interdiction varie selon les sociétés et les époques. Il y a une différence fondamentale entre les interdictions linguistiques dans les sociétés primitives ou traditionnelles et celles dans les sociétés modernes. Les tabous linguistiques dans les sociétés traditionnelles sont d’ordre religieux ou magique alors que ceux des sociétés modernes actuelles relèvent de la bienséance, de la pudeur ou du politiquement correct. C’est toute la différence entre le tabou d’un côté et l’euphémisme de l’autre.

Le tabou d’ordre religieux a une portée bien plus grande que l’euphémisme des sociétés actuelles. Il ne se limite pas au phénomène de la parole mais touche aussi le geste, le comportement, les coutumes et les mœurs. Ainsi dans certaines circonstances, à certaines périodes de l’année, les hommes qui vivaient dans une société traditionnelle devaient prendre garde, non seulement vis-à-vis de certains mots, mais aussi de certains gestes, mouvements, actions ou attitudes. Les ethno-linguistes considèrent le tabou linguistique comme une interdiction primitive d’ordre religieux-magique qui a pour cause unique la superstition.

On ne peut nier néanmoins que le tabou linguistique religieux existe toujours de nos jours. Certaines personnes répugnent à prononcer le mot « diable » et disent « le malin, le méchant, le mauvais esprit ». Même dans les jurons, on évite de le prononcer et on le remplace par « diantre ». Certaines personnes évitent de prononcer le mot « dieu » lorsqu’ils jurent et le remplacent par « bleu » : parbleu, nom de bleu, palsambleu etc… Mais ce domaine d’interdiction linguistique est aujourd’hui en voie de totale disparition. Le diable ne fait plus peur, pas plus que Dieu d’ailleurs. Lorsqu’aujourd’hui quelqu’un répugne à jurer en société, ce n’est plus parce que cela enfreint l’un des dix commandements et par crainte d’un châtiment divin mais par bienséance et peur de choquer son entourage, parce que cela ne se fait pas dans la bonne société. On peut considérer que le tabou linguistique d’ordre religieux ne disparaît pas totalement mais reste vivant en s’incarnant dans l’éthique sociale.

Les tabous linguistiques d’ordre sexuels, issus de la société chrétienne moyen-âgeuse sont eux aussi toujours bien vivants mais là aussi, les causes ne sont plus d’ordre religieux mais d’ordre social. La honte, la pudeur, l’embarras, la délicatesse, la décence font qu’on évite encore aujourd’hui à parler de la virginité, des menstrues, de la vie sexuelles du couple ou de l’individu. Il y a des mots qu’on évite de prononcer ou qu’on prononce à voix basse avec un air particulièrement sérieux. Le passage de la société traditionnelle à la société moderne a fait passer l’interdiction de ce qui est dangereux à l’interdiction de ce qui est inconvenant. La société moderne ne se contente d’ailleurs pas de fuir ce qui est désagréable ou impoli mais a inventé tout un appareil de formes de politesse, de manifestations de gentillesse plus ou moins développée et souvent d’hypocrisie guidée par l’intérêt personnel (hypocrisie sociale).

Ainsi le tutoiement qui était la règle dans les sociétés traditionnelles a laissé place d’abord au vouvoiement généralisé puis au vouvoiement sélectif actuel : il y a des gens que l’on tutoie et d’autres qu’il serait inconvenant de tutoyer. Dans les langues anciennes (sanscrit, latin, gaulois…) le vouvoiement n’existe pas et le tutoiement est la seule forme possible. En latin on tutoyait aussi bien l’esclave que Jules César en personne.

Il ressort de ce qu’on vient de voir qu’on peut classer les interdictions d’ordre linguistique en quatre catégories :
I. Croyance religieuse, magie, peur, superstition.
II. Bienséance, décence, pudeur.
III. Délicatesse, gentillesse, compassion, pitié.
IV. Prudence, prévoyance, mégalomanie, habileté, intérêt.
C’est bien entendu la première catégorie qui nous intéresse en premier lieu. C’est d’ailleurs elle qui mérite véritablement le nom de tabou linguistique et qui touche toutes les sociétés traditionnelles.

L’un des préceptes de la linguistique moderne depuis Ferdinand de Saussure est qu’il n’y a aucun rapport entre ce que celui-ci appelle le signifiant et le signifié, c’est-à-dire entre le mot, écrit ou prononcé dans telle ou telle langue et l’objet ou la personne que ce mot désigne réellement. Prenons un exemple. En français, le mot LOUP qui à l’écrit est formé de la suite de quatre lettres L.O.U.P. et qui à l’oral est formé des deux phonèmes  +  n’a strictement aucun rapport avec l’animal lui-même composé de chair et d’os et qui vit dans la forêt. Il n’y a pas davantage de rapport d’ailleurs si l’on change de langue et qu’on utilise le breton BLEIZ, le gaulois BLEDIOS, le sanscrit VŔKA, le lituanien VILKAS, le grec Λύκος, le latin LUPUS ou le gotique WULFS. D’ailleurs, bien que toutes ces langues appartiennent à la famille indo-européenne, il n’est pas évident de faire le rapport entre la désignation du loup dans chacune d’entre elles.

Le tabou linguistique d’ordre religieux ou magique est tout le contraire. Il est le résultat d’une conviction ancienne de l’existence d’une liaison précise entre le mot (écrit ou oral selon les traditions) et la personne ou la chose qui est désignée par ce mot. C’est la magie linguistique. Dans la conception magique du monde, le nom d’un objet ou d’un être n’est pas un symbole mais sa partie intégrante. En prononçant le nom de la chose, on touche ou on contamine la chose elle-même. Quand il s’agit d’un être surnaturel, bon ou mauvais, favorable ou dangereux, d’un animal sauvage et redoutables, d’une maladie ou de la mort, il faut donc être très attentif. Il ne faut pas provoquer les êtres qui sont plus forts que nous. Ne dit-on pas en français : « Quand on parle du loup, on en voit la queue » ? On dit d’ailleurs de même en breton : Pa gomzer eus ar bleiz, e vez e lost e-kreiz ou en basque : Otsoa aipa, han gerta (on mentionne le loup, il arrive) ou encore en allemand : Wenn man vom Wolfe spricht, ist er nicht weit (quand on parle du loup, il n’est pas loin).

En règle générale, le tabou linguistique entraîne la création d’une périphrase pour désigner malgré tout l’être ou la chose dont on veut taire le véritable nom. On l’observe encore aujourd’hui chez les gens simples pour ce qui concerne un mot tabou dans de nombreuses cultures : le nom de Dieu. Ces personnes refusent d’utiliser le mot « Dieu » tout seul et diront « le bon Dieu » ou utiliseront des substituts : le Seigneur, le Tout-Puissant, le Créateur, l’Éternel, le Sauveur, l’Être Suprême, le Grand Être etc…

Ceci n’est pas sans rappeler l’interdit linguistique dans le Druidisme concernant la divinité incréée qui transcendait les divinités populaires du paganisme celtique. Son nom propre, ineffable, n’était, semble-t-il, divulgué qu’aux initiés du divin appelés DIUICIACOI, nom qui signifie aussi « initié à la lumière divine ». Autrement, il était désigné par des périphrases :
- GUTTON UXSELLIMON : Divinité suprêmement haute.
- ARITMATHES : Bien primordial.
- DITS-ATER : Père de l’anéantissement.
- DAGODEUOS : Dieu du Bien, d’où le DAGDA gaélique ridiculisé par les moines chrétiens qui transcrirent les légendes goïdéliques.

Comme les druides interdisaient l’écriture, il nous est difficile de concevoir avec précision quels ont pu être les tabous linguistiques dans les rituels mais on peut comparer avec certains phénomènes observés en Inde dans les rituels védiques. On trouve en effet dans les Brāhmaṇas une série de prescriptions sur la prononciation des mantras. Un passage du Jaiminīha-Brāhmaṇa nous en donne une idée. Commentant une invocation au dieu redouté Indra, l’auteur recommande de remplacer le participe īśānam « qui règne, puissant, souverain » par la variante purement arbitraire śānam. Or śānam n’a de sens, au moment de sa création, qu’en référence à īśānam. L’activité métalinguistique de l’usager produit en quelque sorte un signe du signe, un signe au second degré.

En lithuanien, on distingue clairement diēvas (Dieu) et le diminutif dieváitis. Alors que le premier terme renvoie au Dieu chrétien des Lithuaniens évangélisés, le second fait référence aux dieux païens baltes ou aux faux dieux de l’Ancien Testament. Avec l’adoption du Christianisme au Moyen-âge, diēvas se charge d’un contenu nouveau et ne convient plus aux figures de l’ancien panthéon, pourtant encore vivantes sous forme de traces dans l’imagerie populaire. C’est pourquoi la langue, usant de ses ressources morphologiques, se forge le dérivé dieváitis. Si une certaine analogie existe entre le dieváitis et le diēvas, la religion marque nettement la différence et s’interdit toute confusion. Par là s’explique, au plan linguistique, la création d’une expression dérivée, c’est-à-dire indirecte et par conséquent prudente, pour la désignation d’un dieu officiellement proscrit.

Dans beaucoup de pays (Italie, Allemagne ou Pologne), le nom « Jésus » est absolument tabou et il est totalement exclus des noms donnés lors du baptême. En France également, il a été tabouisé au Moyen-Âge et il reste exceptionnel aujourd’hui. En Espagne et au Portugal par contre, ce nom est donné fréquemment. Pour le nom de Marie, c’est le contraire. Alors qu’il est souvent donné comme prénom en France, on le remplace en Espagne par des substituts euphémistiques. On peut observer dans certaines régions de même tabou linguistiques envers certains saints.

Il existe toujours une certaine appréhension à parler de Satan ou d’une sorcière qui peuvent faire tant de mal à ceux qui y croient. De même, les chasseurs, en allant à la chasse, préfèrent, aujourd’hui encore, ne pas prononcé le nom de l’animal chassé car cela risquerait de le faire fuir. Également, dans le langage des acteurs, des étudiants etc… on préfère ne pas parler de succès, de réussite pour ne pas provoquer le mauvais sort. On préfère dire « m-rd- » plutôt que « bonne chance ». On a aussi recours à l’action de « toucher du bois ». Les paysans et les bergers préfèrent ne pas nommer les animaux qui sont dangereux pour leur bétail car ceux-ci pourraient l’entendre et ceci pourrait les attirer. Combien de dénominations euphémique pour la mort, les maladies graves comme le cancer ainsi que pour les herbes miraculeuses qui y remédient ?

Loin de faire disparaître les tabous linguistiques de l’ordre de la superstition, notre civilisation moderne en crée de nouveaux. Ainsi pendant la deuxième guerre mondiale, les déportés des camps de concentrations allemands évitaient de prononcer certains mots comme « mort », « crématoire », « S.S. » et surtout le nom de « Hitler ». Même les soldats évitaient de prononcer le nom de « Hitler » et lui substituaient des créations euphémistiques très diverses comme « le Patron », « le Vieux » etc…

Nous étudierons pour terminer trois exemples de tabou linguistique dans les langues indo-européennes qui touchent trois animaux sacralisés à cause de la terreur ancestrale vis-à-vis du danger qu’ils représentaient pour les hommes et pour le bétail : le loup, l’ours et le renard.

1. LE LOUP.

Le loup était un animal sacré pour tous les peuples européens. De nombreux peuples se disaient descendant des loups et vouaient un culte au dieu-loup ancêtre. On ignore quel a pu être le nom originel du loup en indo-européen, celui-ci étant désigné dès l’origine par une périphrase. Les différentes langues indo-européennes permettent de remonter à un mot originel qui serait *wkwos. Ce mot, formé sur la racine welk- (voler, prendre, dérober) signifierait « le voleur ».

De ce mot dérive le germanique wulfaz (wulfs en gotique, Wolf en allemand), le sanscrit vŕka, le vieux slave vlŭkŭ, le lithuanien vilkas, le grec λύκος, le latin lupus et le celtique uolcos.

Il est étonnant de constater en latin, une langue qui conserve ordinairement le q indo-européen, la transformation de ce q en p avec la forme lupus. On attendrait normalement luquus. On pense qu’il s’agit là de la conséquence d’une déformation volontaire liée à un tabou de chasseurs à moins qu’il ne s’agisse d’un emprunt à une langue italique voisine comme les langues osco-ombriennes dans lesquelles p avait remplacé le q primitif. Or les loups étaient particulièrement nombreux dans les montagnes du Samnium où ces langues se pratiquaient.

En hongrois, une langue non-indo-européenne, le loup a également été frappé par un tabou linguistique et est désigné par une périphrase : farkas qui signifie « animal à queue ».

Chez les germains, le loup Fenrir, fils de Loki et de Hel, la gardienne des enfers, est celui a qui incombe la destruction du monde. Animal totémique, son nom entre dans la composition de nombreux prénom : Wolfram (loup – corbeau), Adolf (noble loup), Rudolf (loup glorieux) etc…

Chez les celtes, Lug était représenté accompagné de deux loups, tout comme Odin chez les germains. Le peuple celte installé le long du Danube s’appelait Uolcae (les loups). Par la suite, l’ancien mot celtique uolcos signifiant « le méchant » a été tabouisé à son tour. Les celtes ont voulu amadouer le loup et s’attirer ses bonnes grâces en lui donnant un nom plus gentil : bledios, variante de mledos : le doux, l’aimable, le délicat, le suave.

Du celtique bledios dérive le nom que porte le loup dans les langues celtiques actuelles : bleid (vieux breton), bleiz (breton actuel), bleith (cornique), blaidd (gallois). Bledios a laissé des traces dans la toponymie française : deux rivières s’appellent La Blaise (Eure-et-Loir et Marne < *blediā), une autre La Blies (Moselle, Blesa en 796), une autre La Bléone (Alpes de Haute Provence, Bledona en 1060). Les villages de Blaisy et de Blassac ont pour origine le celtique *blediacon (lieu infesté par les loups). Après la christianisation, le culte du loup a été remplacé par le culte à Saint Blaise dont le nom est révélateur.

2. L’OURS.

Les linguistes ont reconstitué le nom de l’ours en indo-européen sous la forme h2rṭkos, h2 notant une laryngale initiale. La signification de ce nom serait « le destructeur ». De ce mot dérive le latin ursus, le grec άρκτος, le sanscrit rḳsạh ̣, l’arménien arĵ, le celtique artos, le hittite hartaggas.

Les langues celtiques modernes utilisent toutes des dérivés du mot artos signifiant à la fois l’ours et le guerrier : ard (vieux breton), arzh (breton moderne), arth (gallois), art (vieil irlandais). Du celtique artos dérive sans doute le basque hartza. Le prénom Armel dérive d’un ancien *artomaglos (Seigneur des Ours) ainsi que le prénom Arthur qui vient d’Artorixs (Roi des Ours).

Dans les langues slaves, l’ancien nom indo-européen a été tabouisé et remplacé en vieux slave par medvĕdī qui signifie « le mangeur de miel », d’ou le russe medved. Mais comme si cela ne suffisait encore pas, les paysans ukrainiens emploient comme substitut au nom de l’ours en ukrainien medv’id’ la forme à métathèse vedm’id, inversant ainsi le m et le v de peur de nommer cet animal.

Un tabou de même nature a également éliminé l’ancien nom de l’ours dans les langues baltes et germaniques dans lesquelles il est remplacé par l’adjectif indo-européen bhëro qui signifie « brun ». Dans ces langues, l’ours est « le Brun ». Bhëro donnera bėras en lithuanien, bêrs en letton, bëron en germanique commun d’où sont issus l’allemand Bär, le néerlandais beer, l’anglo-saxon bëra et le vieux norrois bjọrn. Ce nom de l’ours a laissé sa trace dans deux capitales européennes : Berlin et Berne.

3. LE RENARD.

Le renard a également été l’objet d’un tabou linguistique en indo-européen puisque les linguistes remontent au même mot originel que celui pour le loup, c’est-à-dire *wkwos : le voleur. Ce mot donnera lopāśáh ̣ en sanscrit avec le sens de chacal, ałuēs en arménien, αλώπεζ en grec, uolpēs en latin, lãpe en lithuanien, lapsa en letton et louernos en celtique (*loupernos en proto-celtique).

Dans toutes les langues celtiques modernes, le nom du renard dérive du celtique louernos : louarn en breton, louuern en cornique, llywarn en gallois, loarn en vieil irlandais. Le celtique luernos serait aussi à l’origine du toponyme Le Lubéron (Vaucluse), anciennement Louerion Mons (Mont-aux-Renards).

Dans les langues germaniques, le mot indo-européen originel a été frappé par un tabou linguistique et il est introuvable. Les germains l’ont remplacé par un autre mot indo-européen *pukā qui devient en sanscrit puccha (la queue). Comme l’ont démontré les proverbes cités plus haut, il suffit de voir la queue pour voir le renard tout entier. *pukā devient en germanique, suite à la première mutation consonantique fohs qui donnera fauhô en gotique, fóa en vieux-norrois, fox en anglo-saxon, Fuchs en allemand, vos en néerlandais, Fuuss en luxembourgeois.

Un interdit linguistique a également frappé le nom du renard en latin qui au lieu de uolpes utilisaient le diminutif uulpecula qui est féminin. Un changement de genre en uulpiculum est à l’origine du nom du renard en ancien français : golpil, gorpil ou gropil. Un nouvel interdit linguistique a frappé ce mot qui va disparaître au profit de renart ou renard, nom du personnage principal du roman du même nom.

Note : Les mots précédés d’un * sont des formes reconstituées par les linguistes, probables ou possibles.

BIBLIOGRAPHIE ET SOURCES :
- CHRISTOL Alain – Des mots et des mythes – Publication des Universités de Rouen et du Havre – 2008.
- DELAMARRE Xavier – Dictionnaire de la langue gauloise – Éd. Errance – Paris – 2003.
- KLUGE Friedrich – Etymologisches Wörterbuch der deutschen Sprache – Straßburg – 1910.
- MONARD J. – Dictionnaire de Celtique ancien – Keltia Publications – Edinburgh – 2000.
- MONARD J. – Éléments de base du Druidisme – Groupe Druidique des Gaules – 1993.
- PRANEUF Michel – Bestiaire ethno-linguistique des peuples d’Europe – Éd. L’Harmatan – 2001.
- SANDOZ Claude – Le tabou linguistique comme facteur de processus dérivationnels à la lumière de faits indo-européens in E. Benvéniste aujourd’hui, Actes du Colloque international du C.N.R.S. – Université François Rabelais de Tours – 28-30 septembre 1983.
- WIDLAK Stanislas – L’interdiction linguistique en français d’aujourd’hui – Revue belge de Philologie et d’Histoire – Volume 43 – 1965.
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Moilogustos
Druide C.C.C.
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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Dim 15 Fév 2015 - 16:18

Bonjour,

Merci Ambigatos pour ce travail, je vais regarder ça de plus près....Je prend note.
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Artio's
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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Dim 15 Fév 2015 - 16:34

Merci également pour ces références, Ambigatos. Il me semble cependant que mon article déconstruit "en quelque sorte" votre paragraphe sur le loup, que l'on peut trouver en partie sur Wikipédia. Le postulat duquel je pars est justement la "déformation" chrétienne et usuelle du loup par rapport au sens originel, cela au sein même de nos dictionnaires celtiques. En outre, il s'oriente plutôt sur une notion de "déesse primordiale" et une notion de lignée (dieux et peuple). Le "taureau" lui-même semble lié à la "Vache" comme l'ours à l'ourse.
Je semble peut-être iconoclaste par rapport aux idées reçues, mais il m'a semblé "préférable" de ne pas me figer dans une seule école. Comprenez alors mes lignes au conditionnel car c'est ainsi que je lis toutes les autres.
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Bledoorgetos

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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Dim 15 Fév 2015 - 17:33

Ambigatos a écrit:
1. LE LOUP.

Le loup était un animal sacré pour tous les peuples européens.

Malheureusement pour vous c'est faux. Le mot "tous" au moins est en trop.

C'est inexact en ce qui concerne les Roumains et leurs ancêtres Daces.


Vous m'avez pris à partie sur votre mur en affirmant que "Bledoorgetos veut dire étrangleur de loups (sic) - vous êtes défaillant en gaulois - et le loup est l'animal sacré des Roumains (re-sic). Son épouse roumaine doit avoir peur de se faire étrangler !" (re-re-sic)

Hélas pour vous les Daces étaient rigoureusement monothéistes: ils adoraient le dieu Zamolxis.

(au passage je ferai remarquer qu'ils étaient monothéistes avant les Hébreux qui pendant longtemps ont été monolàtres et pas monothéistes)


Les Roumains qui sont des Daco-Romains, sont devenus Chrétiens dès avant que leur langue se dégage réellement de sa gangue latine d'origine et de nombreux superstrats bulgares car les premiers états dans la Roumanie actuelle étaient des états féodaux bulgares.


La Roumanie, je suis désolé de vous l'apprendre, n'est apparue qu'à l'époque de Napoléon III par l'unification des principautés de Valaquie et de Moldavie.

La Valaquie a comme symbole un aigle, la Moldavie a un taureau.

Bien sûr ce sont des symboles héraldiques et pas du tout sacrés.

La Transylvanie qui n'a rejoint la mère patrie que le 1er décembre 1918, mis à part une courte unité de 1599 à 1601 réalisée par Mihai Viteazul "Domn al Moldovei, al Terrei Româneşti, şi loc-ţiitor al Transilvaniei".

(le dernier titre montre que pour la Transylvanie il était vassal de l'Empereur d'autriche)

Son symbole est un lion debout et une tour crénelée.

aucun loup, donc.


Le drapeau roumain actuel est bleu, jaune, rouge sans ornements mais le drapeau présidentiel est "cu stema" avec les armoiries qui représentent une foule de choses mais essentiellement au centre et en gros un aigle tenant dans ses serres un sceptre et une épée.

Il faut remarquer que la Bessarabie, c'est à dire la partie orientale de la Moldavie, annexée par les Soviétiques dans le cadre de leur alliance avec les nazis - codicille 3 du pacte secret accompagnant le prétendu traité de non-agression - retrouvant son indépendance en 1991 a choisi le drapeau bleu, jaune, rouge non pas avec le taureau moldave mais avec l'aigle de Valaquie pour bien marquer son identité roumaine.


Les Roumains détestent particulièrement le loup.

L'été c'est un animal solitaire, le plus souvent craintif, parfois audacieux mais pacifiquement puisqu'il vient manger même  dans les poubelles en bas des immeubles de Braşov, troisième ville de Roumanie.

Mais l'hiver les loups chassent en meutes, plusieurs meutes pouvant s'associer contre l'homme.

Il est faux de dire qu'ils mangent les animaux malades. Ils sont comme nous, ils préfèrent la viande de qualité.

Un paysan que je connais a dû lutter pour sa vie toute une nuit face à une trentaine de loups à moins d'un km du village.

Il s'est réfugié sur une casuţă,  une cabane de branchage que les paysans du Bàràgan font un peu partout lorsqu'ils ressentent un malaise par 40 degrés et plus.

Cette cabane comme toujours ne faisait pas plus d'un mètre de haut. Il a craint toute la nuit qu'elle s'effondre et s'est défendu à coups de pieds puisque les chaussures rendent les morsures moins douloureuses.

Tant qu'il n'y a qu'un seul loup introduit dans le Cantal, c'est sympa et folclo, quand il y aura des meutes elles mangeront des gens comme pendant tout le XIXème siècle. Les facteurs d'une part, les vioulounaires et cabretaires revenant d'une noce d'autre part, ont été les victimes les plus fréquentes.

Un nom valaque est Lupescu et son équivalent moldave est Lupaşcu.

Ce sont des noms guerriers. On prend comme référence ce qui fait peur.

(Et il faut croire que le Talmud a raison de dire que le nom détermine le destin puisqu'un de mes cousins par alliance Lupaşcu, mort à moins de 50 ans il y a dix ans, était général de l'armée roumaine).
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Artio's
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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Dim 15 Fév 2015 - 17:41

Ca part encore en C...
Quelqu'un a-t-il envie d'interagir gentiment avec le sujet ? Je dis ça, au cas où. Non ? Parceque sinon, à quoi bon encore poster ?
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Nemetos Pollocoros
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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Dim 15 Fév 2015 - 18:24

Evil or Very Mad  Là, le gentil modérateur commence à avoir la moutarde qui lui monte au nez, alors je vais être très clair une bonne fois pour toute... ici on vient pour débattre non pour se battre, on vient pour échanger, non s'étriper, on vient pour discuter (en bonne intelligence) non pour s'écharper ; pour cela vous avez vos pages facebook.

Donc, si je vous surprend encore une fois à dénigrer, baver, calomnier, déblatérer, déconsidérer, décrier, diffamer, diminuer, rabaisser ou encore médire ou salir, je jure par les dieux que jure ma tribu de vous bannir de ce forum.

J'espère avoir été clair pour tout le monde. A bonne entendeur, salut !

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Nemetos Pollocoros
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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Dim 15 Fév 2015 - 18:30

Artio's, le sujet, le vrai, est loin d'être épuisé et mérite d'être approfondi, ne serai-ce que pour faire honneur à ton travail et à celui d'Ambigatos, que je remercie chaleureusement d'être revenu contribuer au forum malgré les évènements récents. et je remercie de la même manière Bledoorgetos d'avoir recommencé à poster et de dire des choses intéressantes... Bledoorgetos, nous en resterons là sur ta femme et sur ce que vous vous racontez avec ton ex-compère Ambigatos sur facebook à son sujet, car nous n'en avons strictement rien à foutre. pense que tu es l'hôte d'Auetos et de Matolitus et non le maître des lieux, et cesse de confondre une fois pour toute tes propres médias avec le forum de la CCC.

il y a tant à dire sur le loup, sa symbolique et sa place dans notre religion... ça sera pour une autre fois, quand le calme sera revenu.

mais bien que l'animal soit devenu sacré pour nombre de nos contemporains, il ne faudra pas taire pour autant que le loup est un animal opportuniste qui préfèrera toujours se tenir à l'écart de l'homme si les ressources en gibier suffisent ou s'en prendre au bétail si celui-ci est vulnérable... mais peut être aussi à l'occasion un redoutable mangeur d'enfants et de jeunes filles (hors cas de rage), puisqu'il est responsable en France de la mort de plusieurs milliers de ces proies faciles (jeunes bergers le plus souvent) à l'époque moderne et contemporaine, ainsi que nous l'ont montré nos archives.

avant de me tomber (éventuellement) dessus, procurez-vous si vous le pouvez cet excellent travail de Jean-Marc Moriceau, professeur d'histoire moderne à l'université de Caen: "Histoire du méchant loup; 3000 attaques sur l'homme en France. XVe-XXe siècle" aux éditions Fayard. je l'ai chez-moi et ça me fera l'occasion de le relire... on ne peut pas évoquer ce superbe animal sans aborder aussi sa part d'ombre (que nous, paysans avons toujours en tête) qui participe, qu'on le veuille ou non dans une part non négligeable à la fascination qu'il nous inspire. ça rejoint en partie (en partie seulement car c'est un animal que j'aime) ce que disait Bledoorgetos, et c'est aussi pour ça que je le poste, car je sais que vous lui donnerez tort sur ce point, alors que la réalité historique est beaucoup plus nuancée que ce que (peut-être) vous en direz.

cet ouvrage donne bien des clefs sur nos représentations passées du loup et nous donne des détails fort intéressants sur le profil-type des victimes et de ces loups tueurs, non pas dégénérés mais spécialisés, et ce, dans des situations bien particulières. et nous voyons en le lisant que la Bête du Gévaudan n'est que l'aspect médiatisé (ou instrumentalisé) d'un fléau qui a frappé bien des campagnes françaises.

Bonne soirée à tous,
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Ambigatos
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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Dim 15 Fév 2015 - 19:16

Matuos, tu évoques là la grande énigme de la France où le loup est synonyme de sauvagerie et al louve de débauche.
Comme le disait Zenobius, un sophiste grec du IIème siècle, "on accuse le loup, coupable ou non".
Il est tout de même curieux de constater que les archives de Prusse du XVIIIème siècle, ne mentionne aucune mort d'homme par les loups, alors qu'en France à la même époque, on accuse cet animal de nombreuses tueries.
Au XXème siècle, en Amérique du Nord, où demeuraient encore des milliers de loups, deux attaques seulement ont été recensées et encore, les animaux en question étaient atteints de la rage.
Pendant ce temps, en France, entre 1882 et 1914, plus de 10000 loups furent exterminés.
Alors que chez les grecs anciens, le loup était symbole de lumière et Apollon était surnommé lukogenès (né du loup), le moyen-âge chrétien l'a assimilé au diable et à l'enfer. Preuve est ce qu'en disait Pierre de Beauvais : "Le loup représente le diable car celui-ci éprouve constamment de la haine pour l'espèce humaine, et il rôde autour des pensées des fidèles afin de tromper leurs âmes". D'où toutes les histoires de lycanthropie, de loup-garous.
Avez-vous remarqué la parenté entre lukos (le loup), luké (la lumière) et le dieu Lug ?

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur le loup mais dans le calme et sans s'énerver.
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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Dim 15 Fév 2015 - 19:46

peut-être tout simplement les campagnes prussiennes de l'époque n'étaient-elles pas surpeuplées et déboisées comme chez-nous, et les jeunes enfants n'étaient-ils pas systématiquement de garde à l'écart des terres cultivées comme c'était le cas chez-nous pour libérer ces tâches de la présence des plus grands dont la force de travail était indispensable pour d'autres travaux dont la survie dépendait? c'est une des idées-fortes que ce livre met en évidence.

pour le reste, je suis tout à fait d'accord avec vous. j'ajoute à votre parentée de mots lugiens le mot irlandais pour lynx (lug), et je pense qu'un parallèle peut-être fait aussi avec notre légende du loup-cervier, car nos anciens le confondaient avec le lynx... c'est à creuser.
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Artio's
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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Dim 15 Fév 2015 - 19:47

Ambigatos a écrit:
Avez-vous remarqué la parenté entre lukos (le loup), luké (la lumière) et le dieu Lug ?

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur le loup mais dans le calme et sans s'énerver.

Il me semble que c'est "lycos" en grec, non lukos. Ne veut-on pas privilégier une ascendance dans un panthéon pro-masculin et éviter toutes les autres traductions ? Voyez plutôt :

Uolcos : loup, alerte
Uolcanos : vulcain (vulk = loup et peuple), le volcan prend tout de suite une autre dimension
Uolco : rendre un culte (avec libation)
Uolis : sang
Uollos : vide

Point de lumière, point de chasseur de moutons.

Matuos a écrit:
pour le reste, je suis tout à fait d'accord avec vous. j'ajoute à votre parenté de mots Lugiens le mot irlandais pour lynx (lug), et je pense qu'un parallèle peut-être fait aussi avec notre légende du loup-cervier, car nos anciens le confondaient avec le lynx... c'est à creuser.

Lynx (loup-cervier) = parenté avec lykos, lynkas en grec ( uavec accent aigu, prononcer y)
Le renard = volpe en italien (uolcos, volk) du latin vulpes
Etrange similitude avec le loup?

Quand à la louve dévoyée dont parle Ambigatos, elle provient d'une tendance machiste sur le féminin.
Mr Monard :
Bledinos : cheveux féminins
Bledsca : prostituée
Bledios : loup ?
Bledos : monstre

Donc, du même coup, pourquoi ne pas mettre le diable (le dieu nocturne), le loup et la femme dans le même sac. Ca doit faire l'affaire !
Du même coup, le regard se détourne du bas vers un céleste lumineux, et se détourne de la source, par où nos ancêtres trouvaient leur chemin, l'Ann-wvyn, le Hel (lumière), l'inferno (In-Uernon , dans le domaine).


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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Dim 15 Fév 2015 - 20:06


cette racine Lugo/Lugu- « lumière, briller » existe en Celtique, au moins pour les langues brittoniques qui l'ont conservée.

voir la thèse de Hilly où si je me souviens bien ces étymologies sont étudiées:

https://halshs.archives-ouvertes.fr/file/index/docid/614164/filename/Hily_Le_Dieu_celtique_Lugus.pdf
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Artio's
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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Dim 15 Fév 2015 - 20:12

Matuos a écrit:
cette racine Lugo/Lugu- « lumière, briller » existe en Celtique, au moins pour les langues brittoniques qui l'ont conservée.

voir la thèse de Hilly où si je me souviens bien ces étymologies sont étudiées:

https://halshs.archives-ouvertes.fr/file/index/docid/614164/filename/Hily_Le_Dieu_celtique_Lugus.pdf

Absolument, Matuos, la racine existe, mais le loup n'est pas lukos, sauf dans la bible.
Le u avec un accent aigu se prononce y, assez étranger à notre u (ou)
Les druides n'étaient pas les seuls à jouer sur les mots.
http://www.enseignemoi.com/bible/strong-biblique-grec-lukos-3074.html
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Bledoorgetos

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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Dim 15 Fév 2015 - 23:06

aucun euphémisme non plus en roumain pour dire le loup, ni pour dire l'ours, ni pour dire le renard respectivement "lup, urs" et " vulpe" (f)


(ce que faisaient les allemands c'était de prétendre indo-européennes des pratiques et traditions qui n'étaient qu'allemandes. Là c'est pareil, aucune adoration du loup ni chez les Roumains ni chez les Daces, et aucun euphémisme)


Dernière édition par Bledoorgetos le Dim 15 Fév 2015 - 23:49, édité 1 fois
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Bledoorgetos

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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Dim 15 Fév 2015 - 23:10

Un peuple qui vénérait le loup avant d'être Musulman c'était les Turcs, qui ne sont pas Indo-Européens ni Européens.

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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Lun 16 Fév 2015 - 0:10


allez, il se fait tard.


Dernière édition par Matuos le Jeu 5 Mai 2016 - 12:39, édité 1 fois
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Brigonerta

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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Lun 16 Fév 2015 - 0:27

Merci Artio's et Ambigatos pour ce sujet passionnant.
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Moilogustos
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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Lun 16 Fév 2015 - 9:02

Bonjour,

Merci pour ses sujets très intéressants et passionnants....

Pour le loup, certains disent que dans les contes...Que le loup c'est l'homme (masculin) Wink je pense bien sûr au chaperon rouge par exemple, mais que dans le passé, des méfaits sur les enfants auraient été pratiquer par des hommes, accuser le loup dans ses histoires à l'époque est chose facile. L'histoire du Gevaudan pourrait avoir été dans la même trempe.

Mais bon ce n'est qu'une idée de recherche...
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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Lun 16 Fév 2015 - 12:00


plus difficile en revanche, cher G.M est de faire admettre à nos contemporains que le loup est un animal sauvage, un chasseur, un carnivore qui sait s'adapter à toutes les situations... comme pour le tigre du Bengale, on niera jusqu'au bout l'évidence de ces faits historiques ou d'actualité pour ne pas toucher au mythe, lui préférant toujours des histoires à dormir debout comme celle popularisée par le dernier film sur la Bête du Gévaudan. il n'est pas notre ami, ni notre ennemi, il est autre, et n'agit que selon son propre intérêt. son intérêt présent est de nous éviter soigneusement, car ses territoires sont vastes et giboyeux, et que les troupeaux de brebis sont une ressource abondante et facile. dans la situation que j'évoquais, ses opportunités de se nourrir étaient totalement différentes. c'est ce que nos sociétés policées refusent d'admettre, que ce soit dans un camp ou dans l'autre...

Bonne journée,
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Auetos
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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Lun 16 Fév 2015 - 14:05

Ambigatos a écrit:
Le loup est synonyme de sauvagerie et la louve de débauche

Mais le langage des symboles interprète ces animaux, on s’en doute, d’une façon infiniment plus complexe, du fait, tout d’abord, qu’à l’instar de tout autre vecteur symbolique, ils peuvent être valorisés positivement autant que négativement.

Positif apparait le symbolisme du loup, si l’on remarque qu’il voit la nuit. Il devient alors symbole de lumière, solaire, héros guerrier, ancêtre mythique. C’est la signification chez les Celtes et chez les Grecs où il est attribué à Belenos ou à Apollon (Apollon lycien).

La louve de Romulus et Remus est, elle, non pas solaire et céleste, mais terrienne, sinon chtonienne. Ainsi dans un cas comme dans l’autre, cet animal reste associé à l’idée de fécondité. Dans certains pays, la croyance populaire, a jusqu’à nos jours conservé cet héritage. Il est le mâle « plus puissant » et on voit même encore des femmes stériles invoquer le loup pour avoir des enfants.

Cet aspect chtonien ou infernal du symbole constitue son autre face majeure. Elle semble restée dominante dans le folklore européen, comme en témoigne, par exemple, le conte du « Chaperon Rouge ». On le voit déjà apparaitre dans la mythologie gréco-latine ; c’est la louve de Mormolycé, nourrice de l’Achéron, dont on menace les enfants, exactement comme, de nos jours, on évoque le « grand méchant loup » ; c’est le manteau de peau de loup dont se revêt Hadès, maitre des Enfers ; les oreilles de loup du dieu de la mort des Etrusques ; c’est aussi, selon Diodore de Sicile, Osiris ressuscitant sous forme de loup pour aider sa femme et son fils à vaincre son frère méchant. (Krappe Alexandre, « La genèse des mythes »)

C’est aussi une des formes données à Zeus Lykaios, à qui on immolait en sacrifice des êtres humains, aux temps où régnait la magie agricole, pour mettre un terme aux sécheresses, aux fléaux naturels de toute sorte : Zeus déversait alors la pluie, fertilisait les champs, dirigeait les vents (Eliade Mircéa, « Traité d’histoire des religions »)

Ce symbolisme de dévorateur est celui de la gueule, image initiatique et archétypale, liée au phénomène de l’alternance jour-nuit, mort-vie ; la gueule dévore et rejette, elle est initiatrice, prenant, selon la faune de l’endroit, l’apparence de l’animal le plus vorace : ici le loup. La mythologie scandinave et celte présente spécifiquement le loup comme un dévorateur d’astres (Durand G. « Les structures anthropologiques de l’imaginaire »).

Le soleil, la lumière, est avalé par la gueule du loup qui est la nuit, la caverne, les enfers, la phase du renouvellement cosmique ; la délivrance du loup, c’est l’aurore, la lumière initiatique faisant suite à la descente aux enfers. La recréation du monde. Le loup, symbole du temps, apparait ici avec comme un monstre dévorant le temps humain ou s’attaquant même aux astres mesureurs de temps. Il est le destructeur-créateur, comme nous l’a suggéré J.-P. Savignac dans sa conférence sur la cosmogonie celtique.

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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Lun 16 Fév 2015 - 15:00

Shocked

Il m'aura fallu tout ça temps pour comprendre pourquoi le loup est associé à la lumière solaire.  Merci Auetos.  Et merci pour l'ensemble de ce message et de ces références.  Des livres que j'hésitais à acquérir concernant Mircea Eliade et G.Durand.


[Obligée de corriger ses fautes d'orthographe pour ne pas se faire charrier par son Brater Evil or Very Mad . Screugneugneu. Attends de voir, je ne vais pas rater Matuos la prochaine fois Twisted Evil Laughing )
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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Lun 16 Fév 2015 - 19:00

Je tiens tout d'abord à remercier ceux qui prennent le temps de lancer et de nourrir ce type de discussion. Ceci étant dit, je me permets quelques remarques en ce qui concerne les cultures germaniques.

En ce qui concerne le loup chez les Germains, citer Geki et Freki (les loups d'Odin) en complément de Fenrir serait peut-être pertinent. Sachant que les noms et le comportement de ces deux animaux qui pourtant accompagnent les dieux font référence à leur voracité. Aussi, la racine indo-européenne potentiellement "originelle" du type de vilkas lithuanien est présente sous la forme du varg, le hors-la-loi (personne ayant commis un crime justifiant son bannissement et le retrait de son statut d'humain : meurtre dissimulé, homicide familial, parjure). On peut dire que l'image du loup est quand même globalement pas extrêmement positive, ou du moins qu'elle garde bien en mémoire le danger très concret qu'il peut représenter.

Concernant le rapprochement entre Hel et la racine qui signifie "clair" dans quelques langues germaniques continentales, il me semble sujet à caution. Sachant qu'on a des termes proches signifiant "cacher" (helan en vieil anglais, vieux saxon, vieil haut-allemand) et d'autres "trou, vide" (hol en vieux norrois, vieil haut-allemand, vieil anglais). Ce qui intuitivement sied assez bien à une gardienne du royaume des morts.

P.S. à Clyde : Les Vikings utilisaient des effigies de créatures effrayantes ou destructrices à la proue de leurs navires quand ils abordaient les terres de leurs ennemis. Je pense que ce type de pratique pouvait avoir lieu chez les Celtes, mais que comme eux ils "neutralisaient" ces outils de guerre magique quand ils étaient sur leurs terres, en évitant de les brandir. La même chose devait avoir lieu pour les fameux carnyx : on n'en jouait pas en temps de paix.


Dernière édition par SoK le Lun 16 Fév 2015 - 19:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Lun 16 Fév 2015 - 19:04

Le loup ne pourrait il être la face sombre du chien dans la culture des Celtes? D'autant qu'il me semble qu'ils partagent certains noms en commun à certains âges de leurs vies.

Autre question concernant ces deux animaux. Pensez vous qu'ils aient pu aussi être des créatures d'enseignes militaires?
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MessageSujet: Re: Le bègue et le loup   Lun 16 Fév 2015 - 19:54

Clyde TriCanauos a écrit:
Le loup ne pourrait il être la face sombre du chien dans la culture des Celtes? D'autant qu'il me semble qu'ils partagent certains noms en commun à certains âges de leurs vies.

Autre question concernant ces deux animaux. Pensez vous qu'ils aient pu aussi être des créatures d'enseignes militaires?

Oui à la première question. Xavier Delamarre dit qu'on employait souvent "cunos" pour dire le loup en fait et pas bledo ou bleðos.


De même le héros irlandais Cuchulain est Cu Chulain = le chien de l'Ulster.

Le prénom Tanguy est le breton tan + ki (avec mutation) donc "feu chien" = chien de feu.

Pourtant le loup est plus terrible que le chien, mais pour des guerriers positifs l'irlandais et le breton préfèrent le mot "chien" comme semble-t-il souvent les Gaulois.

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Artio's
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MessageSujet: matrice et vulve   Mar 17 Fév 2015 - 13:31

marcassin a écrit:
Bonjour,

Merci pour ses sujets très intéressants et passionnants....

Pour le loup, certains disent que dans les contes...Que le loup c'est l'homme (masculin) Wink je pense bien sûr au chaperon rouge par exemple, mais que dans le passé, des méfaits sur les enfants auraient été pratiquer par des hommes, accuser le loup dans ses histoires à l'époque est chose facile. L'histoire du Gevaudan pourrait avoir été dans la même trempe.

Mais bon ce n'est qu'une idée de recherche...

Parallèlement aux propos d'Auetos, le loup de ce sujet est un loup symbole, associé à la matrice, fusse-t-elle chtonienne ou stellaire.
Ce que je vois dans le conte du chaperon rouge, c'est un chemin initiatique (symbolisé par le vêtement rouge encapuchonné, sorte cape gauloise) vers une renaissance, le ventre du loup symbolisant une matrice, la gueule, une vulve. Quant au personnage du chasseur, il est très surprenant, il me fait penser à un de nos dieux armé d'une hache.  Et le loup- Mère Grand est tout autant expressif.


Le musée de Bastogne a exposé les contes et légendes des Ardennes, et l'homme-loup apparait à maintes reprises dans notre folklore germano-celte.
Pour illustrer cela, quelques liens.
Le premier est un livre écrit par un ami :
http://ardennesbretagne.unblog.fr/les-garous/
Les histoires de sorcellerie de mon pays content des faits exercés par des sociétés du loup dont l'usage était de porter une ceinture ou une peau change-forme.
http://www.sparealites.be/le-loup-dans-les-traditions-wallonnes
Le loup devint dans les histoires populaires un symbole tellement tenace qu'il devint finalement un identifiant pour le paysan contre l'ecclésiastique.
Je vous conseille cet excellent livre :
http://www.piconrue.be/fr/ses-publications/editions/fiche/n_9/2006-bestiaire-d-ardenne-les-animaux-dans-l-imaginaire-des-gallo-romains-a-nos-jours
Dans cette collection :
http://www.piconrue.be/fr/ses-publications/editions/
Ce livre explique le côté initiatique de cet homme-loup qui prit probablement de relais de l'homme-ours, sorte d'homme sauvage, dans nos campagnes.
Le loup est un animal "chamanique", traduit "chien" dans une société agro-pastorale mais il n'en reste pas moins attractif.
On peut choisir de le craindre comme une brebis crucifiée, ou de l'aimer comme un homme debout.


Dernière édition par Artio's le Lun 2 Mar 2015 - 14:49, édité 2 fois
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